Un souvenir d'enfance me revient. J'allais à la pêche avec mon père au bord d'un grand étang dans la Somme. Il y avait un petit ponton pour s'installer avec les cannes à pêche. Des plantes aquatiques, des roseaux. Une brise agitée l'eau d'ondulations donnant la sensation d'un courant. Et puis il y avait ce morceau de bois qui flottait, ballotté. Je l'observais quasiment plus que surveiller le bouchon qui devait s'enfoncer et signaler qu'on avait « une touche ». Ce morceau de bois qui semblait ne pas savoir où aller ou plutôt ne pas pouvoir naviguer quelque peu, me fascinait. Cette incapacité de prendre une quelconque décision le concernant et son destin. Il n'avait sans doute d'autre choix que de pourrir sur place peu à peu. Je me demandais si je pouvais faire quelque chose pour lui.
Depuis que le covid a fait comme dégâts en moi de me donner un corps qui a la pesanteur d'un bois mort, ce souvenir a rejailli. Et me voilà avec la tentation de me laisser glisser lentement dans la rivière.
Intense découragement. À quoi ont bien pu servir tous ces efforts quotidiens pour maintenir le plus possible une autonomie défaillante ? Alors qu'un petit virus de merde vient tout anéantir en une nuit ? Que de combats dérisoires !
J'ai parfois pensé que je possédais la force des faibles.
Voilà que cette force m'abandonne, elle aussi…

Que te dire sinon n'abandonne pas, je comprends ton découragement et je ne te ferai pas l'affront de comparer mes douleurs aux tiennes, je ne peux que compatir et te souhaiter un énorme courage, je sais pour te lire que cette énergie tu la retrouveras ton mental est le plus fort et vaincra ce moment de découragement bien compréhensif.
RépondreSupprimerje me permets de te faire un gros bisous chargé d'amitié.
Esterina
On ne va pas comparer nos misères ! Mais toi aussi tu traverses des temps difficiles.
SupprimerAlors soyons solidaires dans l'adversité. Je t'envoie aussi mon soutien et mon amitié.
Très cher Alain,
RépondreSupprimerun jour, dans un comm, tu m'as parlé de "la fatigue qui affaiblit au cœur même de nos forces humaines", et de la nécessité de "se donner le courage d'être fatigué, puisqu'il s'agit de s'offrir le repos légitime". En ces jours où la vie te chahute et t'épuise physiquement, te voici, à ton tour, débordé par une fatigue existentielle... C'est vrai, après tout, à quoi ça sert, tout ça ? Ces fragilités dont on s'ingénie à faire une force ? À quoi ça sert, tout ? À rien. Tout ne sert à rien, voilà! Quelle histoire de fous la vie!
Et en même temps, c'est toujours, c'est d'abord la vie, l'essence même de la vie, cette fatigue, la tristesse qui l'accompagne et la tentation du renoncement. Alors je voudrais te dire : Tiens! Tiens bon! Repose-toi, et tu tiendras! Il sera toujours temps de plier, de céder, de s'écrouler, un autre jour. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui qui revient chaque matin. Parce que la vie reste la vie, et que chaque jour de celle-ci, on a droit à un nouveau rendez-vous. Et que tu nous as donné rendez-vous avec un nouveau livre, aussi!
Et comment ça, bois mort ? Certainement pas ! Bois flotté, oui, arrondi, sablé, adouci, et indispensable à l'écosystème! De ces beautés qui font notre bonheur!
Je t'embrasse avec toute mon affection 💙💙
SupprimerTes propos me font le plus grand bien, très chère Baladine. C'est vrai que l'extrême fatigue génère la tentation du renoncement. Et ton appel à « s'écrouler un autre jour » me fait comme un petit choc salutaire au point de me faire sourire. Finalement tu as raison. Il sera toujours temps demain ! Et c'est alors que m'est venue en tête la chanson de l'indécrottable optimiste qu'était Annie Cordy : « ça ira mieux demain ! »
Et c'est parce que je connais ta situation (votre situation) que je sais combien la force vitale toujours présente dans le cœur profond donne l'énergie de l'au-delà du découragement.
Merci de me l'avoir signifié avec tant de justesse dans tes mots. Moi aussi je t'embrasse avec beaucoup d'affection.
Tu te sens au plus bas ? Ça veut donc dire que ça ne peut que remonter. Accroche-toi, tu vas quand même pas te laisser impressionner par cette bestiole de m...
RépondreSupprimerCourage et amitiés, cher AlainX
Comme tu dis ça ne peux que remonter. Je commence à le ressentir quelque peu
Supprimerbien sûr qu'il y a des jours où on en a marre !
RépondreSupprimerEt ons sait tous qu'on mourra un jour.
Mais, comme dit HB qui n'est pas ,idiote "Ya pas d'urgence..."
J'en prends donc mon parti et je remonte à cheval, en route pour de nouvelles aventures !
Alors, remonte dans ton fauteuil et repart vers de nouvelles aventures...
Alors je vais remonter à cheval… comme Zorro… (*)
Supprimer(*) pour comprendre il faut avoir lu mon livre « le passage se crée » !
Le découragement affecte tout le monde , un jour ou l'autre, c'est humain. Ce qui est humain, aussi, c'est de combattre pour la vie, de se relever, de résister. Tiens, regarde Renaud, il est toujours debout ♫♫♫. Pourtant, y avait du boulot !
RépondreSupprimerSinon, qui viendrait déposer des commentaires bienveillants, chez moi !
C'est un bon choix d'évoquer Renaud, quand on sait ce qu'il a traversé.
SupprimerJe vais continuer le combat vital… au moins pour pouvoir encore commenter chez toi !
Ce que tu vis est très difficile. Ça me serre le cœur fortement de l'entendre. Ton exemple du bout de bois ballotté, tournant sans cesse sur lui même au gré d'une force sur laquelle il n'a aucun pouvoir en donne une image prenante. Comme tu dis, on a le désir de l'aider tout en sachant qu'on ne le peut pas. Il me vient aussi à l'idée l'histoire de Phoenix renaissant de ses cendres. Évidemment pour qu'il renaisse, tout doit être brûlé avant. Seulement là la force des faibles peut se manifester, lorsqu'il n'y a plus rien à quoi s'accrocher. Sans doute qu'à terme, c'est là que mène la dépression, à tout brûler. C'est nécessaire et salutaire. Cela se passe à un niveau invisible pour les autres et le plan physique ne renait pas nécessairement bien que ce soit possible aussi. J'espère pouvoir te lire encore longtemps longtemps. kéa
RépondreSupprimerParfois arrive le jour où on a l'impression que tout vous abandonne. Je pense que l'évoquer dans un billet me fut bénéfique. « Avant » je n'aurais rien dit de ces instants de détresse qui envahissent au point que surgit le sentiment qu'on finira inéluctablement par se noyer.
SupprimerIl faut se laisser traverser. La lutte est inégale, perdue d'avance, si on se débat en vain. C'est alors qu'on s'aperçoit dans cette forme d'abandon qu'il y a « quelque chose/quelqu'un » qui nous porte. La force invisible est là et se fait ressentir, curieusement c'est parce qu'on a choisi de s'abandonner comme une action délibérée et non pas une passivité. Alors il y a de l'invisible qui surgit. Je commence à en ressentir les effets mystérieux.
J'ai écrit « me voilà avec la tentation de me laisser glisser lentement dans la rivière. ». Et je pensais alors que c'était aller vers la noyade. Mais non. Probablement que je me suis laissé glisser dans le découragement et que c'est comme cela que je fus « porté sur l'autre rive ». Une forme de confiance inconsciente et qui pourtant agit. Peut-être que c'est cela le fleuron de la confiance en soi ?
Peut-être que c'est ainsi que je commence à aller un peu mieux.
« Il faut se laisser traverser » Ta réponse me fait du bien. Lorsqu’on traverse une difficulté les mots prennent un sens différent, comme s’ils avaient été dictés par l’universel. Ça arrive souvent lorsque tu écris parce que tu laisses s’exprimer ce qui parle au creux de toi-même. Je garde ta réponse pour la relire encore et encore. Je ne sais pas si j’en aurai toujours cette compréhension claire. kea
SupprimerKea, figure-toi que je viens de me relire aussi dans ma réponse que j'ai écrite comme elle me venait parce que je déroulais un ressenti spontané. Si je me relisais je risquais de ne pas cliquer sur « publier ». Alors je me réjouis que ma réponse te fasse du bien. C'est un signe pour moi d'authenticité fluide de la relation. Ainsi on se construit l'un l'autre. S'exprimer en vérité de l'instant. C'est comme ça qu'on avance en liberté partagée. Alors merci d'être revenue.
Supprimer(Moi aussi il m'est arrivé de relire plusieurs fois certains de tes commentaires. Une nourriture).
Je me joins aux autres pour t’envoyer mes meilleures ondes... Manoudanslaforet
RépondreSupprimerMerci Manou, des bonnes ondes sont précieuses…
SupprimerLe cœur serré en lisant ce billet. Impuissance, tristesse …
RépondreSupprimerA quoi bon lutter ?
Peut-être faut-il abandonner la lutte pour un temps, se laisser ballotter et emporter par les courants glacés . Un beau matin, c'est sûr, ils vous déposeront sur la rive tout décapé, blanchi par l'eau et épuisé mais au soleil. Et les forces reviendront, un peu mais suffisamment pour sentir la chaleur et avoir envie de vivre encore.
Nous sommes là, pas loin et nous vous attendons sur la rive avec confiance et amitié.
Oui, je crois qu'il y a de ça, s'abandonner pour un moment, et puis retrouver la rive.
SupprimerC'est très juste finalement. D'une certaine manière j'évoque cela dans des réponses aux commentaires précédents.
Ton commentaire est judicieux et positif. Merci beaucoup. Amitiés aussi.
Bonjour Alain, oui, c'est vraiment une saleté ce virus. Laisser le temps au temps... Le temps que ce satané virus s'endorme ou disparaisse à jamais. Courage et patience :-)
RépondreSupprimerOui, ce virus peut être redoutable.
SupprimerJe pense que je vais m'en sortir pas si mal que ça au final.
Ma kiné me disait qu'elle s'occupe encore de personnes victimes d'un « covid long » qui depuis des mois et des mois n'ont toujours pas retrouvé une santé « comme avant ». Un de ses patients encore plutôt jeune, marche toujours avec des béquilles depuis plus d'un an… Ce que je trouve vraiment déplorable c'est que ces gens-là ont écouté les oiseaux de mauvais augure des réseaux sociaux et autres charlatans qui estimaient que se faire vacciner c'était très dangereux !
Et j'ai dans les oreilles la chanson don't worry bad a day 😉😎😀
RépondreSupprimerComme tu n'es pas du genre à te plaindre malgré les nombreuses difficultés que tu traverses au quotidien, ce billet m'inquiète un peu. Je te conseille du repos. Laisse flotter le bout de bois, il finira par atteindre une petite rive. Je t'embrasse de toute mon affection.
RépondreSupprimerMerci pour ton affection et ta présence chère amie.
SupprimerC'est pas gagné, mais ça va un peu mieux, même si pour l'instant je n'ai pas retrouvé l'autonomie dont j'ai besoin.
La gorge nouée et le cœur serré à te lire...
RépondreSupprimerDepuis le temps que je te connais c'est la première fois, il me semble, que tu exprimes un tel découragement, bien compréhensible certes...
Je souhaite de tout mon cœur que tu remontes la pente, entouré par ta famille aimante.
Je pense très fort à toi, tu sais combien je t'aime ♥♥
Merci beaucoup chère Praline, ta grande affection est prestigieuse.
SupprimerC'est vrai qu'habituellement je ne fais pas beaucoup étalage des fortes difficultés de la route. Je crois qu'au final ce sera aidant de l'avoir fait.
Moi aussi je t'embrasse bien fort.
Courage à toi. Un mauvais moment à passer. Tu en as vu bien d'autres dont tu es sorti vainqueur! Et puis l'automne qui arrive ne favorise pas la joie de vivre. N'oublie pas: tu es un combattant!!
RépondreSupprimerUn grand merci, Daniel, pour tes encouragements. Il est des fois où le combat semble plus difficile. Mais c'est vrai, je n'ai pas été encore trop perdant au cours de mon parcours.
SupprimerJe n'avais pas lu votre dernier article avant de poster un com sur l'article précédent, me disant que j'allais revenir le lire cet après-midi....Je lis votre découragement, avec ce nouveau Covid qui m'a l'air de laisser à plat les gens qui y sont confrontés....Ca me donne vraiment envie de me faire vacciner en octobre, si je ne le chope pas d'ici là.....Certaines personnes sont très fatiguées...Vous vous comparez à un morceau de bois flottant...L'avantage, c'est qu'il ne coulera pas et finira par atteindre la rive....Alors, accrochez-vous, petit à petit, vous remonterez la pente....
RépondreSupprimerJe ne saurais trop vous conseiller de vous faire vacciner. Pour ma part je le fus 5 fois et si j'ai quand même chopé le nouveau covid, cela ne se traduit pas par une forme grave en raison des immunités précédemment acquises. Si je suis fortement atteint physiquement, c'est en raison de mon important handicap physique que je transporte avec moi depuis plus de 60 ans !
SupprimerEffectivement l'avantage du bois flottant… c'est qu'il ne coule pas… !
Je viens de dire à mon mari "téléphone à ton frère pour savoir comment il va ? Il me dit qu'il est au :it, très, très fatigué....Ce virus là doit mettre à plat....
RépondreSupprimerJe confirme qu'il met très sérieusement à plat…
Supprimerce virus a fait du dégât mais on doit se montrer plus fort ! Je sais, c'est facile.... bon courage néanmoins
RépondreSupprimerSe Montrer plus fort ? Non, c'est tout sauf facile…
SupprimerCourage ! Amitié.
RépondreSupprimerMerci
SupprimerCher Alain, je viens de lire sur Kalé et maintenant ici que cette saleté de covid s'était installé en toi et que tu étais très fatigué. Oui, ce virus est une saleté, mais ne le laisse pas t'abattre, fais lui voir de quel bois (flotté ou non ;-)) tu te chauffes ! En mai dernier, j'ai été très fatiguée pendant trois semaines, aucune énergie, somnolente, envie de rien, mon médecin m'a dit que j'avais dû avoir le covid, mais sans aucun symptôme sinon cette grande fatigue. Cela a duré trois semaines, et enfin, j'ai retrouvé mon énergie et le moral. Je te souhaite de retrouver tout cela bien rapidement, et ne laisse pas cette sale bête te saper le moral. Je t'embrasse bien affectueusement, Alain.
RépondreSupprimerOui, il y a des covid asymptomatiques. C'est le cas de mon épouse d'ailleurs. Testée positive, elle n'a aucun symptôme.
SupprimerCe n'est malheureusement pas mon cas… mais bon ça s'améliore lentement et par épisode !
Moi qui te lis depuis des années, c'est la première fois que je sens en toi une si grande détresse due à cette saloperie de virus . Je voulais que tu saches que je penses à toi très fort . Tu es fort malgré ce que tu ressens pour le moment. C'est d'ailleurs pour cela aussi que je me réjouis chaque semaine de te lire ." Cela ira mieux demain" c'est ce que j'espère aussi quand cela ne va pas .Je t'embrasse en te souhaitant un "le" meilleur .
RépondreSupprimerMerci de penser à moi Charlotte, je n'en doute pas. Tu es une fidèle depuis tant d'années
SupprimerComme dit un de mes amis : — « On les aura ! ».
J'espère que depuis vous allez un peu mieux. Courage. Si j'osais, je vous embrasserais.
RépondreSupprimerMme Chapeau.
Osez Madame chapeau !
SupprimerJe vais mieux, oui. Surtout la toux fatigante s'apaise. Mais question fatigue générale c'est un peu en dents de scie un jour sur l'autre. Si bien que l'humeur (À défaut de l'humour) a tendance à suivre le même mouvement. Mais bon, donnons du temps au temps…
Merci de votre visite.