142ème devoir de Lakevio du Goût
J’ai peur de savoir où mène cet escalier sorti de l’imagination d’Anne-Françoise Couloumy.
L’histoire commencerait par « Dans l'escalier étroit leurs souffles se mêlaient. »
Si en plus elle se terminait sur « À chaque fois tout recommence
Toute musique me saisit », ce serait parfait…
J’espère vous lire lundi.
L'ascension
Dans l'escalier étroit leurs souffles se mêlaient, on aurait pu croire à des amants romantiques dont les lèvres n'allaient pas tarder à se toucher, les langues s'apprécier, et je ne dirai rien sur les mains avides de découvertes, de peau à caresser.
Ils grimpaient lentement, marche après marche.
Était-ce pour faire prendre de l'ampleur à leurs désirs ?
Était-ce la peur de ce qu'il allait advenir ?
Était-ce déjà l'ardeur de conquérir ?
Avant que ne s'en vienne le constat du dépérir ?
N'aurait-il pas mieux valu qu'ils s'abstiennent d'investir cette entrée, de s'engager sur cet escalier ? Comment savoir où mène le destin de deux êtres qui ne désiraient pas celui-là. Ils avaient cru entrer là par hasard. Il n'en était rien. La fortune n'est pas toujours bonne quand la fatalité guette. Ce n'est pas parce qu'on ne croit pas à l'horoscope que l'astre n'intervient pas à sa manière, selon le sort réservé et l'aléa du possible.
L'un d'eux, sur la 11e marche, se retourna pour lire le paragraphe ci-dessus. Il haussa les épaules. Je concède qu'il n'y avait rien compris. On a l'intelligence aiguisée ou émoussée, c'est selon.
S'il avait eu la capacité de réaliser, je suis certain qu'il aurait immédiatement descendu jusqu'à la marche de l'empereur . La seule qui eut convenu. Mais il préféra regarder le palier du dessus et poursuivit l'ascension. Il n'aura même pas l'occasion de le regretter, comme on le constatera plus tard.
L'autre, ne savait rien faire, si ce n'est suivre l'un. Et donc il poursuivit lui aussi l'ascension des marches pour son malheur. Qu'est-ce donc que le malheur ? Et comment frappe-t-il ? Hé bien de cette manière-là. Par inconscience, par bravade, par goût de puissance, par certitude de supériorité, somme toute par orgueil. Tous deux en étaient l'incarnation. La supériorité humaine. L'attrait du sommet que l'on pouvait atteindre pour enfin dominer tous les autres. Telle serait l'ultime jouissance.
Arrivés au sommet, ils découvrirent d'où venait la lumière du palier. Là ils eurent à peine le temps de penser que, effectivement, ils auraient mieux fait de ne jamais se retrouver en haut de cette volée de marches, qui allait leur voler la vie. Parce qu'en un instant tout devient aveuglant. Tel est le néant que beaucoup imaginaient comme un trou noir.
Pour ma part j'avais eu la sagesse de rester dans l'entrée à regarder celles et ceux qui montaient et jamais ne redescendaient. Je restais tapi dans mon coin, immobile et invisible, le casque sur les oreilles, mon Smartphone nourrissait mon âme de musique de chambre et d'entrée d'immeuble, d'opérette de salon et de requiem de salle mortuaire, de rhapsodie in Blue et de funk très dark.
À chaque fois tout recommence. Toute musique me saisit.

Ce témoin semble avoir peur que quelqu'un ne l'embarque vers ce dernier voyage, sinon il les avertirait du danger ;)
RépondreSupprimerTu avais entrevu l'histoire dans les quatre interrogations du début...
RépondreSupprimerC'est fort ! Très fort !
Pas facile de vouloir être le premier de cordée.
RépondreSupprimerca me fait pense a cette magnifique chanson
RépondreSupprimerhttps://www.youtube.com/watch?v=90YHdWGyesk
tu nous a tenu en haleine, j en suis essoufflée.
même si d'entrée, on sait ce qu'il va advenir, tu as su capturer l'attention et faire monter (sans jeu de mots) l'inéluctable. Bravo !
RépondreSupprimerune volée d'escalier, deux êtres ...mais là rien de croustillant ou de romantique !!! le hasard hélas nous réserve bien des surprises, on ne gagne pas à tous les coups.
RépondreSupprimerbelle journée
Fortune et fatalité sont-elles les deux mamelles de notre existence terrestre ?
RépondreSupprimerOui, le plus sûr est d'observer et de tirer des conclusions.... avec en fond sonore une musique
qui adoucit le destin de ceux qui l'écoutent... et permet d'éviter les ascensiond périlleuses.
À défaut d'aller siffler là-haut sur la colline, tu es resté tapi, attendant que quelqu'un se décide à descendre l'escalier, tel Roméo attendant une hypothétique Juliette. Le walkman diffusant cette chanson ♫♪♫♪
RépondreSupprimerSilence de novembre ?... J'espère que tout va bien ♥
RépondreSupprimerTon texte m'a fait penser à :
RépondreSupprimerhttps://www.youtube.com/watch?v=A11ihzJVq_c
ok ok ce n'est pas très fin , même un peu débile comme chanson !
Mieux vaut rester en bas de cet escalier , mais peut-être on peut monter quelque marches , à condition de pouvoir en redescendre , ce qui n'a pas l'air certain . Aïe aïe aïe !
Bonne journée à toi
l'Marco
La 11ème marche. La marche de l'empereur...., film, concerto de l'empereur .....Mozart ; "Descendez l'escalier , Juliette, que je vous vois". L'ascension de l'escalier semble être une grande source d'inspiration. Bonne soirée Alain.
RépondreSupprimerUN GRAND MERCI À CHACUN/E POUR VOS COMMENTAIRES.
RépondreSupprimerJ'ai été indisponible la semaine dernière
amitiés à toutes et tous
Stairway to heaven aurait chanté Led Zeppelin !
RépondreSupprimerC'est peut-être ce qu'écoute le narrateur dans son casque. Si ça vous tente, c'est ici : https://www.youtube.com/watch?v=xbhCPt6PZIU