J'ai rêvé de mon frère.
À cause sans doute de ce billet
Je crois bien que c'est la première fois.
Il était élégant dans son costume impeccable.
Il était comme au temps où je l'admirais, soigné, méticuleux.
Lui au moins il tirait des traits droits avec sa règle, alors que je m'embrouillai avec la mienne qui glissait et le crayon qui dérapait.
Il arrivait du lointain et marchait vers moi
il marchait mais n'avançait guère.
Le paysage était désertique un peu comme dans ces films de l'Ouest américain, ces westerns ou le héros s'approche le regard droit devant. Il n'y a ni danger ni joie, ni crainte ni espoir. Il n'y a que l'image qui s'anime lentement
Je restais immobile
je ne sais si je l'attendais vraiment.
Une surprise un peu froide.
Pourquoi donc ?
Qu'est-ce que cela voulait dire ?
J'ai rêvé de mon frère.
Et puis ce fut terminé.
Il disparut comme il était venu.
Il ne reste rien,
si ce n'est cette tentative de bidouillage-photo pour tenter de rendre compte très maladroitement de l'événement nocturne.

Peut-il réellement ne rien rester de ce rêve mis en mots du coup ?
RépondreSupprimerIl restera au moins ça... qu'il est quelque part... en toi...
Ce frère connait-il ton blog d'ailleurs ?
En effet, mon frère est quelque part en moi… depuis très longtemps…
SupprimerÀ ton interrogation je réponds : mon frère ne sait quasiment rien de moi ! J'ai eu bien des échos à ce sujet : — mais ton frère ? Il ne te connaît vraiment pas !
Et moi ? Qu'est-ce que je connais vraiment de lui ? À part son curriculum vitae, son parcours professionnel, ses réussites en affaires.
Un soir, après l'enterrement de notre père, (il y a 40 ans) il s'était épanché tard dans la nuit, presque jusqu'au petit jour… je ne l'ai jamais autant aimé que ce soir-là.
Depuis ?… « On est si peu de choses »…
Ce rêve est un terrible constat de la réalité. Avec les années qui passent, son vieillissement le referme sur lui-même, comme une huître. Toute espérance serait veine.
Je suis désolée de lire cela et de voir aussi à quel point cette relation, même si elle tient à peu de chose, reste importante pour toi. Je suis touchée de sentir cet écart entre ce que tu aurais souhaiter dans ce lien avec lui et ce qu'il est dans le réel, et de ce coeur qu'il n'a pas pu ouvrir, des mots ne (te) parviennent pas .
SupprimerJe suis là, touchée, en lectrice témoin de ton expérience.
Ce rêve signifie peut-être simplement qu'un de vos désirs , c'est de pouvoir communiquer avec votre frère, mais que ça ne marche jamais.
RépondreSupprimerVoilà ! C'est exactement ça.
SupprimerEt je crains qu'il ne soit vraiment trop tard. De mon côté, ce n'est pas faute d'avoir essayé dans le passé… je constate. Je ne sers nullement à tirer mon épingle du jeu.
Bonjour Alainx, un rêve très révélateur du manque de ton frère avec une description très onirique et cinématographique ..absence de dialogue entre vous ou ton frère vit il beaucoup trop loin de toi. Je retiens l'existence de ton dernier livre "La femme à l'arbre"
RépondreSupprimerUn livre dont j'ai de bons échos de la part de quelques lecteurs…
SupprimerMon frère vit à quelques dizaines de kilomètres de chez moi. Dans l'état physique où il est, et dans celui où je suis, je crois qu'on ne se verra jamais plus en face-à-face. Et comme il ne répond pas au téléphone…
Tu es fâché avec ton frère ?
RépondreSupprimerNon, on ne s'est jamais fâché. C'est peut-être dommage : parfois il y a des réconciliations !
SupprimerEt puis souvent les gens fâchés ont des raisons de ne plus se voir…
je n'ai même pas de raison de le détester. Pire que ça… je crois bien que je l'aime !
Quand on rêve de gens proches, ça m'inquiète toujoures un peu.
SupprimerLa lumière de mes jours a une fâcheuse tendance à faire des rêves prémonitoires qui se vérifient.
Je l'ai vue a l'oeuvre deux fois de façon troublante.
Alors comprends mon souci...
Je comprends.
SupprimerJe n'aimerais pas qu'il meurt fâché avec moi, ni avec quiconque d'ailleurs. Ce ne serait bon ni pour l'un ni pour l'autre.
je ne crois pas trop aux rêves prémonitoires parce que c'est après qu'on suppose qu'il s'agissait d'une prémonition. Mais bon à chacun ses croyances et elles sont respectables. D'autant qu'effectivement cela peut être troublant. Merci de ta sollicitude à mon égard
C'est troublant : tu penses beaucoup à ce frère, ces derniers temps...Je me demande toujours ce que la vie nous signifie quand elle nous représente les mêmes pensées, les mêmes rêves, les mêmes préoccupations... j'aimerais qu'il lise tes billets, et qu'il comprenne que tout ça, c'est ton affection pour lui, c'est ton amour de frère qui parle. Inconditionnel, irrationnel. L'image est frappante, très réussie, un peu angoissante. Un peu désespérante aussi.
RépondreSupprimerJe projette beaucoup ma propre histoire sur la tienne...
C'est comme se heurter toujours au même mur. On sait que ça fait mal mais on y retourne.
Tendres bises
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PS j'ai commandé ton livre. :-)))
C'est troublant en effet. Il revient fréquemment dans mon champ de conscience en ce moment. Probablement parce que j'espère encore quelque chose qui ne viendra jamais. Même s'il paraît qu'il ne faut jamais dire jamais !
SupprimerPeut-être que de l'évoquer à plusieurs reprises en ce moment débouchera sur quelque chose… je n'en sais rien… peut-être y a-t-il une ouverture que j'ignore.
Et par un tout petit trou peut passer beaucoup de lumière…
J'expérimente ce qu'on dit parfois : « aimer sans retour ». Un mur, et cependant on y retourne…
heureusement qu'il y a d'autres amours beaucoup plus fluides, que je vis au quotidien et qui me comblent.
Merci pour tes tendres bises. Reçois les miennes.
PS : merci pour la commande de mon livre… 🧡
Ce bidouillage-photo est particulièrement réussi. J'espère qu'il t'aidera à supporter cette relation devenue silencieuse. Le contenu des commentaires parfois m'interpelle : "ton frère connait-il ton blog?", "ça ne marche jamais", "es-tu fâché avec ton frère ?" "C'est comme se heurter toujours au même mur. On sait que ça fait mal mais on y retourne".
RépondreSupprimerOn ne peut s'empêcher de projeter notre propre histoire à la tienne.
Des commentaires m'interpellent également. J'ai de la chance, souvent les personnes qui commentent sont précieuses et aidantes.
SupprimerJe comprends qu'on puisse projeter sa propre histoire. Cela m'avait beaucoup frappé dans les commentaires au premier billet sur ce sujet.
Merci pour ta fidélité à ce blog et la valeur de ce que tu y déposes.
Peut être que tu lui fais peur à ton frère. Parfois, les parents, par bonne intention valorisent trop leur enfant et ton frère me semble souffrir de cela, possiblement en tout cas. Il ne peut pas se montrer tel qu'il est, il ne veut pas détruire sa propre image à ses yeux et aux yeux des autres même s'ils sont décédés depuis longtemps. Étant donné ton parcours professionnel, il y a danger pour lui qu'une relation plus proche entre vous détruise l'admiration que tu avais pour lui lorsque tu étais enfant car lui même sait bien qu'il ne la mérite pas. Personne ne la mériterait de toute façon, nous sommes si vulnérables et fragiles nous les humains (et il en est très bien ainsi). C'est ce qui me vient en te lisant, alors je le dis. Kéa
RépondreSupprimerVraiment un grand merci chère Kéa pour ce commentaire très éclairant pour moi.
SupprimerMon frère ne s'est finalement jamais autorisé à laisser se vivre en lui « qui il est profondément ». A-t-il d'ailleurs accédé à cette zone de lui ? Trop d'obligations de « paraître ». Il s'est construit un personnage parce qu'il le fallait. Quelque part, ça me saute aux yeux en te lisant…
alors, je me répète, merci !
Le commentaire de kea m'éclaire aussi quant à ma propre histoire, qui, comme je te le disais, ressemble beaucoup à la tienne.
SupprimerC'est sûrement une souffrance qui se cache derrière cette fuite, ce silence. Et ce qui me vient, là, tout de suite, c'est presque de demander pardon à ma soeur, pour cette souffrance qu'elle exprime par son absence. Même si je n'en suis pas directement responsable, ni sciemment.
Alors oui, merci kea.
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Et bien sûr, merci à toi, Alain, pour initier ce genre de débat inspirant.
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Chère Célestine, je vais peut-être être à côté de la plaque, tu me diras le cas échéant, mais on ne demande pardon que d'une offense que l'on a commise délibérément et sciemment. On s'excuse d'une maladresse.
SupprimerOn ne demande pas pardon d'exister et d'occuper sa place, celle où l'on est placé par la vie.
Mais je commets peut-être une mauvaise interprétation de tes propos d'autant que j'ai j'ai une mémoire qui, avec l'âge, devient peu à peu gruyère…
(C'est bien malgré moi que certains débats se déroulent chez moi, mais je m'en réjouis beaucoup si cela aide des personnes…)
J'ai lu les commentaires après t'avoir lu, toi. Le silence entre personnes de la même famille peut parfois peser plus qu'une pierre tombale. On ne sait jamais vraiment ce qui intérieurement pousse l'autre à laisser les liens fraternels s'amenuiser au point de disparaître. Et à te lire c'est bien mystérieux ce frère. Quelle blessure cache t'il qui le font s'évanouir ainsi? En tout cas cela te touche au coeur c'est évident. Et malheureusement quand je tends l'oreille autour de moi je réalise à quel point avoir une famille unie et aimante est rare. L'être humain est un animal fragile qu'un rien blesse. Et l'animal peut faire la gueule en silence très longtemps....
RépondreSupprimerJe suis convaincu que mon frère porte en lui des blessures profondes. J'ignore ce qu'elles sont. J'ai fait des hypothèses au regard de factuels que je connais, d'avant ma naissance, mais je ne veux pas me construire un cinéma à ce sujet. Je l'accueille comme cela. Parfois c'est douloureux d'être devant ce silence. Parce que je sais très bien que la parole libère.
Supprimer« Les grands douleurs sont muettes » ont exprimé bien des personnes (ce serait attribué à Sénèque)
Peut-être que le silence protège parfois. Et puis il y bien des non-dits dans ma famille, mais c'est tellement répandu…
Ce commentaire me fait penser à l’animal blessé qui s’isole pendant le temps nécessaire à cicatriser sa plaie.
RépondreSupprimerNotre « anima » est-t-il aussi à l’image de ce qui peut se jouer dans notre vie quand notre cœur porteur de blessures difficiles à mettre en mots reste dans la peur de ne pouvoir se dire où se reconnaître? Et parfois le silence nous empêche de prendre la responsabilité d’une réconciliation d’abord avec nous même puis avec l’autre…
Il est des traumatismes tellement enfouis qu'on peut perdre la conscience même de leur existence. À qui connaît un peu ce domaine, par expérience ou « professionnalisme », il peut lui être donné de voir certains symptômes qui en découlent.
SupprimerMais si la personne refuse le principe même de toute aide dite « psychologique » au motif que nous ne sommes que le jeu des interactions chimiques et cérébrales qui président à notre existence et notre devenir… l'ouverture vers autre chose est remise aux calendes grecques…
Pour moi le pardon relève davantage d’une forme de réconciliation avec ce en quoi ou en qui je suis . Il n’y a pas d’excuse à chercher car je me reconnais aussi à travers l’autre et c’est ensemble que l’on se construit pour apprivoiser cet amour inconditionnel qui nous inspire.
RépondreSupprimerMerci Alain d’avoir initier ces réflexions à travers une histoire qui te tient à cœur et merci à tous les auteurs de ces commentaires qui sont aussi des « propulseurs » à nous faire avancer.
Brigitte
Comme beaucoup j'imagine, je sais et j'ai l'expérience ce qu'il en est du pardon et de son corollaire la réconciliation. En ce sens ce que tu dis, Brigitte, me convient.
SupprimerQuand à ce qui s'est initié à partir de l'histoire avec mon frère, j'étais loin de penser que cela susciterait autant de réactions. Mais bien sûr, tant mieux si des personnes ont pu en retirer profit. Ce n'était pas mon objectif, mais c'est ma réjouissance.
Et si plutôt qu'un bidouillage de photo, tu prenais un papier , un crayon (ou un pinceau) et que tu y dessines ton ressenti. Souvent le dessin libére et exprime le plus profond de soi . Excellente et apaisante thérapie.
RépondreSupprimerJ'aimerais bien savoir faire ce que tu proposes, dessiner ou peindre. D'autant que je suis d'accord avec le côté libérateur de l'expression graphique.
SupprimerMalheureusement cela ne m'est pas accessible. Déjà c'était difficile et la plupart du temps raté, « avant ».
Mon handicap s'est aggravé avec les années. Alors je me contente de mes tentatives avec Photoshop et autres. « Faute de grives, on mange des merles » disait le célèbre Tintin.
Toutefois merci pour cette invitation car elle est très juste sur le fond
Voir mes fils, voir mon frère maintenant qu'ils sont partis, j'aimerais tellement les voir, les revoir, dans leur vérité.
RépondreSupprimerAvec leurs éclats de rire !
Je comprends parfaitement.
SupprimerPour l'instant il reste les souvenirs, et on les aperçoit parfois en fermant les yeux…
Cela fait longtemps que je n'ai pas rêvé à mon frère, peut-être l'ai-je enfin laissé partir ?...
RépondreSupprimerOui, c'est fort possible.
SupprimerC'est sans doute après cette acceptation que nos morts nous serons redonnés « autrement ».