Un certaine butinage de blogs ces derniers temps m'amène chez des gens qui évoquent leur passé d'une manière ou d'une autre (généalogie, souvenirs, évocations familiales révolues, etc.). 9 fois sur 10 ce sont des personnes « avancées en âge » expression édulcoré pour ne pas dire « des vieux ».
Je peux me mettre dedans, j'en fais partie.
J'appartiens à la race des boomers, donc vieux, et plus j'avance en âge, plus j'aime mon présent. Parce qu'au fond il contient mon existence passée, présente et supposée à-venir fantasmé. L'ensemble forme un écheveau qui me constitue. Il y a cependant « un petit truc en plus » qui est l'unicité de ma personnalité, aussi unique et singulière que mon ADN.
Tout cet ensemble est inscrit dans mon corps. Rien n'est découpable en tranches sauf à me faire disparaître.
Célestine commente chez un blogueur : — «… Cela m'amène à la recherche de nos racines... Elle est fondamentale pour notre construction personnelle, (...) Mais nos racines profondes sont en nous avant tout. Dans ce qui fait la profondeur de notre être. Dans notre ancrage à la terre, à l'environnement, à l'univers. Aux autres aussi.(...) »
J'apprécie les propos.
La planète Terre est notre habitation. Nous en avons quasiment chacun à disposition une minuscule petite parcelle. Et même nous sommes peut-être propriétaires d'un tout petit morceau minuscule, qui nous semble une immensité, [oui, oui, c'est à moi tout ça…]. Notre possession et horrible ou paradisiaque selon le cas. Nous aimons tellement posséder qu'on est prêt à se battre au fil des siècles, à travers la planète entière, pour ces acquisitions… qui nous possèdent… jusqu'à l'obsession. Le genre humain est un éternel festin de guerres recommencées, encore et encore. Et même à l'instant où j'écris à bien des endroits de la planète.
La recherche effective des traces visibles de notre passé personnel et de notre histoire, caractérise souvent le jeune retraité qui débute dans ce nouveau métier. On se met à farfouiller dans les archives, les sites généalogiques et autres ressources sur Internet. On interroge les « survivants », on recueille des contradictions, évidemment. Quand on fouille, on trouve. Quand on trouve on s'interroge.
— Alors quoi ? Mince ! J'aurais jamais cru. « Ça » dans ma famille ?
Les « ça » sont positifs, négatifs, sans intérêts, décevants, incroyables, merveilleux, d'une banalité affligeante, etc. On parcourt toute la gamme selon les cas.

Et moi dans tout ça ?
— Question trace concrètes, tout ce qui concerne le factuel historique, je fus un passif consommateur. Mon frère aîné a fait tout le boulot pendant plus de 15 ans. J'apprécie, je rends hommage, même si à présent, à quelques années de ses 90 ans, il est complètement enfoncé jusqu'aux narines dans le passé qu'il n'a plus quitté, qu'il ne quittera plus. Je lui pose une question sur le présent, il me répond aussitôt du genre : « Tu te souviens, en 1959,… l'oncle Machin, hé bien… ». Je n'écoute pas la suite malheureusement. De toute façon il ne me parle pas, il se parle à lui-même tout au long du jour. J'éprouve de la compassion pour son épouse, une belle-sœur que j'aime beaucoup.
— Question trace et recherche de ma personnalité, ça va pas trop mal. J'y ai mis le temps et les années qu'il fallait. J'ai pas attendu la retraite, loin de là. La plupart de mes lecteurs/lectrices le savent. Je n'insiste pas.
— Question pour aujourd'hui. En ces temps où chacun est censé se préparer à la catastrophe qui nous attend, j'ai le sentiment d'avoir la tête ailleurs. Enfin je veux dire, la tête ici à cet instant, pas hier, pas demain. Ou du moins, tout est là maintenant. Je pense maintenant à demain. J'évoque maintenant hier. Je me fais du souci maintenant pour la semaine prochaine.
Cette nuit j'avais très mal aux pieds et aux jambes. Je pensais que demain matin ce serait la grosse galère pour la journée et que je serai dans l'impossibilité de sortir du lit et me mouvoir, vu la lourdeur de tout ça et la faiblesse croissante de mes muscles. Et là au moment où j'écris, je suis devant mon ordinateur dans mon bureau et les douleurs des pieds sont supportables. Cette nuit je fus vraiment une fois de plus le roi des cons !
[ Zut ! Quand je parle de mes douleurs elles reviennent ]
Ce matin à la radio je n'ai entendu que du baratin sur le point de savoir si dans deux ans Marine la condamnée pour avoir piqué du fric dans la caisse commune, - dite depuis hier : Marine Luther King - sera présidente de la république dans deux ans… Dans deux ans ? Mais il y aura tellement de tempêtes et d'ouragan d'ici là !… Laissons là pour l'instant se débattre comme une belle diablesse dans un bénitier !
Ce sera tout pour aujourd'hui.