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mardi 21 décembre 2021

Est-ce que tu le sais ?

366 réels à prise rapide

Aujourd'hui il paraît que.



Ah ! Cette petite phrase terrible : « Tu sais quoi ? Il paraît que… ». Le mieux est en général de ne pas écouter la suite, parce que celui qui s'exprime ainsi n'a en général qu'un seul but : se faire mousser auprès de son interlocuteur, fier, comme disait Coluche « d'appartenir aux milieux autorisés où on s'autorise à penser ». Évidemment il est bien entendu impératif de faire savoir rapidement ce dont on ignore tout effectivement.


« Aujourd'hui il paraît que nous serions vendredi », mais ce serait encore à confirmer, ce n'est pour l'instant qu'une rumeur, certes persistante ce qui ne lui confère pas pour autant une preuve irréfragable de réalité. Et quand on y réfléchit bien, pourquoi ne serions-nous pas lundi ou mercredi ? Voire, mais c'est moins sûr, dimanche.

Et pour vous ? Quel jour sommes-nous ? Je vous en prie, commencez par vérifier vos sources. Avouez que je vous laisse de la marge je n'ai pas dit : « quelle heure est-il ? » Car à peine me l'auriez-vous dite que ce serait déjà faux.


lundi 20 décembre 2021

Observations et poursuites

109ème Devoir de Lakevio du Goût




Cette lithographie de Maurice Utrillo, que j’ai vue il y a bien longtemps au « MOMA » et qui m’est revenue à l’esprit au musée de l’Orangerie il y a deux jours, me saute à la mémoire.
Et à vous ?
Bah ! On verra lundi…


-o0o-





Observations et poursuites


La première fois que nous les avons repérées, c'était rue d'Orchampt, probablement vers la rue Lepic, pas bien loin du Moulin de la Galette. Elles nous ont intriguées. Leurs attitudes avaient une apparence débonnaire. Des femmes banales, quelque peu passe muraille, déambulant avec des allures ordinaires. Manifestement elles cherchaient à ne pas se faire remarquer, à se fondre dans le paysage et l'ambiance de ces rues de Montmartre avec leurs particularismes. .  Que ces dames se comportent de manière naturelle, voilà qui était particulièrement louche pour nous. Rapport à notre fonction, nous devons avoir l'œil. La suite démontrera que nous avions parfaitement raison.





Quant au suiveur, jamais vraiment visible, c'était un solitaire qui habitait le quartier, quelque peu maniaque, vieux garçon, qui cherchait à s'occuper d'une manière ou d'une autre. Nous le savons, la plupart du temps les oisifs s'ennuient. Dans le quartier il n'avait pas mauvaise réputation, au contraire, on le trouvait gentil et timide. Il aurait presque inspiré de la compassion.

 

Des témoins attestent avoir vu clairement l'homme étrange suivre  les deux femmes de manière évidente rue Cortot, à proximité de locaux de « la commune libre de Montmartre ». Effectivement elles sont passées par là.  Nous en avons des traces picturales.





 Qu'est-ce donc qui se tramait derrière tout cela ? Il y avait de sérieuses raisons d'enquêter et de les suspecter, d'autant  que ces trois-là rôdaient du côté du de l'établissement  louche et surveillé «  le Lapin Agile » ainsi qu'en témoigne une autre source dont nous avons la trace en peinture.





 Ce sont toujours elles, et manifestement on devine l'homme étrange derrière tout cela. Des personnes dignes de confiance les ont vus dans cet établissement où se réunit ce groupe subversif des « antigrattecielistes ». Il convenait de se méfier de toute cette racaille d'artistes dangereux.


Les investigations approfondies que, nous gendarmes, avons menées subséquemment et conséquemment montrent des indices concordants recueillis par nos services compétents. Il appert de manière péremptoire, définitive et inattaquable que nous n'avons pas tort dans nos conclusions. À savoir :


Le suspect que nous suspectons avec suspicion est effectivement entré en contact rapproché avec lesdites personnes féminines figurant sur les documents colorés versés au dossier. Nous en avons pour preuve la pièce dénommée : « 18e arrondissement rue du Mont-Cenis » où on peut enfin apercevoir les visages des deux personnes considérées de sexe féminin. 




Effectivement force est de constater qu'elles ont des visages pas tibulaires, mais presque. Dans le langage courant nous dirions : « Elles ont de belles têtes de malhonnêtes ». (C'est dans un souci de compréhension que nous utilisons un vocabulaire  non professionnel digne d'une personne lambda).


Conséquemment, vu les conséquences qui découlent de partout, notamment des éléments complémentaires qui viennent compléter ce que nous avons  précédemment développé avant, il fut décidé, par nous-mêmes unanimement, de procéder à l'interpellation de l'homme suiveur et des deux personnes féminines selon la formule légale :


 — « Hep ! Vous là-bas ! », d'une voix forte conformément au règlement.


C'est alors  que les trois suspects se sont enfuis ensemble et de concert, d'une manière accélérée, avec vitesse et précipitation .

Constatant la chose, nous avons eu la démonstration irréfragable  que l'une, l'autre, et la troisième avaient quelque chose à se reprocher. Bien évidemment nous n'avons pas pu les rattraper, en raison de notre essoufflement rapide, mais les faits sont établis et feront l'objet d'un procès-verbal qui sera classé aux archives nationales.

Dont acte. Et ce sera justice.



À Montmartre, au temps des cerises et plus tard de la Patachou






jeudi 16 décembre 2021

tissus

 366 réels à prise rapide


Aujourd’hui tissus




Parfois je remonte l’un ou l’autre fil du tissu de mes relations parce qu’il est coloré de manière singulière. Unique. Quand donc est-il apparu ? Est-il un fils de chaîne ou un fils de trame ? Quelle importance ! 


Mais si justement : les fils de chaîne sont comme déjà là, avant. Il est des relations dont on sent bien « qu’elles devaient se faire » 


Et cependant rien n’est tissé à l’avance. Mais tout va dépendre des fils de trame, relations qui passent et repassent et repassent encore. Les deux sont nécessaires.


 Mais la trame nécessite un soin particulier car ses fils sont fondamentaux et irremplaçables, pour que ça se passe harmonieusement sur le métier à tisser notre vie.


mercredi 15 décembre 2021

Crier

366 réels à prise rapide


Aujourd’hui il faudrait crier


Alors, si c’est aujourd’hui, ce sera un petit cri de joie. Tout petit. Pas une explosion, mais plus qu’un soupir ou un balbutiement. Il y a quelques jours ç’aurait été un coup de gueule, parce que ça commence à bien faire ce truc. Mais les jours se suivent et sont différents.

Une petite suite de petites choses ou des personnes m’ont apporté quelques petits services simples qu’ils auraient pu très bien ne pas accomplir. De ces choses desquelles on dit « ben oui c’est normal, c’est un peu leur métier quand même ! ». Oui mais voilà quand s’y ajoute ce petit plus d’humanité ordinaire qui tend à disparaître tellement par moment, alors c’est de la joie de voir que tout n’est pas définitivement perdu, loin s’en faut.

Mais par ailleurs on pourrait gueuler un grand coup à propos de tous ces gens qui nous serinent que le monde est pourri, foutu et court au désastre.