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Ça tombe mal !
J'ai toujours détesté les violettes.
Ça me donne la Nozière.
Ajoutons à cela mon aversion pour les natures mortes et ce sera le bouquet.
Sauf que là, j'ai dégotté dans un broc, aux puces de Saint-Ouen, cet horrible machin, sûrement peint par un de ces barbouilleurs du dimanche sur le retour.
Le retour de quoi d'ailleurs ? À mon avis c'était du cimetière.
C'est ça qui m'a donné l'idée de l'acquérir. Le cimetière. Comme je me débrouille pas mal en négociation, je l'ai eu pour moins de 20 sous. Pour un rentier à l'aise comme moi c'était pas grand-chose.
J'ai voulu la démarche solennelle. J'ai donc revêtu de ma plus belle redingote et mon vieux chapeau claque. Même le gardien du cimetière me salua avec tous les égards dus à mon rang supposé. J'ai cru un moment qu'il allait se mettre au garde-à-vous.
Arrivé devant la tombe de ma belle-mère, que j'ai aidée à mourir rapidement tant je la détestais, j'ai fait comme à mon habitude : je lui ai tiré la langue. Puis j'ai déballé la nature morte, et bien morte, et je l'ai déposé délicatement sur le marbre noir.
J'aurais bien souillé un peu plus la tombe, mais je me suis retenu, à cause d'une rombière qui se dirigeait vers un caveau tout proche, la voilette sur le nez et le mouchoir à chagrin dans la main. Décidément il y a toujours des entraves lorsque l'on veut exprimer sa détestation.
J'ai pensé : « voilà vieille bique, j'ai l'honneur de déposer cette horreur sur votre décomposition. Des fleurs plus mortes que vous, vous les avez bien méritées en signe de mon mépris ».
Je suis reparti tout guilleret en espérant que ma femme, dont je suis définitivement séparé, viendra bientôt sur la tombe chialer son désespoir hypocrite. Elle seule comprendra. Peut-être aura-t-elle à mon égard une pensée complaisante, puisque c'est sa mère qui a fait foirer notre couple.
Avant de rentrer, j'ai bu une bière (cela s'imposait) « Au Joyeux Cadavre » un bistro surréaliste situé juste en face du cimetière, dont la façade est d'un morbide du plus grand chic.
Il paraît qu'André Breton l'aurait fréquenté lorsqu'il tentait d'organiser un « Congrès international pour la détermination des directives et la défense de l’esprit moderne »
Ma belle-mère n'était pas moderne. Ce n'est pas bien grave puisqu'elle n'avait pas d'esprit.
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Il fallait vraiment que cette fade peinturette soit insupportable pour produire un tel texte…
je dois reconnaître que ce n'est pas très gentil pour feu ma belle-mère, que j'adorais ! Paix à son âme !
Sidonie* je vous aimais beaucoup et vous aime toujours !
(*) Prénom changé

Une bière? Une Mort Subite, alors! :-D
RépondreSupprimerEvidemment !!!
Supprimer:-D
J'adore ! C'est plein d'humour noir.Tu es vraiment très doué pour l'écriture. Mais dis moi tout. Tu as mis combien de temps pour écrire ce texte ? On dirait que cela t'a pris le temps que j'ai pris pour le lire et mettre un commentaire.
RépondreSupprimerA Bruxelles il y a un un café très connu qui s'appelle " La mort subite" Mon père y allait pour soutenir son favori en politique qui y organisait des réunions: une certain VDB Van Den Boen...
PS: Vanden Boeynants
RépondreSupprimerC'était du temps où la Belgique pensait qu'il fallait un premier ministre !
SupprimerAh ce célèbre VDB enlevé !
"Brussels sound revolution - Qui ..?"
le tube de l'époque !
CLIC ICI..
Ah les sales belledoches ! que de dégâts auront-elles causés... J'ai bien aimé la vengeance de ton héros.
RépondreSupprimerIl mérite une belle médaille
Heureusement les jeunes ne se marient plus !
SupprimerExit les belledoches !
;-)
La détestation a inspiré du monde, ce matin...
RépondreSupprimerBon, tu t'es retenu de cracher, c'est bien.
Je ne m'appelle pas Boris !
SupprimerJ'en connais un qui serait capable de faire la même chose sur la tombe de sa belle mère !
RépondreSupprimerSauf qu'elle n'est pas sa belle mère, puisque nous ne sommes pas mariés ;), et qu'il n'y a pas de tombe, puisqu'elle est vivante, et que de toutes façons, il n'y en aura pas, puisqu'elle veut se faire incinérer...
Humour noir qui m'a fait sourire. :)
Zut alors pas de chance !
SupprimerÇa va avoir un goût de cendres !
(J'ai beaucoup pratiqué l'humour noir dans ma jeunesse, il faut bien que de temps à autre je ramène ça !)
Même sans mariage, on a quand même les belles mères, elles sont devenues "modernes"
RépondreSupprimerLa belle-mère moderne ! C'est pas encore pire ?
Supprimer;-)
Vu que je n'ai que des fils, je n'aurai donc jamais de gendre qui viendra déposer et me dire de telles horreurs sur ma tombe ! OUF !... (sourire)
RépondreSupprimerMéfie-toi quand même des brues !
SupprimerC'est peut-être plus dangereux encore !
;-)
Comme disent les jeunes: "morte de rire"! :-)) Bises alpines.
RépondreSupprimerRire ne peut faire que du bien !
SupprimerJ'ai bien ri... et je te vois rire en écrivant ce texte ;-)
RépondreSupprimerEh bien tu n'as pas tort, je me suis gaussé en écrivant !
SupprimerPauvres violettes! Pourtant, il n'y a rien de tel qu'un petit bouquet de violettes à la main pour que tous les gens que tu croises te sourient.
RépondreSupprimerIl y a longtemps, dans le métro parisien, j'allais rendre visite à une amie avec un petit bouquet de violettes. Tout le monde, dans le métro, regardait mon bouquet et me faisait de gentils sourires. J'étais ébahie, je n'avais jamais vu ça. Je n'ai pas réitéré l'expérience mais je suis sûre que ça marche encore.
Les violettes c'est joli !
SupprimerDonc c'était pas la peine de les massacrer sur cette croûte !
(Avis tout personnel, et que je ne partagerai qu'avec moi-même par égotisme pur jus.)
Et ton souvenir est délicieux. Ce n'était pas que le bouquet de violettes qui avaient du succès, mais toi qui l'avais en main.
Pauvre belle-mère ! Ca, c'est envoyé….J'espère que mon gendre ne viendra pas cracher sur ma tombe, ni ne pense à m'empoisonner. Faut dire que je ne suis pas du genre à me mêler de leur couple, je pense n'être pas une trop mauvaise belle-mère...Remarque, j'aimerais bien qu'on vienne fleurir ma tombe, mais, bon pas qu'on vienne cracher ou pisser dessus...Ma belle-mère, avec qui je n'étais pas trop "copine", c'est moi qui pense à lui fleurir sa tombe, mais, sans arrière-pensée, mon mari n'est pas du genre à y penser...Si je meurs avant lui, faudra que je lui écrive dans mon testament "pense à fleurir ma tombe 1 fois par mois… et à pleurer au moins une fois/mois.
RépondreSupprimerÀ la fin de mon texte, je dis que j'aimais beaucoup ma belle-mère. Une femme admirable, musicienne professionnelle, toujours optimiste et de bonne humeur.
SupprimerMais je réalise qu'en outre elle était comme toi : pas du genre à se mêler de notre couple, comme tu le fais toi-même.
Alors il y aura du monde pour fleurir ta tombe… mais bon, on a largement le temps !
;-)
excellent! plein d'humour :-)
RépondreSupprimerMerci d'apprécier !
SupprimerAmusant !
RépondreSupprimerD'autant que, si ça se trouve, la belle-mère aurait en fait été du genre à aimer le "présent" (sauf du fait que ça vienne de lui bien sûr) !
Enfin ce monsieur se donne bien du mal à détester, j'espère qu'il n'y met pas trop de temps et d'énergie, ce serait un peu du gâchis ☺
Tu soulignes avec justesse l'éternel problème des « obsessionnels » !
Supprimerperdre son temps à nourrir ses névroses ! Quel gâchis !
;-)
Il ferait mieux d'aller écouter la bonne vieille chanson de Luis Mariano ( oui, je sais, je suis vieux !) :
« l'amour est un bouquet de violettes »
c'est ici : https://www.youtube.com/watch?v=mJMfjbzUyLU
pour toutes ces femmes qui furent totalement amoureuses de lui !
Bon, c'est sûr : Patrick Bruel c'était autre chose !
😀