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lundi 5 septembre 2022

La promesse vaut-elle ?

 

135ème devoir de Lakevio du Goût



Cette toile de Nicole Bellocq ma rappelle quelque chose.
Mais à vous ?
Inspire-t-elle une histoire quelconque ?
Si oui, j’aimerais qu’elle fût close par « Alors, tu as honte de a vieille mère ? »
J’aimerais vous lire lundi, même si « la rentrée » c’était hier…







La journée semblait annoncer un avenir radieux. Les vapeurs de la nuit se dissipaient. La promesse de l'aube se faisait possible. Au moins probable. J'avais une certitude, la nuit allait s'enfuir. Souvent je me demandais où. Que faisait donc la nuit lorsque le jour s'en venait, allait-elle se cacher au fond des bois ? La question m'envahissait l'esprit de jour en jour. Comme une obsession. Il me fallait une distraction. 


Je décidai de me rendre au marché. C'était le jour. On dit cela en général : « c'est jour de marché ». Pas une seule fois je n'avais entendu « c'est nuit de marché » et pourtant il en existait de nocturnes. C'est le moment de marcher pour m'y rendre. Ce que je fis dès que le soleil monta l'escalier des heures.


Apparemment c'était un marché aux fleurs et aux tomates. Dans mon ignorance des choses de la nature je me posais aussi cette question qui me taraudait les neurones depuis bien des lurettes : à quoi pouvait bien ressembler une fleur de tomate et surtout, était-elle rouge ? Même si on m'avait prétendu qu'il existait des tomates de toutes les couleurs de l'arc que tenaient au ciel certains nuages aidés par la pluie.


Face aux cageots de tomates, il y avait une nana qui n'en était pas un. Bien au contraire,  elle était accorte en même temps que derrière son étal., Une robe bleue comme le ciel et un corsage blanc comme la sainte vierge qu'elle n'était peut-être pas.

— Vous désirez ? Me lança-t-elle.

— Oui, je désire.

— J'ai de belles tomates.

— Je ne les ai pas encore vues, mais si vous le dîtes, je ne peux que vous croire.

— Je les tiens de ma mère qui sait cultiver, précisa-t-elle.

— La mienne n'est pas à la hauteur qui conviendrait à ma stature.


J'aurais aimé lui raconter ma vie triste comme les blés dans la sécheresse du cœur. Ou bien raconter une histoire quelconque comme il est demandé. Mais peut-être que ce serait une fois de plus agir par devoir. Cependant, je me suis permis de dire :

— Vous terminez à quelle heure le marché ? Voulez-vous devenir mon amie ?


C'était il y a quelques jours. Depuis nous passons  nos nuits à « L'Hôtel du Marché ». C'est bon, c'est doux, elle comprend. On s'est tutoyé juste après son premier orgasme. C'était plus intime. 


Dans la journée, toujours après la fameuse promesse de l'aube, je lui raconte tout sur ma mère. Du début à la fin. Depuis le :« pas si mal que ça »  des premiers temps, jusqu'à l'horrible qui s'en est suivi. Elle boit mes paroles avec des HO ! des  HA ! des Mon Dieu !  m'apportant la preuve de sa compréhension profonde des événements qui se sont succédés. Ma confession me fait du bien, à mesure que mes propos clarifient toute une histoire jusqu'à finir par trouver une forme de rédemption et de réhabilitation de ma mère, somme toute femme admirable elle-même parce que tout vient d'évènements premiers déplorables dont elle fut aussi victime. Devant tant de compréhension de cette maraichère, je m'apprêtais à la demander en mariage, lorsqu'un nouveau désastre arriva, terrassant tous mes projets. Tandis qu'elle s'abandonnait dans mes bras, elle osa proclamer sous forme de questions ce qui était en réalité un jugement définitif : « Alors tu as honte de ta vieille mère ! ? ».


23 commentaires:

  1. Tu as raison, un orgasme partagé facilite beaucoup la familiarité...

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    1. Je vois que Monsieur a de l'expérience !
      ;-)

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  2. Mais pas au point de dénigrer sa vieille mère.

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    1. On n'est pas des sauvages quand même !
      ;-)

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  3. Ah ben mince alors, cette dernière phrase est une douche froide... moi qui me réjouissais que tout ça finisse par un beau mariage... ou bien, me suis-je dit, voilà on sait maintenant qui est son "maître à penser" ! ;-)

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    1. Question : le beau mariage est-il une réjouissance à terme ?
      Mais oui, bien sûr !
      Mais non, voyons !
      Il y a le maître à penser, et le mètre à mesurer

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  4. La phrase de trop ! :-) Et une romance qui avait bien commencé, va se terminer aussi vite qu'elle avait commencé. Cela me fait penser au fait que nous nous autorisons parfois à dire du mal d'une personne proche, mais nous ne supportons pas que les autres renchérissent parce que nous l'aimons bien tout de même cette personne...
    Bon début de semaine, Alain.

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    1. La réflexion est judicieuse. D'autant que j'en ai l'expérience.
      On peut ne pas désapprouver un comportement factuel, tout en appréciant énormément une personne.
      Bonne suite à toi…

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  5. Bah, un moment de honte est vite passé ! ;-)

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    1. En plus, il n'y a que la première fois qui coûte. ;-)

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    2. @Walrus @le goût des autres
      ... moment vite passé… jusqu'au suivant… mais comme dit « le goût » le suivant vaut moins cher !

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  6. Anonyme5/9/22

    Elle n'avait rien compris finalement ! Lui qui croyait qu'elle l'écoutait vraiment. Quelle déception.
    Pour ce qui est de la nuit, ce n'est qu'une absence au bout du compte. Elle n'existe pas par elle même. C'est encourageant car cela veut dire que la nuit que nous traversons n'est qu'une absence qui fuira aussitôt que nous allumerons nos lampes ! kéa

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    1. On a toujours la compréhension de ses possibles…
      Intéressant ce que tu dis sur la nuit. La nuit tous les chats sont gris et les gentils loups-garous font peur…

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  7. Je voudrais bien prendre la défense de la fraîche marchande, à l'origine tout de même sélectionnée sur d'autres atouts de ses talents de psy :) Du coup (haha arghhh oui il fallait bien que je le place, celui-là), bien que prêtant une oreille attentive (et même d'autres parties de sa personne), elle a peut-être eu du mal à démêler les sentiments de son amant ? D'autant que s'il a pardonné à cette mère décidément fautive bien qu'excusable, il a peut-être tout de même honte d'elle aux yeux du monde ? Et peut-être au fond a-t-elle touché un point sensible, forcé une prise de conscience - et oui, peut-être a-t-il honte de sa vieille mère, en fait....

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    1. On dit parfois que… peut-être… sur un malentendu…
      Il avait bien pressenti qu'elle était sans doute sa chance. Ne se sentait-il pas compris comme jamais ? Et puis, la petite phrase de trop qui fait s'écouler un édifice à peine ébauché, même pas les fondations…
      Peut-être en effet avait-elle touché le poids ultime, le plus sensible mais aussi le plus douloureux.
      Il faudrait poursuivre l'histoire. Ailleurs peut-être… ici je ne peux pas… rapport à la consigne qui fait que lorsqu'on écrit la phrase imposée… on s'arrête là !
      Mais personnellement j'ai beaucoup d'attrait pour la jeune maraîchère !
      Va falloir que j'aille sur ce marché ! … Du coup !…;-)
      Très content de te revoir passer par ici…

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  8. Anonyme5/9/22

    La nuit mystérieuse peut monter au cerveau, et le désir s'emballe, je vois.
    Il est vrai que les belles tomates peuvent aussi monter au cerveau.
    Rien de tel que de faire pleurer une femme pour que les larmes lui montent aux yeux et pas que... mais bon, j'espère tout de même qu'il ne dit pas "maman" au moment de l'orgasme ;)

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    1. Et s'il avait dit « papa » voilà qui aurait été intéressant !
      Y aurait-il un nouvel adage : « femme qui pleure bientôt dans ton lit » ?
      Qui est donc cet anonyme, est-ce celui auquel je pense ?

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    2. Anonyme8/9/22

      En fait, l'anonyme c'est gballand, tout simplement ;)

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    3. OK ! Merci !
      Parfois blogspot est très impoli en faisant des anonymes alors qu'il s'agit d'habitué(e)s de ce merveilleux blog qui est le mien !

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  9. Si je comprends bien, cette jolie maraîchère garde les mêmes expressions, de jour...
    comme de nuit ?
    "Oh ! Ah ! Mon Dieu !"
    Hum, faut se méfier des interjections "toutes faites"...
    Il arrive qu'elles n'expriment pas ce qu'on croit... ;-)

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    1. Ah mais peut-être que le récit de jour se déroulait en même temps qu'une activité de type habituellement nocturne !
      Un usage d'interjections issues d'un kit multi fonctions
      ;-)

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