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lundi 20 juin 2016

Signal-étique

En promenade à Villedacoté,  par un ciel qui, fort curieusement, ne semblait ni pluvieux, ni orageux, ni annonciateur de grêles, mais aussi moutonneux que les bestioles de Panurge, j'ai eu l'insigne honneur de me retrouver face à l'une de ces magnifiques œuvres d'art contemporain, gratuitement exposée aux yeux des déambulateurs diurnes, et qui sont au mobilier urbain ce que les œuvres du Quai Branly sont à la politique moderne.

Je suis tombé en admiration sur l’œuvre ci-après,  dont bien évidemment seuls les initiés peuvent en comprendre toute l'intensité et que je m'en va  de ce pas vous expliquationner.



Cette toile d’un anonyme du XXIè siècle, entièrement blanche, n'est pas, comme on pourrait le croire, une sorte de pied de nez à l'œuvre de Soulage, pour qui, noir c'est noir il n'y a plus d'espoir ;  mais constitue un hommage à Michel Gérard Joseph Colucci, plus connu sous le nom trivial de Coluche que la France honore actuellement en tant qu'ancien candidat à l'élection présidentielle. Il faut bien évidemment une connaissance approfondie de son œuvre littéraire. Ce tableau blanc référant directement à son ouvrage pie intitulé : « les lessives ».

(extraits)

- Bon. Parce que j'suis allé voir Mr. Omo et j'y ai dit : "Dites donc, je m'excuse de vous déranger pendant le repas..." 
- Parce qu'il était à table avec des enzymes à lui.  
- Alors il était là... 
- J'y ai dit : Je m'excuse de vous déranger, Monsieur Omo.  Le nouvel Omo, est ce qu'il lave plus blanc que l'ancien Omo ??? 
- Heu... il lave plus blanc, le nouvel Omo!
- Mais l'ancien Omo, il lave... moins blanc alors?
- Non, l'ancien Omo, Il lave... blanc!
- Ah bon... Parce que moi, heu, blanc, je sais ce que c'est comme couleur c'est blanc. 
- Moins blanc que blanc, je m'doute. ça doit être gris clair.
- Mais plus blanc que blanc j'vois pas.
- Qu'est-ce que c'est comme couleur ???
- C'est nouveau, ça vient de sortir!
- Ah bon, 

Cependant, et tandis que j'admirais cette saillie urbaine directement sortie du génie Decauxzien, je me suis aperçu qu'il y avait la mention : « plan de la ville au dos »
N’écoutant que mon courage et usant des dernières forces qui me restaient, je suis allé voir de l'autre côté, à la fois si j'y étais, si l'herbe était plus verte, et si le plan était ou non foireux.

Et là, ma surprise fut intense devant tant de génie. 
Jugez vous-mêmes.





Peut-on véritablement faire plus talentueux. Avec quel brio, quelle aisance, quelle virtuosité dans le trait peut-on sublimer un plan de ville et atteindre ce sommet dans l'art de la connerie, dans la transcendance de la couillonnade, dans l’exaltation  du crétinisme, dans l'élévation de la dégénérescence, bref dans l’anti-coluchisme frelaté le plus absolu.

Qu'il me soit permis ici une contrefaçon indispensable :

- Je m'excuse de vous déranger,  feu Monsieur Decaux.  Le nouveau Decaux plan-plan, est ce qu'il est plus con que l'ancien Decaux-déjà-con ??? 
- Heu... il est plus con que con le nouveau Decaux ?
- Parce que moi, heu, con, je sais ce que c'est, vu que je vois tout le temps plein d’hommes politiques. 
- Moins con que con je m'doute. ça doit être Ministre du Travail par rapport à Président .
- Mais plus con que con je vois pas.
- Ah bon, c’est vous !?

- Mais fallait le dire tout de suite !

23 commentaires:

  1. A chaque photo tu effaces une lettre de moins ?
    Vivement la suite alors. ;)
    J'aime bien cette traque de l'absurde au quotidien, et ton humour.

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    1. C'est le suspens !
      ce panneau d'information… vide d'informations… c'est quand même digne des surréaliste !

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  2. Hihi AlainX
    Bel éclat de rire en venant ici ce midi !
    Merci !

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  3. moi qui ai certes une vue moins aiguë que toi... j'ai bien vu les ombres sur ce panneau! elles disent tout!
    (ce billet me rappelle la pièce de théâtre "ART", du même genre, où des sots prétentieux s'émerveillaient d'une toile plus blanche que ça tu meurs;-)

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    1. je complète: Art de Yasmina Resa, joué entre autres par Fabrice Luchini

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    2. Ah oui ! J'aime beaucoup cette pièce…
      et sinon… allons vivre dans les ombres des tableaux…

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  4. Très, très bon !!! Merci pour cet éclat de rire!

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    1. Si je t'ai fait rire j'en suis heureux… ( vu ce que j'ai lu chez toi…)

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  5. Comme quoi, le ridicule ne tue pas ! y'a donc pas de raison de s'en inquiéter, enfin pour les élus qui seront quand même réélus.

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    1. Oui heureusement… sinon ce serait la grande hécatombe !
      ;-)

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  6. Mais nan, tu n'as pas compris le message! C'est le fameux blanc Omo du panneau...

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  7. ... ou alors, autre version: "plus blanc que blanc, c'est plan"... Bon, je sors...

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    1. Bon sang ! Mais c'est bien sûr !

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  8. C'est parce que plus blanc que blanc, c'est transparent...
    C'est une ville-fantôme, c'est pour ça... ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Transparent… diaphane… hyalin....
      Tu vas finir par me mettre trop d'idées en tête !
      ;-)
      C'est en fantômette....

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  9. Chinou21/6/16

    Il semblerait que tu aies Soulages dans le collimateur .

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    1. En réalité, non, chère Chinou !
      si j'avais écrit un truc sérieux ce serait plutôt dire combien j'apprécie Soulages.
      le voir dans une exposition fut grandiose et impressionnant pour moi…

      ( mais je suis capable d'une extraordinaire mauvaise foi quand j'écris n'importe quoi…)

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  10. Tiens! c'est une belle idée, Chinou, Il n'y a pas une couleur qui rend plus visible le noir que le blanc.Mais je sais, que AlainX adore l'art de Soulages d'ailleurs c'est ce qu'il avait bien dit sur le billet: "Petits cailloux" de la Céleste.

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    1. Ben voila !
      J'ai répondu à Chinou avant de te lire…
      Bizak tu es une encyclopédie vivante de la blogosphère !

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  11. C'est bien la première fois qu'involontairement Coluche me fait rire (je ne l'ai jamais supporté...). J'ai presque envie de me déplacer pour voir cette oeuvre :D

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    1. Me demande si on a pu l'aimer "à moitié".... C'est un peu ou tu adores ou tu détestes !
      En tout cas je l'avais vu en scène à Paris (et là il se lâchait à fond ....) J'en étais sorti avec mal aux abdominaux tant on avait rit sans s'arrêter....

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  12. Je crois n'avoir jamais autant ri de ma vie que devant la scène de l'allergie de "Banzaï". J'ai toujours adoré le comique de situation, petite j'étais fan de Laurel et Hardy et de Buster Keaton :) Pour ce qui est de Soulages je n'en raffole pas, il me fait autant d'effet que Klein (c'est à dire rien, nib, nada, que dalle) . Je le comprends mieux cependant depuis que Bobin en a parlé merveilleusement dans un de ses derniers bouquins.

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