jeudi 2 juin 2016

Les merveilles de la nature…

La nature est belle, généreuse, tout ce qui est naturel est à privilégier. Revenons à elle, inspirons-nous des paisibles lois de la nature bucolique pour notre vie d'humain. Les merveilleuses pluies qui nourrissent la terre et le regorgent jusqu’à ce que les rivières débordent de joie ! Alors tout ira mieux dans ce monde de pollution, du chacun pour soi, et des combats incessants…

Bon… je continue ?

Je vous propose plutôt ce dont nous avons été témoins ce matin, au petit déjeuner, dans la cuisine qui ouvre sur la terrasse et le jardin.
Une magnifique querelle de voisinage toute naturelle et délicieusement primitive, avec quasiment tentative de meurtre… !

Deux pies ont mené une attaque en règle contre une tourterelle. Qu'avait-elle fait cette tourterelle pour déclencher ainsi les foudres des deux pies ? On n'en sait rien. Peut-être rien du tout, peut-être une guerre de territoires, je ne suis pas un spécialiste des mœurs des volatiles.

L'ennemi tourterelle a été attaquée par derrière. Les deux pies se sont évertuées à lui déplumer la queue à coups de bec redoublés. La brave tourterelle semblait incapable de se défendre.
Ma compagne affolée et outrée, a ouvert la porte fenêtre pour chasser les pies… Elle s'interrogeait : que peut-on faire pour cette tourterelle !?

Les pies sont revenues à la charge plusieurs fois. Chassées à coups de moulinets des bras par Madame. Moi j'observais. Et les volatiles, et ma compagne.
La tourterelle n'avait plus aucune plume de queue. Donc incapable de voler véritablement.
Elle a tant bien que mal été se réfugier sous les sapins, en claudiquant, tandis que ma compagne sortait l'artillerie lourde de ses bras protecteurs,  pour chasser les pies. Celles-ci, un peu plus tard, ont de nouveau tenté d'atteindre la tourterelle, mais ce fut en vain. Elles sont cependant demeurées à proximité.
Ma compagne était prise de compassion pour la brave tourterelle.
Je comprends.

Le champ de bataille (photo AlainX)

Mais au final, ainsi en est-il de la nature et de ses lois dites du plus fort.
Les citadins que nous devenons majoritairement semblent l'oublier.
Je me suis souvenu de mon enfance à la campagne et des combats  menés par le chat de ma tante contre les d’oiseaux, ainsi que la manière dont il s'amusait avec les souris débusquées dans la remise.

Selon certaines théories de l'évolution, les oiseaux sont issus des dinosaures.
Par ailleurs, il y a des humains, je trouve qu'ils ont une tête d'oiseau ! Notamment de profil…
Aurions-nous été des oiseaux belliqueux dans d’autres vies ?

C’est peut-être pour cela que nous continuerions à nous faire la guerre ! Tout bon humain se querelle avec ses voisins… que ce soit le voisin de la maison d'à côté, le voisin du pays frontalier, le voisin du continent plus loin. 
Bref, soumettons à nos principes tous ceux qui ne sont pas comme nous ! Manu militari s’il le faut !
Après tout, nos principes sont les meilleurs du monde… enfin c'est ce que chaque pays et chaque culture prétend… !
De plus, lorsque viendra la très attendue « guerre de l’eau potable », on prédit que nous tuerons pères, mères et frères, pour un verre d’eau. Nous illustrerons enfin les merveilleuses lois de la nature, décrétant qu'il faut toujours éliminer un autre pour vivre soi-même… 

Pour sauver le monde, je me suis dit que ce qu’il manquait à ces volatiles, c’est la parole, et donc la possibilité de se mettre autour d’une table pour discuter et trouver une solution à leur différend… 
Il paraît que les hommes ont cette possibilité.
Enfin, c’est ce qu’on raconte…

Le problème, chez les humains, c'est que le plus fort, dans la discussion, plume toujours le plus faible…
Nous avons la possibilité du verbe animalier…

Les gouvernements sont spécialisés dans la matière : nous allons discuter, mais de toute façon c'est nous qui avons raison sur tout ! 
La loi naturelle est celle du 49.3 !
Après on s’étonne que le peuple descende dans la rue… et que les casseurs se pointent…

Comme disait l'autre : on nous prend toujours pour des pigeons ! 
Ou des tourterelles…



17 commentaires:

  1. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser au film "LES OISEAUX" d'Hitchcock (que je ne peux pas voir sans ressentir un profond malaise)

    Le problème c'est qu'il n'y a pas de véritable usage de la parole (qui est le principe même de la démocratie), le problème c'est que l'on est en passe de devenir des animaux techno-scientifiques au lieu de devenir des Hommes.
    ...
    Comment Échapper à l'avidité ambiante ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce film est assez terrible en effet… on dit que l'actrice ne sortit pas indemne de certaines scènes d'attaque des oiseaux.
      -------------
      Ce qui est terrible, c'est qu'il faut peu de choses pour que l'on (re)devienne collectivement des animaux. On trouve toujours des personnes « influentes » qui cultivent cet art terrible de nous déshumaniser… flatter la bête en nous !
      « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons » chantait Brassens… Il n'avait pas tout à fait tort… et en même temps les actions transformatrices ne peuvent se passer d'un collectif… paradoxe (apparent) de l'humanisation…

      Supprimer
  2. finement observé avec juste quelques noms d'oiseaux, ça passe !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En commençant de l'écrire, je ne pensais pas que ce billet se terminerait de cette façon…

      Supprimer
  3. Charlotte3/6/16

    Mon chat m'a rapporté hier un rat des champs et l'a déposé sur le tapis. C'était son cadeau du jour.
    Je lui ai dit "Merci" il n'a rien compris ! Ensuite j'ai jeté à la poubelle le trophée de Monsieur!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est presque du La Fontaine !
      Nous n'avons pas d'animal domestique. Mais le chat du voisin est assez sympathique. Il considère qu'il est en droit de louer gratuitement notre jardin… je ne m'en plains pas. Nous n'avons plus de mulots !

      Supprimer
  4. Tiens, à propos de pie(s) cela me rappelle justement un chat de Genval (un faubourg de Bruxelles à une trentaine de kilomètres) un chat roux avec une queue splendide (décrivant un parfait arc de cercle rentré) avec une pie jacassante dans sa gueule. Il a fait mine de venir vers moi et j'ai aussi poussé de grands cris, je n'aurais pas apprécié ce cadeau. Il était pourchassé par l'autre pie qui n'appréciait pas. Je n'ai pas vu la suite ou la fin de l'histoire. Le chat s'appelait Zola, amusant. Bon. Il s'était quand même attaqué à presque plus fort que lui. // Oui, on peut se mettre autour de la table pour autre chose que pour manger. Il paraît qu'on le fait. Ce serait peut-être pire si on ne le faisait pas.................. Ma philosophie n'est pas terrible, je le reconnais, peut mieux faire...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Parfois on se met à table… pour mieux manger les autres…
      Il arrive qu'on appelle cela une coalition…
      ceci pour compléter ta philosophie plus pertinente qu'il n'y paraît...

      Supprimer
  5. Le premier cours de philo de ma vie, en terminale (je m'en souviens encore) c'était Nature et Culture...
    Où nous apprîmes ce que tu décris très bien dans ton billet: rien n'est ni tout noir ni tout blanc.
    La nature n'est pas un paradis idyllique mais le théâtre d'une implacable sélection et la Culture le moyen de polir, policer et adoucir les moeurs. Cependant nous avons besoin de la nature alors que la nature n'a aucunement besoin de nous. Ce qui devrait nous donner un certain respect et une certaine humilité que nous avons perdus...
    Bref, l'homme est cet étrange animal capable d'écrire le Requiem et en même temps de céder à son cerveau reptilien à la moindre occasion. Et il faut faire avec.
    Comme il faut faire avec Gattaz, Ménard, Hortefeux, et ces salopes de pies qui attaquent nos innocentes tourterelles. (oui parce que ces scènes insoutenables ont lieu chez moi aussi...)
    Kisses mon Babar
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La nature n'a guère le choix de sa condition.
      c'est peut-être en raison de ce non choix que nous avons à la respecter
      Quant à l'homme : il a en effet ce choix du meilleur comme du pire. Parfois je me demande s'il ne l'a pas oublié à vouloir tellement redevenir « naturel », c'est-à-dire à céder à sa pente naturelle reptilienne… : moi d'abord, les autres ensuite, ou peut-être même pas !…
      Intéressant les trois que tu cites : les deux premières une tête d'oiseau, le troisième est du genre guépard à tête alcoolo-rougie et boutonneuse, bondissant à 170 km/h sur l'autoroute, niqué par la douane, mais non poursuivi…
      Hortefeux, spécialiste du "go fast"... transportant les bigmillions pour Sarko (pardon Bismuth).

      Supprimer
  6. Charlotte8/6/16

    Les pies et la tourterelle de ton jardin ont l'avantage de pouvoir voler au dessus des eaux. Comment est ton jardin en ce temps de pluie d'orage et d'inondation? Comment vas tu ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. il a plu des tonnes pendant des heures.... Mais aucun dégâts chez moi, ni dans notre zone résidentielle.... Mais Lille fut bien inondée !! ainsi qu'une petite ville juste à coté où on a des amis....
      Donc voila ! On a expérimenté que rien ne pouvait nous arriver de pire question flotte ! (orages tournants au dessus de nos têtes pluie diluvienne pendant 3 bonnes heures sans cesse), et donc excellent test !!
      Ah si ! quand même une gouttière d'un auvent a débordé quelque minutes..... Faut juste pas se mettre en dessous !!, sauf si on aime les douches froides à l'eau de pluie !!

      Et par chez vous j'ai cru comprendre que ce fut sympa aussi !!

      Depuis grand soleil !!
      Donc je vais plutôt bien .....
      Merci de te soucier de moi.... j'apprécie....

      Supprimer
  7. Charlotte9/6/16

    Chez moi cela a été comme chez toi ... cad très sympa ! Il y avait longtemps que je n'avais pas aussi fort entendu grondé et pété !On se serait cru dans la soupe aux choux !

    RépondreSupprimer
  8. Les animaux ne se font pas de cadeau, c'est la loi du plus fort. Comme chez les humains... Pourquoi d'ailleurs dit-on d'une personne qu'elle est humaine, dans le sens de sa bonté, parce que les humains n'ont bien souvent rien... d'humains... :-(
    Bonne nuit, Alain.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Humain ? : Probablement que nous le sommes, mais en potentiel.
      S'humaniser est un long processus autant individuel que collectif.

      Ce qui me semble assez désolant, c'est que les longs efforts des humains pour un peu plus de bonté d'affection partagée, peuvent si vite dégringoler vers la déshumanisation.

      Supprimer
  9. Tient! ça m'interroge ce que vous dites-là tous les deux...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah ? et quelle genre d'interrogation ? (si que des fois on peut le demander.... ;-) )

      Supprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir adresse dans la marge à droite tout en bas).
Merci.
Je le publierai en votre nom.