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mardi 30 juillet 2019

Jardins





“Notre monde est un jardin bienfaisant et un immense champ de bataille.”

SHAFIQUE KESHAVJEE

Ecrivain kenyan






Lui


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Je


Le jardin de la Paix -  Mais 2015 - Extrait

Je vis au jardin de la Paix. Ce jardin de notre maison.
« C’est calme ici » disent souvent les gens venant pour la première fois. Sans doute sont-ils frappés de ce havre à quelques centaines de mètres de l'agitation ordinaire.
La paix à portée de main, celle qui apaise le tumulte intérieur.
Ce jardin cherche à être beau, à l'image de la beauté humaine si souvent bafouée et défigurée. Depuis deux ans nous en prenons un soin plus particulier. — Un jardin de paix au cœur du tumulte ambiant. — Le temps de se retirer du monde pour y être plus présent.

(...)
Ici, un jardin de Paix, pour ne pas désespérer, un parmi les autres, où on vient se reposer, reprendre Force et retourner au combat d'humanité. Ce combat où l'on arrive les mains vides, le cœur offert, parce qu’elle est ainsi la force du vulnérable.
On n’apporte pas la Paix les armes à la main. — Peut-être faut- il parfois venir armé pour faire cesser le combat. — Mais on n'apporte pas la Paix si on ne se présente pas nu et sans défense.
C'est peut-être comme cela qu’un jour on devient vraiment humain.

Un jour... oui, un jour ....

(...)

Alain Rohand "120 pensées plongeantes" 

-o0o-

l'Autre








jeudi 25 juillet 2019

Reprise d'écriture




Sur son blog « le_goût_des_autres » semble bien désireux de reprendre les « devoirs de Lakevio » qui étaient   proposé chaque lundi.
Allons-y donc pour ce tableau de Renoir !

Et puisque c'est la canicule, on fera de circonstances…







On croit se connaître, et puis non. Je suis pourtant une jeune fille bien rangée, bien propre sur moi, élégante dans ma robe évanescente, presque transparente (heureusement qu'on ne voit pas le bas…). J'ai une hygiène parfaite et couvre mon corps de parfums subtils.

Et voilà que j'ai été attirée par cet homme mal soigné, aux cheveux gras peignés avec une fourchette à huîtres, à la dentition jaunie par la nicotine, à la veste qui manifestement ne sort pas de chez le teinturier. Mais le pire, c'est ce trouble intense qui a pénétré ma narine, est descendu jusque dans mon ventre, lorsque j'ai humé l'odeur âcre de sa transpiration des aisselles.

C'est fou ! Je fonds ! Et pas seulement parce qu'il fait une chaleur étouffante dans cette salle de bal. J'imagine son torse poilu, perlant de sueur, que mes lèvres recueillent. Et je ne vous parlerai pas du reste de son corps à ce sujet.

Jamais je n'oserai confesser  cela à Monsieur le curé. Il me refusera l'absolution et si ma mère ne me voit pas avancer vers le banc de communion dimanche, ce sera la catastrophe. Elle croira que j'ai perdu ma virginité. Ce qui je dois le dire, pourrait bien arriver avant longtemps s'il continue ainsi à transpirer des aisselles, car je suis proche de la pâmoison.

Il me serre fort par la taille et je sens que sa main n'a qu'un désir : descendre plus bas.
Je me frotte à lui. Je crois qu'il a compris, si j'en crois sa virilité montante.

* 

Ma fille, ce n'est pas sérieux, que je me dis tout à coup. Arrête de rêver !

C'est comme d'habitude : dans la salle de bal, tu fais tapisserie assise sur ta chaise !

lundi 15 juillet 2019

Séquence souvenir.


L'autre jour, je ne sais comment cela est venu, mais on a évoqué « l'autre Grand Jacques ».
Cela vous dit quelque chose ?
Peut-être… peut-être pas…
Qui donc se souvient aujourd'hui de Jacques Debronckart ?
Sa lucidité dans les années 70 sur ce que nous allions devenir…
J'ai toujours ses vieux vinyles avant qu'une « longue maladie », comme on dit, ne l'emporte en mars 1983.

Il excellait dans bien des registres.




De 10 ans mon aîné, cette chanson marqua et ému ma jeunesse et encore aujourd'hui.




Et dans un tout autre genre son extraordinaire causticité à propos des mœurs du temps. Ce temps qui dure et perdure… quelle actualité !



Si vous aviez envie de réécouter ou de le découvrir, vous n'aurez aucune difficulté à le retrouver sur YouTube ou ailleurs. malheureusement on ne trouve que quelques-unes de ses chansons, pas forcément les meilleures d'ailleurs.


Puisque je vous disais que nos mémoires sont courtes !

vendredi 5 juillet 2019

L'au revoir

Lakevio, qui nous proposait chaque semaine une consigne d'écriture, fait accoster son bateau définitivement au port.
C'est toujours un peu triste un site qui se ferme.

Occupé par de multiples préoccupations en ce début d'été, je n'ai pas pris le temps de publier sur sa dernière consigne.
Je le fais à présent, en prenant pour sujet cette fermeture de son blog…






Vous commencerez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi." Propos tenu par Milan K., qui plaisante.

Vous terminerez par la phrase suivante : "La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." Ainsi philosophe la bonne Rosalie, personnage de Guy de M., quand il raconte Une Vie.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !






L'au revoir

Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi et je ne peux pas dire que c'étais vraiment de gaieté de cœur. J'avais quitté pour partir à l'aventure, sans but précis, sans boussole, puisque je ne m'étais donné aucun cap.

C'était à cause d'elle. Ce jour-là elle avait lancé à la cantonade :
— En bateau, Lakevio !
J'avais pris un modeste paquetage et allons-y ! Il faut croire que d'autres avaient entendu le même message, puisqu'au final on s'est retrouvé assez nombreux sur cette embarcation qui, il faut bien le dire, était particulièrement agréable. 

Chaque vendredi, jour du poisson, nous allions à la pêche à la consigne. Il ne fallait pas oublier son épuisette à imaginaire. Pas question de ramer dans le sable en étant à court d'idées. La consigne, c'est la consigne.

Fort heureusement, les matelotes et les matelots, des idées ils en avaient plein la tête. Chacun avait l'imagination tellement débordante, qu'il fallait parfois écoper si on ne voulait pas se laisser submerger par les larmes d'émotions fortes ou de joies profondes.

Nous avions ensuite la semaine pour parcourir les cabines des uns et des autres, découvrir leurs trésors littéraires et bavarder ça et là.

Toutes les aventures ont une fin. La Capitaine Lakebio nous fit savoir que le bateau rentrait définitivement au port. 11 années de navigation, il faut reconnaître que l'on n'est pas loin de l'exploit. Et puis, que dire face à son projet de s'occuper d'une bande de lutins charmeurs, nous qui adorons les histoires de toutes sortes.

Me voilà donc rentré. J'ai retrouvé ce bistro en bas de chez moi ou j'avais tant apprécié cette première gorgée de bière avec Philippe, qui ne cessait de dire : 
— Il faut s'aérer, respirer, Delerm, Delerm !


Bien entendu il y a un peu de nostalgie, mais la vie continue, autrement, sans elle, sans ce bateau délicieux. On se retrouvera certainement d'une autre manière, d'ailleurs. "La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." 

vendredi 28 juin 2019

Alain et Emile

Je me disais l'autre jour, il y a un truc qui tourne pas rond, j'écris moins de conneries qu'il y a lurette, et ce n'est pas bon pour l'urètre de moins souvent pisser de rire.
Remarquez, je ne sais pas si certains de mes textes avaient ou non cet effet diurétique, mais rien ne m'interdit de le penser.
Faudrait renouer avec les traditions.
Les traditions ont du bon, disent les cons.

Seulement voilà, il faut trouver des idées connes. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ça ne se trouve pas sous les pieds d'un serpent à sornettes.
Je me suis dit que dans l'actualité j'allais certainement trouver matière.


Je n'ai pas eu à chercher bien loin pour trouver une histoire d'andouille. Cela se passe à Vire, ou comme chacun sait, l'andouille y est supérieure. Ben mon cochon, si tu contestes cela tu vas te faire mal voir.
L'histoire a un rapport avec moi. Pas du côté de l'andouille (quoique). Du côté de mon pseudo !
Je l'avais choisi à cause de « Propos sur le bonheur » d'Alain. Comme je voulais rester anonyme, j'ai ajouté un X.
à Vire
Dans la bonne ville de Vire, on aime aussi ce philosophe et, pour lui rendre hommage, on lui a offert une rue : « rue Émile-Alain ». (Entre la rue Foubert et la rue Péguy).
L'erreur est humaine, même au pays de l'andouille. Car bien évidemment Émile Alain n'existe pas. En revanche, Émile Chartier, le vrai nom du philosophe Alain, c'est bon !
La connerie date de 1979. Ils ont mis 40 ans à s'en apercevoir.
On n'est pas obligé de philosopher partout en Normandie.

Quant au maire, il écrivait des maximes de cet auteur sur ses cartes de vœux : « le pessimisme est d'humeur, l'optimisme de volonté »
Faut quand même pas Chartier....

Peut-être que je vais changer de pseudo : Alain–Émile

Alain-Émile Ajar-rai peut-être la chance d'avoir le Goncourt un jour ! 
Et deux fois, en plus.

Ou alors Emile et Images (moi qui fais de la photo). Déjà que ma mère disait que j'avais le diable dans le ventre, je suis bon pour les démons jusqu'à minuit.