… Quand elles guident nos pas !
Ce n'est pas tous les jours en ce moment qu'on reçoit de bonnes nouvelles. Alors il faut les savourer.
Elles proviennent d'un petit village de Côte d'Ivoire où le fils d'un de mes amis se rend régulièrement (se rendait, car en ce moment…) pour donner des cours et travailler aux champs dans le cadre d'un partenariat associatif.
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| village en Côte d'Ivoire (photo du net) |
Je reçois un peu tardivement, pour diverses raisons sans intérêt à expliquer ici, ses (longues) « lettres de brousse » . Elles respirent la joie de vivre, la sienne, celle des enfants noirs, débordants de vie malgré les conditions d'existence sous la pluie tropicale, le travail dans les champs à une heure de marche du village, revenant avec des kilos de manioc portés sur la tête.
Il raconte avec force photos, le dépeçage, la préparation et la cuisson au milieu de la brousse du plat du jour : du rat !
«Je ne pensais pas manger un jour de la queue de rat (parce qu’ici, pour le rat comme pour tout animal, on mange tout, de la tête à la queue), c’était une expérience culinaire... intéressante. »
Les bonnes nouvelles ce sont la valeur de ce jeune homme, son enthousiasme, sa profondeur de réflexion, la pertinence de ses analyses humaines, sociales, voire politiques, l'engagement concret dans l'action, l'absence de baratin, et aussi la hauteur de vue.
Je vous en parle brièvement comme une sorte d'antidote à nos désespérances occidentales de nantis. La joie de vivre une vie qui fait sens, plutôt que la morosité d'attendre que vienne enfin la catastrophe annoncée… Depuis quasiment ma naissance on m'informe que la catastrophe finale est pour ce soir. J'attends toujours…
Cet homme jeune est par ailleurs sorti major du concours de l'ENM (école de la magistrature). Ça existera encore des magistrats engagés pour une justice humanisée. J'en ai connus. J'en ai même côtoyé un bon nombre. Mais la mode étant au « tous pourris »… je ne chercherai à rien démontrer du tout.
Il m'est revenu en mémoire cette parole d'un haut fonctionnaire que mon père m'avait fait rencontrer dans son grand bureau à dorures. À l'époque, j'avais 17/18 ans, j'envisageais une orientation professionnelle largement en deçà de mes capacités.
J'ai gardé une parole, la seule d'ailleurs dont je me souviens, parce que j'avais exposé que je voulais m'occuper de gens en difficulté. En substance il avait dit :
« Si vous voulez cela, alors visez haut ! Vous en avez la possibilité intellectuelle. »
Ça m'avait percuté. J'ai ressenti qu'il avait raison. Il ne s'agissait pas de « faire carrière » il s'agissait d'aller jusqu'à la hauteur de ses possibles.
Je n'ai jamais oublié. Je sais pas si j'ai réussi. Mais je me suis certainement redressé à l'époque.
Juste dire que ça me fait grand bien de lire les « lettres de brousse » du fils de cet ami. Ça relativise bien des choses.
Et en ce sens je cesserai de me plaindre.













