Sur une proposition du site : « Écriture créative » (proposition 241)
deux petits thèmes que je traite successivement :
Le moulin à vent qui éternuait
Il a fallu qu'ils me construisent sur la colline. Battu par tous les vents. Quelle idée !
Bon sang, il y a encore des centrales nucléaires qui fonctionnent parfaitement !
Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'écologie dont ils nous rabâchent les ailes.
Ça tourne, ça tourne, ça n'arrête pas de tourner. Du matin au soir et du soir au matin.
Enfin quand il y a du vent… Oui parce que il faut du vent pour moudre des solutions supra écologiques dont je suis seul à avoir le secret.
Enfin c'est ça que disent les humains dans leur langage : « va y avoir du grain à moudre »
N'empêche que moi, j'ai la goutte au chandelier. Ça n'arrête pas de couler.
Attention ! Je vais finir par éternuer ! Vous aurez vent de l'événement !
Croyez-moi ça va faire du bruit et le vent l'emportera loin.
Le violon qui se souvient d'avoir été un arbre
C'est arrivé comme ça. Sans crier gare, ni rien d'autre d'ailleurs. Je ne sais pas crier. Tout juste miauler, geindre, émettre une plainte, parfois râler contre l'archet qui me malmène.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je suis d'une sensibilité extrême. Et fort heureusement j'adore la musique depuis mon plus jeune âge.
C'est arrivé comme ça. En plein concert. Mes potes et moi on interprétait les quatre saisons de Vivaldi. La routine quoi. Des centaines de fois qu'on s'est farci le Vivaldi. Ça s'est passé en plein mouvement de l' été. Vous savez l'endroit lent où il fait très chaud, où ça se traîne, et juste après c'est tout le passage avec les oiseaux. Et là : vlan ! Un retour à la petite enfance. Et même au temps de la gestation. J'ai entendu nettement le doux chant des oiseaux dans ma mère l'arbre.
Mes cordes étaient d'une tension extrême, paroxystique.
Et alors ce fut une terrible émotion je me suis mis à pleurer sur la corde de mi, des larmes en trilles, des sanglots de quadruples croches. Trop de souvenirs horribles quand ma mère l'arbre a été abattue pour que je puisse vivre et sortir mes sons…
J'ai cru que mes larmes ne s'arrêteraient jamais.
Et puis je me suis écroulé dans une transe violente de violon.
J'ai su par la suite que l'orchestre avait mis beaucoup de temps à s'en remettre…
Le grain à moudre, il faudrait en parler sur les plateaux télé, avec tous
RépondreSupprimerces violons, où qu'ils soient, car ils en ont marre d'être exploités
et de rabâcher les mêmes choses !
Quant à "Pleurer sur la corde de mi des larmes en trille, des sanglots en quadruples croches"
c'est beau et ça, aucun homme politique n'arrive à le faire ! Dommage car
ils pourraient eux aussi s'écrouler !
Ah les plateaux télé : c'est comme les plateaux repas, il y a du bon, du moins bon et de l'exécrable. Parfois ça donne des indigestions et même des infections urinaires qui finissent par faire en sorte qu'on pisse dans un violon.
SupprimerL'homme politique qui s'écroulerait, ce serait comme le Phénix. D'ailleurs c'est ce qu'on remarque très souvent.
Et merci pour tes commentaires toujours appréciés !
C' est fou comme je viens de réaliser qu 'un violon était une des parties de l'arbre, évidemment je savais qu 'un violon était fabriqué avec un bois noble mais je n 'avais pas fait cette relation c'est tellement joliment dit que ce n'en est que plus chouette surtout lorsqu'on y ajoute les 4 saisons de Vivaldi.
RépondreSupprimerJ'ai eu l'occasion de voir un célèbre luthier de Mirecourt travailler dans son atelier. J'ai passé une bonne partie de la journée avec lui. J'apportais un violon de valeur, datant du XVIIIe siècle, qui appartenait à feu ma belle-mère (musicienne professionnelle). J'ai vu des violons à plusieurs étapes de leur fabrication. Ce fut passionnant. Il a réparé le fameux violon en question. Un être d'exception, passionné, avide de partager, dont je garde un souvenir intense.
SupprimerJe veux bien te croire, j ai vu un reportage sur ces uthier amoureux de leur métier et c'est vrai que touchee par la beauté de l'instrument j'ai occulté qu'il y avait auparavant le choix du bois.
SupprimerCe violon emporté de concert en concert avait complétement oublié son passé forestier, cela nous arrive aussi à nous les humains de ne lus se souvenir d'où l'on vient , c'est plus courant chez les violons , mais ça arrive aussi aux humains. Est-ce que ce sont les violons qui sont humains ou bien est-ce les humains qui sont violons , on ne saura jamais , c'est un peu comme l'histoire de la poule et de l'oeuf , qui précède l'autre ?
RépondreSupprimerL'histoire de ce violon n'est pas anodine, elle nous invite à ne pas trop renier nos origines.
Bonne soirée
l'Marco
"Complètement" , euh pardon ......et " de ne plus" .
SupprimerParfois on clique un peu trop vite sur la touche "publier"
Joli parallèle avec l'humain. Il en est même qui choisissent de renier leur origine. Peut-on continuer à vivre avec des racines coupées ? Survivre peut-être…
SupprimerConnaissant un peu le milieu des musiciens et concertistes, je dirais que certains ne font qu'un avec leur instrument, de jour comme de nuit. D'ailleurs je me demande s'ils ne font pas l'amour avec lui…
Il est, comme ça, des orchestres, dont les sanglots longs des violons de l'automne, blesse son chœur d'une langueur monotone.
RépondreSupprimerJoli !
SupprimerJe te reconnais bien là…
Il est à Marseille une place des Moulins dans son plus vieux quartier, celui du Panier. Il y a eu là jusqu'à 15 Moulins qui, récupérant l'énergie du Mistral, tournaient pour moudre du grain au XVII° siècle. Beaucoup même. C'est qu'il fallait nourrir ces satanés phocéens !
RépondreSupprimerEt il est vrai que ce vent froid et violent peut aussi provoquer le rhume de saison... Sans qu'on sache laquelle !
J'aime beaucoup ton expression « l'énergie du Mistral ». On était écolo en ce temps-là !
SupprimerEt puis les moulins, c'était quand même plus joli que ces batteries d'éoliennes dont on nous donne à penser que toute la France rurale et montagnarde va finir par en être recouverte.
J'ai même un voisin qui se demande s'il ne va pas en planter une petite dans son jardin. Malheureusement pour lui, les réglementations l'interdisent… tout du moins pour l'instant…
allez ! Bon vent et bonne semaine !
Reçu de Aubépine
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C'est, comme toujours, joliment écrit. C'est poétique, beau et triste un violon qui pleure ;
ça me fait penser au poème "Chanson d'automne" de Verlaine.
Ah oui. Je n'y avais pas pensé. Je comprends bien que ça puisse évoquer ce poème célèbre à plus d'un titre.
SupprimerUn poème prémisse d'une libération, fini le vent mauvais, la feuille morte est ressuscitée !
J'aime beaucoup "le moulin qui éternuait" et "le violon" aussi
RépondreSupprimerQuant à moi j'aimerais connaître l'anonyme qui a aimé ce billet !
SupprimerEt bien évidemment merci quoi qu'il en soit.