Très longtemps je fus un solitaire ou plus exactement un isolé contre son gré. L'histoire de ma naissance, de mon enfance et de ma jeunesse débutante témoigne de cela. C'est un état de fait. « On m'a tenu à l'écart », sans méchanceté, plutôt par inconscience. Celui qu'on désirait sans l'attendre. Qu'on espérait encore sans y croire. Et voilà qu'il s'est pointé. La tuile ! Le petit dernier qui encombre partout. Qui prend trop de place même s'il se fait minuscule, ça ne fonctionne pas. S'il se fait envahissant, c'est-à-dire s'il réclame tout simplement sa place légitime, la répression s'abat aussitôt.
Débrouille toi tout seul !
Que faire ? : plein de maladies ? Un truc qui devrait fonctionner quand même ! Une mère, même si elle ne sait pas être une maman, devrait y être un minimum sensible, non ?
Ce sera non ! Malgré de nombreuses maladies dites infantiles, ce sera non.
Alors il faut frapper fort : une paralysie générale, ça va obliger quand même ! Oui, et non… on ne va pas le garder à la maison. Direction le centre de rééducation. Tranquille pour trois ans.
Cependant ce sera le début de la bienfaisance.
La vie commence à 12 ans, vieux motard que jamais !
La vie commence lorsqu'on fait la découverte majeure que pour "être", il est totalement indispensable « d'être avec ». Seul c'est la mort. J'en ai fait l'expérience, je l'ai décrite ailleurs. Allez jusqu'au bord de la mort pour découvrir que là il n'y a pas de vie et qu'il faut revenir vers celle-ci. (Oui je sais c'est idiot de dire que dans la mort il n'y a pas de vie… et pourtant… réfléchissez à cette phrase…)
Alors s'en vient l'expérimentation que de l'acceptation de la dépendance d'autrui permet progressivement de devenir libre et autonome en même temps que sans cesse relié aux autres et aux interactions bénéfiques avec ou pour eux. Merveilleux programme d'apprentissage que jamais je n'ai oublié, même si parfois on déraille à cause de « l'ancienne vie néfaste ».
J'ai écrit ce texte parce qu'aujourd'hui, il y a quelques instants, j'ai fait de nouveaux une petite expérience de cette bienfaisance d'autrui. Ça s'est passé au téléphone, ça semble banal. Un échange sur un embarras pour moi dans lequel je m'enfonçais seul parce que « tu dois toujours te débrouiller tout seul ». La voix chaleureuse au téléphone et les mots qui apaisent. La compétence, le réalisme qui rassure sur la manière de résoudre. Et comment la personne va interagir. L'issue envisagée me sortira d'une entrave, voire d'une impasse.
Parfois je suis un imbécile avec tendance à toujours vouloir trouver par moi-même. Ce n'est même pas de l'orgueil, ni de la vanité, ni un désir de reconnaissance exacerbé, ni des choses de ce genre. C'est comme un vieil impératif qui revient imposer sa connerie. « Tu dois impérativement toujours te débrouiller tout seul, sans l'aide de personne, c'est comme ça la vie d'un *grand garçon*».
La voix de la mère qui n'a jamais su être maman. Le commandement qui la soulage inconsciemment et tristement : Ce fils tardif doit commencer à devenir autonome dès le berceau et définitivement pour ne plus m'encombrer. (Ma mère se vantait quelle arrivait à positionner mon biberon dans mon berceau de telle sorte que je buvais tout seul et qu'elle pouvait retourner travailler quelques instants. De toute façon si je m'étranglai elle entendrait !. [Témoignage bien plus tard de l'amie d'enfance de ma mère qui reconnût que tout cela n'était quand même pas normal !] - Dont acte )
Pauvre femme enlisée « avec tout ça » dont je n'étais qu'un élément… pauvre femme !
Alors oui, je suis un imbécile quand je me laisse reprendre par cette hérésie dont je me sens pourtant libéré émotionnellement pour la plus grande partie. Mais le mauvais fonctionnement ressurgit parfois, comme un faux pli sur une chemise qu'on n'arrive jamais à supprimer malgré le repassage, malgré tous nos efforts. Il n'empêche, la chemise demeure digne d'être portée comme telle.
C'est sans doute pour toutes ces raisons que je suis sans cesse habité par l'infinie gratitude que j'éprouve envers bien des personnes qui m'ont « appris à vivre la vie véritable » au long de mon parcours. Et c'est toujours vrai. J'ai écrit « Le passage se crée » pour en témoigner de manière littéraire. Mais ce livre n'est jamais que la surface limpide d'une profondeur qui s'aperçoit peut-être çà et là entre les lignes.

Commentaire de AUBEPINE
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Cher Alain,
Ce billet particulièrement bouleversant provoque chez moi une émotion
forte, violente. On peut ne pas connaître les gens et les apprécier, les
aimer, au travers d'une correspondance intime et anonyme.
"Dans la mort il n'y a pas de vie"...
Je crois que la mort vit, revit, dans le cœur de l'autre ; et la mort meurt
lorsque le cœur de l'autre cesse de battre. Combien d'entre nous savent
vivre la vie véritable ?
Chaleureusement.
Je ne peux que souligner la justesse du propos… par expérience…
Supprimeralors que dire qui ne soit pas paraphrase…
j'aime à dire que les relations sont éternelles. Comme une présence permanente en soi hors du temps qui s'écoule et l'espace.
Alors merci pour ce beau commentaire.
Bonsoir Alain.
RépondreSupprimerTon billet de vieux motard que jamais (sans se presser) est pour moi assi drôle que touchant.
Dans quelques traits, je me retrouve. Mais il y a un seul dont je suis peu fière : de ne pas toujours me débrouiller tout seule :)
Merci pour ce beau texte si personnel ; tu as le don de raconter les choses graves sans pleurer.
Bise amicale.
Peut-être qu'on peut raconter des choses graves sans pleurer lorsqu'on les a suffisamment pleurées auparavant…
SupprimerLe problème de « se débrouiller tout/e seul/e » c'est quand on en a fait un absolu et qu'on pense qu'il devrait en être ainsi toujours et en toutes circonstances. Si c'est ça, l'amour est totalement inutile sur terre… ! ;-)
Sauf pour le motard qui n'a besoin de personne en Harley-Davidson… bon d'accord, il reste l'amour de la moto ! Un amour pétaradant…
bises aussi.
La vie. L'amour. L'amour qui n'est que vie, attachement viscéral à la vie. L'amour qui fait la vie vraie, pleine, totale. Même si douleurs, chagrins sont là, tapis, tenaces... Nous souffrons mais la vie est là, partout, et sa beauté, dans tout ce que nous percevons autour de nous. La vie, l'amour qui viennent aussi, d'abord d'autrui. Il y a les parents biologiques, ceux qui vous donnent la vie, et puis il y a les souffleurs de vie, ceux qui vous donnent le souffle, l'amour de la vie, de sa temporalité. Ce ne sont pas forcément les mêmes. Ce qui comptent, c'est de les rencontrer. Tu as eu cette chance, et tu la rends bien. En leur rendant hommage, et en nous partageant cet hommage.
RépondreSupprimer♥♥♥
"ce qui compte"... évidemment...
SupprimerTu as raison, la vie sans amour n'est pas la Vie. Les parents, biologiques ou non, le sont vraiment s'ils sont ce que tu exprimes dans cette belle expression « des souffleurs de vie ». Je pense avoir eu cette chance au long de mon parcours. Mais peut-être aussi d'avoir su saisir les chances et les bonnes personnes qui se présentaient ou d'être allé au-devant d'elles. Attendre que sa chance passe est une passivité et ce n'est pas la bonne attitude. Être proactif comme on dit actuellement.… Même en amour…
SupprimerIl me semble bien que tu es une femme souffleuse de vie, sans cesse en quête de faire triompher la vie, de la susciter, de l'insuffler. Bisous doux.
Si nous avions été aimés tels que nous étions au départ, nous n'aurions pas eu à quémander l'amour, nous n'aurions pas eu à développer un personnage qui tentait de s'adapter aux attentes des autres pour être aimé, pour survivre bien souvent. Un personnage qui nous colle à la peau par la suite et que nous devons déconstruire pour regarder derrière qui nous sommes vraiment. Le Alain que moi je connais, celui que j'aime, est plein de sagesse, de grandeur, de talent. Celui là est Réel pour moi. L'autre qui a traversé tant de difficulté me semble avoir été temporaire et un tremplin peut être pour délivrer le Vrai, l'immense "Je suis" que nous sommes tous. kéa
RépondreSupprimerAh oui ! la bienfaisance d'autrui. Sans ces personnes qui m'ont donné accès à une deuxième naissance, qui m'ont montré l'accès à qui je suis vraiment, jamais je n'aurais trouvé par moi-même. La vie est ainsi construite que l'on ait besoin des autres et c'est excellent comme ça. Me myself and I, ça n'existe pas. kéa
SupprimerQuémander pour survivre en raison de carences affectives à la base, voilà en effet le grand drame d'un certain nombre. Il entraîne ce que tu développes ici.
SupprimerIl faut briser avec cela (briser = engager un travail sur soi) pour que puisse naître une nouvelle lignée qui ne reproduira pas les erreurs graves et les enchaînements du passé. Ce fut une des grandes motivations pour moi, et pour mes engagements au service d'autrui. Arrêter le massacre de l'innocence ! Et je me plais à souligner les progrès, peut-être ténus, mais de bonnes graines sont semées aussi, plus qu'on ne pense, car seules les mauvaises font l'actualité.
Alors je demeure dans l'espérance, surtout lorsque je vois de belles jeunes personnalités bien plus équilibrées que moi à leur âge, surgir dans ma descendance et c'est ma plus grande réjouissance.
Merci pour ce que tu dis à mon sujet. Ça me touche beaucoup, car je sais qui tu es une femme de vérité et d'amour. Il y a longtemps que pour moi tes paroles sont nourriture.
Touchant ton texte...
RépondreSupprimerManoudanslaforet
Ps: je ne peux écrire que en anonyme ????
Merci de te laisser toucher.
SupprimerObligée d'écrire en anonyme ?? Alors que tu es toi-même sur blogspot.… Décidément ce système de commentaires a bien des défaillances…
ton témoignage me touche beaucoup....Je viendrai le relire.... GAZOU
RépondreSupprimerPuisse la relecture t'être bénéfique
SupprimerTémoignage très interessant. S'autoriser à être malade... Accepter de bon coeur l'aide d'autrui :-) Trouver des solutions de compensation si possible. Ne pas essayer d'en faire trop, ne pas se maltraiter. Vous êtes dans cet état, c'est comme ça et pas autrement. Et la vie peut même être parfois très agréable.
RépondreSupprimerProbablement que ce qui m'a beaucoup aidé, c'est ce que tu dis sur « accepter vraiment » (même si ce n'est pas toujours de bon cœur !…) l'état dans lequel on se trouve et les événements qui s'imposent à nous. Accepter n'est pas se résigner, c'est tout l'inverse. Sans acceptation préalable de ce qui est on ne trouve aucune solution pour que change ce qui peut l'être.
SupprimerNe pas accepter la réalité c'est déjà se maltraiter. L'accueillir permet de cueillir ses forces personnelles encore disponibles. Plus qu'une croyance c'est mon expérience.
Grand merci pour ce commentaire.
Ca c'est sûr, accepter les évènements qui s'imposent à nous !... Loin d'être facile. La descente aux enfers parfois. Et puis je me dis on verra bien, quand ce sera la fin ce sera la fin et tant que ce n'est pas la fin ce n'est pas la fin ! Bref quelle galère le corps physique ! ;-) Que l'on me greffe des ailes !
SupprimerNon, l'acceptation n'est pas facile ! Suvent elle demande du temps et aussi une présence bienveillante et compréhensive. À défaut, faudrait essayer de s'accueillir soi-même.
SupprimerTous mes vœux pour retrouver des ailes qui portent le corps physique !
Ton billet me rappelle Saint-Exupéry : "Il n'est qu'un luxe véritable, et c'est celui des relations humaines."
RépondreSupprimerQuelle belle citation tu as su trouver… merci !
SupprimerAller vers les gens bienveillants et fuir les gens toxiques. J'essaie, mais ce n'est pas toujours facile lorsque les gens toxiques font partie de ta famille, et que, malgré tout, je les aime...
RépondreSupprimerTon billet me parle, Alain. J'aurais aimé rencontrer des personnes qui me poussent, qui me motivent dans mes choix. J'en ai rencontré bien sûr, mais j'aurais aimé les rencontrer lorsque j'étais jeune et que je manquais alors de confiance en moi, ce manque de confiance qui m'a fermé finalement pas mal de portes. Mais bon, je me dis des fois que je ne m'en suis pas trop mal sortie finalement... (sourire) Bel après-midi, Alain.
Je comprends bien ce que tu dis, pour ce qui est de rencontrer les bonnes personnes au temps de sa jeunesse. Finalement, dans mon épreuve à 12 ans il se fait que j'ai commencé à rencontrer les bonnes personnes qui ont cru en moi et que je pouvais m'en sortir et remarcher. Le centre où je suis allé venait d'ouvrir. Il était pionnier vis-à-vis des polios. Je n'ai réalisé tout cela que bien plus tardivement. Et au final j'ai le sentiment que je m'en suis quand même très honorablement sorti et donc je ne regrette rien.
SupprimerMais quant à toi, tu as aussi accompli une belle vie qui continue. Tu es une femme tournée vers les autres et qui désire le bien des gens. C'est remarquable.
Moi qui ai eu une famille formidable je ne comprend pas que l'on ne soit pas soutenu par sa f
RépondreSupprimerPardon je continue, ne pas être soutenu et aimé par sa famille, sa maman, cela est pour moi incompréhensible. Que se passe-t-il dans la tête d'un proche qui vous rejette, alors oui l'amitié et l'humanité rencontrée a un prix inestimable ! Aimons nous les uns les autres...
RépondreSupprimerMa mère manifestait de l'amour pour moi… mais à sa manière… qui n'était pas la bonne. J'ai évoqué ailleurs le pourquoi du comment de sa maladie mentale. J'en ai souffert, travaillé sur moi, ce qui m'a permis d'évacuer les souffrances et la réhabiliter en moi.
SupprimerDans l'amour partagé d'une manière large entre gens de bonne volonté, l'humanité progresse.
Chaque fois que je lis tes confidences, que tu nous délivres avec pudeur mais avec un fond de souffrance, je suis terriblement touchée , non pas que je ne connaisse pas ces sentiments que j'ai vécu également mais que l'on cache aux autres en riant pour ne pas montrer un coeur qui saigne, mais lorsque je lis ces billets je ne peux m'empecher de penser aussi aux enfants que j'ai élevé et qui devaient se débattre au milieu d'autant de souffrance.
RépondreSupprimerAlors je crois avoir compris, de part tes textes que ta compagne est quelqu'un de génial et qu'elle a su et te donnes toujours le bonheur que tu mérites j'en suis ravie pour toi.
Je te connais peu mais j'admire ta force de caractère et sache que à ta manière tu me donnes beaucoup de courage et d'envie d'avancer que ce soit par tes billets ou tes commentaires, tu es aussi une main tendue.
Ton commentaire me touche.
SupprimerToi aussi tu es une main tendue vers tous ces enfants que tu as accueillis et qui se débattaient dans des souffrances infligées.
Si force il y a, elle s'enracine dans nos profondeurs donnée pour servir, créer, faire un peu de bien, tendre la main en effet. Et finalement en être heureux.
Oui, ma compagne de vie est une femme étonnante d'humanité. On ne s'est pas rencontrés par hasard. Il y a une intelligence de la vie qui nous guide dans l'extraordinaire respect de notre choix de conscience. C'est pour moi un enseignement de l'existence très étonnant.
Coucou. J'ai été éduquée avec cette grande idée qu'il fallait se débrouiller toute seule. Pour beaucoup de choses. Aujourd'hui, dans mon travail, je dis toujours aux gens que j'accompagne qu'il n'y a aucune honte/culpabilité à avoir à admettre que parfois, il est bon d'être entouré pour avancer. Bises alpines.
RépondreSupprimerTes conseils aux gens que tu accompagnes sont judicieux.
SupprimerBien sûr l'éducation vise à l'autonomie. Mais les apprentissages guidés sont là pour cela. Et puis l'autonomie ne veut pas dire se débrouiller seul/e en toutes circonstances… alors oui il faut être entouré pour avancer et ce sont des synergies bénéfiques pour tous.… Si on sait s'y prendre, bien entendu…
merci pour ton commentaire.
C'est quoi "une bonne mère" ?
RépondreSupprimerCelle qui apprend à partager ?
Celle qui n'apprend pas à partager ?
Celle qui apprend à ne pas partager ?
Celle qui apprend à se débrouiller seul ?
Celle qui te laisse te débrouiller seul ?
Celle qui t'aide sans faire les choses à ta place ?
Celle qui t'apprend qu'on doit parfois faire appel à de l'aide.
Celle qui t'apprend à éviter la solitude et t'enseigne la solidarité.
Bref... Qu'on n'est pas seul au monde.
Une bonne mère c'est sans doute celle vis-à-vis de laquelle on finira par mettre ce qualificatif de « bonne » parce qu'on le ressentira ainsi peut-être un jour… quel que soit tout ce qui a pu se passer ou ne pas se passer…
Supprimerde dire un jour : elle ne fut pas si mauvaise » c'est peut-être une avancée vers cela…
Une bonne mère, c'est celle a qui on a pardonné...
SupprimerUne qui finalement fait que tu te poses la question alors que ça ne sert plus à rien ;-)
Les autres peuvent prfois être importants. Il y a notamment dans la vie des rencontres qu'il ne faut pas louper et qui peuvent donner de sacrés coups de pouce
RépondreSupprimerQui êtes-vous cher/e anonyme… ?
SupprimerMerci Alain pour ce beau texte bien vrai .J'ai eu beaucoup de chances dans ma vie: une bonne mère , un bon père sauf si parfois son autorité me faisait un peu peur . J'ai rencontré des hommes précieux qui m'ont enrichie. ( ils sont morts maintenant mais ils me nourrissent encore) et puis surtout mon mari et mes enfants pour qui j'aime vivre . Non moi je ne sais pas me débrouiller toute seule j'ai besoin des autres et surtout maintenant parce qu'avec l'âge, des problèmes de santé surgissent ...
RépondreSupprimerQuand on a pas une bonne mère, la vie propose des « mères de substitution », certes ce n'est pas pareil, quoi que dans mon cas ce fut bien meilleur !
SupprimerMon texte est essentiellement centré sur « les bonnes personnes » qui nous furent bienfaisantes. Tout comme toi j'en ai croisé de nombreuses qui m'ont permis d'être qui je suis.
Un texte qui nous fait réfléchir, nous les anciens enfants ou nous les parents !
RépondreSupprimerAllez jusqu'au bord de la mort... eh oui la falaise de la vie est dangereuse parfois.
L'histoire du biberon calé dans le berceau m'a presque fait pleurer. Merde me suis-je dit,
dur de se confronter à se bloc là, bébé !
Oui, "les faux plis" sont difficiles à repasser...
Beau passage que celui que vous vous êtes créé !
Merci, j'aime beaucoup votre commentaire. Je retiens entre autres « la falaise de la vie est parfois dangereuse ». Heureusement il y a « quelqu'un/e » qui viens avec assistance (avec insistance ?) vous tirer loin du précipice. Et vous montrez qu'ailleurs il y a… le Passage…
SupprimerMa mère n'était pas une bonne mère, je lui ai pardonné à sa mort sans jamais oublier qu'elle m'avait laissée à mon père, elle est revenue parce qu'elle était enceinte de ma soeur, soeur que mon père a acceptée.
RépondreSupprimerL'annonce de la mort de ma mère a provoqué en moi un immense soulagement, un grand « ouf ! ». Le pardon est venu beaucoup plus tard… il aura fallu apprendre et comprendre bien des choses que j'ignorais de son vivant… notamment tout ce qu'on m'avait caché.
SupprimerJe suis très touchée par ton texte..Tu expliques ,... avec lucidité et sans larmoyer, ce que fut ton enfance...Merci pour ton authenticité
RépondreSupprimerMerci, Gazou
Supprimerce commentaire n'est pas anonyme, c'est gazou
RépondreSupprimerTon texte parle de ce qui est important dans la vie: je sais ce que c'est d'être éduqué comme si on était autonome et comme si l'on pouvait se débrouiller tout seul comme un grand !
RépondreSupprimerBen non , un enfant n'est pas autonome , il a besoin d'amour , d'une identité claire , de soutien , il a besoin d'être entouré, d'être aimé, d'être apprécié . Chez les crocodiles le petit sort de l'oeuf autonome mais pas chez les humains .
"Ne pas accepter la réalité c'est déjà se maltraiter" , tu as raison, mais parfois elle est un peu difficile à accepter, psychologues , psychanalystes travaillent afin d'arrondir les angles des pilules trop difficiles à avaler.
Tu dis juste. Éduquer c'est l'apprentissage de cette avancée vers l'autonomie en satisfaisant de manière ajustée les besoins que tu cites qui permettront la conscience et le développement de tout le potentiel en germe dans l'enfant qui pousse et s'agrandit à mesure d'une éducation réussie.
SupprimerDevenu adulte pour savoir « accepter la réalité » c'est aussi un apprentissage auprès de personnes qualifiées pour cela, elles peuvent être professionnelles, mais pas forcément. Il y a des gens doués naturellement aussi pour cela, et c'est tant mieux.
Merci de venir commenter.
Tristesse d'une mère qui ne peut pas, qui ne sait pas, qui est incapable d'ouvrir grand ses bras.... (à se demander : qui a su l'aimer, la protéger, l'accepter ?)
RépondreSupprimerEt puis : Il y a ce corollaire au fait de réaliser qu'on a besoin de l'Autre : oser demander et par conséquent oser essuyer un refus. Cela peut paraître simple, évident : un refus n'est jamais qu'un refus et on peut s'adresser ailleurs, demander plus loin, autrement. Il n'empêche que, si on n'accepte pas cette éventualité, si on n'ose pas demander, alors on pourrait en venir peu à peu à se persuader qu'on peut y arriver tout seul, qu'on n'a pas besoin d'appui extérieur. Que d'isolement, quand on y pense, causé par la peur du rejet! Tant de gens blessés par un rejet initial, qui ne peuvent plus demander! Heureusement, ton billet dit le contraire à ton sujet. Tu as su trouver les personnes qui t'accepteraient et t'aideraient! Merci pour ce partage.
Une mère aux drames successifs. Un livre entier suffirait-il à les énumérer ?
SupprimerQuand on demande, le refus occasionnel peut s'expliquer par des circonstances. Quand le refus est systématique 9 fois sur 10, on se doit de comprendre que toute demande est interdite. Surtout si on ajoute un unique grand frère boutonneux et moqueur qui vous rejette aussi : vous êtes venu tardivement déranger un ordre bien établi. On en déduit que toute demande exprime un refus délibéré d'aimer. Il va falloir « tout faire et tout apprendre tout seul » pour une survie tolérée. Comme tu le dis il convient de se persuader que ça doit être possible… jusqu'à ce que… on finisse à l'hôpital…
C'est bizarre à dire mais c'est seulement alors qu'on se met à vivre… en frôlant la mort… parce qu'apparaissent dans le paysage certains soignants qui accueillent (aiment ?) et vivent avec passion. C'est un nouveau départ qui ne fera que s'étendre avec toute la gratitude afférente.
Merci pour ce commentaire éclairant et très juste.