82ème devoir de Lakevio du Goût
Mais pourquoi diable, sourit-elle ?
Je crois que je le sais.
Je n’y ai pensé que récemment mais ça me tracassait depuis si longtemps.
Et vous, d’après vous ?
Pourquoi Lisa Gherardini a-t-elle cette amorce de sourire, retenu, si mystérieux que la question de la raison de ce sourire naissant traverse les siècles depuis la Renaissance ?
Alors à lundi pour partager vos supputations...
La Joconde se confie
Après tout ce temps, et toute la flotte qui a coulé sous le pont qu'il a dessiné derrière mon épaule gauche, je peux bien vous dire ce qu'il en fut de ce portrait.
Sacré Léonard !
Si vous saviez !
Enfin bref, j'ai quasiment fait le serment que je ne dirai rien ! Mais je n'en pense pas moins. La différence est qu'en ce temps-là, nous les femmes, nous taisions, c'est pour cela que j'ai les lèvres pincées. Tout le monde pense que c'est un sourire énigmatique, mais non : je fais la gueule !
Léonard, je l'aimais bien. Et même plus encore. Le « bien » est de trop, je l'emploie par bienséance d'autant que je ne voudrais surtout pas qu'un seul « je t'aime mon Léo chéri » puisse parvenir jusqu'aux oreilles de mon père. Ce serait la catastrophe des catastrophes. Bannie, serait mon sort.
Ce chouette barbu me faisait rigoler tout le temps. Et je devais me forcer pour ne pas m'esclaffer bouche grande ouverte. Je lui disais :
— Arrête, Léo, arrête de ma faire rigoler avec tes blagues, tu me donnes envie de faire pipi ! Je ne vais plus pouvoir me retenir et puis tu me racontes des trucs, que normalement on n'explique pas à une jeune fille de bonne famille comme moi qui a encore toute sa virginité. Enfin, c'est ce que croit papa. Et j'ose à peine évoquer ce que tu me fais avec tes pinceaux… quand… enfin bref… tu sais bien…
Ce que je trouve génial, c'est comment tu as symbolisé nos ébats derrière moi sur le tableau. Cette sorte de serpent qui va jusqu'à la flotte pour se répandre, et ces collines érigées comme des éclaboussures d'amour. Sans compter cette terre rouge à gauche du tableau, à hauteur de mes seins, qui symbolisent… enfin, nous deux, on sait de quoi il s'agit.
Sacré Léonard !
Tu sais, je suis sûr que plus tard on écrira des tas de choses totalement erronées concernant nous deux. De savants spécialistes inventeront toutes sortent de théories sophistiquées pour faire mousser leur ego. Tu vas voir je suis presque convaincue qu'on va finir un jour ou l'autre par nous fourguer dans un musée où on va mourir d'ennui. Alors que dans ton atelier : on rigole comme des baleines de corset, avant que, nue dans tes bras… nous....
Vous ne me croyez pas ?
Vous avez tort, la preuve, j'ai encore une mouture qu'il avait faite où je me marre à pleines dents. Heureusement je l'ai dissuadé de montrer ce projet à mon père, Léo n'aurait jamais été payé ! Et franchement, je l'aime tellement mon Léo, que cela aurait été bien dommage pour lui.
Tenez je vous montre ce projet :


EXCELLENT ! EXCELLENT !!!!
RépondreSupprimerBon, je sais, comme comm c'est léger !!!
J'essaie pourtant d'utiliser un qualificatif qui exprime le fond de ma pensée !
en tout cas tu donnes une explication à la question que tout le monde se pose : il existe donc bien une "Mona Vanna" préparatoire à cette oeuvre mondialement connue !
Merci, Ambre.
SupprimerDepuis le temps, Mona a fait couler plus d'encre que de pigments sur la toile !
Que voilà un regard sur Mona Lisa et Leonardo da Vinci autrement vivant que ce qu'on en a appris à l'école.
RépondreSupprimerHeureusement, on finit par sortir de l'épreuve.
Ça c'est sympa et nous montre que les peintres et les modèles, ça a souvent été des histoires de jeux amoureux.
Les peintres ont eu leurs muses !
SupprimerLéonard sans doute eut ses museaux…
cela dit rien n'empêche de lui inventer toutes les situations et positions.
Donc, il mangeait à tous les râteliers, il aimait les hommes et les femmes, sacré gourmand.
RépondreSupprimerLa gourmandise est une grande qualité artistique !
SupprimerTiens, on a utilisé les mêmes images...sans le savoir ! :-)
RépondreSupprimerLe sourire franc qui remplace le sourire esquissé...
il y a moins de mystère, mais plus de gaieté...
Le peintre qui couche avec son modèle...ça arrive ??? ;-)
Mais la miss, moi, excuse-moi, je ne l'ai jamais trouvé affriolante...
Un peu "austère", la Lisa, non ?
Enfin, il y a en a qui aiment...
ou alors c'était une façon de rassurer le papa ? :-)
Que veux-tu, chère Licorne, tous les dégoûts sont dans la nature !
SupprimerMais tu as raison le terme « affriolante » ne lui convient guère…
reste que nul ne sait tout ce qu'il se peut passer en alcôve.
Sacré Léonard, il savait jouer du pinceau, cet homme-là.
RépondreSupprimerIl était même multi jeux !
SupprimerSourit-elle, en réalité? C'est bien là que réside tout le mystère... Reste que je doute, au vu de l'époque, qu'elle ait été en mesure d'afficher un râtelier aussi parfait ;-)
RépondreSupprimerEn tout cas, le texte est truculent :-)
Il était certainement recommandé de rester bouche fermée.
SupprimerQuestion d'hygiène et de prudence…
quand à sa moue, elle a le mérite d'éteindre son regard.
Et si tu disais la vérité.............qui sait on peut l'envisager, mais raconté à ta manière c'est génialissime, je préfère quand elle ne sourit pas cela dit. Bravo
RépondreSupprimerJe dis toujours la vérité qui est la mienne ;-)
Supprimerqui plus est je la dis très bien !
Et enfin je suis particulièrement modeste !
:-)
Rien de pire que de ne pas tenir son serment ! Je vous laisse imaginer la vie qui sera la vôtre dans les jours à venir, chère Joconde. Ah non, vous ne rirez plus comme des "baleines de corset". Enfin, au moins, vous avez ri en écrivant et vous nous avez fait rire ;)
RépondreSupprimerHé oui pauvre Joconde !
SupprimerFini les vacances, le Louvre réouvre : va falloir reprendre le turbin !
Sourire sans sourire tout en souriant… un job de ouf !
Ma Mona chérie
RépondreSupprimerComme tu es belle quand tu souris...Comme je t'aime malgré notre différence d'âge, et le fait que je préfère les garçons...Ta peau fraîche comme celle d'un éphèbe a tout pour me plaire. Et puis au diable les conventions...Ne dit-on pas que je suis un génie universel ?
Ton père ? Il ne saura jamais rien de nos ébats, ni de la façon dont je dessine tes moindres recoins avec mon pinceau. Que connaît-il à l'art, ce marchand ?
Avec tout mon amour
Ton Léo
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Arrête de me faire du gringue, Léo
Supprimertu as bien vu qu'avec moi tu ne tiens pas la distance
on aura quand même essayé ! Au moins j'aurais mon portrait en souvenir.
Mais moi aussi je t'aime, Léo, mais comment dire, désormais ce sera d'un sourire platonique.
Ta Mona Lisa lassée
Ah ! Amore mio ! tu me trucides !
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Sans sourire, puis avec le sourire... une photo "avant" et une photo "après", alors "pendant" on n'en sait rien, décidément le mystère n'est pas entièrement résolu ;-)
RépondreSupprimerIl paraît qu'il aurait quand même eu le temps de peindre un portrait « juste avant le pendant »
Supprimerc'est ICI : Mona Vanna
A cette époque, on ne portait pas encore le masque !!
RépondreSupprimerC'est peut-être bien dommage finalement !…
Supprimer:-)
premier tableau = avant....2ème tableau = après ! :)
RépondreSupprimerSemble-t-il qu'on disposerait aussi du « pendant »
Supprimervoir ma réponse au commentaire de Praline.
Un sourire est doué de pouvoir. Celui de ta Joconde m'a bien fait rire :-)
RépondreSupprimerEt ainsi donc tu as augmenté ton pouvoir !
Supprimer:)
J'aime beaucoup le sourire de ta Joconde, il me semble plus vrai que celui pourtant célèbre auquel on est habitué mais qui tout de même me paraît un peu coincé
RépondreSupprimerMa Joconde est sponsorisée par « Parogencil »
Supprimeret son célèbre slogan :
Si tu pars au Gencil
entre tes dents n'oublie pas le persil
;-)
mdr !
SupprimerMDR !!!
SupprimerEn fait, le sourire de la Joconde est très intéressant.
RépondreSupprimerLe sourire avait disparu des représentation picturales du Moyen-âge. Leonardo est, avec Antonello da Messina, celui qui va le réhabiliter. Bien que timidement.
Au XVI° et longtemps après, le sourire n'est pas bienséant car on considère qu'il est la manifestation d'une émotion. Et la règle sociale de l'époque veut que l'on sache se contenir, se maîtriser, cacher ses émotions. Le sourire est le signe que l'on n'a pas d'emprise sur soi. Pas bien !
La Joconde est un tableau de commande qui devait célébrer la maternité doublement masculine de Monalisa jeune maman d'une 20taine d'année. Mais le plus curieux, c'est que Leonardo lui a fait les sourcils épilés, ce qui était la marque des courtisanes... ce qui contribue à rendre ce tableau encore plus énigmatique.
Certains pense que si Leonardo l'a gardé toute sa vie, c'est en partie parce que monsieur Joconde ne l'aurait pas accepté. Une gonzesse qui sourit et qui est épilée comme une péripatéticienne, non, décidément, ça le fait pas du tout.
Il y avait un peintre hollandais, Frantz Haals (ou Hals ?) qui peignait volontiers des sourires... mais lorsqu'il représentait des bohémiens, prostituées, gens du peuple et autres racailles.
Bref à l'époque le sourire était presque antisocial et une marque de la criminalité !
Merci beaucoup pour ce commentaire très intéressant et documenté.
SupprimerJe ne m'étais jamais posé la question : pourquoi Leonardo l'avait toujours en sa possession ? La thèse est très intéressante.
J'élargis : on ne fait plus guère de portraits aujourd'hui. On fait des selfies ! Qui pourrait bien avoir l'idée totalement farfelue et incongrue de faire un selfie sans sourire largement et ainsi tenter d'étaler un bonheur factice, dans un environnement de félicité ?