158ème Devoir de Lakevio du Goût
Chaque fois que je passe sur la place de l’Étoile, je regarde l’Arc de Triomphe.
Chaque fois je me perds en conjectures devant les bas-reliefs qui en ornent les quatre piliers.
Mais vous ?
Qu’y voyez-vous ?
À quoi songez-vous ?
Pensez-vous à la bataille d’Austerlitz ou à « la pelle du 18 juin » que « le Petit Tondu » ramassa en 1815 ?
J’espère en savoir plus lundi…
Lorsque j'ai vu la proposition proposée pour le « devoir du lundi », j'ai commencé par me dire que je n'avais jamais pensé grand-chose de l'Arc de Triomphe en tant que tel. Je veux dire que je me suis dit que ça pourrait être aussi bien une autre tour Eiffel, un obélisque, ou un monument genre gros gâteau à la crème de Montmartre. Enfin bref, ce qui fait la réputation de Paris et son genre diversifié, éclectique, sérieux et rigolo.
Et puis je me suis arrêté à l'expression « Arc de Triomphe ». Triomphe de quoi ? Et c'est là que ça a commencé à me triturer les neurones. Et puis aussi : Triomphe de qui ?
« Victoire éclatante de quelqu'un ou d'un groupe » me raconte mon dico ! Bédidon ! L'orgueil est décidément partout.
Alors donc, place de l'Étoile, on triomphe de qui, de quoi, de quand et d'où ?
J'ai pensé tout naturellement que l'édification s'est certainement faite pour commémorer ma première entrée triomphale dans la capitale de la France. D'après les éléments historiques dont je dispose je devais avoir deux ou trois ans ou peut-être quatre ou cinq. J'avais déjà un énorme désir de conquête planétaire. Les documents historiques sont flous, mais cependant la tradition orale a pleinement établi que je suis allé à Paris dans ma prime enfance en compagnie de papa, maman, la bonne et moi. À moi les prémices du Triomphe.
Ça méritait en effet un arc majestueux. On a tenté bien plus tard de me faire comprendre que j'étais mégalo. Point du tout. Simple réalisme, à la fois réel et historique. Tout le monde le sait.
Tout cela pour tenter de dire sérieusement qu'un arc de triomphe, c'est complètement con ! Il s'agit de glorifier les milliers de morts qu'on a envoyés à l'abattoir et comme chair à canon sur des champs de bataille, pour la gloriole de rois , empereurs, dictateurs, conquérants de tous poils, marchant triomphalement sur des cadavres. Bien entendu les conquérants sont toujours restés « à l'arrière » pour se protéger comme des lâches. Pas cons les mecs. Je sais pas vous, mais moi je trouve que ça pue ! « Quelle connerie la guerre ! » déclara un célèbre Jacques. Oui, rappelle-toi Barbara, quelle connerie ! Que ce soit à Brest ou ailleurs.
L'empire romain comptait plus de 50 Arcs de Triomphe. Ça a commencé plus de 300 ans avant notre ère. Et on a continué depuis à fabriquer des atrocités, des armes hyper sophistiquées pour tout détruire et célébrer par la suite la victoire totale… jusqu'à la prochaine fois. Jusqu'à ce qu'on recommence comme on est en train de le refaire actuellement
C'est ça qu'on appelle Triomphe ?
Mieux vaudrait appeler ces machins des Arcs de la Déchéance de l'Humanité.

Complètement d'accord !!!
RépondreSupprimerOK !
SupprimerEffectivement, vu sous cet angle, comment ne pas être d'accord, les guerres sont horribles.
RépondreSupprimer… Et c'est tout aussitôt horrible de les célébrer et de les glorifier
SupprimerJe te suis complètement, chaque monument est une stèle mortuaire pour des hommes qui ne demandaient qu'à être heureux.
RépondreSupprimer… À défaut d'être heureux on leur demanda de mourir pour la gloire d'autre qu'eux-mêmes.
SupprimerBravo pour ton texte, en effet les faiseurs de guerre restent planqués et la valetaille, ce bon peuple, les gens qui ne sont rien, les sans dent, meurent !!! c'est hélas sans fin.
RépondreSupprimerBelle journée
… Sans fin en effet… pour que ça change il faudrait commencer par se pacifier soi-même, personnellement.
SupprimerCertes, la volonté de Napoléon était de rendre hommage aux armées de la Révolution et de l'Empire. Mais si je me réfère à ce que j'ai vu (qui figure d'ailleurs sur la photo) et qui est arrivé si je ne m'abuse sous Louis-Philippe, c'est la sculpture de Rude, La Marseillaise, aka les Français partant délivrer leur pays de la coalition des monarchies. De la révolution de 1789 à 1792, la libération du peuple par lui-même...
RépondreSupprimerAutre grand symbole républicain, la veillée de la dépouille mortuaire de Victor Hugo...
La flamme du soldat inconnu, c'est, me semble-t-il, moins un hommage aux victoires qu'un hommage aux anonymes, aux tombés pour la liberté de la nation, donc au peuple.
Au final, cet Arc là, j'y vois un symbole d'unité. Et d'ailleurs le saccage opéré par les gilets jaunes et la tentative de récupération par LFI annonçaient clairement leur volonté de chaos.
Et je sais que demain, si je devais me lever pour défendre ma liberté, la liberté de mon pays, du peuple qui y vit, je me lèverais. Sans hésiter une seconde. La guerre est une connerie, d'accord, mais si on m'agresse, je me défends, je ne me couche pas. Le coup de l'autre joue, très peu pour moi ;-)
Napoléon ne fait que se rendre hommage à lui-même, en chef d'empire (en pire). Les cadavres sont les vestiges de ses désirs de conquérant guerrier qui envoya au massacre des soudards aveuglés ou fanatiques parce qu'ils adulaient ce Despote, ou enrôlés de force.
SupprimerLa flamme du soldat inconnu glorifie les guerres, sous couvert de rendre hommage aux morts qu'on a envoyés se faire tuer pour « des idéologies n'ayant plus cours le lendemain ». Se gardant bien d'y aller eux-même les chefs d'état-major préfèrent envoyer les autres à la mort. Et ce serait ça un Triomphe ?
Quant au principe : « si on m'agresse je me défends », arrivant sur mes vieux jours je serais plutôt du choix : si on m'agresse, j'offre le dialogue et la force de pacification.
"La flamme du soldat inconnu glorifie les guerres, sous couvert de rendre hommage aux morts qu'on a envoyés se faire tuer pour « des idéologies n'ayant plus cours le lendemain »"
SupprimerJe ne vais même pas faire le parallèle avec la 2nde guerre et ce que se défendre nous a évité de barbarie nazie ... Mais je pense aux Ukrainiens, qui se battent pour ne pas vivre sous le joug russe. Et qui rendent un fier service à l'Europe. Aux Iraniennes, soutenues par nombre d'Iraniens, qui se battent pour le droit de vivre libres dans leur pays.
Tu proposes le dialogue avec un tyran fanatique ou les mollahs???
«Tu proposes le dialogue avec un tyran fanatique ou les mollahs??? »
Supprimeret toi ? Au-delà du constat, tu proposes quoi ?
Ou comment contourner la question ;-)
SupprimerLes fous sanguinaires existent depuis que le monde est monde. Le crime existe, et on lutte contre, et il continuera à exister, et on continuera à lutter contre. On peut se dire que ça ne sert à et subir, et crever comme un chien en regardant les autres crever autour de soi. On peut se dire que ça ne sert à rien et continuer à lutter quand même. C'est l'absurdité de la condition humaine, et c'est aussi sa grandeur. Ne pouvoir éviter la folie meurtrière, mais faire tout ce qu'on peut pour en limiter les effets.
Et, pour finir et être claire, je ne ramène rien à mon cas personnel. Je suis en paix avec moi-même. Mais je regarde autour de moi et je participe tant que je peux à la vie du monde :-)
Effectivement je contourne la question, car devait-elle être posé en ces termes un chouïa provocateurs ? ;-)
SupprimerFort habilement tu ramènes au cœur de l'absurdité d'une humanité fondée sur la terreur entretenue à coups de guerres en massacres pour s'accaparer ce qui n'est pas à soi. Alors bien entendu il faut lutter contre. Mais avec quels moyens à visée pacificatrice ? J'ai toujours aimé l'expression « les artisans de paix » et j'ai rêvé d'en être un, à l'image de certains que je côtoyais lorsque je bossais au service de tribunaux lors d'opérations de médiation/transaction. Cela ne réussissait pas toujours comme je l'espérais.. Raison de plus pour persévérer. Si bien que j'adhère à tes propos quant aux intentions. Ensuite c'est une question de choix des moyens pour permettre de retrouver la dignité humaine chez chacun des protagonistes pour ne pas dire des ennemis. Et comme disait un de mes amis (décédé) dont j'appréciais l'éthique combattante : « Pour souper avec le diable il faut une longue cuillère »
(Je n'ai pas eu l'impression que tu ramenais quoi que ce soit à ton cas personnel.)
Et merci pour cet échange toujours intéressant avec toi. 🖤
Encore un texte que j'aime beaucoup.
RépondreSupprimerLorsque l'on est même pas conscient qu'une guerre se joue à l'intérieur de nous, comment pourrions nous espérer la paix à l'extérieur. J'ai mis du temps à comprendre que chaque humain, moi en premier, a une guerre à gagner à l'intérieur de lui-même et qu'à moins de gagner cette guerre, toujours elle se répercutera à l'extérieur. Je sais, chacun croit que c'est l'autre le coupable. L'archétype du méchant, du coupable c'est bien commode pour ne pas avoir à se regarder soi-même. kéa
Tu indiques clairement le chemin de paix intérieure. En effet le combat qui en vaut la peine est le combat avec soi-même pour conquérir les forces d'amour en soi, canaliser et assécher « l'adversaire »… et qui subtilement est partiellement soi-même. C'est en effet si facile quand c'est « forcément et toujours l'autre le coupable à abattre ».
SupprimerIl est vrai que Napo, dit "Le petit Tondu", a fait étriper deux générations à sa gloire.
RépondreSupprimerCela dit, ce chef d'oeuvre de l'art Kitsch fut décidé un an avant Waterloo pour célébrer l'accession de la France au statut de République et au sacrifice de ses soldats pour la défendre.
Plutôt que la défendre, mieux vaut faire vivre la République
SupprimerBonsoir Alain, je pense comme Baladine, sans oublier ce devoir de mémoire que l'on doit à ceux qui sont morts pour la France et la Liberté. Je n'ai pu publier mon texte, absente aujourd'hui. Je le ferai prochainement.
RépondreSupprimerAlors si tu penses comme la Baladine, je te renvoie la réponse que je lui fais.
SupprimerLe seul Arc de triomphe que j'ai "visité", est celui de la porte de menin à Ypres. Un arc de triomphe de la barbarie, sans orgue ni canard... Je préfère l’appellation "mémorial" à Arc de triomphe. Un lieu propice au recueillement que l'ensemble des noms, gravés dans la pierre rappelle l’horreur de la guerre. Ici, clic
RépondreSupprimerPour la note musicale, j'ai repéré ce clin d'oeil...😉 ♫♫♫
ce n'est pas du tout un "arc de triomphe", à Ypres, c'est un monument dédié aux morts de 14-18, sans aucune pensée de triomphe, loin de là!
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SupprimerUn lieu de recueillement, c'est autre chose. On peut en effet se recueillir sur les dépouilles des victimes mégalomanes de tous poils.
Et merci pour le clin d'œil ! Je connais encore par cœur cette chanson de Lamoureux que je chantais dans les fêtes de famille étant gosse ! Comme je mimais le Robert assez bien, toute la famille éclatait de rire et mon petit orgueil en était pleinement satisfait.
@ Adrienne
SupprimerMes mots ont mal traduit ma pensée. Par, "Arc de triomphe", je voyais-là, la ressemblance architecturale de l'édifice ; je me suis mal exprimé, ou, j'ai écrit trop vite. Ce monument est bien un mémorial dédié aux morts de cette guerre, et je suis parfaitement d'accord avec le fait qu'il n'y a rien de triomphant.
@ Alain
Peut-être une fête de famille où le pour le menu, un canard était prévu...😉
@ Xoulec : oui, prévu… hélas il est toujours vivant !
Supprimeron est bien d'accord
RépondreSupprimerJe m'en réjouis.
SupprimerOui, je pense tout comme toi, Alain. Quand tu vois l'argent dépensé pour l'armement, et comme ils sont fiers de présenter leur nouveau matériel, j'en suis écœurée...
RépondreSupprimerDifficile, et sans doute pour longtemps encore…, pour un pays de se passer d'une armée. Mais laquelle et pour quoi faire ? Pour l'instant on a décidé de revenir à un surarmement.
SupprimerLa mégalomanie est bien distribuée en ce bas monde !
RépondreSupprimerRemplaçons les Arcs de triomphe par des arcs en ciel qui reflèteraient en chaque homme
sa luminosité intérieure ;)
Oh ! Comme cela est bien dit. J'apprécie grandement.
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