Pages

lundi 20 juin 2022

Le songe d'une nuit d'été identitaire

 


128ème Devoir de Lakevio du Goût





Justement, en cherchant quelque chose dans le foutoir de photos de mon PC, j’ai vu quelque chose.
Une photo que j’ai prise en 2018 du côté de la rue du Faubourg Montmartre.
Elle m’avait frappé car elle posait une question que je m’étais déjà posée il y a bien longtemps.
Ah oui… Que diriez-vous d’y mettre les neuf mots suivants ?

Ciels - Enfer -Tomenteux - Quiddité - Abricot - Climat - Nuages - Tempête - Chaleur

Qu’en pensez-vous ? Bah… On verra ça lundi…







Le songe d'une nuit d'été identitaire


Dominique va régulièrement entendre pousser la chansonnette le soir au fond des bois de Boulogne. Sauf bien entendu les nuits de tempête. C'est une expérience nécessaire à sa quête identitaire. Elle nécessite patience, recherche et attention.

À moins qu'il ne lui faille aller écouter  dans la chaleur bienfaisante de cabarets obscurs et  équivoques des chansons d'amours inadéquates, interdites et censurées par un pouvoir oppresseur. Là, tous sont subjugués par les effets psychédéliques des lumières, les débordements des sons et les vapeurs qui sortent des boîtes à fumées et se répandent au ras-du-sol. Les nuages  de fumée y demeurent alors qu'ils devraient monter vers les ciels peints aux plafonds des théâtres et salles prestigieuses.Ces tromperies et artifices vous arnaquent.  Au ciel pur et bleu de l'extérieur, ce monde-là préfère l'enfermement dans ces lieux illusoires. Regarder le plancher de la scène, se laisser prendre par le climat artificiel de cette fausse joie débridée. Lentement et sans s'en apercevoir on finit par se retrouver en enfer. Celui de sa solitude.


Heureusement, grâce à la bénédiction d'un Boloss, voilà que se produit une rencontre fortuite à la sortie du bastringue. Dominique fait la connaissance  d'un sympathique et joli petit abricot tomenteux, particulièrement attirant et séducteur, qui va faire changer les perspectives en un instant. Voilà que surgit  dans l'univers de Dominique le fruit secrètement attendu d'un autre soi-même. Les métamorphoses sont parfois instantanées. En moins d'une seconde Dominique tombe éperdument en amour devant le fruit défendu, et par la magie des dieux, ce fut immédiatement réciproque et partagé.


Aussitôt s'engage une nouvelle vie, loin de tout ce à quoi on a pu accorder de l'importance. Une prise de conscience, la découverte de l'essence de sa propre personne, sa quiddité en quelque sorte. Ce qui fait être ce que l'on est. Comprendre cette arrivée à la croisée des chemins d'inversion. En route vers les abricotiers, à deux pas de l'abri côtier des destinées communes. Être comme adelphes.


20 commentaires:

  1. julie20/6/22

    Joli détournement du champ lexical (majoritaire) proposé, la canicule t'a épargné :)
    Bonne semaine Alain, bise.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est ma région que la canicule a épargnée ! De ce fait j'ai dû quand même agiter quelques neurones pour réchauffer mon cerveau…

      Supprimer
  2. On vient ici aussi pour le vocabulaire. Deux mots de plus dans ma besace !
    J'ai trouvé beaucoup de saveur à l'abricot tomenteux.

    La prochaine fois que j'irai à l'Abri côtier, (une charmante petite plage de Marseille en allant vers les Goudes) j'essayerai de voir où en sont les amours de Dominique dont le prénom évoque irrémédiablement cette moniale qui écrivit la chanson fameuse (Dominique nique nique...qu'elle innocence quand même !) dont elle ne tira aucun profit (ils appartenaient à l'ordre) et qui rêvant d'une autre destinée finit par quitter l'habit, se découvrit amoureuse d'abricots (tomenteux ou pas) ne connu jamais plus le succès et finit par se suicider....la découverte de sa quiddité, lui a ouvert des chemins bien plus tortueux que le calme et la quiétude du monastère.

    Bonne semaine à toi lointain ami !

    (PS : il ne m'est plus possible de commenter sur mon téléphone portable. La dernière mise à jour de blog spot n'a pas amélioré le service. Par exemple, après deux ou trois lignes, le commentaire disparaît, comment dire ? disons dessous la fenêtre où on écrit et on tape à l'aveugle, donc avec des fautes, puisque je regarde le clavier quand j'écris)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'Abri côtier, c'était le nom d'un troquet typique où on allait déconner avec quelques copains de jeunesse du côté de Calais qui était à l'époque encore un port florissant.
      Je n'ai pas pensé à cette sœur emblématique en choisissant Dominique, mais plutôt à l'ambiguïté du prénom. Destin tragique d'une pauvre exploitée par le système économico-religioso- mafioso proxénète.
      (Désolé pour ce système de commentaires encore plus mauvais que précédemment… espérons qu'il ont amélioré le truc, mais malheureusement pour cela il faudrait des informaticiens compétents… remarque, qu'à ses heures, CanalBlog c'est encore pire !)

      Supprimer
    2. Anonyme21/6/22

      Il est amusant de constater que toi tout au nord et moi tout au sud avons fréquenté un "abri côtier"
      Et oui Canalblog c'est pire. Je prendrai même ta proposition à l'envers, "à ses heures, canalblog fonctionne normalement" !

      Supprimer
    3. Zut, c'est Gier ci-dessus.

      Supprimer
  3. J'ai aussi pensé à Dominique en te lisant, le devoir du Goût n'était pas facile, tu t'en tire magistralement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Décidément cette bonne sœur laissera sa trace dans l'histoire pour longtemps !
      Merci pour le compliment, mais les consignes difficiles, ça à plutôt tendance à me booster !

      Supprimer
  4. Ah... Ce petit abricot si tentant...
    Belle histoire qui me rappelle que je n'utilise jamais le mot "adelphe".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un mot que j'utilise pour la première fois. Il faut un début à tout.

      Supprimer
  5. Commentaire de Aubépine
    -----------------------
    Beauté magistrale de ce billet...
    Juste le songe d'une nuit d'été... un rêve extraordinaire sous l'abri
    côtier.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Un petit défi sur un chemin de traverse…

      Supprimer
  6. Du vocabulaire que je ne connaissais pas, une rencontre inédite et des histoires d'abricots assez intéressantes, encore une fois je me suis laissée embarquée par ton billet. merci

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors, ça me plaît bien quand on se laisse embarquer et que l'imaginaire s'en débrouille ensuite… merci pour ton commentaire

      Supprimer
  7. Anonyme21/6/22

    Mon cher adelphe, la fin de ton texte m'a ramenée d'un seul coup à "1984". Frère, soeur, père, mère, femme enceinte, c'est quasiment blasphémer tellement c'est discriminatoire ! Et ces pauvres drag queen qui se dévouent maintenant dans les écoles,... c'est tellement inclusif ! kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est temps que je relise « 1984 » même si je n'en ai pas oublié l'essentiel. Nous traversons une époque singulièrement étrange et unique. En 40 ans j'ai l'impression d'avoir vécu au moins deux siècles d'évolution. Le psychisme humain sera-t-il encore longtemps capable de vivre sans dégâts une telle accélération exponentielle ? Ce ne sont pas des maisons de retraite dont il faut accélérer la construction, mais des hôpitaux psychiatriques

      Supprimer
  8. Grosse prise de conscience à la lecture de tes lignes : qui a dit que la lanque française s'appauvrit ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La langue s'enrichit… surtout la langue de bois d'ailleurs… c'est pour ça que les forêts s'appauvrissent…
      (bon j'arrête mes bêtises… et merci de ton passage)

      Supprimer
  9. Il faut quand même dire que les abricots c'est tentant ! je vais ce matin même en acheter un kilo que je vais porter au pot de départ d'une collègue .
    Bonne journée à toi, en espérant que les grêlons gros comme des balles de ping pong resteront enfin dans le ciel au lieu de venir tout casser sur notre jolie planète.
    l'Marco ( qui discrètement vient d'aller voir la signification de "adelphe", puis sur ma lancée celle de tomenteux: jadis on cherchait dans un dictionnaire, c'était ainsi au siècle dernier, mais l'Marco est branché modernité modernité , aujourd'hui on tape sur son téléphone et hop on a la réponse) .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah ! La modernité !… Sur mon engin électronique il suffit d'un clic sur le mot et hop le dictionnaire s'ouvre automatiquement et je tombe sur lui (sans me faire mal en plus)

      Supprimer

Les commentaires anonymes sont pris en considération uniquement s'ils sont signés.
Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas,
vous pouvez me l'adresser en utilisant le « formulaire de contact personnel » (voir dans la colonne de droite).
Je le publierai en votre nom.