C'est une petite phrase de Christiane Singer, extraite d'une conférence que j'ai écoutée récemment : « L'irrésistible montée de l'aube ».
C'est le mot « irrésistible » auquel je m'arrête. On ne peut pas résister à la montée de la lumière, celle de l'aube bien entendue, mais aussi au surgissement qui tout à coup vient nous éclairer et souvent nous déranger.
L'irrésistible montée. Ce à quoi rien ne peut résister et qui surgit tout à coup..
Et pourtant, parfois, on voudrait ne pas voir. Se boucher la vue. La crainte de l'aveuglement. Ces « trops » qui risquent de nous éblouir ou nous aveugler et nous font fermer les yeux ou détourner le regard.
A-t-on raison ? Parfois la nécessité commande : c'est presque contre notre gré. Mais peut-on longtemps ne pas regarder l'aube qui est là, à présent. ? Quand bien même la lumière nous donne à voir du « pas joli-joli ».
Mon autre blog (actuellement en stand-by ») s'intitule : le voyageur de l'aube. Et j'ai même eu l'audace de mettre des majuscules. Je cherchais à parvenir avant que celle-ci ne vienne inonder de sa lumière. Voilà plus d'un an que je n'ai pas écrit là-bas. Je mettais en exergue que les aurores nous tirent de nos nuits. J'ai longtemps fait le récit de mes nuits, et puis comment les lumières me sont venues. Est-ce qu'il n'y en aurait plus dans ma vie depuis lors ?
Que je le veuille ou non, l'aube est irrésistible, mais est-ce que je l'accueille, cette aube qui fait chaque journée nouvelle. Ou est-ce que je m'installe dans une sorte de paresse confortable, parce qu'à mon âge, avec mes temps grises, les dizaines d'années de mes expériences bien évidemment nombreuses et enrichissantes, font que désormais il me reste à être blasé du reste.
Je force le trait. Et cependant. Ne suis-je pas dans ce statut du vieux singe à qui on ne peut apprendre à faire des grimaces nouvelles.
Il faudrait que j'aille renouer avec la « jeunesse de l'aube ».

Pour les gens qui me connaissent un peu, et pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis quelqu'un de bourru, pessimiste, défaitiste, grincheux. Vieux singe que je suis je suis toutefois étonné de ton phrasé ; la vieillesse ne dissuade pas de l'état, elle dissuade de lutter. Donc : j'adore faire des grimaces, en découvrir de nouvelles ; comment les découvrir si on renonce à grimacer ? J'ai raté et je continue de rater certaines aubes ; comme des crépuscules, d'ailleurs. Mais je ne renonce pas. Je m'acharne. C'est d'autant plus inexcusable que les deux ont une régularité et une périodicité...
RépondreSupprimerAlors, si le vieux sage que tu es se désolidarise de la découverte sous prétexte qu'il est sage... ben... C'est que tu te fourvoies !
;-)
Ton commentaire me fait identifier une coquille dans mon texte : j'ai écrit vieux sage, alors que je voulais écrire vieux singe. J'ai rectifié mon erreur.
SupprimerAu début de ton commentaire tu te présentes sous un angle qui est peut-être celui que l'on peut apercevoir avant l'aube… mais pas lorsque tu te mets dans la lumière !
En tout cas, moi, je vous souhaite de renouer « autant que faire se peut ».
RépondreSupprimerL'aube est toujours une nouvelle naissance…
SupprimerLe « pas joli-joli » est en chacun de nous aussi bien que le « joli-joli ».
RépondreSupprimerC'est le rôle de la lumière de montrer le bon comme le mauvais... ce qui nous permet alors de choisir. Un énoncé de Christiane Singer me revient : « Celui qui a vu son ombre est plus grand que celui qui a vu les anges. Celui qui a touché ses abîmes et qui a pourtant choisi la vie met le monde debout. » Je suis passée par là et après ça, il devient impossible de juger qui que ce soit. Kea
Petit ajout à mon commentaire : L'absence de jugement ne veut pas dire que toute action soit excusable ou même pardonnable. Loin de là. kea
SupprimerIl me semble bien être descendu aux Abymes. Je dis il me semble car peut-être qu'il y a pire encore. Et sûrement même.
SupprimerAlors je vais méditer la citation que tu reproduis. Et plus généralement qu'est-ce qui met le monde debout. Et aussi, au final, pourquoi il ne s'écroule pas…
L’aube est toujours un nouveau départ, un autre voyage, il faut juste s’émerveiller de voir poindre le jour.
RépondreSupprimerEt entreprendre le voyage.
Aubépine
J'aime beaucoup ce que tu dis là, Aubépine, en effet, si on s'émerveillait chaque jour de l'aube qui revient, on vivrait la journée autrement…
SupprimerJe trouve que la lumière montre ce qui est en surface et l'ombre ce qu'il y a de plus enfoui. Ce sont les mots qui me viennent. L'irrésistible montée de l'aube m'apparait comme une image positive, même s'il y a dans son inéluctable venue un ordre des choses auquel on ne peut échapper. Quoiqu'il arrive, dans l'ombre ou la lumière, l'aube arrivera...
RépondreSupprimerJe suis comme toi, je trouve que c'est très positif. Irrésistible, au sens que on ne peut empêcher que ça se produise. La lumière est toujours vainqueur des ténèbres. D'ailleurs c'est elle qui fait disparaître ces dernières.
SupprimerSans se prendre pour une lumière, on peut quand même apporter ses étincelles !
"le voyageur de l'aube", un intitulé qui fait rêver et donne envie de fureter. La lumière du matin est la plus la plus surprenante. Une chose est sûre, il faut résister à tout prix à l'aveuglement.
RépondreSupprimerJ'ajouterai que d'une certaine manière je n'ai pas choisi le titre. Il s'est imposé à moi, j'allais dire presque contre mon gré, ce fut comme un jaillissement et j'ai failli me dire que ce titre était idiot ! Mais bon peut-être que je le suis…
SupprimerJ'aime beaucoup vos derniers mots. On cherche tellement à nous aveugler pour qu'on suive les yeux fermés et surtout sans plus poser aucune question.
S'émerveiller encore et encore de l'aube naissante, c'est peut-être une façon de ne pas renoncer à rester présent au réel, et le réel, c'est un monde qui change et qui inquiète, et qui peut, aussi rebuter. Alors, résister ou renoncer, je ne sais, mais, parfois, je me dis que les choses que j'aime, que j'aime voir et revoir indéfiniment, au fond ce n'est ni pour leur utilité ou leur beauté, car à bien y réfléchir elles ne me servent pas forcément, pas plus qu'elles ne sont particulièrement jolies, mais ce dont je suis sûre, c'est que je leur suis reconnaissante d'être. Et je pense à Aragon "Il y aura toujours l’eau le vent la lumière, Rien ne passe après tout si ce n’est le passant", et je m'émerveille "Que le ciel un moment nous ait paru si tendre..."
RépondreSupprimer💙💙💙
Pfff... fichu formulaire ! La Baladine est une toupie étourdie 😉
SupprimerMais le réel c'est aussi de bonnes, de très bonne, et même d'excellentes choses qui existent. Seulement, c'est le malheur qui fait vendre.
SupprimerAutour de moi, mon environnement proche, mes enfants et petits-enfants, j'observe tous ces gens qui demeurent dans la dynamique d'accomplissement de leurs désirs les plus porteurs d'un avenir plus lumineux que ténébreux. J'admire leurs réalisations concrètes qui ne feront jamais la Une de BFMTV
Alors il faut s'engager voire se battre. Moi qui suis vers la finale de ma vie, cela me réjouit profondément et me rappelle ma propre jeunesse de combattant et j'ose être fier de mes victoires.
Merci pour la citation d'Aragon, un homme que j'aime beaucoup.
L'émerveillement est une puissance créatrice.
Merci pour ton commentaire, toujours si juste.
Si tu savais à quel point tes pensées rejoignent les miennes. Je suis exactement dans le même non-mouvement que toi. Ma capacité à m'émerveillée est intacte, je reste terriblement émotive. Je dirai même que je suis de plus en plus touchée, traversée, percutée par tout ce qui m'entoure. Il y a peu j'ai été comme tout le monde observer l'éclipse et j'ai trouvé cela si beau, si grandiose que j'ai eu bien du mal à retenir mes larmes. Je crois que l'âge parfois ne fait pas obligatoirement de nous des "vieux cons" mais nous bonifie véritablement.
RépondreSupprimerPetite parenthèse ton autre blog s'appelle le "Voyageur de l'aube" j'ai eu pendant quelques années un blog qui s'appelait "Aubes vives". La Lumière oui, je m'en suis approchée aussi à une période de ma vie mais comme tu le dis ce fut comme entrouvrir une porte sur quelque chose d'aveuglant, d'humainement insupportable. Comme comprendre -à un autre niveau de conscience- tous les tenants et les aboutissants du monde. Autant te dire que lorsque j'y repense je me dis qu'en tant qu'espèce nous sommes très loin du but.
Désolé, je découvre tardivement ton commentaire. D'autant qu'il est très intéressant.
SupprimerJe pense qu'il n'y a pas de but… il n'y a que des chemins sur lesquels on s'engage sans trop savoir vers quoi on se dirige. Mais peut-être qu'il y a une Destinée…
La vie est une véritable Aventure qui nous est proposée.
J'aurais aimé connaître le blog que tu évoques.
Je continue d'espérer une intégrale de ton œuvre poétique.
Elle mérite d'être connue et diffusée.
Pour ma part, comme tu le sais, j'ai fait une compilation de ce que j'ai pu trouver. Il ne m'appartient pas de diffuser quoi que ce soit, alors je garde pour moi… pour l'instant…