Offrir du bien aux gens c'est indirectement s'en donner à soi-même sans foncièrement en avoir l'objectif.
J'écris cela parce que c'est mon expérience consciente du jour.
— « Je suis content qu'il soit content ». C'est la phrase que j'ai dite à ma dulcinée ce matin, suite à un petit service rendu et qui je crois eut des effets positifs sur la personne.
Rien de bien extraordinaire, qui n'aurait pas agi comme je l'ai fait, sauf à être un balourd stupide.
Cette sensation de bien-être intérieur ne résulte pas d'avoir été le rechercher par soi-même, comme quand on s'interroge sur ce qui pourrait bien permettre de s'offrir un peu de bon temps. Cependant elle prit une certaine ampleur en moi sans que je n'y prenne garde. C'est presque devenu une petite joie. Elle pourrait être fugace, s'estomper et disparaître. Alors nous voilà repris dans un quotidien aussi terne que le ciel gris qui s'est installé ce matin dans le ciel chez moi.
Il fut un temps où mon éducation plutôt rigoriste avec ce fond de jansénisme qui habitait mon père élevé chez les frères maristes, j'aurais frisé la culpabilité d'être joyeux. Un enfant bien élevé doit savoir bien se tenir et réfréner ses pulsions quelles qu'elles soient. Je force un peu le trait. Parce que par ailleurs mon père aimait faire la fête et les organiser joyeusement sans débordements intempestifs. Mais je suis persuadé qu'ensuite il allait s'accuser à son confesseur pour avoir transgressé les lois divines.
Je connus aussi ces tentatives d'imprégnation par des imbéciles qui auraient voulu m'inculquer que tout acte de bonté, de gratuité, ne l'était jamais en aucune circonstance. L'homme mauvais par nature cherchait constamment en étant faussement généreux, son propre intérêt égoïste. C'est d'ailleurs pour cela qu'existait le péché et la confession hebdomadaire obligatoire. Fallait aller se laver et se faire absoudre. Il y avait cependant des avantages : tout propre, on pouvait recommencer à se salir… pendant une semaine durant. Certes on prenait « la ferme résolution de ne plus recommencer et de faire pénitence ». Mais il suffisait de croiser ses doigts dans le dos pour que ça vaille délivrance de la promesse. Un immense merci à celui qui a inventé ce truc très commode.
Quand j'aurai le temps j'écrirai un « Petit traité de la Joie ». Oui, je sais, ça a déjà été fait, mais pas par moi, donc ça n'aura rien à voir… (dit-il avec la modestie qu'on lui connaît). Lui il parle du consentement à l'existence. Moi je traiterai du consentement au bonheur.

Ainsi, c'est ton père qui fut élevé par les Maristes.
RépondreSupprimerC'est moi qui le fut.
J'en suis sorti athée et anticlérical mais au moins je sais pourquoi.
Cela dit, il m'ont enseigné plein de choses fort utiles.
J'en suis resté curieux et attentif aux autres mais contrairement à leur enseignement, plutôt indulgent et surtout patient... ;-)
Jamais je n'ai entendu mon père dire quelque chose de négatif à propos des frères maristes. Au contraire il évoquait de bons souvenirs et une certaine admiration envers quelques-uns.
SupprimerCela dit, c'était « à la dure », mais il me semble que c'était un état général de la France catho de cette époque-là. L'obéissance avant tout !
Ce que tu écris illustre très bien le livre que je viens de relire et qui s'intitule "Plus fort que la haine de Tim Guénard.Charlotte
RépondreSupprimerMerci Charlotte pour la référence, j'irai voir ce qu'il en est.
Supprimerle consentement au bonheur ? Qu'est-ce à dire ? S'autoriser à être heureux ?
RépondreSupprimerIl y a de cela en effet. Bien sûr il faut définir quel bonheur il s'agit.
SupprimerFaudrait déjà s'autoriser à entrouvrir la porte à ce bonheur-là.
Et je dirais même qu'il faudrait d'abord commencer à percevoir qu'il n'arrête pas de frapper à la porte !
Les enfants débordent de joie lorsqu'ils offrent un cadeau ou lorsqu'ils savent qu'ils font plaisir à quelqu'un. Je n'ai pas besoin de plus de preuve pour savoir que la nature humaine est foncièrement bonne. Pourquoi tant de haine dans le monde ? Peut-être parce qu'on s'est perdu en chemin et oublié qui nous sommes. Encore une fois j'en reviens à Socrate pour qui la clé est: "Connais-toi toi-même!" autrement dit : connais ta vraie nature. kéa
RépondreSupprimerTu as raison Kéa, et d'ailleurs tu sais que je partage globalement tes propos.
SupprimerIl faut hélas faire le constat : la nature humaine foncièrement riche de valeurs constructives d'une « vraie humanité » que nous avons le pouvoir d'éveiller ?? Laissez-nous rigoler avec vos enfantillages !!. On ne cesse de nous répéter que c'est une idée tellement conne ! C'est assez génial comme arnaque pour ceux qui veulent nous asservir aux produits soi-disant libérateurs des plaisirs en boîte qu'il faut acheter encore et toujours. Il ont parfaitement compris les failles des blessures humaines, là où il faut remuer le couteau dans la plaie. La grande arnaque internationale en quelque sorte ! À qui profite ce crime ? Tout le monde connaît la réponse, mais préfère regarder ailleurs. Car au fond, de ce système pervers, nous en profitons tous plus ou moins.
Camus, dans un entretien radiophonique, disait : "Le bonheur aujourd'hui est une activité originale [...] Pour le bonheur aujourd'hui, c'est comme pour le crime de droit commun : n'avouez jamais. Ne dites pas ingénument comme ça sans penser à mal, "je suis heureux". Aussitôt vous lirez autour de vous sur les lèvres retroussées votre condamnation. "Ah vous êtes heureux, mon garçon ! Et dites-moi, que faites-vous des orphelins du Cachemire et des lépreux des Nouvelles-Hébrides qui, eux, ne sont pas heureux, comme vous dites."
RépondreSupprimerHé oui, que faire des lépreux? Comment s'en débarrasser, comme dit notre ami Ionesco. Et aussitôt nous voilà tristes comme des cure-dents.
Pourtant moi, je suis plutôt tenté de croire qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur ; Celui qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids ne peut aider personne. Celui qui se domine au contraire et domine sa vie peut être vraiment généreux et donner efficacement."
Avant lui, Gide avait écrit : "J'ai souhaité être heureux comme si je n'avais rien d'autre à faire."
Jouir d'un bonheur simple et solaire, tout en restant présent au monde, conscient du monde, refuser de subir passivement, lutter contre son propre malheur et celui du monde, être dans l'action, dans l'instant, pleinement. Recevoir, et donner. C'est vivre !
💙💛
J'admire toujours la faculté que tu as de trouver les textes et citations qui cadrent parfaitement avec les propos des auteurs des billets de blogs.
SupprimerEt ici ça sonne tellement juste !
Ma propre citation sera celle d'un de mes maîtres à penser qui s'inscrit dans la lignée de ce que tu relates :
— « Vous voulez aider les personnes à sortir de leurs difficultés et leurs malheurs ? Et bien commencez donc par devenir heureux de votre propre existence ! Vous gagnerez très vite en efficacité. ».
Ton dernier paragraphe est lumineux. Il me touche beaucoup et je m'y retrouve dans sa dynamique.
Alors merci.❤️♥️
Si bellement écrit ! Ah, la civilisation (judéo-chrétienne, en l'occ -en loques?-) ses méfaits, le sentiment "subliminal" ;-D de culpabilité qu'elle ancre en nous ! On met du temps (ou jamais) à se remettre de ça, comme si vivre c'était souffrir, et payer, toujours. Comme si chaque bonheur devait être contrebalancé par un malheur. Je préfère que chaque malheur le soit par un bonheur, voire surmultiplié en éclats heureux. Je préfère tirer positif de chaque chose, même si, à y réfléchir, ce n'est, ce n'était pas, plutôt, ma nature profonde. Tu t'éveilles, sois heureux. La vie est là, et le monde, offert dans sa lumière, fût-ce pour un instant, fût-ce le dernier. Bonne journée.
RépondreSupprimerLa religion chrétienne, fabriquée par l'empereur romain Constantin dans les années 300, est encore en cours aujourd'hui. Cette religion a consacré des siècles à trahir le Jésus dont elle se réclame toujours. Je parle ici des oligarques du Vatican qui règnent sur la planète chrétienne, et non pas des braves curés sur le terrain dont certains sont admirables. J'en ai connu et pas qu'un seul.
SupprimerIl faut passer le tout par-dessus bord et reprendre les textes originaux des Évangiles, où le Jésus dont je parle ne cesse de parler du bonheur et de dire par quels chemins on y arrive, si on le désire, car tout est dans le désir..
Ce qui est terrible c'est qu'aujourd'hui à cause de cette satanée église chrétienne, tout le monde s'en fout cet homme unique en son genre…
Enfin pas moi en tout cas…
Je me permets d'évoquer l'homme Jésus, parce que ton commentaire lui aurait bien plu j'en suis certain. Avec les mots de son temps il est dit sensiblement le même droit au bonheur. Dans un monde qui offre la lumière et ceci dès aujourd'hui, pas dans une éternité ad patres.
Je n'ai jamais douté que tu puisses être bon et en voilà encore la confirmation et je pense, que l'éducation n'a rien a voir dans le fait d'être bon avec autrui.
RépondreSupprimerMoi j'adore faire des cadeaux , par forcement de valeur ce peut être un petit quelque chose que j'ai fabriqué, ou un service que je rends mais j'adore partager et ce que j'aime le plus c'est le regard de l'autre quand il prend connaissance du cadeau (lorsqu'il est content parce que parfois le visage éteint veut dire que je n'ai pas fait le bon choix...........mais c'est rare). Bravo pour ton billet
Je te reconnais bien là dans ton rapport positif à autrui. Il y a beaucoup de bonté en toi. Et offrir et partager des petits cadeaux et une très belle et bonne chose que personnellement je ne pratique pas suffisamment. Ou plutôt je m'aperçois que c'est en diminution chez moi. Tu me donnes envie d'y remédier.
SupprimerAh, confesser, c'était simple et ça ne coutait pas cher ,)
RépondreSupprimerDe nos jours, les confesseurs doivent être rares vu le manque d'effectifs !
Le consentement au bonheur... une affaire très personnelle et de longue haleine...
Les curés ne confessent plus, mais les « nouveaux confesseurs athées et laïques » sont légions et se font payer très cher… de plus ils ne donnent pas l'absolution et les pénitences sont exorbitantes ! Et je ne parle pas des multiples confessionnaux sur les réseaux sociaux…
SupprimerRien ne change, tout se transforme, pas forcément en mieux !
Je signe et contresigne la dernière phrase.
Tu m'as fait rire lorsque tu dis que lorsque la confession existait, on pouvait faire en fait toutes les sottises imaginables, de toute façon, il suffisait ensuite d'aller se confesser, et nous étions à nouveau purs et "propres". :-) Moi, comme j'étais une petite fille (trop) sage, il fallait que j'invente des péchés, j'ai menti, j'ai mal parlé, j'ai été méchante, etc, etc. :-)
RépondreSupprimer"Je suis content qu'il soit content". Oui. Si mes enfants sont heureux, je suis heureuse. Si mes amies et amis sont heureux, je suis heureuse. C'est bien de partager la joie, de se réjouir du bonheur des autres. Un bien joli billet, Alain.
Petite fille trop sage ? Tu es loin d'être la seule. J'ai reçu beaucoup de confidences d'invention de péchés pour satisfaire le curé, qui doit quand même justifier son métier !
SupprimerSur ton deuxième paragraphe j'ai tendance à penser que le bonheur est contagieux et que c'est la meilleure façon de le propager.
Merci pour ton commentaire, chère Françoise.
Je viens de lire après toi, les commentaires. Et je ne peux m'empêcher de rebondir sur ce que tu dis de Jésus. Je pense exactement la même chose et ça me fait du bien que tu le penses. Je dirais aussi que c'est par pure paresse que je deviens de plus en plus bienveillante: la haine et la colère c'est du boulot. Et puis quand on ressent la joie merveilleuse, profonde, du don d'amour sans échange, sans marchandage. Cette sensation d'irradier....Désirée
RépondreSupprimerJe me réjouis que l'on se retrouve à propos de cet homme.
SupprimerDevenir de plus en plus bienveillant, à mes yeux ce n'est pas une paresse, c'est tout le contraire, c'est un vrai boulot positif et porteur de bons fruits sains ! Il y a tant de productions frelatées et polluées qui nous pourrissent peu à peu.
Formons un club ! : « Les nouveaux irradiés » ! Et pour une fois il ne s'agira pas de cataclysmes atomiques ou autres… ;-)