On sait que « le goût des autres » a eu la bonne idée de poursuivre les « lundis de Lakevio. »
Voici donc ma production de cette semaine. À partir de la photo qu'il propose.
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— « Ferme ta bouche ! On voit ton slip !… » Lui avait dit son frère aîné en ricanant, alors qu'il était béat d'admiration devant le spectacle qui s'offrait à lui.
C'était en effet la première fois que dans la vitrine du magasin, il apercevait des images animées sortants d'une grosse boîte, qui paraît-il s'appelait « une télévision ».
Jean-Pierre devait avoir sept ou huit ans. En ce temps-là les enfants croyaient toute parole qu'un grand prononçait, même si c'était n'importe quoi.
Le soir il se regarda dans le miroir de la salle de bains, bouche grande ouverte, pour vérifier. Seulement voilà c'était un miroir très abîmé, de plus la lumière était mauvaise et il ne distinguait pas grand-chose.
Le lendemain Jean-Pierre demanda à ses petits camarades de jeter le regard jusqu'au fond de sa gorge et de lui dire ce qu'ils voyaient.
Le copain Jules glissa deux doigts pour appuyer sur la mâchoire inférieure afin de lui ouvrir la bouche au maximum. Un autre scruta à l'intérieur d'un air malicieux.
— Tu vois quelque chose ? Marmonna tant bien que mal Jean-Pierre, bouche ouverte.
— Oui, affirma Jules péremptoirement.
— Qu'est-ce que tu vois ? bava Jean-Pierre.
Jules pousse un grand cri avant de répondre :
— Je vois une énorme araignée !
Et il éclata d'un rire sardonique.
Jean-Pierre paniqua, toussa, s'étrangla, émit des borborygmes.
La maîtresse d'école releva la tête. Elle aperçut Jules qui enfonçait ses doigts dans la bouche de Jean-Pierre.
Jules se demande encore aujourd'hui pourquoi il a reçu une punition sévère, et une raclée par son père, lorsque ce dernier apprit par la Directrice de l'école que son fils était exclu trois jours pour avoir tenté d'étrangler son camarade en enfonçant ses doigts dans la gorge de l'élève dénommé Jean-Pierre.
Les instits savaient y faire en ces temps-là ! :-)
RépondreSupprimerLe genre Célestine sait encore y faire aujourd'hui !
Supprimer;-)
C'est quand même assez bien ce que les enfants étaient capables de faire et croire, "en ce temps-là". Mon frère se demandait si on pourrait ouvrir le ventre du chien et coudre un zip pour ouvrir et fermer à volonté. Heureusement il n'a fait que se le demander et n'a pas cherché à ... vérifier!
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SupprimerJ'ai appartenu à ce genre de génération assez naïve !
Faut-il regretter ?
J'ai parfois le sentiment que la génération d'aujourd'hui gavée de tablettes, qui ne sont plus en chocolat, est un peu « trop réaliste ». Que devient la part indispensable du rêve ?
On verra bien !
Bouche bée devant ton talent...
RépondreSupprimerComment ça, « n'importe quoi » ? 😜
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
SupprimerBen oui, c'est quand même pas de la grande littérature cette petite historiette…
;-)
Merci pour la fin.. j'i failli m'étrangler de rire.
RépondreSupprimerAlors, si je t'ai fait rire c'est le principal !
SupprimerJe viens de rire de bon cœur en voyant que chez toi les enfants sont aussi cruels que chez moi mais comme tu es un garçon personne n'ose te le reprocher.
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SupprimerTu me fais penser à un film, dont j'ai oublié le titre, où des enfants se retrouvent seuls sur une île, et se comportent pires que les pires des adultes questions cruauté entre-eux…
édifiant !
Sa majesté des mouches de William Golding Prix Nobel de littérature en 1983, vieux restes de libraire
SupprimerEt tu crois m'étonner ?
RépondreSupprimerOn voit que toi aussi tu es allé à l'école et que, comme moi, ce que tu en as retenu n'a que peu à voir avec les cours... ;-)
J'aime bien ton devoir.
Et puis j'aime bien aussi lire qu'on n'était pas plus sage les uns que les autres...
SupprimerPersonne ne peut t'étonner mon cher le – goût !
Tu es sûr qu'on avait un enseignement à l'école ? Je ne me souviens plus très bien !
Ah! la cruauté des enfants de l'époque...
RépondreSupprimermais non, de maintenant aussi!!
Mieux vaut en rire, tu ne crois pas?
(sauf quand on est l'enfant dont on se moque...)
Questions cruauté, je te renvoie un commentaire ci-dessus. Cela est et sera de tout temps !
SupprimerCela dit, dans mon histoire, c'est plus de l'espièglerie que de la cruauté il me semble.
Ce qui me paraît cruel en l'espèce, c'est l'inconséquence de l'institutrice qui fait d'elle l'auteur d'une injustice flagrante, dont Jules se souviendra longtemps… cruellement…
Oh, c'est la photo qui est affichée en grand dans le cabinet de mon dentiste, sur laquelle je me concentre pour ne pas… bref!
RépondreSupprimerTexte drôle. Quelle injustice!
SupprimerTon dentiste a un excellent humour !
Injustice, oui : combien d'enfants en ont été et en seront encore victimes !
Je parierais pour un nombre important, très important.
Jean-Pierre et la naïveté de l'enfant, une araignée dans sa bouche ! (rire)
RépondreSupprimerEntre nous, je crois que je l'aurais cru moi aussi... ;-)
Bonne soirée, Alain.
Toujours entre nous : la phrase du début de mon texte, c'est du vécu personnel !
SupprimerEt je crois bien que j'y ai cru… au moins quelques instants !…
commentaire reçu de Fabie :
RépondreSupprimerÇa colle bien au tableau!
C'est vrai qu'à notre époque on était punis 2 fois. ;)
Cordialement,
Fabie
En effet, je suis de cette époque de « la double peine » !
SupprimerMerci pour ce commentaire reçu par le formulaire de contact.
Et désolé de tu ne parviennes pas à écrire ici en direct…
Sans avoir tout à fait vécu la même chose, ce tableau et ce type d'évènement me parlent (sans compter la phrase du début !). La cour d'école est parfois un endroit terrible, surtout quand on est naïf.
RépondreSupprimerEn effet, la cour de « récréation » porte parfois bien mal son nom ! Pour certain(e)s, tout ce qui s'y passe n'a rien de récréatif !
Supprimer;-)
(Je réponds tardivement aux commentaires, mais je fus une dizaine de jours loin du net…)
J'aime bien. On voit parfaitement la cruauté enfantine, l'aveuglement adulte qui cherche le coupable idéal, et on sent poindre le sentiment d'injustice, ou plutôt le besoin de justice qui ne devrait jamais nous quitter...
RépondreSupprimerContente de revenir pour lire des choses de cette qualité.
J'ai du rattrapage devant moi:-/
Bisoudoux
Merci pour les « choses de qualité »…
SupprimerContent de te revoir par ici, et chez toi, moi aussi tes textes de qualité me manquaient…
Reçu par le formulaire don contact :
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La bêtise de certains adultes face à des enfants est parfois
incommensurable; j'en sais quelque chose
Cordialement,
Gwen
Je fus victime d'injustices idiotes en classe.
SupprimerMême si c'était dans un tout autre contexte, j'ai pris une petite vengeance… ;-)
Aurais-tu manqué la rentrée des classes du Goût ?
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