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mercredi 13 janvier 2021

Bulle de refuge versus ouverture au monde

 — Alors, qu'est-ce que tu lis en ce moment ?

Petite question qui revient parfois, en particulier par des gens de l'atelier d'écriture ou d'autres connaissances qui imaginent que je dévore de la littérature, parce qu'ils connaissent quelques-uns de mes écrits et disent : « toi qui écris bien ! Les grands auteurs doivent t'inspirer… »


La question me dérange. Je me sentirais presque coupable de répondre : — « pas grand-chose ! ». Il paraît que « Lire, c'est essentiel ! ». Surtout en ce moment. Dans certains milieux existe ce ce clivage entre ceux qui lisent des bouquins, les bons en quelque sorte ; et ceux qui ne lisent pas de bouquins, les incultes évidemment.

Chacun devrait avoir lu ou relu  tout Marcel Prout, Simone d'Abreuvoir, Jean-Jacques Trousseau, Mahomet, Sénèque, Confucius, Lamartine et les Martine, Dostoïevski de fond, et surtout Albert Cabus, ça c'est le must.

Bon, je me moque. D'autant que j'ai lu certains. Ça me défoule.



J'ai lu tout récemment un billet de blog où il était question de livres, comme des bulles de refuges dans l'enfance. Alors j'ai pensé à la mienne et à mon adolescence, parce qu'il en fut ainsi. La lecture comme refuge parce que la vie était bien trop insupportable et dangereuse. Enfant je lisais ce qui me tombait sous la main, c'est-à-dire pas grand-chose. Il n'y a jamais eu une bibliothèque à la maison.

Ma première vraie bibliothèque ce fut celle du centre de rééducation. Il y avait des centaines de livres, je passais tout mon temps disponible à lire, y compris la nuit dans la chambre des quatre, lampe de poche sous les couvertures. Rentré chez moi j'ai continué puisque j'étais toujours seul en dehors des heures d'école. J'ai lu des centaines de livres. Des trucs intéressants, et l'inverse aussi. C'était alors une lecture occupationnelle comme d'autres fabriquaient des scoubidous. Occuper la tête pour ne pas penser. Ne pas penser à l'absurdité de vivre dans un corps quasiment inerte. En tout cas qui ne pouvait plus servir grand-chose.


Tout changea lorsque j'ai pu retrouver une autonomie, à 18 ans, avec l'obtention du permis de conduire une voiture adaptée. 

J'ai alors cessé de lire pour vivre.

Je n'ai cependant pas cessé d'écrire mon journal dit intime.


Plus tard j'ai repris la lecture, mais bien peu de romans ou fictions. J'ai lu des livres thématiques sur : l'histoire, la sociologie, la psychologie, les sciences humaines, la spiritualité, des biographies, autobiographie, récits de vie. Bref ce qui existait dans la vraie vie. En dehors de l'imaginaire.


Je ne regrette rien. Bien au contraire. Mon attirance pour la lecture dans les années que j'évoque, j'en suis heureux. J'ai appris beaucoup. Cela me donnait à réfléchir, à découvrir, à former ma pensée, à confronter, à m'enrichir sur le plan vocabulaire. Je me souviens quand j'ai commencé à écrire des articles pour des revues, on me demandait de reprendre ma copie pour simplifier mon vocabulaire jugé « trop riche ». J'obtempérais mais je trouvais aussi qu'on prenait un peu trop les lecteurs pour des incapables.


Aujourd'hui je m'interroge. Ne faudrait-il pas augmenter mes temps de lectures que je vais qualifier de « nourrissantes par le haut ». J'ai des livres commencés et puis rien, d'autres achetés qui attendent, certains téléchargés sur ma liseuse et qui attendent tout autant. Peut-être que je m'appauvris. Je devrais sans doute plutôt écrire que je ne m'enrichis plus assez. Parce que quand même ce qui est acquis est acquis. (Du moins je l'espère).


Ce qui me gêne c'est le sentiment que j'évoque au début. Cette sorte de mini-culpabilité, qui fait sans doute obstacle. Elle ne se transforme pas suffisamment en attirance positive, comme cela m'arrivait plus jeune, allant dans une des plus grandes librairies de France en ayant hâte de rentrer à la maison pour commencer à lire les bouquins que je venais d'acheter.

Je suis peut-être moins ouvert qu'avant. Ou plus paresseux.

Je m'en va chercher la réponse dans un bouquin !


38 commentaires:

  1. Allez, le "pas grand chose !" c'est honnête, au moins ;)
    C'est agréable de voyager au pays des "bulles", surtout en ce moment, et ça coûte "pas grand chose" ;)
    Que les livres nous attendent, pas mal aussi - et ils ne nous en veulent pas - car choisir, ça demande du temps !

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    1. Les livres que j'ai sous le coude m'attendent.
      Ça doit être cela mon petit malaise, de ne pas répondre…

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  2. Bonjour Alain
    à te lire je me demande si enfant je ne "fuyais" pas également dans la lecture, j'étais capable de lire sans arrêt mais aussi sans plaisir, pour pouvoir dire "j'ai lu" (cela m'apportait une grande satisfaction !).
    Maintenant, non, je veux lire les livres qui me font plaisir, qui me font du bien (alors que pendant le reste de ma vie, quand je commençais un livre j'allais jusqu'au bout, même quand il ne me plaisait pas.)

    En ce moment "j'ai du mal à lire"

    Mais écrire, c'est bien aussi. Et toi, tu écris !

    Bonne journée :-)

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    1. Comme je dis ci-dessus, je crois que les livres que je n'ai pas encore lu ont quelque chose à m'apporter.
      Mais il est vrai que j'écris beaucoup. On ne peut être au four et au moulin !

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  3. Je dois avoir lu (presque) autant que toi et tout aussi éclectique, maintenant, je ne lis quasiment plus que du récréatif. Même pas honte ! ;-)

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    1. Je crois que tu lis encore pas mal de bouquins ! Et tu as raison pour le récréatif. A nos âges, on va quand même pas encore attendu trop longtemps pour les derniers plaisirs solitaires !
      ;-)

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  4. Je lis beaucoup depuis toujours mais aujourd'hui, je ne lis que pour le plaisir et du genre qui se lit vite et s'oublie aussi vite.

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  5. J'ai toujours aimé la lecture grâce à mon grand frère qui me faisait ainsi découvrir un monde de possibilités et une certaine ouverture d'esprit, construction pas évidente pour l'époque concernant une fille !!
    Mes choix de lecture m'ont souvent menés vers des livres de femmes, sur des femmes…
    Aujourd'hui alors à la retraite, je lis beaucoup moins et ma dernière lecture me fait changer de choix.
    Le roman "Fille" de Camille Laurens me procure un certain malaise, une grande tristesse et que des plaintes tout au long sur le fait qu'elle soit une fille.
    Décrire cette idée tout au long du livre qu' être une fille est terrible !!!
    Se plaindre et en même temps reproduire elle même le même schéma … je pense que je ne vais plus acheter de nouveaux livres pour un long moment !
    Donc je vais moi aussi rester dans ma bulle pour me protéger des tristes frimas. Mon prochain projet… faire des bulles de savon qui amusent tant mes petits fils… mais en attendant, je pense que je vais coincer la bulle un instant !

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    1. Voilà finalement un très bon programme ! Se coincer la bulle : une expression de nos générations…
      je ne sais même pas qui est Camille Laurens. Je vois que d'après glouglou qu'elle a un palmarès long comme le bras. Mais bon si c'est si terrible que ça d'être une fille, il faut plaindre la moitié de l'humanité.
      Personnellement mon grand bonheur c'est d'avoir des filles comme enfants. Mais il est vrai que certains hommes me plaignaient presque de ne pas avoir de garçons !
      Comme quoi il y a des imbéciles dans tous les camps.

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  6. La lecture : passion ? curiosité ? culture ? passe-temps ? Chacun l'appréhende (ou pas) à sa façon . Intervient aussi la vie (pour toi cela était la maladie) , ce vers quoi la cellule familiale te guide. Si les jeunes lisaient un peu plus, passaient moins de temps sur leurs jeux, l'orthographe et la langue française s'en trouverait moins appauvrie chez eux.
    Ton billet du jour me fait prendre conscience que mes parents me préféraient dans la nature qu'assise avec un livre en main. Maintenant, j'ai le choix de décider lire ou m'adonner à ma passion et, comme disent les jeunes "y'a pas photo".

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    1. Tu as raison pour ce qui est des jeunes. Je n'ai jamais regretté mes kilomètres de lecture en ce temps-là. J'ai compris plus tard à quel point ce fut formateur de ma personne.
      Et moi j'aime bien quand tu t'adonnes à ta passion.

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  7. En matière de lectures, comme en toute chose, le plus adéquat n'est-il pas de suivre tout simplement ses besoins ?. Vivre livres. Vivre libres. Puisque vivre, c'est lire, mais pas que. J'ai pour ma part une sainte horreur des figures imposées : en matière de lecture, il n'y a pas de hiérarchies à avoir. Est bon ce vers quoi l'on aspire, ce vers quoi on se sent attiré. La littérature doit permettre de se faire plaisir, de se cultiver, de s'évader, de s'inspirer, de se consoler. Les adeptes de la "bonne" littérature, ceux qui ne jurent que par les bouquins DOP, par les prix littéraires, par les "classiques" qu'il "faut" avoir lu, je les soupçonne de ne jamais avoir connu le plaisir, le vrai plaisir de parcourir un bouquin aimé. S'attachant au paraître, ont-ils jamais joui de ces moments de relation intime avec un écrit ? Si tel est le cas, je les plains et je leur souhaite de se laisser un peu aller. Il doit y avoir un point "L" qui leur a jusqu'ici échappé : je les invite de toute urgence à le trouver!
    (je ne parle pas ici évidemment de lectures obligatoires, dans le domaine professionnel ou scolaire)
    Cela dit, il se peut que l'on traverse des phases d'abstinence totale en matière de lecture : la vie nous appelle ailleurs, nous invite à d'autres voyages. Pourquoi alors s'en vouloir ou se forcer ? le désir, libre, ça va et ça vient. Et un jour, par surprise, il saura nous retrouver.

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    1. Il y a toute une aristocratie et une hiérarchie dans le milieu dit « littéraire ». C'est vrai que l'on peut passer pour un C.... de ne pas avoir lu L'IMMENSE Machintruc qui a eu le prix Goncourt, le prix Monoprix, et le prix Dans-l'sac.
      « Lire et jouir sans entrave ! » Voilà le vrai !
      ;-)
      Je m'en veux pour des raisons subtiles du choix de mes attirances trop envahissantes au détriment d'autres.

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  8. Charlotte14/1/21

    Quel hasard , cette semaine, j'ai relu deux de tes livres ! ! oui c'est vrai cela ne s'invente pas. A vélo pour l'éternité et 120 pensées plongeantes. Cela m'a fait plaisir et du bien.
    Je lis beaucoup . J'ai toujours besoin d'avoir un livre que j'emmène partout avec moi. Pendant ces moments de confinement depuis mars dernier j'ai lu surtout relu énormément . C'est ainsi que j'ai relu tous les livres de Phillipe Labro que j'ai chez moi (9) ceux aussi de Franz-Olivier Giesbert , etc . Le soir je termine toujours la soirée par quelques pages du livre que je lis. On dort bien après .
    Aujourdhui je vais commencer le livre de Bernard Pivot "... mais la vie continue.
    J'aime te lire,j'aime beaucoup te lire. Je te lis et te relis chaque fois que tu écris ...

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    1. Relire mes livres ! Mais voilà un EXCELLENT choix !
      Il me semble que tu as toujours été une intense lectrice. Tu y fais souvent allusion çà et là où je te croise.
      Je sais que tu apprécies ce que j'écris. Cela me touche et m'étonne à la fois.
      Ce que l'on sort de soi ne nous appartient plus…

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  9. La lecture a toujours été l'un de mes passe-temps favoris mais il y a des périodes où je ne lis pas du tout, en ce moment par exemple. Pourtant j'ai tout plein de livres qui attendent d'être lus, que je sais passionnants, mais je n'ai pas l'envie. Alors j'attends que l'envie revienne, car elle reviendra, et je ne culpabilise nullement et surtout pas à mon âge ! (sourire)
    Bonne fin de journée, Alain.

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    1. Vis pleinement tes autres centres d'intérêts ! Et d'ailleurs nous en profitons !
      Tu as raison, l'envie reviendra à son heure.
      Bonne soirée à toi aussi.

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  10. Les lectures obligatoires, du collège et lycée m'ont quelque peu dégoûté de la lecture. J'ai commencé à lire quelques livres à partir de 23/25 ans, des romans policiers, l’intégrale de Roger Borniche, et puis quelques autres. Je n'ai plus touché un livre pendant de nombreuses années. Certains pourraient dire que cela se voit... Mon orthographe, ma conjugaison et ces foutus participes passés peuvent en attester. J'ai repris la lecture au cours de deux épisodes d’arrêts de travail, puis j'ai repris le travail et laissé tomber les livres pour quelques années supplémentaires.
    Depuis presque dix ans, depuis que ma maman a disparu, je ne me suis pas arrêté, et les livres qui ont ma préférence sont toujours les romans policiers ou autres thriller.

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    1. Quand je te lis tes billets j'ai le sentiment d'une grande qualité d'écriture. Quant aux accords du participe passé, je crois qu'ils nous font tous plus ou moins ch... !! Et pas que depuis l'école…!!
      Lorsque j'étais immobilisé pour raison de santé (12/15 ans), j'ai lu je ne sais combien de bouquins policiers de la collection « le Masque » que m'apportait un voisin qui tenait la bibliothèque de prêt d'un gros comité d'entreprise. Après j'ai lu des SAS pour découvrir des filles aux jambes gainées de nylon ! Et je ne retenais pas ma main ! ;-)

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  11. Anonyme15/1/21

    J'ai beaucoup lu par le passé. Maintenant beaucoup moins, sauf des livres du genre "100 pensées plongeantes". Là je suis à lire et relire et relire Jean Bouchart d'Orval. Pour l'heure, "La rumeur du divin" que je déguste à petites doses comme tous les précédents que j'ai lus de cet auteur. "Au coeur de l'instant" une merveille. Aussi "Brulante clarté" et "Déployer la lumière" dont je fais commande bientôt. Peut-être connais tu déja ! kéa

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    1. Tu possèdes au moins un très bon livre !
      Je ne connais pas l'auteur que tu cites. Je vois qu'il est canadien, probablement peu connu en France. Mais les titres sont intéressants. Je vais me renseigner.

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  12. Tu sais que dans des logements petits, pleins de frères, de sœurs et sans télévision, une fois les devoirs faits, à part la lecture il n'y avait rien d'autre que les livres pour être un peu au calme et dans un monde où on s'entendait penser...
    Et on lit tout, le journal, les livres, les boîtes de conserve...
    On en retire toujours quelque chose.

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    1. Décidément tu as l'art de l'évocation.
      J'imagine très bien tout cela.
      Les livres sont à la fois un refuge et une extraordinaire ouverture sur l'évasion.
      J'aime beaucoup ton commentaire.

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  13. C'est exactement pareil pour moi. Je ne lis pas ou si peu......Quelques magazines mais pas de livres. Les romans ne m'intéressent pas.....C'est comme le cinéma, j'y vais rarement. Le paradoxe est que ma femme est une grande lectrice. Je fais quelques tentatives parfois car je culpabilise un peu mais je n'y arrive pas !!

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    1. C'est un peu curieux cette histoire de culpabilité. Comme si pour être « quelqu'un de bien » il fallait s'intéresser au livre, à la littérature etc.…
      je crois qu'il est important de « se cultiver », parce que ce sont des ouvertures sur toutes sortes d'univers autres que notre petit milieu, et de la diversité des êtres, mais il y a mille et une manière de le faire.

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  14. Finalement je m'aperçois qu'on est certains à ne plus lire !!

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    1. En effet !
      Un certain désintérêt viendrait-il avec l'âge ?
      (Car mon lectorat n'est pas composé de jeunots !)

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  15. J'ai toujours beaucoup lu, comme toi dans tous les domaines, de la littérature classique à la paléo-anthropologie, en passant par le droit (qui est ma formation) et la bande dessinée. Depuis quelques mois, toutefois, les livres me sont tombés des mains. C'est cyclique puisque c'était déjà arrivé, et cela correspond toujours à un changement de cap. Nous verrons bien.
    Bien à toi Alain et un grand merci pour tes lectures.

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    1. Tiens, le droit est aussi ma formation. Mais comme on dit le droit mène à tout à condition d'en sortir, j'en suis sorti après une vingtaine d'années au service du ministère de la justice. D'autres challenges intéressants m'attendaient…
      J'aime bien quand tu parles de « cyclique ». Il y a certainement de cela pour moi. Merci.

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  16. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  17. Je lis ton article et les commentaires...
    et je suis frappée par le fait que plusieurs disent ne plus lire autant depuis quelques mois...
    Il se trouve que c'est aussi mon cas : j'ai toujours beaucoup lu (de l'ordre de 50 livres par an) et cela depuis l'enfance...

    Or, l'année dernière, j'ai beaucoup moins lu que d'habitude...
    C'est la première fois que ça m'arrive... !
    Et je ne saurais trop l'expliquer...
    S'agit-il d'une "vague générale de désintérêt" pour la lecture ?

    En tout cas, j'ai un peu le même parcours de toi : j'ai lu "tout ce qui me tombait sous la main" pendant l'adolescence (surtout des romans et des "classiques")...puis j'ai lâché les fictions pour des livres de "sciences, psychologie, sciences humaines, spiritualité...etc"

    Avec comme leitmotiv...que je me fiche éperdument de ce que le livre soit "celui qu'on doit avoir lu"...
    Il y a plein de classiques que je n'ai jamais lus...et j'ai une bibliothèque pleine de livres que personne, ou presque, ne lit...
    C'est comme ça...:-)
    Seule compte l'envie du jour et la pertinence du livre par rapport aux questions que je me pose à ce moment-là...

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    1. Il me semble que nous avons des ressemblances profondes.
      Merci pour ce que tu dis de ton parcours.
      Est-ce que c'est une question d'âge ? Une évolution sociétale (comme on dit maintenant) ?
      Je pense à un de mes bouquins, mon récit de vie, que j'ai évidemment offert à tout mon entourage. Un de mes gendres, avec qui j'ai une excellente relation, ne cache pas qu'il ne l'a pas lu parce que « en général je ne lis pas de livres ».
      Je ne m'en suis pas offusqué, mais étonné. Un jour j'évoque cela avec son épouse, ma fille. Elle me répond : « comme ton livre est fait sous forme de " lettres à…" tu lui en envoies une chaque jour par mail. Ça il va le lire, j'en suis certaine ! »
      Je ne l'ai pas fait mais je crois qu'elle indiquait une tendance claire et nette de cette génération-là.

      J'en reviens à l'âge. Peut-être un jour accède-t-on à cette zone d'intériorité correspondant à « le livre du maître est en toi » ?…
      Je me dis que finalement j'ai peut-être à continuer de suivre ce que je pense : « écrire, je dois écrire… ». Et puis ce que l'on me reflète aussi venant de l'extérieur : comme « j'aime te lire », et ma Dulcinée qui me demande souvent «… alors ? Qu'est-ce que tu écris aujourd'hui ? ». Comme une attente aimante.
      Mais je sais aussi pertinemment que lire nourrit l'écrit.

      Merci pour ce commentaire qui m'a beaucoup intéressé.

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  18. J'ai commencé à lire jeune. J'ai débuté avec les magazines pour jeunes, les BD, la bibliothèque verte (jamais la rose !) Je l'ai toujours fait par plaisir. Je me vois même me précipiter pour entamer ou poursuivre une lecture.
    Il y a eut un épisode de lecture mi-contrainte. Mon père avait été muté pour un lourd chantier à Maubeuge. Et durant l'été nous avions traversé la France depuis Aubagne pour le rejoindre. Mes parents avaient loué une petite maison en Belgique, à Erqueline (je ne suis plus très sûr de l'orthographe) et durant cet été javais obtenu la promesse que l'on m'achèterai un livre par semaine... à la condition que la lecture du livre soit achevée. Je n'ai raté mon objectif qu'une seule fois car vraiment, ce bouquin (que j'ai complètement oublié) je ne l'aimais pas et le lire était un supplice ! Et je me souviens encore de ma déception de ne pas avoir un nouvel ouvrage à dévorer.
    Je lisais vraiment par plaisir. Et il y avait aussi une certaine satisfaction à dire "J'ai lu tel ou tel ouvrage" surtout quand il était épais ! (Où va se cacher l'orgueil !) Tient, j'ai lu cet été le dernier Paul Auster 4321. Bon sang de bois, quel livre ! J'ai dévoré ça avec jouissance, presque à courir en rentrant de promenade et randonnée pour poursuivre la lecture.... et 1200 pages hein !
    Sans rire, le plaisir de la lecture ne m'a jamais quitté. Et quand j'approche de la fin d'un livre, je cherche déjà le suivant. Il se pourrait que ça soit de la littérature lettone. J'ai rencontré deux sublimes femmes lettrées originaire de ce pays. Oui, la curiosité littéraire se nourrit aussi de chose très terre à terre !

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    1. Merci beaucoup pour ce témoignage intéressant.
      Vouloir rentrer pour reprendre la lecture d'un livre : ça m'a rappelé un souvenir personnel.
      Littérature de Lettonie ? Tu es vraiment très éclectique. Je trouve cela très bien d'ailleurs ! Je pense que je ne suis pas assez ouvert de ce point de vue.

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  19. Il me semble que la lecture relève du désir... une fois de plus. Désir multiple et changeant, selon les circonstances : évasion, découverte, apprentissage, voyage, construction d'un imaginaire, révélations etc. Certains livres m'ont fait sangloter, bien plus qu'aucun film n'a pu y parvenir.

    Après, des tas de gens ne lisent pas et sont passionnants. La lecture est un plus, pas un fondamental, je crois, du moins à cette époque que nous vivons, là, maintenant.

    Enfin, si je dois parler de mon cas perso, j'ai, parait-il, appris à lire toute seule, et j'ai longtemps lu tout ce qui me tombait sous la main, y compris les journaux et magazines qui passaient dans la maison. J'ai beaucoup griffonné aussi, sur tout et n'importe quoi, des cahiers, des bouts de feuilles, des livres, aussi (oui, je suis de celles qui annotent et posent leurs réflexions à même les pages des livres).
    Ça convenait bien à ma nature de sauvage, assez solitaire, bien que sociable.
    Les périodes où je ne lis pas sont celles où je vais beaucoup vers les autres. Autant dire qu'en ce moment je lis énormément. Je relis des livres (j'ai toujours été capables de lire et relire en boucle un livre particulièrement aimé), j'en découvre de nouveaux, je lis beaucoup, beaucoup d'articles sur des sujets de société.
    Par contre quand je lis j'écris peu. Sans doute le livre est-il une nourriture qu'il me faut digérer avant de régurgiter :-P

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    1. J'ai envoyé trop tôt :-/

      Alors bulle vs ouverture... Ni l'un ni l'autre, je pense, mais un peu des deux. Il est évident que la lecture isole, en même temps qu'elle permet de découvrir des merveilles, ou des atrocités. Je veux dire, même si une lecture me soustrait (un chouïa) au quotidien, elle m'apprend le monde plus qu'elle ne m'en distrait.
      Voilou :-D

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    2. Eh bien ton commentaire est très intéressant.
      À te lire ici et là, je pensais bien tu lisais beaucoup. Le nombre de fois où tu fais allusion à des livres ou laisse des citations. Je me dis souvent que tu as une grande culture. Ça se confirme.
      Cela dit, tu as le droit aussi d'écrire… sur ton blog de temps en temps par exemple ! Ça nous manque !
      J'ai moi aussi beaucoup annoter des livres, mais pas de la littérature. Je veux dire du roman, la fiction. Mais les bouquins thématiques je notais bien des choses parfois. Sauf que, je n'y retournais jamais. Peut-être une façon d'assimiler ? Je n'en suis pas sûr.
      Merci pour ce commentaire engagé et éclairant.

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