Il arrive qu'en cherchant on trouve… ce qu'on ne cherchait pas. C'était hier, et ce matin encore.
Novembre ! Les vieux de la vieille encore fidèles à ce blog savent ce que le 11 novembre évoque pour moi. Ce sera bientôt. Je n'échappe pas à ce que revienne le souvenir précis Je pense à toutes celles et ceux qui ont vécu les heures terribles dans leur existence et à qui on a l'audace de dire :
— « Oublie ! Passe à autre chose bon sang ! »
… Les cons !
Alors donc je parcourais mes écritures des mois de novembre des premières années 2000 et même avant. Histoire de voir ce que je disais de « ça » à ces époques. Et puis finalement j'ai surtout lu d'autres choses de ce temps-là. Et j'ai retrouvé celui que je fus. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, pour parodier une citation célèbre. Et, (con moi-même probablement) je fus ému de me redécouvrir en quelque sorte. Je me suis vu dans une écriture plus vive, « plus jeune », plus acerbe parfois, mais aussi plus engagée, presque encore militante.
J'ai relu des textes dont je je me souvenais absolument pas. Comme s'ils furent écrits par quelqu'un d'autre. Phénomène curieux. Peut-être comme les prémices de la vieillesse. Une mémoire qui s'enfuit. C'est qui ce type qui a écrit ça ?. Ce n'est quand même pas moi ! Si ?
Est-ce que je m'affadis ?
Est-ce que je me retire sur l'Aventin ?
Bon, rien de nouveau sous la fine pluie qui tombe. J'ai déjà fait ce même constat. J'ai même dû en parler. Qu'importe, le temps coule vers la mer polluée.
Les falaises des authenticités anciennes s'écroulent.
Demain ne sera pas un autre jour. Hier était déjà le même.
Il va falloir s'y faire. Nous sommes en novembre. Le mois du basculement.
J'aurais tellement voulu QU'ILS m'aiment un peu…

Bonjour Alain, je vous ai retrouvé.... j'aime votre écriture. Moi aussi j'ai changé de lieu pour mettre mes tableaux, si vous me cherchez je suis sur Artmajeur j-ph verselin car j'ai plus de visibilité ;-) bonne continuation et à bientôt de lire vos commentaires sur mes tableaux. Amicalement Jean-Philippe
RépondreSupprimerJ'avais aussi perdu le chemin jusqu'à chez vous… voilà qui est rétabli.
SupprimerJe ne te lis pas depuis assez longtemps pour être une vieille de la vieille, mais je sais ce que signifie ce 11 novembre, qui fut près de moi, si près, un 4 mai 1998... De ton expérience racontée, partagée, je retiens ta force, le gouffre dans lequel tu es allé puiser cette force, et la nécessité de l'Autre, des autres. Je retiens cette expression si éclairante : ce "plus-que-soi-en-soi". Je sais ce dont tu parles, je le vis dans l'homme dont je partage les heures douloureuses, je le vis dans ma chair, dans mon cœur et dans mon âme. Et pourtant vous avez, lui et toi, des parcours si différents!
RépondreSupprimerC'est magnifique, et terrible. Mais ça donne foi en l'humanité. La seule foi qui vaille, celle qui remplit le cœur d'espoir. Comme un hymne à la vie.
Alors s'il te plaît, ne t'arrête pas. Parce que nous t'aimons. Parce que JE T'AIME.
Merci pour ce commentaire qui me touche profondément. J'en ai les yeux humides.
SupprimerJ'ai toujours une réjouissance particulière lorsque je ressens que mon expression « plus-que-soi-en-soi » correspond chez l'autre à de l'expérientiel, ce que je décèle ici. Oui, la foi en l'humanité sauvera chacun et chacune qui y croient et l'expérimentent. C'est la force énorme des éprouvé(e)s.
Alors je ne m'arrêterai pas, toi non plus, lui non plus. Et elle non plus qui partage mon existence.
Moi aussi je t'aime, je vous aime et tu le sais.
Ceux qui n'ont jamais écrit, eux, ne peuvent pas vraiment se souvenir de ce qu'ils furent ;) Vous avez donc une chance énorme, non ?
RépondreSupprimer"Hier était déjà le même" ... en partie, peut-être, mais l'écriture donne un canevas différent au quotidien...
C'est probablement une chance, en effet, d'entrer de plus en plus dans la conscience de qui on est de sa place dans l'Aventure humaine, essentiellement collective. Ça demande probablement rigueur et humilité.
SupprimerL'Écriture est une compagne totalement inséparable de moi.
Message reçu de Aubépine
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L'oubli du passé est impossible à moins d'être lobotomisé. Mais le vécu
d'hier ne pourra jamais ressembler à l'inconnu du lendemain,
car "l'inattendu" peut toujours survenir, nul ne peut connaître l'avenir.
Je te souhaite le meilleur, Alain, et sache que beaucoup t'aiment et plus
qu'un peu.
Tu as raison, le passé nous habite. Il peut se montrer enseignant pour ce qui va venir ou du moins ce qu'on espère qu'il viendra.
SupprimerEnsuite, oui, souhaitons-nous le meilleur, pour que l'inconnu le soit. C'est une belle manière de s'aimer.
Comme je te comprends ! - tiens, je ne sais pas si on se tutoyait - je ressens la même chose...Hier encore, moi-aussi, en cherchant un article écrit il y a quelques années, je me suis demandée si je n'avais pas atterri sur un autre blog...Je déteste me relire, sauf quand je suis en pleine écriture, pour corriger quelques fautes...Je suis étonnée de voir que "l'autre moi" se vexait pour un oui, pour un non pour des futilités. A une époque, je virais tout. Maintenant, bof, je m'en fous..
RépondreSupprimerNovembre, mois du souvenir, mois souvent peu aimé, dans l'attente du mois de décembre, plus festif...
Bon dimanche..
Tiens, mon com est passé comme une lettre à la poste, mais sans le nom...Julie ou Juliette comme on veut..
RépondreSupprimerEh bien, Julie ou Juliette, j'avoue que je ne sais pas très bien à qui je réponds. Le retour d'une ancienne blogueuse ? Alors on se tutoyait probablement…
Supprimeril se fait qu'il y a plusieurs « Julie » qui gravitent ici et ailleurs sans forcément référer à un blog précis.
Quoi qu'il en soit je vois que nous partageons les mêmes étonnements face à nos passés d'écriture.
Au plaisir d'en apprendre un peu plus.
"Les falaises des authenticités anciennes s'écroulent."
RépondreSupprimerCette phrase me ramène a mon vécu récent. Une partie de moi, celle que je trouvais la plus belle, s'est effondrée. Je ressuscite lentement avec l'arrière goût persistant de ce qui n'est plus que cendres. Très ébranlée encore. kéa
Je comprends bien chère Kéa, tu as toute ma sympathie et mon affection.
SupprimerEn proximité de cœur.
Merci d'évoquer qu'on n'est pas seul. Dans la reviviscence de l'épreuve on pourrait l'oublier. Dans celle que l'on peut traverser également.
RépondreSupprimerMaintenant, est-ce qu'on devient émoussé ? C'est une belle question. Peut-être entre-t-on dans une acuité toute différente, moins incisive, (encore que chez toi…), mais demeurant à même de percer là où c'est nécessaire pour assainir ce qui doit l'être.
Quoi qu'il en soit le repos automnal bienfaisant, mais non rendre, fait le plus grand bien
Oui, il est très bizarre de relire certains écrits, rédigés il y a bien longtemps. Nous avons parfois du mal à retrouver la personne que nous étions à cette époque. Mais en relisant nos "anciens" mots, en nous les réappropriant, nous retrouvons cette partie de nous, oubliée parfois car associée à des souvenirs, des personnes qui ne sont plus là. Nous retrouvons dans certains mots une personne blessée mais qui a su se relever et oublier, pardonner, et alors nous nous disons que rien n'est figé, rien n'est définitif, et cela donne de l'espoir.
RépondreSupprimerCette chanson d'Anne Vanderlove m'a toujours touchée, émue. Mon père l'écoutait souvent, l'aimait, et lorsque fin novembre arrive, arrive aussi le souvenir de mon frère, parti le 30 de ce mois il y aura 13 ans, cette chanson m'émeut encore plus...
Oui, François, c'est tout à fait ce que tu dis, on se voit dans une évolution, percevant « nos progrès » et nos évolutions, signes qu'on est des personnes vivantes et sans cesse en développement. Notamment sur ce que tu dis à propos de nos blessures qui furent gérées le mieux possible.
SupprimerJe comprends bien ton émotion à propos de ton père et de la chanson. Et ce frère que tu n'as pas oublié.
Merci pour ton commentaire.
Ce billet m'a intensément touchée.
RépondreSupprimerJ'ai toujours pensé que novembre, mois réputé "difficile", était certes pénible à vivre, mais aussi porteur de richesses immenses. Novembre est un tunnel, un mois exigeant, qui nous confronte à nous-mêmes. Il sait comme aucun autre ramener à nous le passé, nos douleurs, nos engagements.
Les souvenirs qui remontent peuvent nous rendre tristes ou du moins pensifs, mais ils nous rattachent surtout à ce que nous sommes, bien plus que les mois de légèreté et de lumière.
Comme je tiens un journal en continu depuis mon adolescence, qu'il tient lieu de support à souvenirs et que j'y retourne régulièrement, je n'ai pas vraiment le sentiment de me confronter à qqn d'autre en le parcourant. C'est toujours moi, mais en prise à d'autres situations et à d'autres personnes. Le fond est toujours le même, c'est le contexte qui change.
J'ajouterais à propos de ce mois de novembre 2022 qu'il est particulièrement intense à vivre : nous ne sommes pas des électrons libres, isolés dans l'univers. Nous appartenons au monde et ce monde vient de traverser une terrible pandémie, est en train de vivre de fortes secousses politiques, sociales et économiques (une guerre a éclaté cette année aux portes de notre continent, des gens souffrant de la faim et du froid viennent demander notre soutien, les écarts se creusent et les injustices sont flagrantes). La douleur du monde appartient aussi à nos ressentis de novembre. En prendre conscience nous aide peut-être - en tous cas, cela m'aide - à nous relier aux autres et, en nous sentant humains et solidaires, à supporter ce qui nous pèse.
Tu dis « le fond est toujours le même ». D'une certaine manière oui. Mais nous sommes en évolution. Le fond de nous est comme une bonne terre qui nous est donnée, mais il nous appartient de la cultiver, entretenir, et participer à ses propres transformations en fonction de ce qu'on y cultive. La terre est la même et à la fois différente de saisons en saisons
SupprimerComme je pense que tu ne me connais pas depuis de nombreuses années, j'aurais dû mieux préciser à quoi je réfère quand je dis « mon novembre » et en faire plus clairement mention dans mon texte. Cette phrase vers la fin : « novembre le mois du basculement ». Il s'agit du 11 novembre 1959 (je sais choisir des jours historiques). Un petit garçon qui aimait jouer, courir, faire du cross, s'est réveillé le 11 au matin entièrement paralysé par le poliovirus. Il n'a jamais plus couru depuis. Chaque année je traverse une période où je somatise cet événement. Plusieurs fois ça m'a amené à l'hôpital autour de ce jour là de novembre… chutes et fractures, ennuis cardiaques,… et pourtant je ne crois pas aux « syndromes d'anniversaires »…
Cela dit je signe tout ce que tu dis à propos de novembre, en particulier la douleur du monde que l'on peut ressentir particulièrement à cette époque-là.
Je te remercie pour ce riche commentaire.