jeudi 11 septembre 2014

Manque


Et tout à coup, il y eut ce sentiment que quelque chose manquait.
Mais quoi ?
C'est tellement difficile de savoir ce qui manque, parce que le manque est justement une sorte d'espace vide, parfois de gouffre, de néant.
Il avait le sentiment de ressentir ce vide, comme une sorte de « rien » et qui pourtant serait capable de creuser un trou profond comme par aspiration.

photo du net
Était-ce d'ailleurs quelque chose ? Était-ce quelqu'un ? Une présence ?
Rien qu'une présence qui viendrait combler.
Ce sentiment imbécile qu'un insecte pourrait y tenir lieu.
La présence d'une bestiole, même un cafard, du moment que ce serait vivant.

Cela n'en disait-il pas long sur ce qu'il était devenu ?
Et que faisait-il là au milieu de tous les autres indifférents. Il s'était assis sur un banc, penché, les coudes sur les genoux.

*

C'était il y a des années, m'a-t-il dit.
C'est ce soir-là que je tentais de me suicider.
Même ça, j'ai raté.
Il me regardait. Mais en fait, non. Il ne regardait rien, ni personne.
Il avait ce regard dans le vague absolu, si caractéristique des désespérés.

Il est venu trois ou quatre fois, les épaules lourdes, se laissant tomber dans le fauteuil comme si plus rien ne pouvait le porter. 
Il a téléphoné : je ne pense pas que ça serve à quelque chose que je revienne.

Combien sont-ils comme ça que l'on a croisé sans rien pouvoir.
Pouvoir ? Est-ce que c'est une affaire de pouvoir ?

49 commentaires:

  1. Étonnante coïncidence : je viens de publier un billet qui parle du "non-manque", autrement dit la plénitude.

    Sur le fond ton billet m'interpelle : qu'est-ce qui fait que certains sentent ce "vide" en eux, alors que d'autres sont suffisamment "habités" pour bénéficier de l'énergie de vivre ? Qu'est-ce qui a fait que certains disposent des ressources et savent les entretenir en eux, tandis que d'autres lutteront toute leur vie pour surnager ? Faut-il y voir une confirmation que la vie n'a rien de commun avec la notion, absolument humaine, de justice ?

    Est-ce une affaire de pouvoir ? Ou de capacité à croire en son pouvoir ?
    Je n'ai pas la réponse...

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    1. (Je suis allé lire ton billet avant de répondre ici)
      Bien entendu, les questions que tu formules je me les suis souvent posées, surtout quand on a consacré une partie de sa vie à tenter d'en aider d'autres…
      Je n'ai pas vraiment de réponse tant les situations et les personnes sont diverses et complexes.
      j'ai cependant quelques hypothèses, vérifiées dans certains cas, pas toujours cependant.
      Je ne vais pas développer ici. Ton commentaire m'incite à faire un billet sur cette question, et voir peut être si cela fait écho ou non chez ceux qui me lisent…
      donc, merci pour ces questions qui sont quand même très importantes…

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  2. Un texte magnifique. Qui me touche profondément.
    Parce que le manque est un sentiment que l'on éprouve toujours de façon cruciale. Surtout si l'on connaît aussi ces périodes de plénitude dont parle Pierre...

    Te souviens-tu de ce billet... ?

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    1. J'ai relu ce billet. Je ne m'en souvenais plus. Tu y décris ce phénomène avec beaucoup d'exactitude. Tu expliques bien qu'il est une composante de notre monde intérieur. J'avais d'ailleurs commenté en ce sens. Dans cette dimension-là, et parce qu'il y a des périodes de plénitude, on reste dans une sorte « d'ordinaire de l'existence ». On reste ouvert à la dynamique du manque qui ouvre sur autre chose que soi-même. pour une part c'est une certaine chance, mais pour certaines personnes cela peut entraîner sur un chemin de perdition… Au point qu'il devient parfois impossible de « remonter la pente ».
      La vie nous conduit sans cesse sur une ligne de crête…

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  3. C'était le tout début du mois de juillet 1997.
    Il m'avait dit "Tu comprends à l'intérieur de moi il n'y a plus rien. Tout est lisse".
    Je lui avais répondu "Tu as ton fils".
    C'est difficile de trouver le mot juste face à quelqu'un qui a renoncé.

    Deux jours plus tard il avait volontairement quitté ce monde...

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    1. Je crois comprendre ce que tu exprimes. Je dis cela pour avoir été touché dans mon entourage par des personnes qui ont quitté volontairement ce monde. Le dernier en date était un membre de ma belle-famille, il a laissé ces mots : « je ne peux plus vivre ». Il s'est pendu dans son garage.
      Le mot juste ?
      Tu as misé sur quelque chose d'important : une raison de vivre.
      Je crois que cette expression du : « il n'y a plus rien, tout est lisse » c'est la manière de dire que l'on est déjà au-delà, vers un quelque chose que l'on va rejoindre.
      Il me semble que la personne est alors entrée dans un processus qui dépasse notre propre entendement, en tout cas l'entendement de ceux qui misent sur la vie et ses possibles…
      L'épouse de cet homme (soigné pour une dépression profonde) qui a mis fin à ses jours disait : - quand je suis partie ce matin, il semblait avoir retrouvé goût à la vie, il était souriant et plutôt joyeux…
      Moi j'ai pensé, mais je n'ai rien dit : il avait pris sa décision…

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  4. j'ai souvent évoqué ce "manque" qui me saisit parfois le matin au réveil, dans une sensation de vertige
    Il est d'ailleurs souvent collé au sentiment de plénitude, comme l'envers et l'endroit d'une pièce de monnaie: c'est la même pièce pourtant..
    Quand je me compare à d'autres personnes de mon entourage, qui ont "les pieds sur terre, et qui ne se perdent pas dans des "interrogations existentielles", ces sensations à la fois douloureuses, mais qui font se sentir vivants, ne viennent pas du tout lointain... plus haut que la naissance même, du temps où l'on vivait "collé" au ventre de sa mère, et pourtant déjà distinct.
    (bon je dis ça, je dis rien...;-)

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  5. je vois qu'il manque un bout de phrase, je corrige donc:

    "Quand je me compare à d'autres personnes de mon entourage, qui ont "les pieds sur terre, et qui ne se perdent pas dans des "interrogations existentielles", je me demande si ces sensations à la fois douloureuses, mais qui font se sentir vivants, ne viennent pas du tout lointain... plus haut que la naissance même, du temps où l'on vivait "collé" au ventre de sa mère, et pourtant déjà distinct

    tu le sais, j'ai vécu une bonne partie de ma vie dans la certitude profonde que j'avais une jumelle partie in utero
    Aucune preuve scientifique... les rationnels riaient un peu...
    mais le manque... oui je continue encore maintenant de le ressentir

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    1. Coumarine, j'ai lu récemment un livre que j'ai trouvé magnifique : Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.
      Il y a des réponses, pour ma part, riches de sens et d'enseignement.

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    2. Coumarine, il me semble que le "pieds sur terre... pas se poser de question" relève d'une stratégie d'évitement qui fait partie de l'arsenal psychique de protection dont nous avons besoin. Chacun lui donne les formes qui lui conviennent.
      le "double fantasmé" (jumelle partie in utero pour reprendre ton expression) peut faire partie de ce dispositif.... Mais seule la personne concernée peut faire le clair (ou non…) sur ces aspects-là du psychisme.

      J'ajouterai que le fantasme du jumeau, toi qui es femme de lettres, baigne toute la littérature, antique notamment, mais aussi les religions : l'âme, après la mort devient un « double parfait », avec le concept de la résurrection des morts dans la religion chrétienne. Ce « double » préexistant dans la vie avant la mort, sous une forme invisible qu'on appelle âme…
      tu vois, il y a de quoi réfléchir…

      Il me semble que le manque fondamental est une composante nécessaire de l'être humain pour qu'il puisse vivre et se développer. Si "on ne manque de rien".... A quoi ça sert de vivre.... ?

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  6. nicole 8612/9/14

    La première image, la seule image qui m'est venue à la lecture de ce texte hier, celle qui m'a hantée cette nuit, c'est celle des parcs pour enfants roumains. Ils avaient le corps vide, le visage vide, les yeux vides. Ces petits d'homme, nulle voix, nul regard, nulle caresse ne leur avait dit qu'ils étaient des petits d'homme.
    Selon moi, dans mes entrailles, ce manque vient de si loin, la résilience peut-elle rejoindre ce lointain-la ?

    je m'en vais lire le billet de Dame Célestine.
    Quant à la photo, en plein écran, elle me ... déstabilise. Je ne parviens pas à l’accueillir comme je n'ai pas su accueillir certains mots-maux. Je n'y trouve pas la petite touche de jaune des ciels peints par les flamands qui m'ont si souvent réconfortée. Par la fenêtre, le ciel est bleu ... le bleu un peu trop dur du midi.

    PS étrangement trois billets publiés quasiment le même jours se font écho. Serait-Il à l'oeuvre ?

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    1. C'est curieux… Dans un tout autre contexte, il y a peu, j'ai évoqué les orphelinats roumains de l'époque Ceausescu… Cette déshumanisation d'enfants… Quelle tragédie…
      Désolé, ou peut-être pas tant que ça… que la photo te déstabilise… Je l'ai choisie parce qu'elle m'a semblé parfaitement illustrer mon propos, en particulier ce ciel noir qui n'offre plus aucune perspective de lumière… Et qui génère le désespoir le plus profond.
      C'est là où se pose la question du pourquoi « ça » dans un être humain…
      Alors oui, peut-être faut-il que ça nous déstabilise…

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  7. Manque passé, présent mais pire, à venir. Celui-là, je n'y survivrai pas, je le sais. Les autres, je m'y suis faite. Je connais donc ce manque et je crains celui qui arrivera. Il n'y aura personne. Personne n'y pourra rien. Parfois, un manque, ça ne se comble pas, au contraire... ça se creuse encore et encore jusqu'à tout engloutir. Bien que ça fasse peur, on sait qu'on n'y pourra rien.

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    1. Un manque se creuse de lui-même, mais il n'est pas certain qu'il nous engloutisse. Mais cela peut arriver en effet. À partir du moment où l'on ne devient rien d'autre que ce manque. Mais ce n'est ni un inéluctable Ni une fatalité. Il y a aussi le « plein », c'est-à-dire nos dynamismes profonds porteurs de surgissement vitaux.
      Mais, c'est vrai, encore faut-il atteindre ces zones-là de soi. Ce qui est un autre chemin que creuser le manque…

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  8. On ne peut que pour soi... rien pour les autres.
    Bien sûr pour se rassurer ou se faire mousser, on peut se donner un pouvoir sur les autres...
    Mais alors il faut en payer le prix : la responsabilité.
    Le vide ne nous transforme pas. Nous vivons sur le vide, comme nous pouvons...
    C'est le "non-sens" à cette vie, le "sans-but" qui fait qu'à un moment donné on décide d'en finir...
    C'est LA décision d'en finir qui apporte l'absolue réponse à notre questionnement : "j'ai enfin un but !"
    Les autres ? Ils n'existent ni physiquement, ni mentalement... Nul ne peut se substituer à nous, porter notre peine, regarder notre abysse...
    C'est ce que je pense...
    La plénitude comme le vide ne sont que des ressentis...
    Ce ne sont que des idées, auxquelles on s'accroche ou pas...
    :-[

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    1. Sur le processus du non-sens qui amène au but de se supprimer, je suis d'accord sur ce déroulé-là, dans lequel certains se retrouvent entraînés par une sorte de fatalité. Alors, en effet il n'y a plus personne, il n'y a plus les autres, et d'une certaine manière il n'y a déjà même plus soi-même…
      ( Comme l'a dit la fille du suicidé et que j'ai évoqué : — mon salaud de père n'a même pas pensé à moi !)

      Il reste que ce n'est pas le seul chemin qui s'offre à l'homme…
      Et en effet c'est une question de responsabilité. Responsabilité de sa propre vie, responsabilité de sa place au milieu des autres. Et chacun est renvoyé à l'exercice de sa propre liberté d'assumer sa propre responsabilité ou de considérer, comme dit l'autre « qu'on n'en a rien à foutre ! »…

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    2. Le suicide est une voie comme une autre. La vie, la mort sont un tout. Il n'y a qu'une seule issue : le trépas, et on a beau prendre toutes sortes de voie détournée, on y va.
      J'adore "mon salaud de père n'a même pas pensé à moi !" Cela montre oh combien ceux qui restent ne comprennent rien et dont preuve d'égocentrisme.
      Nous abordons aussi le suicide sous notre culture judéo-chrétienne, cette histoire de responsabilité de sa propre vie vis-à-vis des autres... L'éloge de la vie, quelle que soit les conditions. Traitant le suicide de lâcheté face à la vie.
      Dans d'autres cultures, vivre n'importe comment, sans honneur, est lâche. Lâche aussi de ne pas assumer ses responsabilités, ses décisions, face à la vie de souillures...
      Je ne fais pas l'apologie du suicide.
      Le suicide est une voie, comme celle de vivre n'importe comment ; refus infantile d'une échéance irrémédiable.
      Ou les deux voies sont lâches, ou les deux sont braves...
      Question de point de vue.
      On ne peut remettre en cause les décisions d'autrui.

      Personnellement, je vomis l'idée "d'attendre ou de chercher une main amicale, salvatrice"... Encore de l'assistanat écœurant et irresponsable, comme si cette société ne nous gavait pas assez avec cette décadence... Espoir infantile aussi, pour se décharger sur l'autre... Celui qui tend la main se porte au devant d'un acte dont il ne mesure pas forcément l'ampleur, car s'il y a échec, n'en porte t-il alors pas la responsabilité ?...

      Je ne cherche pas une main amicale ou salvatrice, sinon je ne me prends pas en main et je m'en remet à autrui, à l'Etat, etc...
      Je me prends en main et n'attends rien. Je vois bien comment sont les autres, et ils ne peuvent rien pour moi ; ils ne peuvent souvent rien pour eux-même !

      Pour finir, on se suicide, dans mon concept, justement quand on réalise qu'on n'a plus rien à faire au milieu des autres ; ne leur en déplaise.

      Je refuserai toujours de traiter de lâche quelqu'un qui se suicide. C'est l'insulter jusque dans l'au-delà.

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    3. Si tu avais assisté à la scène, comme j'y ai été moi-même présent, ou cette parole fut prononcée par une fille de 16 ans, au coeur des larmes de douleurs, ("mon salaud de père n'a même pas pensé à moi !")... je ne suis pas certain que tu aurais « adoré »… ni peut être que tu aurais écrit la suite...
      Cela dit c'est possible… Je ne sais pas jusqu'où va ta distance froide…

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  9. @Célestine: Je viens de lire votre superbe billet sur le manque. Vous avez tout dit. Je retiens également le "En tenant une main amie". C'est aussi ce que j'ai essayé de décrire dans mon roman L'Anthogrammate qu'Alain a eu la gentillesse d'avoir apprécié: que faire pour lutter contre le manque, le vide, le vertige, sinon tenir une main amie. Encore faut-il la trouver ou savoir la chercher et la trouver. Affaire de générosité ou de chance, chacun décide.

    @Alain: Comment fais-tu pour trouver ce qui va toucher tes lecteurs, appuyer sur le point où ça fait mal, où ça réagit, où ça plonge dans les abîmes de la personne?

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    1. Merci Nicole d'être allée perdre vos pas sur ma plage...
      Je brûle de vous répondre à la place d'Alain, mais je le laisserai le faire d'abord.
      bises émues

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    2. Comment je fais ? Et bien, Nicole, je ne sais pas…
      Je me contente de rendre compte des réalités humaines qui m'environnent, ma propre réalité, celle des autres qui ont bien voulu m'accorder leur confiance, peut-être parce que j'essaye de ne pas cesser d'être un homme en chemin…
      Je n'ai pas pour objectif d'appuyer où ça fait mal… Mais le mal est là. Je le connais pour ma part. J'ai appris que les abîmes de la personne étaient « visitables », à condition de ne pas y être seul, de ne pas partir sans bagages, sans boussole, sans une embarcation solide, et sans port d'attache à l'horizon…
      Alors, je peux seulement témoigner, que la traversée du "pot au noir" est possible et que l'on peut en ressortir plus vivant qu'auparavant…

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    3. @ Céléstine,
      Je lirai avec grand intérêt la réponse qui te brûle… !
      bises impatientes !

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    4. Je suis désolée, Alain, d'avoir laissé cette impatience se morfondre si longtemps...
      mais il m'est tombé tant de choses sur la tête ces temps -ci (professionnellement parlant) que je n'ai tout simplement pas eu le temps de retourner te voir.

      Ce qui me brûlait de répondre à Nicole, c'est que tu es un être humain en grande écoute et en amour pour tes semblables. Que tu connais les faiblesses et les grandeurs de l'âme humaine, que tu ne juges pas. (Je mets de ôté tes jugements des personnages politiques publics, évidemment) Cette bienveillance, alliée à une grande expérience de vie (ce qu tu appelles être un homme en chemin) font de chacun de tes billets sur le thème de l'intime un beau catalyseur de nos chimies intérieures.

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    5. Touché au coeur…

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  10. Chacun est unique et multiples sont les réponses...
    Nous pouvons donner des pistes, tendre la main, mais l'autre décide ...

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    1. Oui, bien sûr…
      Reste que, tendre la main et voir l'autre refuser ou être incapable de la saisir… Ce n'est quand même pas facile à vivre…

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  11. Charlotte14/9/14

    Qui ne connaît pas le manque ?Chacun fait comme il peut pour le combler. Il y a en a qui entassent des biens matériels, d'autres qui s'empiffrent de nourriture ou deviennent addicts à l'alcoll et aux drogues, d'autres qui cumulent les aventures sexuelles, d'autres qui se jettent dans le fanatisme religieux etc .Il y en a qui ont tout essayé et dont le manque est devenu si grand qu'ils se sont noyés, tués, perdus et enterrés dans leur trou devenu trop profond. Même la lumière du jour ne les parvenaient plus... Pour aider, faut parfois descendre soi même au fond du trou et tendre la main mais c'est pas tout,encore faut-il que l'autre saisisse la main tendue...
    A chacun son manque. Moi ce serait avec l'amour que j'ai des manques... Et pourtant je suis gâtée ...Je veux l'impossible, l'idéal, l'amour qui me comblerait totalement de tout ! Désir enfantin ...quand j'y pense.
    Sujet à creuser...

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    1. Sujet à creuser… En effet…
      Vouloir être comblé de tout relève-il du Désir ? Ou est-ce autre chose ?
      Peut-être faut-il avoir à l'esprit que Désir/Frustration sont les deux faces d'une même pièce d'or qui est la valeur de notre vie qui peut fructifier…

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  12. Anonyme14/9/14

    Le manque! Est-ce dû à l'absence (absence de repères, absence d'amour, d'affection, de reconnaissance....), au vide qui se crée en nous et qui cherche à combler ou à transcender l'être que nous sommes sans y croire?
    Chercher et trouver une main tendue, écouter et entendre une voix amicale, dépasser l'égo pour vaincre ses peurs et ses illusions, l'être que nous sommes est seul dans cette confrontation avec ce qu'il vit au plus profond de lui.
    Au fond du puits, il doit bien y avoir une source qui abreuve notre désir fou d'être aimé et de vivre pleinement nos expériences. Le manque alors est-il une porte ouverte sur une nouvelle dynamique de l'existence qui fait appel à une force vive insoupçonnée d'un plus que soi en soi qui nous tire en avant et nous aide à remonter la pente?.
    Le manque apprivoisé , avec le temps, invite à la prise de conscience nécessaire à l'évolution salutaire de l'homme. Il côtoie le sentiment de plénitude qui s'installe pour parcourir un chemin qui n'est pas exempt de creux et de bosses mais comme sur tout sentier de crête , le regard s'émerveille de l'infini qui s'offre à lui ...
    Mais comment accompagner au mieux ces êtres qui semblent tout à coup démunis, sans repères, sans âme et sans espoir? Notre monde intérieur est si secret et si mystérieux!
    Je comprends que pour certains, ce ressenti du manque puisse faire naître en eux une angoisse si profonde qu'elle les mène sur un chemin de perdition. Mais qui sait si au-delà de cette perte, il n'y aurait pas quelque chose à gagner ??? ...invisible à nos yeux de pauvres accompagnants!
    Brigitte

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    1. Accompagner l'autre c'est pour moi l'aider à prendre sa route d'existence, telle qu'il se la choisit, et à la mesure où il demande d'être aidé. C'est donc quelque chose de particulièrement difficile, demandant beaucoup d'humilité, d'abnégation, et en même temps de force personnelle intérieure, pour ne pas être soi-même submergé le cas échéant.
      Accompagner quelqu'un qui désire la mort… C'est pour moi toucher à la limite du possible. Je ne parle pas ici de l'accompagnement de fin de vie lorsque celle-ci sera plus ou moins « naturelle ». Je parle de l'accompagnement de celui chez qui le désir de mort a pris l'ascendant sur le désir de vivre, alors qu'il est par ailleurs, dans un état de santé physique qui ne conduit pas à brève échéance à la mort.
      Y a-t-il là quelque chose à gagner ?
      Je n'ai strictement aucune réponse à cette question…
      sauf peut-être le constat de "l'état d'apaisement intérieur" qui accompagne la période qui va de la décision de se suicider à l'acte lui-même. (source : Certains documents post-mortem de suicidés).

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  13. Comment lutter contre le désespoir qui vous étreint et dont personne ne veut entendre parler ? "Tu as tout ce qu'il faut pour être heureux !" Se sentir seul, incompris, mis à l'écart. De plus en plus fragilisé et incompris. Et seul. J'ai l'impression que mon père a traîné son désespoir une bonne partie de sa vie, et c'est pour cela qu'il n'a pas lutté contre la maladie qui l'a emporté si jeune.
    Ton billet me touche, Alain, et m'émeut...

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    1. Dans ces cas-là, la phrase « tu as tout ce qu'il faut pour être heureux » est la plus terrible qui puisse être prononcée…
      Je comprends bien pour ton papa. Les forces de vie sont parfois si affaiblies que la lutte n'est plus possible. Cela n'empêche pas que celle-ci a eu du sens et qu'on a accompli ce qu'on avait à faire vivre.
      Pour ma part, c'est ton commentaire qui me touche.

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  14. Bien sûr, comment ne pas être touché... J'ai connu plusieurs personnes qui se sont suicidées. Pour mon arrière-grand-père ce fut un acte sans malaise: il était condamné et n'avait pas envie de finir en soins et dépendance. Deux de mes oncles, un cousin, une ancienne amie d'adolescence (je n'en ai jamais vraiment guéri d'imaginer cette splendide fille planifier sa mort...), un voisin... Un acte que je comprends mal même si j'en comprends l'attrayante force. Qui ne s'en approche pas un jour ou l'autre, y pense, l'imagine, le conçoit et... se reprend en main? Moravia a pensé au suicide toute sa vie - qui fut longue.

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    1. Les idées suicidaires, rares sont ceux qui n'en ont pas eu, en effet.
      La plupart des personnes se « reprennent en main », pour reprendre son expression.
      Reste ceux qui passent à l'acte… Parce que, sans doute, à l'instant T aucune autre solution ne semble possible…
      il y a ceux qui se ratent... ( je ne parle pas ici des sortes de fausses tentatives…) Et retrouvent raison de vivre…
      D'autres qui se ratent mais recommencent…
      Tout cela laisse bien des interrogations… À ceux qui restent…

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    2. Il y a sans doute autant de raisons que d'humains. Je ne peux parler que de moi.

      Il y a l'idée que l'on titille comme une bouée de sauvetage, ah si vraiment, si vraiment ça va trop mal, il me reste cette liberté...

      Et puis il y a l'autre, celle qui terrorise un jour parce qu'on sent que si on ne change rien , elle va s'imposer et on n'en sera plus maître. On se suicidera peut-être même sans le savoir ...Et cette idée fout soudain tellement la trouille parce qu'on aime tant la vie en même temps , qu'on se dit, foutu pour foutu , il faut que ça bouge, et alors on ose vivre comme on ne l'aurait jamais fait autrement...
      C'est sans doute ce qui paradoxalement m' a sauvé de ...je ne sais pas vraiment quoi et ne le saurai jamais.


      Mais quand il s'agit des autres, ça nous amène au bord du gouffre de l'inconnu, avec toute notre impuissance et notre souffrance à ne pas les retenir.

      Peut-être parce qu'on n'arrive pas à admettre , surtout dans notre civilisation judéo-chrétienne, que la liberté de l'homme, c'est aussi de mourir ?




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    3. Merci pour ce que tu dis et qui a tournure de témoignage personnel. Je suis toujours sensible à la relation du vécu.
      Le choix de mourir est en effet possible à l'homme. Ce qui concerne le débat sur la fin de vie et le « mourir dans la dignité » montre les diverses positions issues du sens que l'on donne à la vie humaine… A quel système de valeur faut-il référer ? Vaste débat sans doute… Mais aussi réalité concrète à laquelle on peut se trouver confronté. Ce fut mon cas à propos de la fin de vie de mon père… Je n'en dirai pas plus ici.

      Pour ce qui est du suicide, alors qu'il est possible de choisir de continuer à vivre, la question est à la fois la même est à la fois différente. Peut-on par exemple concourir activement au suicide d'un autre ? c'est-à-dire l'aider à exercer sa liberté ? en l'état actuel c'est puni pénalement dans bien des pays, y compris ceux qui n'appartiennent pas à la sphère judéo-chrétienne... (l'inde par ex, où le christianisme est une religion très minoritaire)
      il doit y avoir quelque chose qui transcende tout cela probablement…
      On admet que la mort soit naturelle… Tout autre manière d'y mettre fin n'est pas admise…
      Autrement dit où commence et où s'arrête notre liberté ?

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    4. Anonyme17/9/14

      Merci Hélène de ce commentaire qui m'invite à ajouter ce qui me vient spontanément à l'esprit.
      Vivre implique de faire des choix et , marcher vers la liberté d'être est un choix qu'il appartient de faire personnellement
      Fuir, éviter de se regarder et reporter sa souffrance sur les autres, s'empêcher de progresser, ne pas s'autoriser à être différent, rester dans des idées erronées, n'est-ce pas en quelque sorte apparenté à une idée suicidaire ? Les maladies auto-immunes ne seraient-elles pas en quelque sorte le signal que l'on s'empêche de vivre ce qu'il y a de meilleur au fond de nous? En fait, la vie est constituée de passages plus ou moins délicats constitués de petites morts à ce que l'on n'est pas en vérité pour petit à petit faire le pas de choisir la vie dans son authenticité.
      La vie est un chemin offert à chacun et je crois qu'on a tous la possibilité de trouver au fond de soi une force qui nous pousse en avant. Mais c'est pas évident pour tout le monde!
      Brigitte

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    5. bonsoir Brigitte
      vous écrivez:
      " Les maladies auto-immunes ne seraient-elles pas en quelque sorte le signal que l'on s'empêche de vivre ce qu'il y a de meilleur au fond de nous?"
      Est-ce là une supposition que vous faites? ou plus que cela, une affirmation?
      (oui, parce que souffrant d'une maladie auto-immune.........)

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    6. Anonyme19/9/14

      Bonsoir Coumarine,
      J'ai été amenée à inscrire cette phrase suite à mes réflexions personnelles.
      Ma fille souffre d'une maladie auto-immune qui s'est déclarée suite à un burn-out, mon frère souffre d'une leucémie , ces maladies sont pour moi le signe que quelque part, la vie ne peut pas circuler librement dans le corps, les énergies vitales sont bloquées et la personne soit ne peut pas regarder son histoire en profondeur parce qu'elle est porteuse de blessures lourdes soit elle n'a pas encore pu prendre conscience qu'elle est une personne capable d'être aimée et d'aimer , à commencer par s'aimer elle-même dans sa différence et ce qu'elle porte de plus précieux au fond d'elle même.
      En cherchant un sens à mon histoire et à ma vie, j'ai découvert que je devais moi aussi avoir été jumelle in utéro. j'ai alors compris pourquoi je recherchais toujours l'être idéal,. En idéalisant l'autre, on oublie qu'on est soi-même porteur d'un plus que soi en soi et qu'on n'a pas à chercher ailleurs qu'au fond de soi, cette part de vie reçue et offerte qui ne demande qu'à grandir et s'éveiller au monde .
      Je ne détiens pas la vérité . Je posais seulement la question. Je me suis rendue compte moi-même que la vie étant un choix, on fait parfois l'erreur sans en être toutefois coupable de faire un choix qui nous entraîne sur un chemin de "mort" ( pas forcément la mort physique mais plutôt une survie qu'une vraie vie). La vie est ainsi faite de passage en passage d'un état de conscience à un autre, et ainsi pas à pas on peut avancer vers notre liberté d'être, c'est ça qui est intéressant et porte sens, à mon avis.
      Brigitte

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    7. je suis, comme vous quelqu'un qui réfléchit beaucoup sur le sujet maladie/santé. J'ai beaucoup écrit à propos de ma perte visuelle, j'ai bcp lu à ce sujet
      Mais il n'est pas si évident de détecter le ou les choix de "mort" que l'on a pu faire.
      Je me sentirais presque coupable que cela ne m'apparaisse pas clairement
      Ce n'est pas facile: il faut vivre la maladie du mieux que l'on peut, en restant "vivante", et en même temps chercher et trouver de préférence le sens de tout ça!
      Or je ne veux pas/plus me culpabiliser. Je veux VIVRE du mieux que je peux, compte tenu des circonstances
      Il me semble que c'est cela "avancer vers notre liberté d'être"

      Alain je ne veux pas prendre trop de place dans ton espace... donc je me tais ;-))

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    8. @coumarine,
      Personne ne prend ici TROP d'espace.... Le blog est "vaste" et c'est open-bar !

      @Brigitte,
      sur la question de maladies somatiques, je suis de plus en plus prudent pour affirmer quoi que ce soit de ce genre... Les interprétations hatives et a-postériori doivent être soumise à une analyse rigoureuse...
      Ma compagne souffre aussi d'une maladie auto-immune. - (le mot même est génialement culpabilisant : se faire du tort à soi-même.... délicieux ? N'est-il pas ? )- Elle a cependant fait un travail psychologique intense de plusieurs années, et je n'ai guère rencontré de personnes aussi "équilibrées" et aussi "vivantes et vibrantes" qu'elle....
      L'origine de sa maladie ? Pour son cas, le corps médical s'accorde à dire que c'est la conséquence de Tchernobyl... Mais la version officielle est claire : le nuage radioactif s'est arrêté à la frontière....

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  15. Sujet qui me touche profondément ayant dû "encaisser" le suicide de mon frère. Je l'attendais pour des vacances prévues, heureuses lorsqu'il en parlait et en quelques jours tout à basculé.
    Le téléphone, les gendarmes, l'annonce incroyable non jamais le suicide ne semblait l'avoir effleuré si ce n'est dans notre jeunesse fougueuse d'engagement envers nos idées bafouées de l'Histoire. Cela avait été la seule fois où l'évocation du suicide comme seule issue ... mais cela était une manière poétique d'accompagner la mort de notre patrie.
    Contrairement à cette fin "romancée" qui peut fleurir lors de gros bouleversements historiques, nous avons choisi une toute autre voie ensuite, vivre et utiliser notre force commune à remonter et rebondir.
    C'est lui qui m'a montré le chemin. Lui qui m'a appris à ne pas couler. Lui qui m'a guidé et soutenue.
    Alors comprendre, tenter de se dire que le passé l'a rattrapé.... Il y a eu en une semaine quelque chose qui l'a fait tomber de l'autre côté... Je ne saurai jamais. Pas de lettre, rien que des cendres de ce qu'il avait brulé ... peut-être que le passé n'était pas passé ...
    C'et plutôt un témoignage que ton texte et tes questions déclenchent en moi .... est-ce que si j'avais été près de lui, si j'avais pu savoir, si, si.... ces si n'arrêteront jamais de ponctuer ma vie sans jamais me donner de réponse.
    Je ne traite pas le suicide de lâcheté, non jamais cette idée mais plutôt comme une maladie qui vous envahit lentement, sournoisement et vous rend sourd à tout ce qui vous entoure.... à la vie.
    Pour cela sans doute que je tente toujours de raccrocher ma main lorsqu'une personne me semble proche de ce gouffre. On ne doit pas l'ignorer même si.... encore ces si .

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    1. Merci pour ce témoignage. Si un mois ici déposé ces mots-là.
      je n'ai rien d'autre à ajouter que ce merci, car des réponses, il arrive un moment où il n'y en a pas… Où il n'y en a plus…

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  16. Je pense que pour arriver au suicide, il faut se sentir inutile. Un terrain propice à la dépression pour X raisons fait souvent le lit d'idées morbides jusqu'à un acte irréversible. Il arrive parfois que rien ne transparait et pourtant certaines personnes souffrent de maux indélébiles trop lourds à porter qu'ils n'ont jamais voulu extérioriser. Alors c'est la surprise ! J'ai côtoyé pendant un an, une jeune femme ayant fait une première tentative de suicide. Elle m'a expliqué qu'elle luttait contre une force invisible qui l'incitait à passer à l'acte et à un moment, n'y tenant plus, il fallait qu'elle le fasse. La deuxième fois, elle ne s'est pas ratée. Elle est allée se jeter sous un train. On ne peut rien devant ceux qui mettent fin à leurs jours ou bien qui y pensent. Je crois, comme Angedra que ce sont des idées qui vous envahissent comme une maladie et qui lentement et sournoisement vous poussent à partir. Ce n'est donc pas une affaire de pouvoir. Si on pouvait changer les choses, le monde serait alors meilleur.

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    1. Non, ce n'est pas une affaire de pouvoir, même si la question peut demeurer longtemps en soi : Qu'est-ce que j'aurais pu faire que je n'ai pas fait… ?
      C'est sans doute une mauvaise question. Mais est-elle incontournable ?

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  17. La solitude est-elle un premier pas vers un vide indéfinissable ?
    Le sait-ton ? Que peut-on connaître de la solitude d’un autre puisque par définition elle est abstraction de la présence de l’autre.
    Ces êtres rencontrés enfermés dans leur bulle de solitude, que pourraient-ils dire que nous soyons capables de comprendre ?
    On voudrait les aider, mais peut-on aider un déjà noyé à apprendre à nager ?
    Ils sont nombreux autour de nous ceux qui sont partis sans rien dire ou en disant le minimum juste le temps d’exister encore une fois.
    Il est des manques qu’on assimile parfois par erreur à des vides, j’avais écrit un texte à ce sujet. http://saravati.skynetblogs.be/archive/2009/10/14/vides.html.
    Que recherchent les êtres sinon leur autre moi, pas nécessairement celui rencontré dans le regard de l’autre mais plus probablement celui enfoui au fond de soi, c’est cette incapacité de trouver cette forme d’unité qui rend si vulnérable …

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    1. Aider ? Encore faut-il sans doute qu'il y ait une demande en ce sens.
      Lorsque la décision se précise vers l'acte, on est passé au-delà d'une telle demande.
      Ce qui m'a souvent interrogé, au regard des personnes disparues de cette manière et que j'ai connu, c'est cette question de ne pas avoir vraiment réussi à voir des signes avant-coureurs, ou peut-être j'aurais pu être d'une certaine aide. Même si cela peut paraître prétentieux de croire en cette capacité.

      Sur le fond des choses, je partage volontiers ton dernier paragraphe. Cette incapacité à accéder au fond de soi, là où sa propre existence peut recevoir son sens, et donc avancer vers une certaine unification.

      J'ai lu ton texte… Il est vraiment très beau !

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  18. Je suis très touchée par votre article
    Je dois voir demain une amie qui a perdu le goût de vivre
    Je ne sais si je saurai trouver les mots justes qui pourront l'aider à retrouver confiance en elle et à s'accorder une juste valeur

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    1. Le plus essentiel est sans doute la qualité de présence à l'autre.
      Retrouver la confiance passe peut-être pas pouvoir exprimer ce qu'il en est de cette perte du goût de vivre.
      Ce serait déjà beaucoup que ton amie puisse dire tout cela… Le confier. Et être accueilli avec cette réalité pour le moment.

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