Un de mes voisins vient de décéder à 86 ans, après avoir passé bien des semaines hospitalisé et chacun savait qu’il ne reviendrait pas chez lui. Hier, c’était son enterrement. une cérémonie belle, intense, et sans pathos.
Un retour à la terre, dont nous sommes tous issus.
Dans la rue en impasse où nous habitons, nous nous connaissons tous, certains plus que d'autres bien entendu. Ce voisin-là j’aimais échanger avec lui. il avait une histoire de vie passionnante et singulière ainsi qu'une grande culture.
Ce matin, je regardais les deux grands sapins de mon jardin. Il les voyait de chez lui, témoin comme moi de leur croissance au fil des ans.
Deux sapins, tel un couple dont l’un a besoin de l’autre pour sa croissance. L’autre a besoin de l’un pour son développement.
Ils ont une nécessaire solidarité. Chacun a son originalité, ils ne sont pas de même essence, mais que seraient-ils devenus l’un sans l’autre ?
Lorsqu'on les observe de plus près, par-delà le vert visible à l'extérieur, on peut apercevoir à l’intérieur des branches mortes en apparence, mais qui ont encore leurs rôles à jouer.
La présence de l'histoire du passé est essentielle à la vie aujourd'hui
À travers ce qui semble mort de nouvelles lumières pénètrent dont le destin est d'éclairer pour renouveler le regard.
On voit des branches qui ont terminé leur mission et que l’on croit mortes. Mais le sont-elles?
Jamais ne me vient à l’idée de les supprimer. Ce serait une faute. Elles sont indispensables à l’ensemble. Elles ont concouru à la réussite de l’aventure.
Le résultat en est une certaine harmonie.
Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie.
La mort, nourriture pour de nouvelles vies.
Il y a des nids d’oiseaux dans les sapins, gage de naissances printanières, des insectes, tout un petit univers grouillant.
Alors qu'est-ce donc que la mort ? Est-ce que mon voisin décédé a disparu ?
N'est-il pas de retour quelque part en moi? D'ailleurs je crois entendre sa voix.

Gamin, lors d'un enterrement, alors que je m'inquiétais du devenir du mort, l'on m' a répondu que c'était un peu comme un bateau à l'horizon, soudain on ne le voit plus, mais quelque part, il est toujours là ;-)
RépondreSupprimerElle est très jolie cette métaphore. Ce fut dans ton enfance une belle leçon de vie.
SupprimerJ'aurais aimé à la fois entendre une telle parole et pouvoir la transmettre à mes filles…
c'est un peu tard : elles approchent de la cinquantaine ! ;-)
Peut-être que dans un autre ailleurs, le défunt revit sous une autre forme. Mais reste à savoir comment sera l’autre forme. Ça peut être angoissant.
RépondreSupprimerL’essentiel est que le défunt reste présent dans notre cœur.
Aubépine
Comme tu dis « peut-être »…
SupprimerJ'espère que si un jour nous avons une autre forme, ce ne sera pas comme dans le bouddhisme ! J'ai du mal à m'imaginer en tarentule !
Comme jamais personne n'est venu expliquer ce qu'il y a après, comme les croyances ont inventés toutes les hypothèses, mieux vaut imaginer un truc super sympa !
Je suis comme toi en ce qui concerne ta dernière phrase.
La mort n est que la fin d'une enveloppe, l''âme est intacte et tant que vous serez là a penser à lui il restera vivant dans vos coeurs.........cela dit à nos ages cette étape nous guette de plus en plus, nous ne sommes pas presses c'est sur et puis s'il y a un au dela peut être est il meilleur.
RépondreSupprimerbisous Fleurdunil.
L'âme est le principe d'une vie consciente.
SupprimerJe suis d'accord que nous sommes porteurs et gardiens de la mémoire vivante de celles et ceux qui ne sont plus. C'est une mission humaine et quelque peu divine.
Bisous aussi.
Il est beau ton texte. En parlant de ton voisin ami tu continues à le faire vivre et tous les commentaires iront dans ce sens. Ces deux sapins vous représentent : différents mais si proches, jamais l'un sans l'autre... Et tu as raison de leur conserver les branches mortes car elles accueillent une multitude d'insectes, une nouvelle vie en quelque sorte. Une vie cesse, une autre commence...
RépondreSupprimerMerci beaucoup, Myrte, pour ton commentaire si important et judicieux.
SupprimerAu final, la vie n'arrête jamais. Nous avons chacun notre place unique dans cette immense aventure. Quand je m'y arrête, je me sens toujours invité à la contemplation de quelque chose dans la nature. Ici, ce furent mes sapins.
Les sapins en métaphore du couple, belle idée. Ce qui unit la vie à la mort est troublant et ce que vous en dites rend ce lien plus intense.
RépondreSupprimerIl est des troubles nécessaires pour que nous ne nous endormions pas…
SupprimerRester dans l'intensité du vivant même quand il n'est plus là.
Jolie métaphore, comme quoi l'humain retient ce qui l'arrange... La compétition est majeure entre végétaux, avec sporadiquement une entraide opportuniste. Les humains pourraient effectivement s'inspirer du règne végétal, mais en sont-ils capable ?
RépondreSupprimerTu as le souvenir de ton voisin, et pérennises son passage. C'est honorable de ta part, respectable.
Dès la naissance, vie et mort se côtoient jusque dans nos cellules lors de notre formation intra-utérine.
Tu le dis si bien : on ne supprime pas la mort, elle a son rôle a jouer.
Le constat est toujours surprenant : la vie se perpétue parce que la mort est présente.
SupprimerAinsi des cellules qui nous constituent ne cessent pas de se renouveller, passant par la mort pour que l'on vive. On peut méditer longuement… si toutefois on aime méditer…
Ton approche très bouddhiste de la mort me réjouit l'âme. Le cycle éternel de la vie se nourrit des éléments qui ont contribué à lui, et qui ont en quelque sorte finit leur mission en tant que vivant. En tant que mort, c'est une autre mission qui commence. C'est beau, rassérénant, et en harmonie avec la nature. Vive ton voisin !
RépondreSupprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Le bouddhisme ne me séduit guère. La chrétienté est beaucoup plus plus intéressante. Pas de réincarnations encore et encore : la vie éternelle en vol direct jusqu'à destination. On gagne du temps !
SupprimerEt puis, assis à la droite de Dieu, on peut faire la conversation. Il doit avoir tout plein de belles histoires à raconter, vu sa longue expérience.
En attendant les délices de l'au-delà, je me plais toujours à fréquenter mes morts.
Lol
SupprimerDe ma fenêtre qui donne sur la forêt, il y a deux arbres qui me fascinent. Leurs branches s'entremêlent tant qu'il est parfois difficile de les différencier, et lorsqu'il y a du vent, je les vois s'amuser comme deux p'tits fous, les entends presque rire il me semble. Les deux meilleurs amis du monde. C'est comme pour nous les humains, si l'un des deux vient à partir, ce qui arrivera invariablement, l'autre devra continuer à aimer sa vie, car notre vie n'a en fait rien à voir avec celle des autres. Cette vie m'a été donnée à moi, pour moi, pour que j'y découvre tous les trésors qu'elle renferme. C'est mon cadeau à moi. Ce qui n'empêche pas de tellement s'aimer entre nous les humains. Ton texte est très inspirant et je vais le relire et relire. kea
RépondreSupprimerSi mon texte est inspirant, ton commentaire l'est tout autant.
SupprimerLorsque j'observe autour de moi les veufs/veuves, je vois que (sauf exceptions) passé le temps des chagrins leur vie « reprend ses droits » au sens de continuer d'avoir le droit de vivre malgré…
il y a là comme un regain d'amour pour autrui qui s'étend bien au-delà du cercle habituel
Le monde, depuis qu'il est monde, est peuplé de vivants, et pourtant nous croulons sous les morts. Des milliards et des milliards de morts, des milliards par dizaines, par centaines sans doute ? Et nous continuons de naître, de vivre et de mourir. Pas tous dans les mêmes conditions, pas tous à la même allure.
RépondreSupprimerMais on naît, on vit, on meurt, c'est d'une banalité affligeante, et c'est aussi formidable. La mort nous rappelle que nous sommes tous soumis, humains, plantes, animaux, aux lois de la terre. En naissant on est voué à mourir. Incontournable limite qui nous tire vers l'essentiel, et, quand on en a, en soi, la perception vive, nous aide à vivre.
💙💙💙
Oui, les morts sont innombrables depuis la nuit des temps.
SupprimerEt cependant nous continuons à naître pour perpétuer, à donner naissance pour continuer encore et encore.
« La perpétuation de l'espèce ». On nous enseigna cela. On le savait cependant. C'est comme un mouvement sans fin est effectivement banal par sa répétition qui ne cesse pas. Sauf que chaque relation humaine est unique en son genre.
Les milliers de roses dans les champs du Petit prince. Mais UNE rose unique pour lui. SA rose. Il faut qu'on lui apprenne cette réalité, qu'il la découvre comme a posteriori.
De la banalité affligeante en effet jusqu'à ce qu'on fasse l'expérience de cet « unique au monde » totalement irremplaçable.
Ça change tout. Et parfois ça donne des raisons de poursuivre l'existence. De pleurer aussi.
Merci pour ton commentaire toujours inspirant.
Quel beau texte ! et comme ta dernière phrase est vibrante !
RépondreSupprimermerci Ambre N sieige, j'apprécie toujours beaucoup tes propos…
SupprimerJ'ai beaucoup apprécié ton texte. Je suis mariée depuis 59 ans avec mon prince adoré charmant !
RépondreSupprimerS'il venait à mourir avant moi ... J'en mourrais ... Car c'est parce qu'on est deux que nous formons "un'.
59 ans de mariage, voilà une belle aventure !
SupprimerJe n'y suis pas encore… mais ça viendra… !
Je comprends très bien ta dernière phrase, d'autant que je la partage.
Je pense aussi que nous ne survivrions pas longtemps l'un sans l'autre.