C'est une femme que j'ai côtoyée jusqu'à sa mort et même après : Les souvenirs, les lettres, les témoignages d'autrui après son départ.
Il n'en demeure pas moins que je ne sais toujours pas qui elle est vraiment.
Je dispose de milliers de « touches » comme le pinceau en dépose sur la toile. Ma mère : un imposant tableau impressionniste, où j'ai sans cesse le nez sur la toile. Mes yeux trop près ces coups de pinceau les unes à côté les autres sont incapables de prendre du recul pour voir le tableau en son entier. Me voici face à un mystère insondable d'une personne que j'ai appelé mère.
Cette femme m'a fait vivre toute la gamme de la palette. Cela va de l'indifférence au désir profond de l'aimer ; de l'espérance d'être accueilli sainement, au désespoir du constat de sa maladie mentale qui l'enferme en elle-même ; de la supplication qu'elle s'intéresse à moi, jusqu'à la haine profonde et abyssale ; en passant par toutes les nuances de la gamme relationnelle. C'est dire s'il y a de la diversité !
Je ne vais pas relater le passé. Je l'ai fait durant plusieurs années de thérapie au cours desquelles j'ai tout (re)traversé à son égard, sans qu'elle n'en sache jamais rien. Elle n'en vit les bénéfices qu'à la réception d'une longue lettre que je lui ai adressée sur son lieu de retraite, là-bas dans un village d'Ardèche où elle coulait enfin des jours paisibles, enfin apaisée. Une lettre d'amour. L'unique. La seule. Où j'ai livré mon cœur profond de fils. Parce qu'une étape du travail sur « moi et elle » était achevée. Parce qu'au final elle méritait ma reconnaissance. Le soir même elle me téléphona longuement. Je l'avais fait beaucoup pleurer… mais pour une fois des larmes de joie profonde, mélée de balbutiements justificatifs : « C'est vrai que je t'en ai fait voir !… ». Remarque inutile, je voulais seulement lui dire qui j'étais devenu, grâce et malgré elle. En quelque sorte ce que j'étais « redevenu malgré tout ». Évidemment je gardais sous silence le chemin ardu et périlleux par lequel il avait fallu passer. Colmater ses erreurs, ses abandons, ses colères monstrueuses suivis de débordements affectifs étouffants, ces longues semaines à ne pas sortir du lit, sa suractivité sans dormir durant d'autres mois. Enfin tout le pire que peut générer la bipolarité. Tout cela j'en avais enfin compris les tenants et aboutissants. J'avais enquêté, retrouvé les dossiers médicaux, retrouvé mon propre vécu correspondant J'avais œuvré à expulser les souffrances enkystées.
Enfant, on ne me disait rien. Sur ces sujets tout le monde se taisait. Au mieux mon père essayait d'excuser : « ta maman ne va pas bien, tu le vois bien… » Pour voir, je le voyais ! Mais voir sans possibilité pour l'enfant que j'étais d'avoir des explications pour comprendre, ça ajoute à la violence, ça augmente la souffrance.
Il faut du temps pour se débarrasser des décombres, des détritus, des choses abandonnées, de l'inutile saleté, de la beauté défigurée. On finit par se persuader qu'en dessous de tout cela il n'y aura rien de valable. Rien qui puisse être sauvé. Tout est trop pourri, rongé par les parasites, les vers dans le cerveau ont creusé leurs galeries.
Mais un jour on découvre sous les décombres un trésor inconnu. On n'avait même pas pensé qu'il puisse exister. Le grand nettoyage est accompli. Et toute la beauté d'origine est redonnée. Il n'y a plus qu'à la valoriser. C'est une restauration dont on attendait pas de tels résultats si positifs. Comme ces toiles anciennes, très abîmées, déchirées, et dont on pense que le sort final ne peut être que les encombrants. Aller hop ! Bon débarras !
Et puis c'est tout le contraire !
— « Votre mère devait être une femme très gaie lorsqu'elle était jeune » me dit cette infirmière à l'hôpital où elle délirait après un AVC qui l'emporta bientôt. « Elle ne cesse de balbutier des gazouillis de jeune enfant ». Alors je les ai entendus et je suis sorti dans le couloir pour pleurer.
Tu as toujours aimé être à l'avant-garde, avide des nouveautés en tous domaines : « Moulinex libère la femme » on l'a constaté à la maison avec toutes sortes de gadgets derniers cri ! Tu inventas une méthode comptable et de gestion pour l'entreprise familiale. Tu sus la généraliser et qu'elle serve de modèle pour d'autres.
C'était avant les drames qui ont surgi dans ta vie. Je n'en dirai rien ici. Tout cela appartient à l'histoire, aux problématiques familiales, à la guerre, aux traumatismes subis. J'ai tout appris après ta mort. Ça explique bien entendu. Mais ce qui s'est passé avec les conséquences sur ton fils, ce fut aussi la réalité.
On va en rester là. La prochaine fois (s'il y a une prochaine fois) je parlerai de la période où tu t'es retrouvée avec un fils entièrement paralysé. Ça n'a pas arrangé ta vie ! La mienne non plus, c'est évident. Et pourtant, nous voici aujourd'hui, tu l'avais souhaité (« j'espère que tu trouveras le bonheur mieux que moi »).
Vois-tu, je crois avoir fait en sorte que…
très très touchée par ton billet
RépondreSupprimerJe ne dirai rien de plus maintenant, sans doute plus tard!
Eh bien… j'attendrai plus tard…
SupprimerTrès remuée par votre article, profondément, ayant connu un lourd passé conflictuel avec ma maman.
RépondreSupprimerJ'ai l'impression d'être passée par toutes les couleurs de la palette également, mais hélas je n'ai jamais trouvé une once de "belle éclaircie" dans notre relation. Tout est resté noir, terne, sans une lueur d'espoir...
Elle n'est plus de ce monde et je souffre encore actuellement d'avoir tellement supplié à être aimée :(
Je compatis au lourd passé évoqué.
SupprimerC'est difficile de consentir à ce qui n'a pas été et que l'on était légitimement en droit d'espérer et même d'obtenir.
Peut-être trouverez-vous ailleurs d'autres comblements qui feront tomber la vaine supplication. Reconstruire autrement, c'est parfois une manière de briser des chaînes.
J'ai commencé à lire, je ne terminerai pas la lecture en ce jour, j'y reviendrai peut-être, je ne peux pas prendre le risque de m'effondrer.
RépondreSupprimerBon dimanche.
C'est sagesse. Se prendre avec douceur et respect.
SupprimerTres bel hommage tu as réussi a me faire pleurer de voir a quel point, malgré tout, tu l'aimes.
RépondreSupprimerFaire pleurer n'est pas mon objectif. Mais, en effet, rendre hommage à celle sans qui… je ne serais pas.... Et au final je ne regrette rien de ma vie. On aime lorsqu'on trouve en soi des raisons d'aimer.
SupprimerTon texte m’a tiré une larmichette. J'veux dire, m'a rendu les yeux humides. Je crois que d'après ce que j'ai lu, ici ou là, chaque être humais se trimbale son lot de cabosses. Enfant, on pense que c'est mieux ailleurs, dans telle ou telle autre famille, qu'en sait-on, au fond ? Rien !
RépondreSupprimerCe sont, en partie, les cabosses, qui m'ont carrossé jusque dans des blogs de grandes qualités.
Très probablement, que j'y aie ressenti ce "mystère" aussi impalpable qu'indicible, invisible, mais en plein dans le mille... Le simple ressenti des mots tus.
Un jour que j'ai volontairement laissé filtrer une ou deux allusions de cet acabit, je n'ai pas été surpris que tu me proposas d'en parler en "off". Je ne t'ai pas remercié de cette proposition ; comme tu le dis, c'est passé, on va en rester là.
J'y pense justement, dans mon prochain texte, il y en aura une autre... Beaucoup plus claire.
Je n'ai pas écrit de lettre à ma mère, ni à mon père ; avec lui, nous nous comprenions sans avoir besoin de parler. C'est ma maman, qui, à la demande de ma sœur B, a écrit ses mémoires, enfin, ses souvenirs, ceux qu'elle a bien voulu partager ; le tout dans un manuscrit, copié mainte fois, où je sais que je peux retrouver son écriture.
Elle.
« La vie est difficile » , c'est par cette affirmation que Scott Peck, psychiatre bien connu, commence son livre « le chemin le moins fréquenté – apprendre à vivre avec la vie »
Supprimerj'aime bien que tu évoques que nous sommes cabossés.
C'est peut-être une image mal choisie qui me vient de nous comparer à une carrosserie, celle d'une belle voiture trop abîmée. C'est pour dire que il nous appartient et il est possible de devenir les carrossiers de nous-mêmes pour redresser ce qui doit l'être et faire rebriller ce qui a été terni. Parfois on se fait apprenti auprès de quelques maîtres d'apprentissage. Tu sais bien ce qu'il en est des soins à apporter aux restaurations et nouvelles constructions.
Et puis, disposer de mémoires écrites, quel que soit le contenu est toujours un bien précieux quand on tirera un jour ou l'autre grand profit pour soi et pour redonner autour de soi.
Je te souhaite le meilleur à venir. Te lire est toujours précieux.
Emouvant, très émouvant ! Merci pour ce partage ! Et au final, quelle chance d'avoir découvert la richesse de ta maman ! Malheureusement pour moi, c'est plutôt dans le témoignage de Claudine que je me retrouve : "Tout est resté noir, terne, sans une lueur d'espoir..."
RépondreSupprimerJe comprends bien ce que tu dis à la fin. Il arrive parfois, comme un inattendu, que la lueur apparaisse quand on ne l'attend plus ou quand on ne la recherche plus. Il y a dans nos vies des magies insoupçonnées.
SupprimerJe ne pensais jamais qu'un jour j'écrirai la lettre que j'évoque. Et puis elle est apparue dans la lumière, presque sans que je ne le veuille délibérément.
Très émouvant... même si ce fut difficile tu as réussi à faire la paix avec elle... c’est bien je crois...
RépondreSupprimerSans doute faut-il toujours payer le prix de la paix.
SupprimerMais ensuite… que de beaux « retours sur investissements ».
Je pense que tu en sais quelque chose…
Tu as eu de bien grands déchirements à vivre. Une histoire plus facile t'aurait t'elle mené à cet endroit de compréhension profonde que je te vois ? Je ne sais pas. Expérimenter le divin en soi est l'ultime affaire de l'humain et toi tu y es affairé. Si j'accomplis Cela sans rien accomplir d'autre, j'aurai tout accompli. Si j'accomplis tout sans accomplir Cela, je n'aurai rien accompli. kéa
RépondreSupprimerTon commentaire me touche. C'est exactement cela. Jamais je n'aurais fait le chemin qui fut le mien sans ce que tu appelles « des grands déchirements ». Je crois même que j'aurais sombré corps et biens. Je ne le crois pas. j'en suis persuadé.
SupprimerL'expérience « du divin » ou de « Cela » que tu évoques, je pense qu'il ne peut nullement s'agir d'une sorte de truc merveilleux qui surgirait de je ne sais quels cieux, qui jaillirait de je ne sais quelle profondeur comme une magie délicieuse, façon Walt Disney. Croire ou espérer cela, c'est aller au devant des pires déboires.
« La vie est difficile », c'est pour cela qu'elle est passionnante à vivre, à en relever les défis.
le « tout est accompli » : cri final de paix profonde et de bonheur de celui qui a donné tout ce qu'il avait en lui.
Une aventure du don et de la dépossession.
Vivre : C'est une tension existentielle, comparable à la corde du violon tendu où s'active l'archet. Sans cette tension des cordes le violon est devenu totalement inutile.
Un bout de bois mort.
Merci pour le partage. très touchée par ce billet...
RépondreSupprimerMerci de venir l'exprimer.
SupprimerWAOUH.
RépondreSupprimerComme Coumarine. Profondément touchée, sans doute aussi à cause des résonances.
c'est drôle, je m'apprêtais à parler moi aussi de ma mère aujourd'hui, demander que vous parliez de la vôtre .. mais je me rends compte que non, et puis je n'ai pas eu le temps de lui écrire de lettre d'amour, au moment où elle est morte je lui en voulais tellement, je lui ai demandé pardon près de son cercueil, pardon maman mais je t'en veux tellement ...
Je ne lui ai écrit de lettre d'amour qu'après, bien après ..
oui décidément tout cela résonne fort en moi
En te lisant, je comprends que cela résonne fort.
SupprimerPardonner n'est pas faire disparaître les raisons d'en vouloir.
Pardonner c'est justement « malgré ces raisons… »
merci de ton témoignage qui me touche.
C'est beau.
RépondreSupprimerC'est beau parce que sincère et vrai.
Loin de l'"idéalisation" massive de la "maman parfaite" qu'on impose au jour de la Fête des mères.
Les mères sont des êtres humains comme les autres...
Je trouve beau que tu aies fait tout ce chemin et trouvé une sorte de paix. Et de pardon.
C'est un long chemin, ardu, difficile, mais qui nous "construit"...et nous "creuse"...jusqu'aux plus grandes profondeurs.
Moi, je ne suis pas encore "au bout"...de ce chemin.
Et pourtant, ma mère a ...93 ans !
Elle est encore là, et déjà partie... (Alzheimer)
La fête des mères est toujours un moment compliqué...
(mais que j'essaie néanmoins de vivre "en paix").
C'est très juste ce que tu dis à propos d'Alzheimer : encore là est déjà partie…
Supprimerconcernant la maladie mentale de ma mère j'aurais pu dire : toujours là et en même temps toujours ailleurs…
la Fête des Mères ne représente rien pour moi, ne symbolise rien. Juste un truc politico-commercial, duquel on s'accommode l'espace de quelques heures avant de revenir à la vraie vie.
Je te souhaite de rejoindre la paix profonde au fond de toi, toujours là et disponible. Comme une source bienfaisante qui nous attend de manière permanente.
Quel texte!! ça vous marque pour la vie !! Moi je n'ai pas réussi à lui parler ou lui écrire comme toi. Elle est partie et nous sommes restés dans l'incompréhension. Les tensions étaient très vives. Je me suis protégé comme j'ai pu. Une thérapie m'a aidé. J'aime beaucoup ta sincérité et ta façon d'aborder cette relation douloureuse, preuve que tu as fait un gros travail sur toi. ta lucidité est grande !!
RépondreSupprimerC'est important ce que tu dis sur se protéger et trouver des protecteurs.
SupprimerC'est déjà très important pour « la réussite » que tu évoques. La compréhension c'est souvent la compréhension de soi-même dans la situation. Que l'autre « comprenne un jour » ce n'est jamais en notre pouvoir. Conscientiser cela, libère. Si l'autre n'est pas capable de m'aimer, je vais aller chercher ailleurs. Lorsque j'ai compris que la femme qui m'avait mis au monde était incapable de m'aimer comme une « mère ordinaire » j'ai réalisé que j'étais diot de continuer à m'enfermer dans cette impasse.
Eh bien, une palette difficile à digérer ;)
RépondreSupprimerDevenir grâce et malgré, intéressant...
Merci pour ce texte qui nous ouvre les yeux, sur nos propres liens familiaux - même s'ils sont différents, voire très différents - et nous permettra de croire qu'un jour, peut-être, si nous sommes prêts...
Chacun, en effet, est issu d'une aventure singulière et différente. De par mes professions j'ai toujours aimé pouvoir ouvrir les yeux sur des situations diversifiées et pour certaines, comme on dit, la réalité dépasse la fiction. Au point qu'on se demande parfois ce que la fiction peut bien être encore…
SupprimerTu es un sage, malgré un thérapie, je ne lui ai jamais pardonné son abandon.
RépondreSupprimerJe pense que pardonner ne peut pas être un objectif qu'il faudrait atteindre.
SupprimerUn jour le pardon arrive (s'il arrive) un peu comme un fruit mûr qui se cueille de lui-même. Il a parfois la saveur silencieuse d'une plénitude enfin parvenue.
J'ai la vue brouillée... que c'est émouvant... Quels courage et intelligence il t'a fallu...
RépondreSupprimerC'est surtout le courage de celui qui cherche à sortir des ornières où il est enlisé.
SupprimerMerci pour tes mots.
Je t'ai lu avec émotion et je voudrais te dire "merci". Tu nous fais là une sublime confession libérante.
RépondreSupprimerLa confiance que tu nous fait en te livrant ainsi est tout à fait touchante. J'ai comme beaucoup de respect ,devant ton témoignage. Tu en vus de toutes les couleurs et tu es devenu un être lumineux , éclairant . Je suis heureuse chaque fois que je te lis. Tu m'apportes beaucoup. Moi j'avais une bonne mère que j'ai beaucoup aimé .Merci Alain . Je t'embrasse.
L'expérience m'a appris que je pouvais faire confiance en celles et ceux qui me font l'honneur de venir lire ici. Jusque-là je n'ai été que très rarement déçu.
SupprimerAlors je continue, d'autant que je ressens parfois que cela apporte de bonnes choses à ceux qui passent. Alors tant mieux.
Et je me réjouis que tu aies pu avoir une bonne mère, comme tu en parles ainsi que tu l'as déjà fait dans le passé. C'est une chance dont il faut prendre la mesure. Comme tu le fais d'ailleurs. Merci pour ta fidélité.
C'est un beau chemin, semé d'embûches, et quelles embûches, mais empreint d'une profondeur dans la réflexion et d'une volonté puissante de vie qui inspirent le respect.
RépondreSupprimer♥
Tu as me semble-t-il la même volonté puissante de vie.
SupprimerSurmonter les embûches, tu connais. Et tu as mon admiration et mon affection solidaire.
Plus tu en parles, et plus ta mère apparait comme un personnage de roman, un roman autour duquel il me semble que tu reviens, par touches successives, complétant régulièrement ce portrait. C'est peut-être le mieux que l'on puisse faire : écrire, dépeindre, faire quelque chose de beau de ce qui a été. ça permet d'avoir une prise sur ce qu'on a subi, sur quoi on n'a pas pu avoir prise. Il y a plusieurs manières de libérer l'impuissance : se tracer une route vers le bonheur. Donner ce qu'on n'a pas reçu. Et puis, il y a celle-là : écrire, créer, restituer.
RépondreSupprimerEnfin, le dernier livre d'Aldo Naouri : " Ma mère". Un tout autre modèle que la tienne, mais peut-être pas plus facile à gérer. Une interview, ici :https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-31-mai-2021
Intéressant ce que tu dis à propos de « mère, personnage de roman ».
SupprimerJe lui ai donné le rôle principal d'une nouvelle, qui m'a valu un deuxième prix dans un concours national, il y a une quinzaine d'années.
C'est sûr qu'il y aurait de la matière pour un gros bouquin !
Je doute qu'on puisse faire quelque chose de beau de l'horrible. Si ce n'est l'amalgamer à d'autres ingrédients dans lesquels il se dissout peu à peu. Mais on en garde un arrière goût, tels certains plats que la vie vous ressert parfois. Une thérapie peut servir à ça : Cracher le mauvais et retrouver le bon goût de la vie. Et tout cela peut sans doute s'écrire, surtout quand l'écriture s'est toujours montrée vitale pour soi-même.
Merci pour l'angle de ce commentaire et le lien : j'irai écouter. Si j'en retire un profit je le partagerai.
Merci Alain, j'ai relu plusieurs fois ton post, il est si touchant. Je t'admire dans ta capacité à analyser finement la vie. Il fait écho à la mienne.
RépondreSupprimerCe fut aussi parmi mes jobs d'aider les gens à analyser des situations…
Supprimermerci pour ton passage chez moi.
Un long chemin qui ne t'a pas épargné sur ce qui aurait dû être un apprentissage de la vie fait main dans la main avec ta mère.
RépondreSupprimerMais une belle réussite puisque tu as su arriver à cette lettre et à la réponse de ta maman.
Je sais que beaucoup d'enfants n'arrivent pas à cet apaisement envers leurs parents.
Mon chemin avec mes parents a toujours été apaisé, aimant et avec une belle entente mais je découvre beaucoup de famille qui malheureusement ne connaissent pas autant d'apaisement pour diverses raisons.
Heureuse de voir que tu as trouvé le bonheur…
Ma motivation de départ quand j'ai commencé à bosser sur ma mère en thérapie, c'était assez fondamentalement pour ne pas « reproduire ce genre de conneries » avec mes propres enfants. C'était vraiment un moteur très fort pour moi.
SupprimerPeu à peu s'en est venu ce que j'ai rapporté dans le billet.
J'ai pu aussi constater que mes enfants « adoraient leur mamie », ma mère, dont le comportement était beaucoup plus ajusté. Il faut dire qu'elle était apaisée psychiquement, grâce à de nouvelles molécules qui n'existaient pas dans les années 1950. Ça ne résolvait pas tout, mais c'était beaucoup mieux…
tout cet ensemble m'a amené là où j'ai pu aller.
Et je me réjouis beaucoup de ce que tu dis de son enfance. Les parents aimants et ajustés c'est ce que l'on peut espérer de mieux. Ça n'empêche pas les bêtises et les maladresses, mais lorsque « le fond est sain »…
C'est beau, c'est émouvant.Quel courage vous avez eu!
RépondreSupprimerPour moi, après toutes les épreuves passées, elle reste la personne à qui je n'ai jamais pu pardonner.J'ai essayé, le pardon est salvateur et permet d'avancer.
Mais rien à faire il ne vient pas.
Excusez-moi de répondre tardivement, j'ai été pas mal occupé par ailleurs.
SupprimerIl me semble que le pardon s'avance par étapes. Il faut du temps, il faut « qu'il vienne » et ce n'est pas forcément en notre pouvoir absolu d'en décider. Peut-être peut-on faire des « pardons partiels », certaines choses et pas d'autres. Un peu comme certaines maladies où l'on guérit par étapes et avec du temps.
Surtout ne vous sentez jamais « coupable de ne pas pardonner ». C'est vous qui avez subi les épreuves. Ne renversez pas les responsabilités.
Prenez-vous avec douceur autant que faire se peut.
Enfant, nous n'avons pas le filtre nécessaire pour prendre du recul et comprendre, du coup nous recevons tout en pleine figure, pensant que nous portons toute la responsabilité de ces relations si difficiles avec nos parents et aussi leur mal être. En prenant de l'âge, nous comprenons et nous pardonnons.
RépondreSupprimerMerci de ce partage, Alain, il me touche.
Le recul, la compréhension, le replacement dans l'histoire et ses événements, en effet, autant d'éléments pour avancer vers le pardon. C'est la part que l'on peut faire. Mais comme je l'ai déjà dit, je crois que c'est un fruit qui se cueille. Comme un arbre : on peut en prendre soin, mais le fruit se cueille quand la maturité est suffisante.
SupprimerQuant à vouloir nous faire porter le chapeau ! C'est assez clair ! C'est évident que tout a toujours été de notre faute, puisque nous sommes « des sales gosses » ! Face à des parents qui « font tout très bien » !
Et si ce n'est pas le cas, c'est quand même toujours nous les gosses qui énervons l'entourage des grands !