Hier, en errant sur ma télé, jouant de la zapette (un mot qui ne se dit plus…), je cherchais une chaîne qui attirerait mes yeux et mes oreilles, tandis que le sang pulsait dans mes veines au rythme de ces épines que l'on enfonce dans mes pieds.
Je cherchais un divertissement récréatif, une attraction, un intermède, un spectacle qui mettrait fin au ballet infernal des pulsions peu sympathiques.
La fibre donne accès à des centaines de chaînes. À laquelle allais–je m'enchaîner ?
Je passais de l'une à l'autre jusqu'à ce que je découvre IMEARTH. Je voyais des images de torrents, agrémentés de chants d'oiseaux, de nature encore apparemment immaculée. Pas de commentaires et de baratineurs. Que les images et leurs sons en continu.
J'ai savouré des instants dont je ne me souviens plus combien ils ont duré. J'ai même augmenté le son pour qu'il m'enveloppe délicieusement. Petit à petit l'effet placebo a fait son œuvre.
Il y eut des cascades. De l'eau qui courait vers son destin.
J'ai accepté que je ne verrai jamais plus ce genre de paysages « en vrai ». Je n'ai ressenti aucun regret, ni jalousie de malchance d'en être là à ce stade de ma vie. Je connais des gens que la douleur martyrise, notamment une amie qui a épuisé tout le spectre des tranquillisants, sans apaisement véritable.
Des souvenirs sont remontés de ce temps que je nomme à présent « où j'étais valide ». Je veux dire par là lorsque j'étais autonome quasiment pour tout. Pas de regrets, même si quelques larmes à peine naissantes ont brouillé un instant ma vue de l'écran.
Mieux vaut penser qu'il me reste encore « cela » et que si je n'ai plus beaucoup de liberté physique personnelle, ma liberté intérieure est intacte. Comme en filigrane j'ai revu la tapisserie de la chambre que j'occupais au centre de rééducation. J'étais tenu d'y faire la sieste, et parfois, « on m'y oubliait ». Alors je partais très loin dans mes rêves, très très loin. Certes ce centre était pionnier et venait d'ouvrir, mais toute l'organisation n'avait pas encore trouvé son rythme de croisière… le secteur de rééducation était à la pointe, le secteur hébergement et activité des jeunes que nous étions… était en organisation et développement… on était parfois un peu livré à nous-mêmes, à notre grande joie entre enfance et adolescence. Je veux dire qu'on savait parfaitement s'organiser… pour faire des bêtises.
Revenons aux images vidéo, désormais je ne voyage plus que par procuration. Certains dans ma famille le savent bien et me font la joie et le bonheur de m'envoyer parfois des vidéos régulièrement. Notamment un de mes neveux qui m'adresse des reportages commentés de ses balades à vélo. Il est des personnes qui savent les initiatives qui comblent.
J'ai pour elles une reconnaissance infinie.

Ta liberté intérieure est bien à chérir alors, car elle est sans doute un de tes atouts les plus précieux !!
RépondreSupprimerC'est vrai que la technologie ne peut pas remplacer le réel, mais elle donne une certaine ouverture sur le monde et je suis très heureux que tu en tires une certaine satisfaction. Mes amitiés à ton neveu qui a la maturité pour comprendre certaines choses. Bonne semaine Alainx !
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