Je suis tombé sur un dessin d’Alcide, artiste dont j’ignorais totalement l’existence.
Ce dessin, probablement inspiré par le risque de voir l’extrême droite arriver à l’Élysée
m’a rappelé l’époque où les Algériens vivant en France étaient l’objet de remarques
racistes quand ce n’était pas d’agressions ou d’accusations diverses.
Ce dessin m’a rappelé quelques scènes vécues dans l’enfance.
Mais à vous ?
Je sais d’expérience que parmi les premières choses dont on avertit « l’étranger » qui arrive à la
Gare du Midi à Bruxelles est souvent « Faites attention aux Marocains ».
Les saints étant une petite minorité de la population, il est probable que le dessin donne une idée de ce que risque de devenir la société sous peu, vu la façon dont s’étend la pensée qui a mené à ce dessin…
Que vous ayez été témoin ou qu’un souvenir plus ancien vous revienne, on verra bien lundi ce que vous en pensez…
L'étranger.
Voilà un moment que je regarde ce dessin et que je relis la proposition de « Le Goût », cherchant une inspiration qui ne vient pas. Il y a un côté : trop c'est trop. Trop d'idées terribles qui me traversent, qui défilent dans ma tête, à la télé, dans les journaux, sur un état de la planète où l'étranger doit être rejeté, si possible supprimé. Qu'il aille mourir et se faire pendre ailleurs. Il faut se méfier de tous ceux qui ne sont pas comme nous, qui ne sont que de la racaille à éliminer.
Et tout à coup voilà que s'impose dans ma tête la chanson de Graeme ALWRIGHT « L'Étranger » que j'ai écoutée je ne sais combien de fois dans ma jeunesse et plus tard. Chanson qui est l'adaptation de «The Stranger Song» par Leonard Cohen. Sa mélodie qui est comme une berceuse qui nous piège ou comme une désespérance qui s'étale et envahit peu à peu comme une boue poisseuse.
Chanson dans laquelle il est question d'un autre. Il est question de moi.
J'ai tellement longtemps été étranger à moi-même. Étranger pour les autres parce que trop différent dans ce corps déglingué.
J'ai déposé « toutes [mes] cartes comme une défaite » *
Cette oscillation entre la médiocrité d'une existence qui a perdu son sens, et ce désir d'un « plus loin qui veut atteindre le ciel pour se livrer » *
ils sont nombreux ceux qui ont un désir ardent de relations « vraies », profondes et qui enrichissent. Or pour y parvenir il faut nécessairement sortir dehors, sortir de soi, aller au devant, et découvrir que l'autre, l'étranger, est une richesse qui nous est offerte, justement parce qu'il est autre que moi..
J'ai cette expérience. Une chance sans doute. La vie m'a permis de rencontrer de nombreuses personnes « étrangères », d'autres pays, d'autres continents. Et cependant je ne suis guère allé dans ces pays-là. Je n'ai jamais fait de tourisme à l'étranger. Mais j'ai vécu des rencontres d'une profondeur intense dans le cadre d'un organisme international consacré au développement. C'est en France. Avant de prendre ma retraite, j'y avais des responsabilités et je crois pouvoir dire que j'ai rencontré des personnes d'une bonne trentaine de nationalités différentes pendant des années assez régulièrement. Je précise que les personnes rencontrées n'appartenaient pas à des élites. Je n'avais pas un ami diplomate africain !
Ça fait partie de mes plus fortes expériences positives. Bien sûr ce n'est pas une merveille extraordinaire. On reste toujours un étranger pour l'autre. Au sein de cet organisme, j'ai vécu des tensions et des conflits inévitables dès lors qu'on cherche à se rapprocher, à s'apprécier, surtout à se comprendre « autre » et si possible à s'aimer différents. Les barrières culturelles sont parfois élevées comme les murailles. J'affirme que ce n'est pas impossible pour l'avoir vécu. Reste que je n'ai jamais rêvé d'une paix universelle qui est une illusion dangereuse.
Comme dans la chanson il faut abandonner ses cartes pour un nouveau chemin.
« En bas au bord du fleuve demain
Je t'attendrai si tu veux bien
Là tout près du pont qu'ils construisent » *
Et surtout ne jamais oublier cette réalité, sans cesse répétée :
« Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger... » *
* Extraits de la chanson de Graeme ALWRIGHT

Si on pouvait tous commencer par écouter avant de donner un avis définitif.
RépondreSupprimerEcouter l'autre, surtout écouter au lieu d'avoir peur parce qu'on ne sait pas...
On ne sait déjà rien sur soi (malgré une grosse tendance au nombrilisme...) alors sur l'autre, surtout s'il n'est pas tout à fait comme la moyenne de ceux qui nous entourent, imagine les délires qu'on peut en tirer...
On est hélas plus men par nos craintes que par la curiosité.
Merci Alain de ces rappels.
Parfois je me dis que pour écouter il faut d'abord commencer par se taire. Or nous sommes dans un monde de bavardages incessants. Dans l'enfance de ma génération les gosses devaient se taire. cela entrave les échanges bien entendu. mais il y avait l'avantage que finalement j'ai énormément écouté et observé autour de moi.
SupprimerAinsi se forme le jugement personnel. C'est partiel. Il faut pouvoir confronter. Mais c'est un bon point de départ me semble-t-il.
Et ce que tu dis sur la peur d'avoir peur et aussi une grande entrave.
C'est un régal de réécouter cette chanson. Décidément, je crois que nous avons un socle commun assez large ! Mais là n'est pas le propos. Je crois que tu as raison de parler de toutes les différences comme tu le fais. La différence de ceux qui ne se ressemblent pas, doit, pour moi être une richesse et un enseignement de la tolérance. J'ai vécu à la campagne, jusqu'à l'age adulte. Je faisais partie de ces bouseux qu'on méprisait souvent parce qu'un bouseux c'est sale, et puis c'est pauvre, surtout ! Croiser des gens différents de moi, m'a permis aussi ne ne pas avoir peur des autres, au contraire de vivre ces rencontres comme des richesses, et des chances de s'ouvrir au monde, de naître, vraiment.
RépondreSupprimerAh ! Les bouseux ! Il aura fallu qu'entre 12 et 15 ans, au centre de rééducation je côtoie des enfants venant de toute part, pour que je me lie d'amitié pour la vie « avec un bouseux », tordus comme moi, que j'aille passer les vacances scolaires chez eux, pour que je découvre les extraordinaires richesses humaines et de travail du monde agricole. Pour que je réalise que « la fermière », profondément sympathique et humaine, était une passionnée de lecture, branchée sur France Culture toute la journée…
SupprimerNous crevons de représentations fausses…
Il y a des gens biens dans tous les pays, et des gens mauvais aussi dans tous les pays, c'est vouloir généraliser qui est une erreur.
RépondreSupprimerLe commentaire de Délia me ramène à mon fils aîné qui m'a dit il y a 15 jours, que lui aussi a été traité de bouseux au collège car il assumait de venir d'un milieu agricole et de vouloir y rester (il ne me l'avait jamais dit jusqu'à ce jour...).
Et comme toi et elle, j'adore Graeme.
Merci pour ce commentaire en forme de témoignage relativement à ton fils aîné que je salue avec respect et sympathie. L'ami que je cite en commentant Délia pourrait témoigner dans le même sens. Aujourd'hui, il est comme moi, à la retraite et continue à être actif dans le monde agricole.
SupprimerMerci pour mon fils qui est agriculteur dans l'âme, et qui en bave avec les "normes bios" !
SupprimerEt pourtant travailler la terre est le plus beau métier du monde...j'ai beaucoup d'admiration pour les paysans.
SupprimerJe n'ai jamais, d'emblée, rejeté quelqu'un parce qu'il était étranger, que ce soit géographiquement ou socialement ou autre encore. Au contraire sans doute, étant curieuse, je me suis souvent approchée yeux et oreilles déployés... Maintenant, à cause de différences culturelles et éducatives, je dois quand même dire que j'ai vécu de très sales expériences, et que depuis je suis bien moins prompte à faire connaissance. Ca ne se limite pas aux "étrangers" bien entendu, mais quand en plus de différence d'éthique ou de sensibilité il y a les différences culturelles, ça devient très difficile à prévenir et guérir :)
RépondreSupprimerTu as été et tu es une grande voyageuse sur la planète ! Alors évidemment tu as vécu toutes sortes de choses bien diversifiées. D'ailleurs tu en as témoigné assez fréquemment sur ton blog.
SupprimerIl faut beaucoup d'investissement personnel pour regarder l'autre au-delà des différences culturelles, voire ethniques. Et là aussi il y a des limites.
Merci de ton passage chez moi.
Ton texte est très dense, Alain. Tout comme toi, je suis d'abord restée perplexe devant ce dessin cruel , trop cruel, puis j'ai décidé de le contourner un peu pour exprimer autre chose. Ce que je retiens de ton écrit c'est que nous sommes toujours l'étranger de quelqu'un d'autre et que le point crucial est la différence. Cette différence pourtant nécessaire et si enrichissante.
RépondreSupprimerJ'ai aussi trouvé que ce dessin avait quelque chose d'insupportable….
SupprimerCette réalité « d'étranger » fait partie de nous de manière incontournable. Et tu as raison je crois que c'est une nécessité absolue dans l'humanité. C'est pour ça que le rejet de l'étranger nous condamne la disparition de notre humanité.
Cela m'attriste beaucoup lorsque j'entends des gens, des proches parfois, tenir des propos racistes. Ce qu'ils ne réalisent pas, et Myrte le dit très justement, c'est que nous sommes toujours l'étranger de quelqu'un d'autre. Je ne comprends pas l'intolérance des gens, je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas envie d'aller vers l'autre, si différent d'eux pensent-ils, mais pourtant si semblable. Dès que l'autre est un étranger, ou bien ne rentre pas dans la norme, il y a refus de comprendre, refus de se mettre à la place, quel dommage, quelle tristesse...
RépondreSupprimerCela faisait longtemps que je n'avais pas écouté cette chanson de Graeme Allwright, elle est très belle.
Merci pour ce billet, Alain. Bon début de semaine à toi.
Pour ma part, je ne comprends pas non plus cette intolérance et ce rejet. Il y a quand même un indice grave : la montée effrénée de l'individualisme égoïste et du repli sur soi, sa famille, sa tribu, sa nation, etc. repli qui débouche sur l'intolérance le rejet et l'exclusion du « pas comme nous ». Le danger se rapproche, mais heureusement des nouvelles solidarités voient le jour. Mais pour l'instant ça n'intéresse pas encore grand monde… et surtout pas les médias avides de diviser.
SupprimerAyant vécu à l'étranger pendant plusieurs années cela m'a beaucoup enrichi. C 'était en Afrique , au Rwanda , en Cote d'Ivoire et aux Etats unis. Je n'ai jamais ressenti en moi le moindre racisme. mais plutôt de l'intérêt ,de la curiosité. Je me souviens particulièrement de ma découverte dans la rue d'un rwandais que j'ai croisé et interpellé parce que à l'époque je revenais du Rwanda et que en Belgique à Louvain j'y commençais mes études de Sciences politiques et sociales. Quel bonheur ... Je crois que je ne suis pas raciste du tout mais plutôt curieuse de découvrir l'autre. Charlotte
RépondreSupprimerMerci Charlotte pour ton intervention. Je connais un peu ton histoire de vie. Et combien ce vécu à l'étranger fut révélateur pour toi. Mais surtout permit de t'engager dans ton existence propre.
SupprimerPour l'égo il n'y a que des étrangers. L'égo vit dans la peur et s'affaire à se protéger, à se rassurer. Mais ce que je suis vraiment, l'autre l'est aussi. C'est pour cela qu'il faut se connaitre soi-même. Se connaissant soi-même on connait l'autre et c'est le terrain où règne l'harmonie. kéa
RépondreSupprimerJe partage tout à fait ce que tu dis à propos de se connaître. C'est une nécessité pour connaître l'autre et s'approcher de lui. La recherche de l'harmonie est un long chemin avec beaucoup de fausses notes au long de la route…
SupprimerAh, Graeme Allwright ! J'ai beaucoup écouté cette chanson (et l'album tout entier) aux alentours de mes 20 ans. Du coup, tu me fais faire un bond en arrière fantastique !
RépondreSupprimerL'"étranger" de Graeme nous parle des différences, de toutes les différences...et ça me touche.
Sans se connaître alors, on a partagé cet album de Graeme Allwright…
Supprimerje pense aussi à Isabelle Mayereau et sa chanson « Différence »
https://youtu.be/mWz5fAOoP3o
Pour aller jusqu’à l’autre, richesse offerte, il y a un chemin long à suivre, et l’on préfère souvent la facilité. Votre expérience permet d’ouvrir les yeux mais qui veut les ouvrir les yeux lorsqu’il est si facile de les fermer ? D’autant plus que les réseaux sociaux et l’ogre internet nous conduisent sur la voie d’un aveuglement généralisé. A lire, le livre l’aveuglement de Saramago, auteur portugais prix Nobel de littérature en 1998 !
RépondreSupprimerLa pente de la facilité est toujours une tentation. Parfois, j'y glisse, hélas ! Tant les tentations sont fortes et oppressantes.
SupprimerMerci pour la référence du livre. Je vais aller voir.
A lire les commentaires j'en ai la larme à l’œil... Non, je déconne ! Dans l'absolu on est beaux, gentils et empathiques (tant qu'on ne nous contredit pas, tant qu'on se soumette à notre façon de voir le monde !) Mais ce n'est là que mensonge. L'empathie que nous avons est d'abord envers notre égo, et tout ce qui en diffère est sujet à suspicion, mépris et haine. Qu'importe la couleur de peau, de culture, de société, de classe sociale ! Comme tu le sais, les expériences menées sur le racisme démontrent que plus l'interlocuteur s'éloigne de ce que l'on est, moins nous avons de l'empathie. Bref... On peut s'intéresser à l'autre furtivement, et l'on échange quelques données équitablement ; mais nous nous préservons d'altérer notre identité lorsqu'il y a débat et que l'autre l'emporte loyalement.
RépondreSupprimerL'Histoire de France, et son peuple enclin à la liberté l'égalité la fraternité, est emplie d'évènements racistes à grande échelle, aussi loin qu'on remonte dans le temps...
Je termine sur cette métaphore : à force de beurrer tendrement notre tranche de pain, on finit par avoir du cholestérol... (Rire)
« L'empathie que nous avons est d'abord envers notre égo » je suis enclin à te donner mon accord sur ce membre de phrase, en prenant l'ego dans un sens large au sens de la recherche de qui nous sommes, apprendre à se connaître. Reconnaître les jeux de l'ego en nous, avancer vers nos libérations savourer ce parcours, etc.
SupprimerPour la suite de la phrase je suis plus dubitatif. Ce serait négliger la dimension d'ouverture à l'autre et aux environnements qui nous constituent, qu'on le veuille ou non.
Ensuite, suspecter, mépriser, haïr, c'est un choix que nous faisons… ou pas… quant au degré d'intérêt que l'on porte, c'est aussi le résultat d'un choix. Il y a des gens auxquels je porte un intérêt authentique et parfois depuis longtemps, toi, par exemple.
Il y a des gens auxquels je ne m'intéresse guère sans pour autant les haïr. Il y a aussi mes détestations, mes révoltes et mes envies parfois de tout envoyer chier !
Il y a l'humanité en tant que telle. De ma petite fenêtre minuscule je l'observe cependant car même une petite fenêtre ouvre sur l'univers.
Mais je reviens au début de ta phrase sur lequel je te donne raison, et que tu confirmes par la dernière phrase qui m'a fait bien sourire. C'est vrai qu'avec un ego surdimensionné et autocentré, on chope bien des maladies !. En plus elles sont parfois très graves… raison de plus pour se soigner… avant !
Ma fille, quand elle était instit à Sarcelles avait 15 nationalités différentes, il y avait des enfants qui arrivaient en cours d'année et ne parlaient pas un mot de français, mais, en quelques mois, ils parlaient aussi bien français que les locaux...Les parents des enfants avaient totale confiance en la maitresse et ne sont jamais venues, comme maintenant dans sa commune bourgeoise, lui chercher des poux dans la tête. il n'y a pas longtemps, un père est venu lui faire la morale, parce que ce monsieur était officier ministériel "madame, restez à votre place, vous n'êtes qu'une petite prof, n'embêtez pas mon fils, arrêtez de leur faire faire trop de sport, et patati et patata, avec un mépris.. De plus en plus de parents veulent apprendre aux profs comment instruire et ne veulent plus qu'on fasse une réprimande à leur progéniture chérie....Quel con !...Tous les ans, à Sarcelles, il y avait la fête de l'école et chaque famille préparait un plat de son pays, des plats délicieux........Elle n'a jamais retrouvé dans sa commune la fierté d'être celle qui apporte le savoir. D'année en année, les profs sont de plus en plus désabusés, écoeurés, dégoûtés, sont de moins en moins soutenus par leur hiérarchie....Les enfants des champs, les enfants d'immigrés ont pensé monter dans l'échelle sociale, mais, c'est d'une manière plus insidieuse qu'on nous montre qu'on ne fait partie de leur monde...Que tu viennes des champs, que tu sois noir, jaune, gris, vert, pas facile de s'intégrer....C'est par l'argent qu'on t'éjecte, pas facile d'entrer dans les écoles prestigieuses....
RépondreSupprimerTout cela est terrible et inquiétant. Les évolutions ne vont pas dans le bon sens. D'ailleurs faut-il parler d'évolution ou de régression ?
SupprimerComme beaucoup je connais un certain nombre d'enseignants qui vivent ce que tu dis d'être désabusés. J'en connais quelques-uns qui ont d'ailleurs quitté l'enseignement.
En revanche pour ce qui est des écoles prestigieuses, j'ai des exemples de réussite avec des étudiants issus de milieux qui ne sont pas aisés et qui sont dans des écoles de réputation internationale et qui viennent de partout dans le monde, même des situations bien peu favorisées. Heureusement !
L'argent est souvent un frein. Il n'est pas nécessairement une entrave.
Dernièrement, ma fille a eu sa petite revanche....Elle a un enfant qui vient de la prestigieuse école privée Montessori, qui coûte la peau des fesses, environ 4000 euros, voir plus par an....L'enfant y est roi....
RépondreSupprimer....Le but de l’éducation Montessori n’est pas de transmettre un savoir pré-établi à l’enfant mais de cultiver son propre désir d’apprendre et de découvrir. L’enfant doit se développer seul grâce à un environnement favorable et à sa propre motivation. L’enfant est le déclencheur de son apprentissage. Aussi, l’enseignant est-il un accompagnant, un guide. La devise de Maria Montessori ? « Aide moi a faire tout seul »! ...
Tant et si bien que faire tout seul n'est pas donné à tous les enfants...L'enfant, à la fin du CP ne savait ni lire, ni écrire, ni compter...Les parents l'ont remis dans le public, des parents pas obtus...L'enfant est retourné au CP au lieu du CE1....L'enfant commençait à la Toussaint à savoir lire et a grande envie de savoir....C'est un enfant qui s'adapte bien. Les parents sont venus féliciter la maîtresse,...enfin, des parents intelligents...Il peut réintégrer le CE1 d'ici la fin de l'année....Merci à l'école laïque universelle.....Y'a un film qui va sortir, Louise Violet sur les débuts de cette école gratuite qui accueille tous les enfants du monde...Au moins, là, on sait où va notre argent...
SupprimerIl existe des « prétendues écoles Montessori » qui n'en sont pas dans la réalité.
Triste pour ces parents qui se sont faits totalement arnaquer par des voyous se prétendant Montessori.
Prétendre qu'à Montessori « l'enfant est roi » relève de la bêtise à son apogée.… Qui plus est c'est une contrevérité.
Je veux bien qu'il existe de mauvais exemples, mais je n'autorise pas à en faire une généralité contre Montessori. C'est un procès d'intention
Quant à la bonne vieille école laïque universelle… je ne commenterai pas sur sa décadence internationale depuis de trop nombreuses années. L'éducation nationale est en faillite. Elle recrute actuellement des enseignants sans aucun diplôme d'aucune sorte.… Forcément… de moins en moins de personnes veulent être profs. C'est mal payé, sans reconnaissance, et c'est de plus en plus dangereux pour sa vie. Les postes vacants sont légions… et on comprend pourquoi !
Et toute ma reconnaissance à celles et ceux qui restent et qui y croient encore. C'est d'une abnégation qui force le respect.
N'y a t'il d'étranger dans notre pays que ceux qui viennent outre frontière ? Née dans le midi alors que ma famille , fuyant la guerre dans le Nord venait s'installer dans le pays de l'huile d'olive , que de colibets, et moquerie n'avons nous pas entendu, nous , "enfants de réfugiés".
RépondreSupprimerTolérance, humanité, que signifient ces mots ?
Je connais une amie issue du Nord de la France qui a épousé un alsacien. Elle vit désormais avec sa famille là-bas en Alsace, depuis environ 30 ans. Mais pour les gens du cru elle est et restera « une femme de l'intérieur, qui vient de là-bas… ».
SupprimerIl arrive encore qu'on l'appelle : Miss moules-frites…
Belle illustration de la dernière phrase de la chanson…
Je suis sur le même commentaire que celui d'Edmée De Xhavée. Il s'agit plus de différences de culture et d'éducation que du terme "étranger".
RépondreSupprimerL'on est toujours l'étranger de quelqu'un. Moi même combien de fois j'ai été traitée d'étrangère, pourquoi être partie de mon pays, ne pas porter le voile, de retourner chez moi… alors que je suis française, je parle français, blonde aux yeux bleus, une éducation française de parents français, née dans un département français, etc et tout cela par des français…
Mais entre cette bêtise de la peur et du rejet de l'autre, même français, que j'ai ressenti à cette époque et l'acceptation de tout au seul mot d'étranger pour beaucoup aujourd'hui, il y a un monde.
Ouvrir les yeux c'est prendre en compte tous les points qui font comprendre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. On met un peut tout dans ce terme d'étranger.
Même si tu française, avec « le type caucasien » comme disent les flics, dans bien des endroits de France tu seras toujours considérée comme une « étrangère ». C'est le cas d'une de mes filles qui vit en Alsace ayant épousé un gars de là-bas. D'ailleurs qu'est-ce c'est que ce type, qui est allé chercher une femme en dehors de l'Alsace ! Un marginal probablement ! (Mais quand même, un marginal agrégé de mathématiques…)
SupprimerJ adore cette manière d aborder le rapport a l"étranger qui n est pas forcément le mauvais.
RépondreSupprimerDans mes jeunes années je travaillais pour un agent immobilier et je voyais des étudiants de nombreuses nationalités qui venaient louer des studios pour le temps de leurs études.
un jour j 'ai loue un studio a une Vietnamienne qui ne savait que dire merci bonjour au revoir.
Au bout de 2 mois elle parlait mieux le Français que moi, elle m 'épatait.
un jour elle n est pas venue payer son loyer c 'était l'été j ai pensé qu 'elle était partie voir sa famille.
Au bout de 3 mois et malgre plusieurs relances je me suis demande ce qui avait pu se passer.
Un matin j ai vu arriver un couple de personnes âgees Vietnamiens. Ils m'ont expliqué que leur fille unique avait été tuée pendant les vacances scolaires par le frère de sa camarade qui l'avait invite pour l'été. le frère l'a violé et lui a donné la mort ensuite. J'ai pleuré de chagrin et de honte et ce sont ces braves gens m' ont réconforte en me disant que c'était le destin et qu'elle était sans doute bien ou elle se trouvait, et tout ça sans amertune et sans rancoeur envers les Français qui leur avaient enlevé celle qu'ils aimaient plus que tout et pour laquelle ils s 'étaient privé de tout pour lui offrir de belles études.
Alors de quel étranger faut il se méfier? n y a t il pas des fous de partout? et si on commençait par se respecter tous.
C'est une histoire tragique que tu nous racontes. Hélas on en rencontre de semblables partout sur la planète. Et même au cœur d'une même famille. L'actualité nous raconte parfois de l'horrible et de l'impensé.
SupprimerDans l'ordinaire, il arrive que l'on se sent obligé de se montrer prudent envers l'autre. Parfois, si c'est autre et « un étranger » ça devient de la méfiance.
« Même une petite fenêtre ouvre sur l'univers. » Je lis cette phrase de toi un peu plus haut.
RépondreSupprimerElle contient tout. Elle contient l'ouverture au mystère, à l'immensité, à l'inexpliqué, elle contient l'humilité, la conscience de n'être qu'un point dans un espace infini. Elle contient toute la réflexion philosophique que chaque être humain devrait être capable de mener, ne serait-ce qu'en regardant simplement autour de lui, au plus haut, au plus bas, partout.
Elle contient, comme ton texte tout entier, un filigrane de l'humanité qui te constitue. Il ne s'agit pas d'aimer tout le monde. Mais juste de comprendre, au sens latin du terme. Prendre avec. Prendre avec soi. Rejeter doucement ce qui nous fait du mal, l'ignorer. Sans l'attaquer. Oublier ses peurs, pourtant constitutives elles aussi de nos êtres aux cerveaux reptiliens. Et s'ouvrir profondément à la beauté étrange de l'étrange(r).
Merci de ce jalon, minuscule mais scintillant, posé sur la route de la haine facile, des préjugés, de la bêtise crasse de ceux qui se recroquevillent. Ce n'est ni coup d'épée dans l'eau ni énergie gaspillée. Bien au contraire, c'est une façon de maintenir encore et toujours cette bougie qui tremblote malgré les cons qui soufflent dessus.
Bises sensibles
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Merci beaucoup pour ce commentaire qui me va droit au cœur. Je réalise que la petite phrase qui m'est venue a une portée que je voyais pas totalement.
SupprimerTu as raison, on ne peut aimer tout le monde, mais on peut respecter tout le monde en tant que notre semblable en humanité. Tu développes cela avec justesse. Dès qu'on se met à catégorier, classer, et pire encore trier et sélectionner… on ce fait esclave de notre cerveau reptilien. Et Dieu sait (s'il existe…) si c'est hyper tendance actuellement…
Alors, et de plus en plus, il nous faut rechercher et rejoindre celles et ceux que j'appelais à une époque « les phares d'humanité ». Il en existe encore même si beaucoup sont masqués par l'ombre des dominateurs planétaires qui vaudraient tout posséder, et nous en premier.
Bises solidaires.
Brigitte
RépondreSupprimerEncore un de tes écrits qui me mène à une réflexion profonde . Je pense qu’on est davantage étranger à nous- mèmes qu’à l’autre qu’on appelle l’étranger ( étranger par sa différence de culture, de physionomie, ou même par sa différence dans ce qu’on attend de lui) .
En prenant du recul, par effet miroir, on peut apprendre de l’autre à découvrir ce que l’on ne connaît pas encore de nous-mêmes. Tout est question de discernement. Apprendre à écouter est sûrement plus formateur que de porter un jugement sur soi comme sur l’autre. La véritable voix ( ou voie) ne viendrait-elle pas d’abord du silence intérieur qui peut être un révélateur au même titre que le négatif d’une photo peut révéler à la lumière du développement, la véritable image?
Ce sont nos bavardages mentaux incessants liés à nos peurs qui limitent notre discernement car en réalité nous faisons partie du même bateau pour traverser l’océan de nos existences.
La Vie nous expose à des rencontres autant avec soi qu’avec l’autre. Elle est un chemin de tolérance, de sagesse et de marche vers plus d’humanité. Elle est un outil continuel d’apprentissage à nous découvrir dans toutes nos facettes pour mieux accepter voir dans ce puzzle qu’il n’y a ni séparation ni différence mais seulement une unité, une complétude …. Nous faisons partie de ce mystère ! Être suffit peut-être à Être!
Merci à toi, et à tous ceux que je lis car ces échanges nourrissent notre réflexion. C’est très chouette!
Merci pour ce commentaire qui me rejoint tout à fait. Je n'adhère à tes propos que je ne peux que confirmer. Je n'ai donc pas grand-chose à ajouter.
SupprimerCommentaire ainsi montre que tu as parcouru un long chemin d'humanité. Cela fait du bien à lire en ces temps troublés.
Tu résumes parfaitement : «Être suffit peut-être à Être! »
Merci encore.
Je lis souvent sur facedebouc des gens se traiter de "racistes". Or j'ai regardé il y a quelques années en arrière un doc sur Arte sur le sujet. Et j'ai vu que c'était le travers le plus répandu sur Terre. Les noirs détestaient les Pygmées et les voyaient comme des "sous-hommes", pareil pour les Indonésiens et les Papous, les Chinois considéraient comme "inférieur" tous ceux qui n'étaient pas Chinois. Sans parler de toutes les communautés fortement endogames. Ce n'était donc pas un "mal franco-français". Comme dit plus haut "nous sommes tous l'étranger de quelqu'un". Ayant vécu trente ans en cité je peux parler un peu de ce que j'ai vécu au quotidien au contact de gens du Maghreb, de Turquie, du Portugal etc. Si les rapports étaient "amicaux" ils n'ont jamais dépassés le pas de la porte. Notre voisin Turc nous faisait porter des beignets quand son épouse en avait trop fait. Nous leur donnions des légumes du jardin quand la récolte était trop importante. Nous croisons quelquefois en ville les quatre garçons aujourd'hui mariés et ils sont vraiment charmants. Nous nous respections les uns et les autres, nous avions de bonnes relations mais nous n'étions pas "amis". Il y a clairement des barrières culturelles peut-être que nous ne savons pas toujours comment franchir. Et si on le doit...
RépondreSupprimerTu as raison, le racisme n'est pas un mal franco-français, loin de là, il est planétaire et de tout temps. Et même on le fantasme interplanétaire. Toute la littérature sur les extraterrestres se fonde essentiellement sur « la peur qu'ils débarquent » et nous veulent tout… sauf du bien !…
SupprimerLe racisme est une idéologie de rejet, d'hostilité, entre groupes humains.
Les relations de voisinage amicales, ou professionnelles, ou le côtoiement, ça ne fait pas de toutes ces personnes des « amis ». Les barrières culturelles ne sont pas que de pays à pays. Cela dit rien n'empêche de franchir la barrière pour nouer des relations satisfaisantes.… Si on en a le désir… Si l'autre accepte évidemment…
Quant à moi, ma barrière culturelle c'est : ne fréquenter aucun des réseaux sociaux !