Parfois la nuit me réveille. Ce n'est pas la même chose que lorsque je me réveille la nuit. Là, c'est comme si la nuit venait m'annoncer qu'elle m'apportait quelque chose. Il ne s'agit donc pas d'une insomnie. Alors j'attends que, peut-être, quelque chose arrive. Dans une sorte de semi-veille consciente.
Récemment, la nuit m'a réveillé. Mon esprit est flottant, ma pensée ne s'accroche à rien de particulier, un état entre veille et demi-sommeil.
Lentement ma pensée s'est dirigée vers la présence à mon environnement tel qu'il est, avec la situation planétaire de cette pandémie que nous subissons tous. Mais aussi une présence ma propre vie au milieu de « tout ça », avec la sensation qu'au final je me débrouillais plutôt bien. Me revenait les dynamiques que j'évoquais dans mon billet « risque de sécheresse »
Une phrase est montée du fond de moi-même. Vous connaissez probablement ce phénomène : ces alignements de mots que l'on n'a pas choisis, mais qui arrivent à la surface de la conscience, remontant des profondeurs de nos intériorités.
Ça disait : « prends la main que ta vie te tend »
Dans le même temps j'ai ressenti une grande paix qui m'envahissait et une sorte d'allégresse diffuse qui m'aurait presque donné l'envie de chanter. Je me suis retenu, écoutant le souffle paisible de la respiration de ma compagne de vie endormie à mes côtés.
C'était une petite phrase simple et lumineuse.
Ma propre vie m'invite à vivre. Bon, je sais, ça doit vous paraître banal comme phrase, et n'être qu'une variante du sempiternel « prendre sa vie en main ».
Mais prendre la main de ma vie et me laisser guider par elle, souligne une dynamique de ma liberté. Soit me laissé guider librement, soit faire demi-tour et tourner le dos à ma vie.
Si je tourne le dos à ma vie j'entre dans un chemin d'errance pour ne pas dire de perdition.
Sans doute était-il temps que la nuit me réveille, pour remettre les choses au point et dans le bon ordre.
Enfant, quand je prenais la main de mon père, c'était par confiance en lui que là où il m'amenait serait bienfaisant et constructeur. Et, dans mon souvenir, chaque fois c'était juste.
Maintenant c'est ma propre main que ma vie me tend. C'est une question de confiance en moi et en elle que de la saisir.



