105ème devoir de Lakevio du Goût.
Une histoire dans laquelle on trouverait les mots :
Pourriture, amateur, jambon, ecchymoses, tangage, rideaux, équivoque, harceler, s’abstenir.
Ça ce serait bien.
Vivement lundi !
Problème de voisinage.
— Oui, c'est bien moi qui occupe l'appartement juste au-dessus. Comme vous avez pu le remarquer c'est un immeuble vétuste, en pleine rénovation, enfin, en pleine promesse de rénovation depuis déjà plusieurs années. Vous savez ce que c'est, les dossiers passent d'un endroit à un autre, d'un bureau à l'étage du dessus, de commission en commission, et c'est le tangage permanent des hésitations et absences de décisions.
— Connaissez-vous le couple en question ?
— Connaître, c'est beaucoup dire, ce que je veux dire c'est que je connaissais leur voix, ça oui. Il n'arrêtait pas de s'engueuler et comme ici les cloisons c'est du carton pâte, et pas d'isolation phonique, j'entendais tout. Alors, une fois j'ai eu envie de… mais bon, faut savoir retenir ses nerfs ! Mais je vous assure, parfois ça couinait comme des porcs à l'abattoir qu'on égorge pour faire du jambon.
— Donc vous aviez de sérieuses raisons de leur en vouloir !
— Ah non ! Moi je n'y suis pour rien, je ne les ai jamais harcelés, d'autant que je dois vous l'avouer parfois je prenais un certain plaisir à les entendre. Surtout elle. Je vous assure que lorsqu'elle grimpait aux rideaux, c'était une autre chanson, et puis ça durait, ça durait. Franchement son mec tenait la distance. Parfois j'ai même souri en pensant qu'il allait finir par avoir des ecchymoses à son bâton de berger.
— Oui, bon, pas de dérives scabreuses. Je note que vous aviez des raisons de leur en vouloir. Alors vous comprendrez, qu'en tant qu'inspecteur, il y a de quoi se poser des questions à votre encontre. Expliquez-moi pourquoi on vous a surpris à leur côté et pourquoi vous avez pris cette photo.
— Mais, comme je l'ai dit à votre collègue précédemment, c'était à cause de l'odeur de pourriture qui flottait dans les escaliers et les parties communes depuis un moment. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé que peut-être ça pouvait venir de chez eux. À force de s'engueuler, il y en a qui pue de la gueule. Donc je suis descendu frapper à leur porte. Mais ils n'ont pas ouvert.
— D'accord, ils n'ont pas ouvert, mais vous auriez pu quand même vous abstenir de défoncer celle-ci ! Qu'est-ce qui vous a pris ?
— OK, je me suis un tout petit peu énervé parce que ça a commencé à trop me chatouiller les narines. Et c'est en rentrant que je les ai trouvés comme ça. Ça schlinguait encore plus fort. J'ai tout de suite pensé que les cadavres commençaient à se décomposer.
— Et vous n'avez rien trouvé d'autre à faire que de prendre des photos ? Au lieu d'appeler les pompiers, la police…
— Moi vous savez je suis un photographe amateur assez éclairé et je me suis dit que ça pourrait donner quelque chose d'intéressant, bien agrandi, bien encadré, je suis sûr que sur le marché parallèle ça aurait pu me rapporter un max de thunes. Mais voilà, maintenant vous me soupçonnez de les avoir trucidés. Franchement, on nage en plein équivoque ! Et en plus vous avez mis mon appareil photo sous scellés. Mais dans ces conditions, comment je vais faire pour les vendre rapidement mes photos ?

Hier, en fait, tu t'étais seulement échauffé ;-)
RépondreSupprimerJe t'admire de réussir à glisser autant de mots "imposés" (j'ai bien aimé où tu as placé les ecchymoses lol)
c'est un exercice dans lequel je n'excelle pas (je parle des mots imposés, évidemment :D
Tu veux dire quoi exactement ?
SupprimerQue tu t'y connais mieux du côté ecchymose ?
Plus sérieusement : j'aime bien les mots imposés, ça donne le moyen d'essayer de les utiliser comme s'ils venaient naturellement à cet endroit. Et j'aime bien !
Ils ont encore belle allure pour des corps en voie de décomposition ;)
RépondreSupprimerJ'aime bien ton humour noir.
Ben oui, mais justement parce qu'ils ne sont encore que « sur la voie »… ;-)
Supprimerl'humour noir était une grande spécialité de jeunesse !
C'est d'un cynisme qui me ravit.
RépondreSupprimerAlors je suis ravi également.
SupprimerVraiment tu te distingues, quelle aisance et quelle imagination; Bravo
RépondreSupprimerBelle journée
Comme je l'ai dit plus haut, j'adore les mots imposés. Ça oblige. On ne peut faire du laisser-aller !
SupprimerBelle leçon de pragmatisme !
RépondreSupprimerBen oui ! Ces flics ne tiennent aucun compte du petit commerce !
Supprimerchez toi aussi ils sont morts!!!
RépondreSupprimermais quand même... cynique comme ça! il y en a pas deux comme toi!
Madame Coumarine, côté cynisme dans votre texte, vous êtes aussi dans le peloton de tête !
SupprimerY pas photo, ton texte est excellent ;-) .
RépondreSupprimerMerci… et tu aurais pu… développer !
SupprimerPassionnante ta petite histoire ...je l'ai relu deux fois
RépondreSupprimerAlors tu pourras témoigner à la police de ma bonne foi !
SupprimerBigre ! Tu fais dans l'humour noir aujourd'hui.
RépondreSupprimerMais tu maîtrises...
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ah ! Mais dans ma jeunesse boutonneuse, je m'estimais le prince de l'humour noir !
Supprimer:-)
C'est bien les flics : aucun respect pour le petit commerce !
RépondreSupprimerEt après ils s'étonnent qu'on préfère être dealer !
SupprimerUn couple d'enfer, rien qu'avec les voix ! "des ecchymoses à son bâton de berger", ça en jette ! Dommage que ce photographe amateur ne se soit pas photographié lui-même, mais bon, on imagine tout grâce à vos mots, et ça suffit.
RépondreSupprimerL'appareil est désormais une pièce à con-viction.
SupprimerPour le reste il y a aussi l'adage : « qui trop embrasse mal au train »
Tu as fait fort et j'ai envié ton style imagé ! L'inspecteur Clouseau n'est pas à la hauteur... comme toujours !
RépondreSupprimerIl serait temps que Colombo revienne !
SupprimerEt déduise que l'anneau de rideau qu'elle avait au doigt ne lui permettait pas de grimper aussi haut
Bonjour Monsieur AlainX ! Je découvre par hasard votre blog et je me régale à vos tournures de phrases, à votre humour. Le très riche vocabulaire de notre belle langue française fait souvent défaut sur les réseaux sociaux (je ne parle même pas de l'humour), et tomber sur une publication comme celle-ci est un pur bonheur. Bravo pour vos jeux de mots et calembours, c'est un cadeau pour les faites que vous nous fêtes là ! MERCI !
RépondreSupprimerQue pourrais-je donc ajouter ?
SupprimerSi ce n'est un merci pour ces compliments. Mais sont-ils tant que cela justifiés ?
Quoiqu'il en soit ce qui est certain c'est que j'aime m'amuser avec notre belle langue française…
et en espérant vous revoir sur mes pages…
Merci Monsieur AlainX d'avoir visité et commenté mon blog ; ça me touche beaucoup. Oui l'humour a encore de beaux jours devant lui, surtout à notre époque, basée sur le profit pour certains, les injustices et les inégalités. Rions, c'est ce que nous avons de mieux à faire.
RépondreSupprimerTrès cordialement.