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vendredi 15 mai 2026

Désenchantement

 

 J'ai pris du retard du côté de la blogosphère (mot suranné que l'on n'entend plus guère…)
Dans ma vie, c'est un peu pareil, sentiment d'être en retard avec moi-même.
Me voilà un peu comme le Lapin blanc du pays des merveilles.
Obsession du temps qui file d'un côté, qui traîne à passer d'un autre.
Mais y a-t-il encore un pays des merveilles ?

Je n'ai pas l'intention de commenter l'actualité des temps troublés, commme il y a des années sur ce blog.
Trop vieux désormais. Désabusé ? Découragé ? Indifférent ?
Un cocktail d'un peu tout cela.
N'empêche que je me retrouve dans cette poisse.
Une terrible envie de fuir dans le repli.
Mon temps est terminé. Laissons la place.

Aujourd'hui, anniversaire de deux de mes petits-fils. 14 ans pour l'un, 18 ans pour l'autre. Ça nous donne 14/18… amusant quand une certaine presse nous indique que la nouvelle guerre européenne généralisée a déjà commencé avec l'Ukraine. Avenir sympa pour cette génération des petits-enfants.
 


Trop de choses en ce moment me prennent la tête (comme disent les djeun's)
il faudrait que je la vide…

samedi 2 mai 2026

Le puits

 

Elle s’était approchée du puits. à cause  de cette impression d’être appelée.
Elle se pencha. 
Au début, il n’y avait rien. Juste du noir
Elle plissa les yeux pour percer l’obscurité.
Une froide lumière s'éleva du fond, plutôt douce.
Puis elle distingua quelque chose.
Deux yeux.
Fixes. Immobiles. Trop nets pour appartenir à un simple reflet.

Elle voulut reculer, le cœur cognant contre ses côtes.
 Mais la curiosité la força à regarder à nouveau.
Les yeux étaient toujours là.
Et cette fois, ils étaient un peu plus proches.

lundi 27 avril 2026

Présence divine

 

Lu chez Avalon en réponse à un commentaire à propos des blogs :

« Nous veillons les uns sur les autres dans un soutien moral, une présence que je qualifierais de divine puisqu'elle ne s'impose pas physiquement. »

Plus d'une fois, sur mes blogs et dans d'autres écrits, j'ai eu l'occasion d'évoquer la parcelle de divin, sa trace, qui existe en nous. Et il me semble en chaque être humain, quel que soit ses croyances, ses références, ses paradigmes.

Je la ressens en moi, comme je la perçois chez d'autres, au-delà des mots, du discible, manifestation du mystère de la personne que nous sommes chacun et chacune.

Souvent le constat se fait : j'en sais plus sur mes relations via Internet que sur mon voisinage « en live » où cela se situe surtout dans  la convivialité et l'entraide ordinaire entre gens qui, comme on dit : « s'entendent bien ». Mais, sauf exception comme la traversée d'une épreuve, les échanges ne sont guère « en profondeur ». Il en va bien sûr autrement dans d'autres relations de ma vie passée et présente qui demeurent inscrites dans ma vie.

Concernant les blogs, les sites d'échanges, comme le dit avec justesse Avalon : non seulement la présence physique ne s'impose pas, mais elle n'est pas nécessaire à la relation et sa profondeur. Et en ce sens, en effet, la relation tient du divin, c'est-à-dire d'une réalité quasi impalpable, qui nous relie bien au-delà des apparences, des limites du face-à-face et de la présence physique. Nous sommes entraînés à nous rejoindre dans un « en deçà » de la surface des eaux relationnelles.

« Le divin en soi », il faut le rejoindre. C'est un choix d'aller vers lui, même si c'est un état qui nous constitue. C'est comme une aptitude ou une qualité, on peut la développer ou la laisser en friche. Elle ne disparaît pas, mais elle s'étiole.

Le divin permet d'approcher de ce « plus que soi en soi » qui nous amplifie, nous ouvre le corps et l'âme dans une dimension qui comporte toujours sa part inconnue, cet inconnu qui attire et ne fait pas peur. C'est là sa grande qualité.

Mais le début de la citation est très important aussi : veiller les uns sur les autres.
Avalon exprime ce que je vis. Ce qu'elle vit aussi bien entendu : « la veillance ». C'est-à-dire un regard de bienveillance active sur les autres. C'est au-delà du seul désir qui ne peut être qu'un point de départ, qui n'a d'effet que  lorsque le désir génère des actes.

Alors bien sûr il y a des errances et des ratés sur la route. Des abandons, des manques, des incompréhensions néfastes, des négligences regrettables, etc

 Il reste que la parcelle de divin déposée en nous demeure une permanence avec sa dimension d'éternité. Voilà pourquoi je dis souvent que les relations sont éternelles. Elles peuvent évidemment s'arrêter concrètement, mais leur valeur d'éternité est là et ne dépend même pas de nous. 

vendredi 24 avril 2026

L'œil intrusif


Petite création du vendredi à partir de ce petit texte :

L’œil s’attardait trop longtemps, effleurant sans toucher.
Un regard qui dévoilait, sans jamais demander la permission.

 







mardi 21 avril 2026

Peau lisse de caractère

 

La vie se rétrécit comme peau de cuir chagrin.
La lumière intérieure peut vaciller
quand la lumière extérieure s'obscurcit.
L'une dépend de l'autre. 
L'autre dépend de l'une.

Des jours ternes traversent.
Moins de raisons de vivre.
Trop de nuits interminable avant de voir le jour.

Et parfois, la joie, comme un retour du passé.
Une écriture que l'on reconnaît sur l'enveloppe.
Au temps où on s'écrivait via une boîte aux lettres
sur du papier tramé, parfois parfumé.

Dépendre d'une écriture, des mots
qui font beaucoup de bien.
Et pourtant ce n'est que l'alphabet assemblé.

Les mots d'amour rendent fou.
Les mots sales  dégradent.
Les mots doux guérissent.

Parler pour ne rien dire.
Parler pour tout dire.
Parler pour meubler le vide de la tristesse.
Parler  quand se taire fait trop mal.

Écrire ce billet qui ne sert à rien.
Parfois le rien occupe tout

-o0o-