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mercredi 7 juillet 2021

Les amours débutantes.

 

On s'écrivait poste restante 

Au rendez-vous des apprentis 

Au rendez-vous des sans-logis 

Que sont les amours débutantes

chantait Guy Béart.





C'est toujours agréable lorsque l'on renoue avec les souvenirs ou les témoignages des amours débutantes. Qu'importe ce qu'il est advenu après, échec ou réussite. Ce qui a été, fut.


Nous sommes au début des années 30. Mon père fait son service militaire dans la marine avec son béret à pompon rouge. En bon catholique il participe à un pèlerinage militaire à Lourdes. C'est encore l'époque du sabre et du goupillon. Ma mère et ses deux sœurs, en bonnes chrétiennes, participent elles aussi à un pèlerinage à la même date au même endroit. C'est là que tout a commencé, un soir de procession aux flambeaux. Paraît qu'ils ont partagé le même cierge qui aurait fondu entre leurs deux mains réunies tant c'était chaud. Séparément ou ensemble ils nous ont toujours raconté le même scénario. On les croit, évidemment.


Pour la suite je dispose de leur récit, qu'ils aimaient à raconter, mais je n'ai eu connaissance de la correspondance de mon père avec sa future femme qu'après leur décès, retrouvé par mon frère dans les archives familiales. Mon père, qui a flashé sur la belle Marie (appelons-la Marie puisque c'était à Lourdes), parmi les trois sœurs, agissant avec diplomatie, enverra aux demoiselles une carte postale de la grotte le 24 août 1933 : « Agréez je vous prie mon meilleur souvenir, et puisse cette carte vous faire revivre un peu de votre pèlerinage. ».

Pas de difficultés à savoir aujourd'hui à qui exactement étaient destinées les mots écrits !

De son côté, celle qui sera ma mère, tient de longue date un livre de chants écrits de sa belle écriture à l'anglaise avec pleins et déliés. Elle aime chanter, c'est un cœur pur et gai de jeune fille. Dans les fêtes familiales elle aime pousser la chansonnette. Elle a une réputation de jolie cantatrice !


Elle retranscrit cette chanson :

*****

« je t'ai donné mon cœur »

le 20 août 1933

— — —

je t'ai donné mon cœur

tu tiens en toi tout mon bonheur

sans ton baiser, il meurt

car sans soleil meurent les fleurs

(……)


chanson à la mode que l'on peut entendre ici


[la chanson est extraite de l'opérette le pays du sourire. Sur YouTube il est indiqué 1934. C'est faux. L'opérette est créée à Vienne en 1923. Elle arrive en France en 1932. YouTube excelle dans l'information fausse.…] 


Comme Marie a fait des photos avec son tout nouveau Kodak à soufflet, elle les envoie à Martin (appelons mon futur père Martin, ça rime avec marin…), alors ils commencent à s'écrire tous les deux jours jusqu'au 26 septembre 1933. Aujourd'hui ce serait certainement une avalanche d'échanges de SMS ! Là il fallait deux jours pour l'aller-retour du courrier. Seules les correspondances de Martin sont parvenues jusqu'à mon frère et moi. Mais au vu de celles-ci on voit bien la progression. Les premières réponses commencent par : « Mademoiselle » et on se vouvoie… « … les photographies qui seront pour moi un précieux souvenir…… » et puis on ne cache pas son désir de se revoir un jour si possible… «… les propos que vous m'avez tenus par votre lettre ne m'ont nullement déplu : au contraire… »

on n'oublie pas d'ajouter un PS nécessaire en la circonstance :

« PS : je vous prie de présenter mon bon souvenir à vos sœurs et faire agréer mes respectueux hommages à Madame votre mère. »


En relisant ces lettres pour ce billet, je retrouve une émotion plus forte encore que celle de la première fois que j'en ai pris connaissance il y a une quinzaine d'années. Quelle délicatesse ! Quel jeune de 20 ans écrirait encore de cette manière aujourd'hui ! ?

Le 4 septembre les choses se précisent :

« je vous prie de remercier votre maman – qui est vraiment trop aimable – de son invitation. Je me fais un plaisir de passer chez vous nous aurons ainsi l'occasion de reparler de Lourdes.

Au revoir, Mademoiselle, je vous dis mon meilleur souvenir. »


La rencontre aura lieu le 9 septembre à l'occasion d'une permission du militaire.

À la suite de cela le marin, de retour à sa caserne écrira :

« j'ai gardé un souvenir inoubliable des quelques heures passées en votre accueillante maison et vous ne sauriez croire combien j'ai été sensible à toutes les marques de sympathie que vous avez bien voulu me témoigner : je vous assure que le souvenir de cette permission restera gravé en moi grâce au bon moment passé chez vous. »

Mais ce qu'il a obtenu de plus important ce jour-là, c'est la permission officielle de la future belle-mère d'écrire à celle qui ne tardera pas d'être sa fiancée !


Bon ! Ça semble clair ! D'autant que les « déjà amoureux » échangent des lettres pour organiser comment se voir « en cachette » (mais en tout bien tout honneur…).

La clandestine rencontre est fixée au jeudi 5 octobre, dans une ville un peu plus loin où ils ne connaissent personne ! Je vous passe les échanges de lettres sur l'organisation concrète qui vaut son pesant de sourires !


Et puis Martin écrira :

« je sens bien battre maintenant votre cœur à l'unisson du mien qui avait aussi besoin d'une compagnie. Il a trouvé. Comme l'union est bien réalisée. Bien souvent aussi dans la journée ma pensée va vers vous, bien souvent je me laisse bercer par de doux rêves et quand le temps me pèse trop je ne trouve de soutien qu'en lisant et relisant vos lettres. »

T'es vraiment bien accro mon cher futur papa !


J'ignore comment les familles se rencontreront mais ça ne tardera pas. Avant la fin de l'année 1933 ils seront fiancés et se marieront à l'été 1934.

J'ai une photo des fiançailles. Marie est assise sur les genoux de Martin. Évidemment ils ont l'air très heureux, mais en plus ils sont vraiment très beaux tous les deux !


Le menu du banquet de mariage tient en neuf lignes. 

Dont trois lignes de viandes différentes…

Paraît qu'on savait vivre en ce temps-là !


40 commentaires:

  1. Mon épouse qui aime jouer les archivistes possède une collection de menus de cette époque : mariages, communions, fêtes de famille. Je me demande parfois où les convives pouvaient fourrer tout ça, je suis pourtant une "bonne fourchette" !

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    1. Ayant connu la fin (la faim ?) progressive de ce type de « noces et banquets », je me souviens on se mettait à table vers 13 heures pour en ressortir vers 22 heures ! Alors on faisait au moins deux repas si pas trois repas les uns après les autres… entre-temps chacun il allait de ses chansons, duos, et autres histoires répétées mais qui faisaintt toujours rire, et puis l'éternel refrain scandé :
      « quand un chanteur a bien chanté, toutes les femmes doivent l'embrasser » et
      sa variante pour l'autre sexe. Quant aux amateurs de bon vin, c'était :
      « quand un chanteur/chanteuse a bien chanté/e il faut voir à sa santé… »

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    2. "faut voir à sa santé".... boire plutôt !
      Et seulement après voir s'il est saoul !

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  2. Anonyme8/7/21

    Tu as de la chance d'avoir pu conserver ces témoignages.
    Une époque tellement différente de la notre... extérieurement. Mais la recherche du bonheur elle reste la meme à travers toutes les époques. kéa

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    1. J'ai une famille qui gardait et classait. En effet c'est une chance.
      Bien entendu la quête du bonheur demeure, ce sont les modalités qui changent selon les mœurs du temps…

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  3. Quels jolis mots d'amour, pour une belle histoire.

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    1. … D'autant que l'histoire dura pas loin de 60 ans.

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  4. Je suis transportée : j'adore ! et puis il y a tant de résonances, non pas par rapport à mes parents, comme j'ai pensé au départ que ce serait le cas, mais avec les parents de ma mère (tu sais, le couple dans lequel l'homme est mort à 30 ans)... car j'ai aussi recueilli les cartes que mon grand père biologique écrivait à ma grand-mère. C'est tout à fait ce que tu décris, ce que l'on ressent au travers des extraits de correspondance que tu partages. Une délicatesse, une politesse infinie vis à vis des parents de la douce, de sa famille (en effet, quel jeune écrirait encore ainsi ???!!!)et ces choses qu'ils s'écrivaient par pudeur de dire d'autres choses ... c'est vraiment incroyablement touchant et émouvant (ça me touchait encore plus du fait que je n'ai pas connu mon grand-père maternel, que ma grand-mère a pleuré jusqu'à la fin de ses jours, elle pleurait chaque fois que je lui demandais de me parler de lui)
    je relis ton texte et je comprends mieux pourquoi je pense à mes grands-parents : ils se sont mariés en 1930, après plusieurs années de "cour"...
    Faire la cour ! plus personne ne sait ce que c'est que ce truc là !
    Je meurs d'envie de voir la photo de fiançailles de tes parents. Je sais que tu ne la montreras pas, mais sous tes mots ce jeune couple est vivant et voilà, j'ai une envie folle de les voir ...
    J'ai la même maladie concernant mon ancêtre Julie ou sa fille Élisa (soigneusement cachées toutes les deux par l'intégralité de la famille depuis le 19e siècle)j'aurais tellement aimé savoir comment elles étaient ...

    Merci pour cet intime et délicieux partage. MERCI !
    Bonne journée à toi

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    1. Je me doutais que cela avait toutes les chances de te plaire.
      C'est un mode relationnel révolu dans ses modalités. Il reste à espérer que de nouvelles formes garderont ce fond de romantisme qui fait les délices des approches et préparent l'intensité du désir.…
      Ayant visionné récemment un reportage sur les mœurs amoureuses de la jeune génération, j'ai quand même quelques doutes… je m'interroge sur l'obligation absolue de passer par la fellation (même si c'est beurk…) et des selfies à poil… (pardon « des nudes »).

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    2. personnellement, je suis triste, et pire, inquiète, au sujet de la manière dont "l'amour, la sexualité" doivent être perçues par nos jeunes
      Quand on sait que la pornographie est en libre service sans même que les parents puissent y faire quoi que ce soit ... mais l'amour ce n'est pas ça !!!!
      Ma mère qui m'a toujours parlé librement de ce sujet parlait en 1er d'AMOUR et elle utilisait le terme de pureté (en parlant des relations physiques lol)
      je n'ose pas penser à ce que ça m'aurait fait de commencer mon éducation avec des images agressives ! je serais partie en courant je crois !

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  5. Partager le même cierge, écrire, reparler de Lourdes, oui un processus lent... mais qui rend les souvenirs "inoubliables" et bien plus inoubliables qu'aujourd'hui, sans doute ;)
    Une étrange impression de lire les lettres de son père, jeune, expérience que j'ai moi-même vécu, vers mes quarante ans. Tellement étrange, que je ne le reconnaissais pas ; forcément, le lien entre mes parents avait changé ;)

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    1. Je crois bien comprendre ce que tu dis à propos d'un père que tu ne reconnaissais pas. Pour ma part ce fut plutôt la confirmation de l'homme de grande bonté et de délicatesse que j'ai toujours vu en lui. Et puis sa persévérance au long des années pour « aimer dans l'épreuve de la maladie mentale du conjoint », ce qui n'est pas le cas toujours et partout…

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  6. J'aime beaucoup l'histoire du cierge qui "fond"...:-)

    Nous aussi, on "fond" en écoutant ce genre de souvenirs...qui nous restituent toute l'ambiance d'une époque disparue...
    Je me demande bien ce qu'il restera, dans cent ans, des histoires d'amour d'aujourd'hui ?
    Beaucoup moins, sans doute, car on ne retrouvera pas les SMS échangés...
    au fond d'un vieux téléphone.

    Les boîtes à chaussures pleines de lettres et de tendres cartes postales sont autrement plus romantiques !

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    1. Tu as raison : il y a plus de boîte à chaussures…
      il ne restera pas beaucoup de traces des amours contemporaines. C'est curieux, les « Big Data », stockent tout ad vitam aeternam dans des usines à données généralement à des milliers de kilomètres de chez soi, on nous vante qu'on peut consulter ça à tout moment de n'importe où dans le monde… mais dans deux siècles, qu'en sera-t-il ? Qu'en restera-t-il de ces technologies qui changent fondamentalement tous les cinq ans définitivement! Qui se souvient de la cassette vidéo Philips réversible, huit heures d'enregistrement, qui devait révolutionner l'intégralité du marché ? Personne… le truc s'est planté définitivement… en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire on n'a plu fabriqué aucun lecteur de ce machin…

      Et de toute façon nos vieilles disquettes sont illisibles sauf si on a un lecteur vieux de 40 ans, et qui miraculeusement fonctionnerait encore… sur un très vieil ordinateur…. Quant au CD et DVD leur mort est d'ores et déjà programmés à brève échéance.
      Pour ce qui est des écrits : les stylos et feutres modernes ont l'encre qui s'efface en quelques années.
      Et je ne parle pas des « manuscrits des auteurs », ça n'existe plus. Aucune trace de leurs rectifications et corrections éventuelles, on corrige sur l'ordinateur et on n'a que la version finale.
      Nous voulons tout conserver… et il ne restera rien du tout…
      « nous vivons une époque moderne » comme disait ce cher Philippe Meyer.

      En attendant je vais me délecter des écrits à l'encre de Chine sur des papiers anciens qui ne se délitent pas en 50 ans. Les papyrus nous survivront, pas nos documents sur feuille A4 sans pérennité garantie, imprimée avec la technique jet d'encre qui ne tient pas dans la durée.
      Heureusement que Marie et Martin n'ont rien connu de tout cela… au moins on a des archives à la maison et non pas dans un Big Data qui consomme jour et nuit une énergie considérable pour maintenir en vie… la nôtre…
      (allusion une expérience personnelle pour la demande de renouvellement d'un document administratif. La réponse que j'ai eue : « vous n'existez pas, vous n'êtes pas dans l'ordinateur… » dont acte. Je suis déjà mort !).

      (Voilà que je m'emballe dans un commentaire qui n'en finit plus et qui est hors sujet… heureusement j'aurais quand même la moyenne à mon bac/blog, car le jury va remonter ma note de 4/20 à 18/20, à la demande du ministre).

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  7. tant de témoignages (lettres etc.) Voilà qui est bien précieux
    Quand je compare avec le désert de mes souvenirs...il n'y a rien, ou pas grand chose!

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    1. Sans que ce soit exceptionnel, je pense qu'il n'y a pas tant de gens que cela qui des documents anciens voir très ancien.
      On fait avec ce qu'on a… ou ce qu'on n'a pas… hélas effectivement…

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  8. J'adore l'histoire d'amour de tes parents et la patience nécessaire, on est beaucoup trop rapide aujourd'hui, il nous faut tout et tout de suite.

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    1. C'est dommage, en effet, pour le « toute de suite » qui ne peut que tuer le désir !

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  9. J'aurais aimé voir la photo.
    J'adore les histoires de badinage qui dure jusqu'au hasard de la clairière adéquate, la promenade plutôt que la course vers l'hôtel...
    Ça a plus d'allure que "p... ! Qu'est-ce que j'te kiffe !"
    (cela dit, des études régulières montrent que, même si ça va un peu plus vite, les jeunes filles et jeunes gens sont restés très "fleur bleue"...)
    C'était vraiment sympa à lire, la découverte de tes parents.

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    1. Je comprends pour la photo. Mais j'ai toujours pris l'option de n'en publier aucune ni de moi, ni de ma famille ou de mon entourage.
      C'est dommage, d'autant qu'on est tout très beaux ! ! ;-))

      Merci d'apprécier. Je dois dire que je me demandais qui ça aller bien intéresser ma petite histoire familiale…
      je constate qu'au moins quelques-uns ça leur plaît !

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    2. ah, et en plus, tu nous nargues ! ;-)

      LA PHOTO ! LA PHOTO ! LA PHOTO ! LA PHOTO !

      ;-)

      (l'espoir fait vivre :-)
      tu peux aussi la montrer puis l'enlever, c'est ce que je fais pour certaines photos

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    3. "les histoires DU badinage qui dure jusqu'au hasard de la clairière adéquate"
      C'est mieux...

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  10. Anonyme9/7/21

    Ah... Etrange coincidence. Mon frangin m'a envoyé une photo de moi bébé dans les brass d'une inconnue... Y a juste que l'histoire que je pourrais conter serait tirée de décisions de tribunaux, et de témoignages indirects... Loin de la romance de tes parents.
    Merci de ce saut dans le temps... Où que soit ce temps...

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    1. Je crois savoir que tu as un parcours de vie un peu compliqué… presque la romance de mes parents… c'était bien avant que je ne débarque !
      Il n'empêche, il y a de belles choses dans l'existence…

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  11. Charlotte10/7/21

    Moi aussi j'ai rencontré mon futur mari à Lourdes ! ce n'était pas pour y espérer y rencontrer la vierge Marie mais pour y rencontrer des jeunes de mon âge . J'avais 17 ans et lui 18 .C'est seulement 6 ans plus tard que nous nous sommes mariés après de longs fiançailles . Je n'étais plus vierge!
    Mais personne ne l'a su et surtout pas les parents sauf ma soeur ainée quand j'ai craint d'être enceinte. Mais ouf ce n'est pas arrivé à mon grand soulagement et celui de ma soeur qui n'en dormait plus.
    Quant à mes parents ils ont eu une période de fiançailles extrèmement courte, 3 mois.Mon père était très beau ma mère aussi. Ils ont eu 9 enfants !: 5 filles et 4 garçons.

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    1. Quoi !!! Qu'entends-je ? Qu'ois-je ? Vous avez « fauté » avant le mariage !!!
      Mais, mais, mais, malgré ça tu as osé te marier en blanc !
      ;-)))

      Mais bon, au final les amours nés à Lourdes, ça semble de bons crus !
      La Vierge ne t'a pas tenu rigueur que tu ne le sois plus…
      ;-)

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  12. Je sais peu de choses de ce qu'ont vécu mes parents dans leur jeunesse et je le regrette...
    je sais seulement qu'étant de familles de paysans très pauvres, cela a été très dur

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    1. Je comprends d'autant plus ton regret que je considère comme une chance de disposer de tant de documents anciens, et surtout je rends hommage à mon frère d'avoir passé des années à trier tout cela et à l'ordonner dans quatre ouvrages, dont le premier tome à lui seul fait 497 pages A4… et il y a quatre tomes… (même si de nombreuses pages sont des illustrations et des photos d'époque).
      Cependant tu as pu pressentir la dureté de leur vie et de leurs conditions paysannes, c'est à la fois peu et beaucoup… du moins je le pense ainsi.
      Peut-être as-tu des témoignages par d'autres personnes ? On peut aussi les susciter recueillir des traces de l'époque qui aident.

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  13. Euh... C'est pas plutôt "Je t'ai donné mon cœur / Tu tiens en TOI tout mon bonheur"?

    (en mode j'dis ça j'dis rien évidemment)

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    1. J'observe ta lecture attentive !
      C'est bien sûr une faute de transcription sinon ça n'a aucun sens…
      je suis allé quand même vérifier sur l'original du texte recopié par ma mère.
      C'est correct. La faute est mienne !
      (J'ai corrigé le billet)

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  14. Claudine11/7/21

    "aimer dans l'épreuve de la maladie mentale du conjoint " Exercice super difficile et douloureux que j'ai vécu de près avec mes parents. Mon père a trouvé son "issue" en décédant après 19 années de combat. Il ne restait plus que moi pour subir les états d'âme de ma mère..."
    Superbe billet qui m'a fait me souvenir de ma correspondance très " fleur bleue" gardée dans une boîte à chaussures. Tellement bien cachée que je ne savais même plus où je l'avais rangée :) Ce sont mes enfants qui l'ont retrouvée en dévidant le grenier :)
    En 1989, il n'y avait pas encore de GSM, il fallait soir s'écrire, soit sortir en cachette pour aller téléphoner.
    Bel été Alain !

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    1. Dans les épreuves et la maladie l'amour s'éprouve autant qu'il se prouve.
      Entre les conjoints bien sûr, mais dans l'entourage également.
      Les boîtes à chaussures sont loin de n'être faites que pour les pieds !
      Merci d'être venue jusqu'ici, et bel été également.

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  15. C'est délicieux. Mon grand-père aussi envoyait des cartes postales à sa bien aimée, très formelles, "à mademoiselle Suzanne" mais il envoyait d'autres cartes sous envelope à sa soeur - ma grand-tante Mariette - sur lesquelles les choses étaient plus... libres :) Qu'il était bon, à l'époque, de construire toute une relation sur ces émois, lettres, pensées, et limites strictes....

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    1. Cela me fait grand plaisir de te revoir ici.
      C'était en effet joli ces temps anciens au langage élégant avec une légère distance qui faisait présager de rapprochements à venir…
      on en était pas encore à la tyrannie du « tout, tout de suite »…

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  16. Cet amour naissant s'entrouvrant au travers de ces mots délicats d'une correspondance respectueuse avec demande de l'autorité parentale doit être incompréhensible de nos jours !
    Cela nous émeut aujourd'hui, mais même si je n'apprécie pas la rapidité des amours actuels qui se font et se défont à la vitesse de SMS, je ne regrette pas ce temps qui tout de même retenait la liberté des femmes notamment en amour…
    Encore faut-il que la liberté s'accompagne d'un libre arbitre qui a pu se construire sur des bases saines…
    Tout est toujours questions de bases, de constructions, de compréhension et de conscience.
    Cela dit, il est doux et aimant le voyage que tu viens d'entreprendre … retrouver des traces… des écrits… des lieux… des photos… cela n'est pas permis à tout le monde. Tu as là un véritable trésor qui te donne une incroyable énergie pour remonter le temps et te faire apprécier plus intensément ton présent.
    Belle promenade dans les pas de tes parents

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    1. C'était un autre temps en effet, d'autres mœurs, d'autres organisations sociales et familiales. Comme tu dis l'important est le « libre arbitre ».
      Est-il mieux « garanti » en 2020 qu'en 1930 ? Il me semble qu'il y a toujours des pressions les interdits et les passages obligés quelle que soit l'époque. Ce sont les modalités qui changent. À l'époque de mes parents il fallait arriver vierge au mariage (en principe…), aujourd'hui il n'y a plus de mariage, et l'amour il faut beaucoup plus « l'avoir fait » pour donner le sentiment à l'entourage « qu'on est à la hauteur »…
      Le fondamental d'une éducation réussie et l'éducation à suivre sa conscience profonde. Et non pas à suivre les mouvements sociaux à la mode.

      Sinon, en effet, j'ai la chance de disposer d'une sorte de trésor à la constitution duquel je ne suis strictement pour rien. ( gratitude envers mon père et mon frère) J'ai tellement vécu éloigné de ma famille, autant physiquement que psychologiquement. Il m'aura fallu attendre la vieillesse pour la retrouver… mais je ne regrette rien puisque m'enfuir m'a permis de ne pas mourir étouffé.

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  17. La prose amoureuse semble bien avoir changée depuis ce temps.....Moins pétique et plus directe. Tiens je m'aperçois que je n'ai jamis écrit de tendres lettres à ma femme !

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    1. … Mais il n'est jamais trop tard pour commencer les bonnes choses !

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  18. Émouvant, ce récit d'un temps où tu n'étais pas encore là. Je trouve toujours particulier de se projeter dans un espace où nous n'existions pas. C'est difficile à croire et pourtant... peut-être bien que déjà, toi et ton frère étiez quelque part dans la tête, ou le cœur, ou les rêves de ces deux jeunes amoureux.
    PS : serais-tu déjà en train d'écrire les premiers chapitres de l'histoire de cette femme passionnante et personnalité complexe que fut ta mère ?

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    1. Il semble à peu près établi que mon frère et moi nous étions déjà potentiellement en projets. D'après des confidences faites à mon frère, nos parents rêvaient d'une famille nombreuse. Nous ne fûmes que deux pour diverses raisons. Ma mère a fait plusieurs fausses couches sur plusieurs années. Potentiellement désiré, je suis arrivé 10 ans après quand on n'attendait plus la joie d'une naissance.
      J'ai de mon côté le témoignage de mon parrain ainsi que d'un ami de mon père concernant « la teuf d'enfer » qu'ils ont fait (comme on dirait aujourd'hui) alors que ma mère était encore à la maternité…
      Je ne sais si l'ouvrage que tu m'as suggéré déjà verra le jour… mais tu as raison c'était une femme passionnante et complexe, passionnée aussi et qui a connu le meilleur comme le pire. Le pire semblant avoir occupé trop de place hélas…

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