J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici

, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


vendredi 8 décembre 2017

ombres nitescentes (1)

— « Comme cela j'aurai mon copain, moi aussi ! »
Il n'avait pas dit mon ami. 
Moi je dis mon ami.
Plus qu'un copain, je suis.
 Il le sait. 
Mais c'est un mot qu’il ne prononce pas, lui. 
Du moment que j'ai compris.

Évidemment, c'est un homme. Avec une façade d'homme. Un comportement d'homme.
Enfin, l'idée qu'il s'en fait, en tout cas.

50 ans que je le connais ainsi.
Il y a longtemps que j'ai appris à le regarder au-delà. En cet endroit où il m’émeut par sa profonde sensibilité, son affection indéfectible.

Une surprise pour son épouse, pour son anniversaire et le franchissement d'une dizaine.
D'ailleurs il a employé la même expression :
— « j'ai invité ses trois copines et leurs maris »
Il n'a pas dit ses trois amies. Pourtant c'est ce qu'elles sont. J'en connais deux depuis bien longtemps.
Et là, au téléphone il espère que je pourrai venir avec ma compagne de vie. Et puis,  cette petite phrase dans un grand éclat de rire, un éclat pudique :
— « Comme cela j'aurai mon copain, moi aussi ! »


Peut-être que je l'aime pour cela. Pour cet homme derrière une façade qui n'en est pas véritablement une. Pour sa vraie pudeur sous son allure bourrue. Pour son regard bleu dans lequel je vois sa profonde bonté  depuis si longtemps. Pour ces nuits de confidences quand il y eut de lourdes épreuves.   Pour nos rivalités, de jeunes cons. Pour nos déconnades grandioses d'hier et même encore d'aujourd'hui, sauf qu’elles sont désormais plus modestes. 

… Et pour la certitude de l'eau limpide qui nous a abreuvée dans les jours sombres et qui nous a maintenu en vie.


23 commentaires:

  1. Je me demande si "copain" n'est pas son truc pour te libérer des liens que forme l'amitié, et feindre qu'il ne s'agit que d'un copinage, qui pourrait bien être éphémère comme le sont les copinages. Une façon pudique de ne pas enfermer l'autre dans une relation qui contient presque un pacte, un engagement. Lui le ressent, le pacte et l'engagement. Mais il veut laisser la porte ouverte à l'autre...

    Non?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a peut-être de cela en effet… même si c'est un copinage vieux de 50 ans !…
      cependant, pour moi une amitié et un pacte de liberté. Et je ne suis pas du genre à être prisonnier volontaire…

      Supprimer
  2. Avec les copains, on partage le pain.
    Avec les copines... ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais… avec les copains aussi !… ;-)

      Supprimer
    2. Oui restons politiquement corrects !
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer
  3. Je m'entendrais bien avec ton copain. J'utilise les mêmes appellations. Pudeur, peut être, mais surtout j'estime que mes sentiments ne regardent que moi et l'autre, qui comme toi le sait très bien, et qu'ils n'ont pas besoin d'un label estampillé de qualité supérieure. On se comprend, c'est tout. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Est-ce que je considère l'amitié comme un label de qualité supérieure ?
      Supérieure ? : pas au sens de hiérarchie en tout cas.
      d'une autre qualité : sûrement !
      Peut-être à tort, mais je demeure attaché à la justesse des mots. Un copain et un ami ce n'est pas la même chose.
      Sinon, je n'aurais pas écrit ce billet…

      Supprimer
  4. au fond, c'est se rendre vulnérable de dire "mon ami" ou "je t'aime"
    C'est reconnaître devant l'autre et devant soi combien on est proches l'un de l'autre, à avoir partagé tant de choses, durant tant d'années
    D'ailleurs dire mon copain dans un grand éclat de rire, c'est dire sans dire combien on tient à l'autre... que c'est bête!
    Car ça ferait du bien de dire de temps en temps ces mots essentiels, qu'on sait ressentis pas chacun!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Voilà ! C'est exactement cela, je crois.
      Certaines « pudeurs du dire » existent bien. Notre histoire les a installées. Et au fond je sais très bien ce qui m'attriste le cœur dans cet éclat de rire…
      Mais il est comme ça, et je l'aime.

      Supprimer
    2. on ne pourrait dire "je t'aime"... dans un éclat de rire
      et c'est dommage d'avoir laissé s'installer ces pudeurs inutiles!
      Faut-il donc attendre la mort pour dire enfin les mots essentiels?

      Supprimer
    3. Est-ce que les « mots essentiels » peuvent aussi facilement se dire que cela ?
      J'ai souvent observé qu'il faut une circonstance favorable qui est rarement dans l'ordinaire des jours.
      Et je me demande — je me demande — si ce n'est pas mieux ainsi…
      Certes, on peut être pris dans un élan… comme celui des amants… où toute pudeur s'envole.

      Ta dernière phrase fait état de l'un de ces moments essentiels.… Où parfois il ne se dit rien du tout…
      Parfois c'est dans un « après » que, mystérieusement, tout commence…

      Supprimer
  5. Une façon d'avoir une carapace, peut être de se protéger...Mais l'amitié est là et c'est l'essentiel .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Peut-être que c'est une manière de protéger l'amitié…

      Supprimer
  6. Il y a une phrase qui court et qui dit quelque chose comme "un ami, c'est quelqu'un dont on sait tout et qu'on aime quand même"...
    Ton ami semble pousser la pudeur jusqu'à la pudibonderie. Mon père était ainsi. Au point que, lisant dans une lettre qu'il m'avait envoyée (je vivais très loin à ce moment)"ma petite chérie", je me suis mise à pleurer. J'avais presque 30 ans...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Au passage, j'ai appris un mot... Merci pour ça aussi :-)

      Supprimer
  7. "Copain", c'est plus pudique qu'"ami"; ça fait "je contrôle mes émois. Je suis un mec, la sensiblerie, les trémolos, c'est pas le genre de la maison". C'est très touchant, en fait. Et c'est un lien beaucoup plus sincère et solide que ça veut le laisser croire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je sais bien ce qu'il en est entre lui et moi… les liens sont tellement anciens, les nœuds si serrés, et nous les avons tellement mouillés de nos larmes de joie et de rire qu'ils sont devenus inextricables. C'est bien sûr l'essentiel…

      Supprimer
  8. Tout en retenue et en pudeur ...
    Copain et ami ne sont pas la même chose, c'est vrai, mais laissons notre intimité leur donner le sens que nous ressentons, pour ne pas briser le philtre ...

    RépondreSupprimer
  9. Charlotte9/12/17

    Voilà un homme réservé dans ses expressions affectives.C'est un timide peut-être. C'est toi qui sait.Le principal c'est le lien qui vous unit. Et si tu en parles c'est que ce lien est fort.
    Ton texte m'a fait réfléchir et j'ai constaté que j'avais plus des ami(e)s que des copains( ines) mais il y a aussi des degrés différents. Il y en a que j'aime plus que d'autres, il y en a à qui je me confierais plus qu'à d'autres. Par exemple ma soeur aînée à qui je confierais certaines choses et un homme à qui j'en confierais d'autres. La question d'une amitié d'une femme avec un homme est parfois plus complexe car souvent naît un désir plus ou moins conscient qui ne se rencontre pas avec une amitié féminine et qui peut parfois compliquer la relation.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un grand extériorisé, qui cache un grand timide…

      tu donnes un critère fort intéressant : se confier/ne pas se confier. je n'ai jamais rien confié à un copain.
      Un ami c'est tout autre chose…
      Un copain est plutôt pour moi un partenaire d'action (et l'action peut-être tout simplement de bien se marrer ensemble, jusqu'à entreprendre une action pour une cause quelconque). Un ami c'est beaucoup plus de l'ordre de l'intime et de la profondeur. Même si bien sûr on fait des choses ensemble.

      Supprimer
  10. Le mot copain apparaît plus léger qu'ami, mais il n'empêche la profondeur de la relation... il est simplement dans la retenue du sentiment vrai, avec peut-être plus d'insouciance dans l'échange, le partage.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En tout cas l'intensité de la relation est là, en effet.

      Supprimer

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici
, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir mon profil).
Merci.
Je le publierai en votre nom.