Des signes de l'incessante fécondité
Il y a à l’intérieur des deux sapins, des branches mortes parce qu’elles ont rempli leur rôle, et il convient de voir les traces du passé qui leur ont permis de croître.
On voit les branches qui ont terminé leur mission et que l’on dit morte. Mais le sont t’elles ?
Les supprimer serait une faute. Elles sont indispensables à l’ensemble. Elles ont concouru à la réussite de l’aventure du développement.
Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie. L'intérieur des arbres est un abri accueillant.
Il y a des nid d’oiseau, des insectes, tout un petit univers grouillant.
Ce qui est mort devient nourriture pour de nouvelles vies.
Plus les années passent plus la nature m'enseigne sur qui nous sommes en son sein. L'homme s'est toujours pensé comme le centre de tout. Tout devait graviter autour de lui. Une petite planète comme la nôtre centre de tout l'univers…
Malgré tous les progrès de la science et les connaissances nouvelles, nous continuons à nous espérer le centre et en tout cas, au quotidien, nous ne cessons de nous comporter comme s'il en était ainsi effectivement.
C'est tellement plus simple quand on s'abandonne en confiance à l'immensité et que l'on consent en être une parcelle infime et vivante d'éternité. Une parcelle du bonheur éternel en quelque sorte.
Le reste est prise de tête !


"Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie" ainsi des parents disparus, des amis, ou simplement des connaissances qui sont partis continuent à vivre en moi en quelque sorte puisque je pense souvent à des gens qui ne sont plus, ils m'accompagnent et je suis persuadé qu'il en est de même pour mon prochain , plus on avance en âge , et plus c'est vrai .
RépondreSupprimerNous sommes le centre de presque rien , juste le centre de nous-même , et c'est déjà beaucoup, c'est ainsi pour les moutons , pour les vaches , pour les humains , au milieu de l'immensité .
C'est chouette la méditation, méditer en observant les arbres, laisser le regard vagabonder et l'esprit virevolter !
C'est peut-être cela que nous avons à vivre : être un « bon » centre de soi-même pour occuper une notre place de manière juste dans l'univers. Cela permet de relativiser en même temps d'être présent en esprit à tout ce qu'il nous montre.
SupprimerSi le bonheur est éternel et que moi j'en suis une parcelle, je suis donc éternelle. Comme tu dis, "le reste n'est que prise de tête". Je me prends trop souvent la tête et les pieds dans le temporaire, le changeant, l'illusoire. Sans doute parce que ma compréhension que seule la lumière vient à bout de la noirceur n'est pas à maturité. Je suis souvent bousculée par ce qui se passe dans le monde. Pourtant, comment "le monde" pourrait-il être autrement que ce qu'il est puisqu'il ne fait que refléter notre état d'ignorance concernant qui nous sommes vraiment ?
RépondreSupprimerLa suite de l’histoire de tes deux sapins je la transpose à la mienne ou à celle de n’importe qui tant elle raconte l’essence de tout ce qui nait, vit et meurt.
Comme Marcomuch je me sens accompagnée des personnes de mon entourage qui sont décédées, surtout ma mère.
J'ai tendance à penser que la lumière est un jaillissement de la noirceur, alors peut-être que cette dernière est indispensable à la bonne marche de l'ensemble ? Peut-être que chaque parcelle de vie doit passer par ce chemin ?
SupprimerPeut-être faut-il plus accueillir ce qui vient plutôt que de vouloir tendre vers comme une tyrannie qu'on s'inflige ?…
Je partage tout ce qui est dit sur les personnes décédées qui nous accompagnent depuis l'intérieur de nous. Un des mystères probablement les plus passionnants…
(je suppose que l'anonyme c'est toi, Kéa)
oups ! oui kéa. Tu connais assez mon style de réflexion maintenant.
SupprimerPour ce qui est d'accueillir ce qui vient, le problème c'est que la plupart du temps j'ai le choix entre deux possibilités. Je peux choisir de "suivre la Joie" ou suivre ce qui, je le sais par expérience, m'éloignera de la Joie.
Je comprends bien ce que tu dis, vu que j'ai une expérience comparable. Mais est-ce que finalement ce n'est pas positif d'avoir le choix ? J'aime beaucoup « choisir de suivre la Joie » et parfois je me demande qui s'éloigne… la Joie ? Ou moi ? Je pense que c'est moi ! Et cependant cet éloignement qui s'installe sans vraiment l'avoir choisi…
Supprimerc'est un peu un autre ordre d'idées, mais souvent je suis habité de ce texte du poète Rutebeuf (1230 – 1285) qui évoque ses amis en disant « je crois le vent les a ôtés »
tout cela demeure un sujet de réflexion.
Qui s'éloigne de qui ?
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Ici, chanté par Johan Baez
https://youtu.be/AwxdM3dmNCQ
Oui, tout cela demeure un sujet de réflexion.
SupprimerMerci pour la poésie de Rutebeuf chantée par Joan Baez. Il me touche aussi beaucoup
de la même manière que cet hymne chanté par Joan Baez à la mémoire de Sacco et Vanzetti
« je crois le vent les a ôtés » eux aussi, le vent de l'ignominie la plus vile cette fois là :
https://www.youtube.com/watch?v=7oday_Fc-Gc
L'anarchisme n'a rien à voir avec ce qu'on nous a enseigné.
Oui il y a eu des erreurs, mais à la base c'était profondément humain. kéa
Cette chanson à la mémoire de Sacco et Vanzetti me touche beaucoup depuis longtemps, pas seulement pour l'histoire tragique qu'elle évoque, mais aussi pour des raisons personnelles et sentimentales liées à mon vécu lorsqu'elle fut connue. C'est avec émotion que je l'ai réécoutée.
SupprimerJ'adore le poème de Rutebeuf et tout autant la chanson dédiée à Sacco et Vanzetti, rien que lire les paroles je les entends dans ma tête avec beaucoup d'émotion
SupprimerJ'avais une quinzaine d'années me semble t il au moment de sa sortie
Belle journée à vous deux
"Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie. " qu'est-ce que c'est beau et vrai !
RépondreSupprimeret tu me connais suffisamment pour savoir que "mes morts" vivent au dedans de moi, au delà de moi, et continuent de nous apprendre tout un tas de choses....
A mon "jeu des citations", je vais être obligée de faire une RUBRIQUE rien que pour toi ! :-)
En effet, je sais ce qu'il en est à propos de « tes morts » et ton intérêt pour leur place dans ton univers personnel et donc ce qu'ils t'enseignent.
Supprimer(Il me semble être déjà présent dans ton « jeu des citations » :-) )
"Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie." C'est tout à fait vrai. Parfois cela me donnerait presqu'envie de rejoindre ceux là qui ont tant contribués à m'insuffler de la vie. Mais la vie est à défendre, propager embellir d'abord là où nous sommes ici sur terre.
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup tes réflexions : elles me font un bien fou, elles m'insufflent de la vie .Merci Alain. J'ai envie de te dire que je t'aime !
waouh ! ;-)
SupprimerVoilà au moins quelqu'un qui m'aime ! Donc j'accueille…
SupprimerPour rejoindre celles et ceux qui nous ont insufflé la vie, dans le sens le plus large du terme, il faut continuer à faire soi-même de même : propager la vie autour de soi !
Oh ben ya pas de raison ! Moi aussi je ...je ... je ...
Supprimeret là je déplore la pauvreté de la langue française qui ne va pas nuancer :
l'amour pour un-e autre avec un grand A
l'amour d'amitié
l'amour du chocolat
l'amour de l'Italie (ou d'un autre pays ...)
etc
Alors je te le dirai en italien, tiens :
"te voglio bene" (littéralement : je te veux du bien ;-))
Je pense que la mort n'existe pas, ni pour les arbres, ni pour les humains. Il y a un avant, et il y a un après. L'arbre mort, comme tu le dis, sert d'abri pour des oiseaux, des insectes, donc il continue à vivre mais d'une autre façon. Quant à la mort des gens, mon frère disait que nous n'étions que de passage. Le jour de son enterrement, sa femme avait désiré l'habiller avec un sweat qu'il aimait, où était marqué : le passager... Tu connais la relation que j'ai avec les morts, j'en ai parlé plusieurs fois sur mon blog : Des mots des. Je les retrouve régulièrement la nuit dans mes rêves, c'est comme un rendez-vous, des rendez-vous qui me font un bien fou.
RépondreSupprimerBelle fin de journée, Alain. J'aime beaucoup tes chroniques estivales (sourire).
J'ai lu il y a peu que Jacques Tassin, agronome, s'intéresse à la longévité des végétaux et va va jusqu'à parler d'une immortalité potentielle « un arbre ne meurt jamais de sa belle mort, mais parce qu'une force externe l'a déraciné, brisé, corrompu ou brûlé. »
SupprimerLe plus vieil arbre découvert à ce jour et un cyprès dans un parc national au Chili. Son âge est estimé à 5.484 ans !
Je me demande bien où j'étais à cette époque !…
Mais en réalité l'éternité on peut la percevoir en soi, l'entrevoir en tout cas dans ces ressentis d'un hors du temps et de l'espace. La vie éternelle, c'est maintenant. C'est ce que les grands sages nous apprennent. Il n'y a que des religions pour nous faire croire qu'il faudrait attendre la mort est un « au-delà » sur sélection, si on a un bon carnet de notes,, tout en souffrant en attendant…
Moi ce qui m'interpelle, c'est le renoubellement constant de la nature...Les fleurs et les feuilles meurent mais renaissent au printemps. Pourquoi ne serait ce pas pareil pour les humains: mourrir pour renaître un jour ?
RépondreSupprimerIl me semble que c'est vrai pour tout ce qui est vivant. Nos cellules ne cessent de mourir pour faire place à d'autres. Heureusement d'ailleurs sinon nous ne serions que de « trop gros embryons »… !
SupprimerReste que ce renouvellement constant est une source permanente d'émerveillement et de questionnement, en effet. C'est en tout cas une démonstration que nous pouvons constamment changer et évoluer et non pas nous répéter comme un cycle mortifère !
C'est bien la première fois que je vois un sapin de Noël servir à autre chose qu'à encombrer les trottoirs au mois de janvier !
RépondreSupprimerÇa remonte le moral.
Alors, content de te remonter le moral par les virus qui courent…
Supprimer;-)
Reçu de Aubépine
RépondreSupprimer----------------
Faire d'une absence une présence, et faire vivre cette présence au sein de
son cœur, c'est ce que je fais depuis fort longtemps déjà, et j'attends
sans impatience de rejoindre les êtres chers... pour l'Eternité.
Les deux sapins : une belle leçon de vie philosophique.
Les êtres chers, désormais absents, j'en ressens la présence d'une manière totalement nouvelle. C'est parfois comme si je n'avais pas su (pas pu ?) voir ce qui était déjà là durant leur présence première. En fait, il n'y a pas d'interruption…
Supprimercomme je l'ai déjà dit, l'éternité c'est maintenant.
J'avais dans mon jardin familial deux grands sapins. Deux petits sapins de Noël devenus au fil du temps les grands arbres du jardin.
RépondreSupprimerUn soir, on s'est couché. Les sapins semblaient aller bien. Le lendemain quand on a ouvert les volets, ils étaient morts. Je me suis approché. Ils étaient envahi de minuscules araignées rouges qui avaient élu domicile sur nos sapins et les avaient flingué en une seule nuit ☹️
Sinon, le bois mort est effectivement un lieu de vie fort prisé de la petite faune des bois et forêts. Au point qu' on fabrique même des "hôtels à insectes" à partir de l'accumulation de bois morts dans les parcs et jardins de Marseille (et ailleurs) sans grand succès parît-il. On fait donc revenir aujourd'hui les insectes que l'on détruisait hier !
La folie est liée au cœur des hommes !
Quant à la question du centre, il est assez amusant de constater que quand l'homme a compris que la Terre n'était pas au centre de l'univers (XVI° siècle) il a décidé que sa petite personne l'était ! Car c'est bien au cours de ce même siècle que l'humanisme place l'homme au centre de tout, détrônant dieu de ce poste éminent et que naît l'individualisme qui définit si bien notre monde.
Ben mince alors ! Je la trouve terrible l'histoire de tes sapins.
SupprimerConcernant le bois mort, derrière les sapins y avait un boulot qui n'a pas eu de chance dans sa vie ! Je pense que mes sapins ne lui ont pas particulièrement été bénéfiques, pas plus que les grands arbres de mon voisin. Piégé entre les deux « il a séché » comme m'a dit le bûcheron. Il fut abattu à l'époque, mais j'ai demandé qu'on laisse le tronc sur environ 2 m de hauteur.
— Mais le tronc va pourrir ! M'a dit le bûcheron…
j'ai répondu que c'est bien ce que je souhaitais. Et comme tu le dis ce sont des hôtels à insectes, depuis quelques années déjà et c'est pas fini. Et il me semble que les oiseaux s'en mêlent aussi. Je soupçonne quelques piverts ! J'ai d'ailleurs fait des photos assez régulièrement et je crois que je devrais en faire quelque chose avec Photoshop pour mon blog photo.
Quant à ton dernier paragraphe, que j'apprécie beaucoup, on pourrait reprendre l'exclamation de Nietzsche « Dieu est mort ! » En ajoutant :… et comme la nature a horreur du vide, malheureusement l'homme a pris sa place, comme nouveau Centre ! Mais en a-t-il le talent ?
;-)
"Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie"
RépondreSupprimerComme cela est vrai !
J'aime aussi beaucoup ton dernier paragraphe
merci Alain!
Merci à toi aussi, gazou.
SupprimerLa vie demeurera plus forte.