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mardi 2 mars 2021

Salubrité publique

 

Bricolage AlainX

Il existe des bavards invétérés qui déblatèrent 

sur tout et n'importe quoi.

N'importe quoi surtout.


Dans ces cas-là on se dit

que c'est parfois 

une politesse nécessaire

de leur

« couper la parole »


lundi 1 mars 2021

blues guitar




 70e devoir du lundi






Que diable fait elle là ?
Qu’est-il arrivé ?Qu’attend-elle ?
Attend-elle seulement quelque chose ?
J’espère savoir ce que vous en avez pensé lundi.
J’espère évidemment avoir quelque chose à vous en dire…



-o0o-







blues guitar


Elle ne voyait plus grand-chose sur l'opportunité du vivre. Tous ces changements abrupts qui avaient parsemé sa vie depuis quelque temps. Elle avait tellement admiré la vie, sa propre vie, plus que tout. La réussite sans rien faire, ou pas grand-chose. Un corps parfait pour la séduction, cela avait fonctionné pendant des années.


— « C'est une coureuse » disait avec mépris une de ses amies.

— « Une fille perdue » prétendait une autre.

— « Une bêcheuse à l'ancienne » affirmait une troisième.


C'est ça les amies ?

Quant à elle, elle ne disait plus rien. Rien qui vaille la peine d'être entendu, ni même pensé. Alors à quoi bon.


William avait organisé une fête. Une de plus. Une de trop ? Va savoir !

Elle regrettait, amèrement. Le champagne n'avait rien arrangé. En plus il était tiède. Pareil pour William. Le temps où il était comme de la braise n'était plus désormais que cendres tiédasses, presque froides.


Elle était sortie sur le palier, deux verres à la main, elle espérait qu'il vienne. Il saurait sûrement redire les mots d'antan qui la faisaient frissonner partout jusque… oui, exactement, jusque-là. Mais la porte restait close. Comme dans son corps, toutes les portes étaient refermées désormais.


Depuis l'intérieur elle entendit le son d'une de ses guitares. Une Dobro à résonateur dont le son se remarque entre toutes, avec ses cônes de métal qui lui donnent ce son clinquant si caractéristique. Elle a reconnu l'ambiance dark swamp blues. C'est avec ce tempo lent et envoûtant typiquement Louisiane qu'il l'avait ensorcelée. C'était quand déjà ? Elle ne savait plus très bien si c'était il y a très longtemps ou l’autre soir. Quelle importance d'ailleurs. Allait-il réouvrir la porte ? C'était la seule question qui importait à présent.

La seule ? N'était-ce pas plutôt celle-ci :

— Pour quelle autre fille qu'elle jouait-il désormais ?





samedi 27 février 2021

Quand les nouvelles sont bonnes, bonnes, bonnes…

… Quand elles guident nos pas !


Ce n'est pas tous les jours en ce moment qu'on reçoit de bonnes nouvelles. Alors il faut les savourer.

Elles proviennent d'un petit village de Côte d'Ivoire où le fils d'un de mes amis se rend régulièrement (se rendait, car en ce moment…) pour donner des cours et travailler aux champs dans le cadre d'un partenariat associatif.

village en Côte d'Ivoire (photo du net)


Je reçois un peu tardivement, pour diverses raisons sans intérêt à expliquer ici, ses (longues) « lettres de brousse » . Elles respirent la joie de vivre, la sienne, celle des enfants noirs, débordants de vie malgré les conditions d'existence sous la pluie tropicale, le travail dans les champs à une heure de marche du village, revenant avec des kilos de manioc portés sur la tête.

Il raconte avec force photos, le dépeçage, la préparation et la cuisson au milieu de la brousse du plat du jour   : du rat !

«Je ne pensais pas manger un jour de la queue de rat (parce qu’ici, pour le rat comme pour tout animal, on mange tout, de la tête à la queue), c’était une expérience culinaire... intéressante. »


Les bonnes nouvelles ce sont la valeur de ce jeune homme, son enthousiasme, sa profondeur de réflexion, la pertinence de ses analyses humaines, sociales, voire politiques, l'engagement concret dans l'action, l'absence de baratin, et aussi la hauteur de vue. 


Je vous en parle brièvement comme une sorte d'antidote à nos désespérances occidentales de nantis. La joie de  vivre une vie qui fait sens, plutôt que la morosité d'attendre que vienne  enfin la catastrophe annoncée… Depuis quasiment ma naissance on m'informe que la catastrophe finale est pour ce soir. J'attends toujours…


Cet homme jeune est par ailleurs sorti major du concours de l'ENM (école de la magistrature). Ça existera encore des magistrats engagés pour une justice humanisée. J'en ai connus. J'en ai même côtoyé un bon nombre. Mais la mode étant au  « tous pourris »… je ne chercherai à rien démontrer du tout.


Il m'est revenu en mémoire cette parole d'un haut fonctionnaire que mon père m'avait fait rencontrer dans son grand bureau à dorures.  À l'époque, j'avais 17/18 ans, j'envisageais une orientation professionnelle largement en deçà de mes capacités.

J'ai gardé une parole, la seule d'ailleurs dont je me souviens, parce que j'avais exposé que je voulais m'occuper de gens en difficulté. En substance il avait dit :

« Si vous voulez cela, alors visez haut ! Vous en avez la possibilité intellectuelle. »

Ça m'avait percuté. J'ai ressenti qu'il avait raison. Il ne s'agissait pas de « faire carrière » il s'agissait d'aller jusqu'à la hauteur de ses possibles.

Je n'ai jamais oublié. Je sais pas si j'ai réussi. Mais je me suis certainement redressé à l'époque.


Juste dire que ça me fait grand bien de lire les « lettres de brousse » du fils de cet ami. Ça relativise bien des choses.

Et en ce sens je cesserai de me plaindre. 


lundi 22 février 2021

Variations photographiques

J'ai retiré mon devoir du lundi… parce que… ben, parce que !


En échange, en cette période de vacances et pré-printanière, je vous propose quelques variations photographiques, d'un intérêt narcissique de bon aloi.


Au printemps 2019, dans le cadre des festivités, étalées sur plusieurs mois, dans ma capitale régionale de ch'tis, des sculptures monumentales d’Alebrijes réalisées en partenariat avec les artisans du Musée d’Art Populaire de Mexico, furent exposés dans une des rues principales du centre-ville. L'ensemble s'appelait « Eldorado »


Les Alebrijes sont nés de l’esprit de Pedro Linares López en 1936. La légende raconte que ce dernier, au bord de la mort, a rêvé d’un bois peuplé de ces créatures qui l’ont accompagné dans son retour à la conscience. Certains de ces monstres criaient “Alebrijes, Alebrijes”. C’est ainsi qu’il a décidé de nommer ses créations.


Alors si les Alebrijes proviennent d'hallucinations pourquoi n'aurais-je pas eu les miennes en les photographiant.




Photos de rue

*






J'ai halluciné....
*













Je pensais mettre tout ceci sur mon blog photo, c'est sans doute là-bas que je continuerai, même si c'est très peu visité.

Pour l'instant, bidouiller sous Photoshop… ça me calme !…



samedi 20 février 2021

Tromper or not tromper




Après un billet trop sérieux, et pour celles et ceux qui ne sont pas partis s'aérer les neurones en ces périodes vacancières, voici un petit texte directement issu d'un atelier d'écriture chez Kaléïdoplumes.


À partir de cette photo il était proposé d'écrire une fable






*


 Tromper or not tromper


*



— Donc voilà ! En t'inspirant de cette image, tu écris une fable.


— C'est quoi une fable ?


— Une fable est un court récit en vers ou en prose qui vise à donner de façon plaisante une leçon de vie. Elle se caractérise souvent par un récit fictif de composition naïve et allégorique mettant en scène des animaux qui parlent, des êtres humains ou d'autres entités à l'aspect animal mais personnifiés. Une morale est exprimée à la fin ou au début de la fable. Celle-ci est parfois implicite, le lecteur devant la dégager lui-même.


— Ben dis donc, c'est vachement compliqué ! Je ne crois pas être capable d'un tel exploit. Ce que je vois, c'est un trompe-l'œil sur un mur en décrépitude d'un immeuble dans lequel je n'aimerais surtout pas vivre. Et la fille arrose un arbre dont on se demande s'il est réel ou fictif lui aussi.


— On te demande pas de décrire ce que tu vois, on te demande de laisser ton imaginaire construire une fable avec un début, un milieu, une fin plus ou moins moralisatrice. C'est à la portée d'un cerveau humain qui y met un minimum de bonne volonté. Tu n'as pas de volonté ?


— Là n'est pas la question. Mais la question est : a-t-on le droit de tromper l'œil pour tenter de mettre de la beauté là où il n'y en a pas. Est-ce moralement admissible ? Est-ce philosophiquement conseillé ? Est-ce déontologiquement prohibé ? Quelle sera la sanction ? Ou à l'inverse, quelle sera la récompense ?


— Je ne te demande pas de faire un discours, je te demande d'écrire une fable. Tu commences à m'énerver !


— Pourquoi t'énerves-tu, alors que je pose des questions particulièrement intéressantes ? Tu es obstinée ? Têtue ?  Bornée ?


— Je te le redis : tu m'énerves ! Ce n'est pas toi qui décides de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire. C'est moi qui commande. Et donc, tu écris une fable où je te fous mon poing sur la gueule.


— C'est donc toi le trompe-l'œil ! Tu as l'apparence d'une fille très gentille, mais en fait tu es une teigne, un parasite social, un être que la terre ne devrait pas porter. Je pense qu'il faut t'éliminer rapidement. Nous avons des moyens pour ça !


(Elle sort un revolver)

— C'est un ultimatum ! Tu me ponds cette fable je te tire une balle dans le ventre. Est-ce que c'est clair ?


*


C'est effectivement la scène et le dialogue dont je fus témoin Monsieur le Juge. Oui ce fut terrible et je n'ai pas pu intervenir. Quand le coup de feu a claqué, j'ai eu l'impression que mes tympans allaient exploser. Non je ne suis pas intervenu. Oui je me suis enfui en courant. Oui, j'aurais dû appeler des secours et je ne l'ai pas fait.


Moralité : rien ne sert de courir, mieux vaut secourir.