Roy Lichtenstein l’avait bien senti qui le dessina dans les années soixante.
Si vous avez une histoire de « mais » à raconter, n’hésitez pas !
Dites le lundi.
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Le silence du mâle
Je me demandais souvent ce qu'il pensait vraiment de moi. Je faisais tout pour lui plaire, depuis toujours. C'était dans ma nature d'être soumise. Il paraît que certaines femmes ne le sont pas, mais sont-elles heureuses ?
Moi, je suis heureuse et il me dit que c'est bien comme ça.
Le but de l'existence est de satisfaire l'autre, et non pas de se satisfaire soi.
Déjà, au catéchisme, le prêtre me l'enseignait, de la part de Dieu, lorsqu'il posait sa main sur mon genou.
— Sois gentille, ma petite, je t'en prie, sois gentille.
Et moi j'étais gentille. Je voyais sa satisfaction dans ses yeux lorsqu'il reboutonnait sa soutane.
À quoi peut donc tenir une vocation ?
Le plaisir dans l'abnégation me fera gagner mon ciel. Certes, le prix est parfois lourd à payer, mais c'est ainsi. Les écritures l'attestent. Il faut respecter le Livre.
Alors l'autre jour au téléphone je lui ai demandé ce qui lui ferait plaisir. Il sait à quel point je suis toujours prête à tout. Il sait avec quel naturel je suis capable de réaliser les pires folies par amour. Rien ne pouvait lui être refusé. Je dois avouer que cela ne nécessitait pas d'effort de ma part, dans les domaines qu'il privilégiait. Il savait bien que ses propositions ne pouvaient que m'emporter encore plus loin dans l'accomplissement total. Et c'est sans doute pour cela que je l'aimais avec une passion paroxystique et permanente.
De sa voix chaude, sensuelle et qui me pénétrait déjà, il a formulé sa demande avec exactitude, assez longuement, en précisant des détails qui me firent frissonner. Je ne savais pas encore si c'était de joie anticipée ou de crainte à venir. Mais j'adore les frissons. À la fin, il a formulé l'ultime exigence. C'est alors que je lui ai dit :
— Oh ! Serge ! Je vous aime tellement, tellement intensément, mais là…
C'est alors qu'à l'autre bout du fil j'ai entendu TuuuT...TuuuT...TuuuT
Depuis ce jour-là le téléphone reste muet. Quand je tente d'appeler ça ne décroche plus.
Quelqu'un a-t-il déjà ressenti aussi profondément que moi la désespérance désespérée du plus grand désespoir ?
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Viens petite fille dans mon comic strip
Viens faire des bull's, viens faire des WIP !
Des CLIP ! CRAP ! des BANG ! des VLOP ! et
des ZIP !
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !




J'ai du mal à commenter ce texte,
RépondreSupprimeralors je ne dis rien
Alors je ne réponds rien non plus…
SupprimerTuut tuut tuut... et le mâle se tuuut à jamais....
RépondreSupprimerNon, mais... Serge, franchement ! avec un tel pennon le vis est marqué sur ton front :)
Joli billet un brin pervers :D (pour rire)
Douce journée Alain. Bisou XXL :)
SupprimerUn brin pervers, peut-être aussi un premier pas libérateur… mais… on verra…
Vice au lieu de "vis" :D
SupprimerComme quoi la soumission mène au silence, il ne lui reste plus qu'à prendre le voile.
RépondreSupprimerSortir de la soumission est douloureux. Plutôt que prendre le voile, voici peut-être l'occasion de mettre les voiles…
Supprimer(ce serait en tout cas la suite que j'écrirais s'il y en avait une…)
Nous étions branchés sur le même thème semble-t-il...
RépondreSupprimerEn effet.
SupprimerMais la personne que je mets en scène j'ai plutôt envisagé une adulte, et son « mais… », et en effet son acte libérateur, sa prise de conscience douloureuse de se laisser dominer. Dommage qu'il ait fallu attendre une sorte de « trop c'est trop ». Encore que l'important est que cela se produise.
Il faut lui offrir Camus, La Mort Heureuse : "N’attends pas seulement la vie d’un homme. C’est pour cela que tant de femmes se trompent. Mais attends-la de toi-même".
RépondreSupprimerCommentaire donc dans la ligne exacte du précédent (de mon cru veux-je dire) : une vie à soi!
Bise affirmée
C'est tout à fait cela. Sortir de la dépendance qu'elle soit celle d'un homme ou prenne une autre forme d'ailleurs, pour entrer dans sa liberté d'être.
SupprimerEt comme je le dis au commentaire ci-dessus, son « mais » est peut-être le premier pas qu'elle pose, encore assez inconsciemment, mais il arrive un moment où l'être profond ne peut faire autrement que surgir et ne plus se laisser exploiter.
Cela s'opère forcément dans la douleur. Tout du moins dans un premier temps.
Bise confirmée.
I'm choking... mais tu as osé l'écrire !
RépondreSupprimerTrès globalement mon texte s'inspire de ma pratique professionnelle d'aide à des personnes victimes d'emprises. Je n'ai cependant pas pensé ni mis en scène quelqu'une en particulier. Et j'ai volontairement quelque peu forcé le trait dans un cadre qui se veut « littéraire » (à tort ou à raison…)
SupprimerJ'imagine bien, Alain ton commentaire.. non pas de mise en scène.. le trait est forcé, j 'ai bien compris..
SupprimerMerci à toi, bon après-midi.
et bien... on n'est pas sortis de l'auberge!
RépondreSupprimer… Mais peut-être qu'on avance vers la sortie…
Supprimerpeut-être…
Au moins une qui n'a pas été traumatisée par le curé aux mains baladeuses, voir plus...Et, je me marre quand HB dit qu'elle n'a plus qu'à prendre le voile..comme si elle en redemandait !!!!
RépondreSupprimerÀ la fin, il a formulé l'ultime exigence.
Me demande quelle exigence il lui a demandé, à elle si amoureuse ? On ne pourrait pas savoir ?
« L'ultime exigence » est laissée à l'univers fantasmatique de chaque lecteur/lectrice, selon ses goûts et ses couleurs, ses dégoûts et ses interdits…
Supprimeren tout cas mon héroïne n'avait pas envie de « ça ».
;-)
C'est un texte intéressant, sur la soumission, l'héritage chrétien d'abnégation féminine.
RépondreSupprimerProfondeur aussi sur la dépendance amoureuse, le "vivre pour et a travers l'autre".
SupprimerSous cet angle, l'héritage chrétien est une trahison. Le fondateur avait une toute autre attitude vis-à-vis des femmes. Une attitude révolutionnaire à son époque. Mais c'est bien connu, on est toujours trahi par les siens…
Ouf, elle lui a finalement dit "NON".Elle l'aimait ou aimait elle son emprise sur elle ? Elle était son objet.Il était son maître. Un curé en plus . Les femmes ou les enfants et puis quoi encore. Je pense parfois encore à ce sale moine qui a abusé de mon frère quand il était jeune adolescent de 12, 13 ans. Tout cela me dégoûte.
RépondreSupprimerProbablement qu'elle s'obligeait à aimer ses exigences pour diverses raisons qui la déviait de l'amour véritable. Lorsqu'on a été obligée d'être « objet » ce n'est pas sans conséquences durables…
SupprimerIl va attendre un peu. Et encore. Et encore un peu. Et il va rappeler. On n'abandonne pas un jouet aussi vite. Et elle sera tellement contente qu'elle dira oui.
RépondreSupprimerA moins que... A moins qu'entre temps elle tombe sur la bonne personne, ou le bon livre, ou la bonne réflexion.
SupprimerC'est en effet ce qu'il faut espérer… cela suppose un autre regard sur elle-même qui peut en effet naître dans une personne miroir, ou une reconsidération de soi-même parce que « trop c'est trop »…
Bonjour à vous deux,
Supprimercertaine rencontre peut parfois tout changer. Une bonne rencontre qui lui montrerait qu'il existe d'autres genres de relations.
C'est ce qu'il faut souhaiter à ton héroïne.
Bonne journée à vous
Elle ne fut pas d'accord pour tout.
RépondreSupprimerC'est déjà ça...
En plus je me demande ce qu'il pouvait bien lui trouver parce que quelqu'un qui suit aveuglément le désir de quelqu'un d'autre doit être ua bout du compte prodigieusement chiant...
J'espère que ce commentaire va enfin sortir car j'en ai marre de réécrire la même chose depuis ce matyin en cherchant une identification qui agrée à Monseigneur Blogspot.
Tu as raison, lorsqu'on est en présence d'un partenaire « sain » mais face à un dominateur congénital qui au contraire prend plaisir à cela, les exigences deviennent paroxystiques ou dangereuses, ce qui en l'espèce pouvait être supposé. Mais il faudrait une suite à l'histoire pour voir où cela mène.
Supprimer…
J'admire ta persévérance pour publier, car en effet c'est parfois très décourageant, mais il me semble qu'on ait pas encore trouvé comment éviter l'invasion galopante des spams… et pourtant je vois que tu as un compte Blogger qui n'a pas l'air de suffire… peut-être qu'en vidant ton cache ? C'est souvent le conseil donné…
Suffisait-il de dire non qu'une seule fois?
RépondreSupprimer
SupprimerEn tout cas on peut supposer que c'est la première fois qu'elle « résiste ». Est-ce que cela sera suffisant ? Sans doute que non… reste qu'il faut bien commencer par un premier pas…
Le but de l'existence est de satisfaire l'autre, il a raison le prêtre, et puis il est vrai que le "caté", c'est ouvrir la porte de l'intimité, comme vous le signalez.
RépondreSupprimerAh, le pouvoir de la voix de suffit pas, on ne peut être pénétré par tout, quand même ;)
Votre texte m'a fait passer un bon moment ; je veux dire, j'ai souri en imaginant la scène !
Je comprends le sourire. À vous lire régulièrement chez vous, il est clair que vous avez une imagination débordante… !
Supprimer(Sourire à mon tour)
Dire un tout petit non suffit à décevoir, mais aussi à libérer. Mais une telle soumission ne cherchera-t-ele pas un autre tyran pour s'exalter à nouveau?
RépondreSupprimerEn effet, cela risque d'être un problème pour la dame…
Supprimerà moins qu'elle n'ait un sursaut salvateur ?
On préfère parfois le bénéfice secondaire au capital original.
Ce texte m'a ramené à des jeunes dont je me suis occupée et qui avaient subi des choses pas forcements agréables mais sous la contrainte, l'envie de dire non est là mais la peur d'une menace peut faire qu'on dise oui et c'est malheureusement beaucoup plus frequent qu'on ne l'imagine et ça touche vraiment toutes les classes sociales.
RépondreSupprimerCes "dominateurs" savent avec qui ils le font.
La délicatesse de vos mots nous font exactement ressentir ce que certaines personnes ont subit.
Merci pour ce beau commentaire tout aussi délicatement écrit.
SupprimerIl y a en effet beaucoup de finesse et de subtilité dans les processus de domination. La contrainte physique se repère aisément, encore que…
la contrainte psychologique et/ou morale peut avoir des subtilités d'une perversion machiavélique.
Certaines sectes sont spécialistes du genre. Mais ce n'est plus très à la mode les sectes. Elles ont de quoi se réjouir de ne plus être médiatiques. Elles n'en sont que plus dangereuses.