J’aurais pu vous soumettre la toile de Courbet « Le sommeil » présentée souvent comme « La paresse et la luxure ».
J’ai choisi « La paresse » de Valloton, pas plus habillée.
C’est évidemment ce goût, tant pour la femme que pour la flemme, profondément ancré en moi qui m’a poussé à vous proposer cette illustration de l’activité la plus prisée de votre serviteur.
Qu’évoque donc pour vous la paresse ?
À lundi donc.
Gabrielle et Félix
Bonjour, je m'appelle Gabrielle.(*)
Je paresse sur le lit le jour durant en attendant mon Félix, qui adore ma petite chatte. Moi aussi je l'aime et je la caresse en pensant à lui qui bientôt viendra me rejoindre sur le lit de nos amours.
Félix aime les arts, autant que faire le lézard, le latin, le grec et moi. Il est avide de tout. Il aime les eaux-fortes autant que j'aime les alcools forts.
Je suis sa muse et cela m'amuse. Nue, je suis pour lui. Maîtresse de ses ambiguïtés incontestées, je l'aide à mettre en lumière les vices secrets dissimulés au cœur de ses œuvres. Celui qui sait regarder voit tout.
Je cède à tous les caprices qu'il me murmure entre deux portes.
Il peint directement dans ma pensée ce qu'il souhaite que je sois pour lui et cela me procure des frissons aux endroits les plus indécents.
Parfois la nuit, en attendant sa venue surprise, je m'abandonne paresseusement à des pensées intenses et lubriques que je viens de lire dans le livre rouge interdit et mis à l'index par les autorités religieuses, qui pourtant savent comment s'adonner à des pratiques comparables.
Les yeux grands ouverts je pense à ce qu'il exigera et que j'ai deviné lorsqu'il m'a montré cette toile :
De ce côté-là il n'est nullement paresseux et toute son ardeur se fait disponible lorsque c'est nécessaire à nos satisfactions respectives.
En attendant sa venue qui ne saurait tarder, je contemple une de ses dernières toiles.
Cette oeuvre commence quand même à me poser des questions je vous la présente :
Je craindrais qu'il rêve à quelques jeux aquatiques. Bien que je sois ouverte d'esprit, et d'ailleurs, il faut quand même savoir se fixer des limites. L'imaginaire n'en a aucune. Mais la réalité peut en poser. Alors, cher Félix, méfie-toi un jour d'aller trop loin et de franchir la limite qui ne rend plus possibe un retour arrière.
Il se pourrait que ce jour-là je me vois contrainte de t'abandonner définitivement à tes lubies croissantes. Je partirai, certes avec regret, après un dernier coup d'œil à ce qui fut notre couche, celle où je suis à l'instant lascivement allongée, me préparant pour te recevoir et goûter avec toi la puissance incommensurable des amours interdites.
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(*) Gabrielle fut la maîtresse et la muse de Félix Vallotton. Je lui donne la parole dans un texte évidemment totalement fictif et inventé par mes soins. il ne correspond en rien au réel de Félix ou de Gabrielle, dont j'ignore tout quant à leur biographie… si ce n'est cette photo :









C'est bien d'avoir lié ton texte aux œuvres de Vallotton, une petite difficulté supplémentaire (et enrichissante pour tes lecteurs).
RépondreSupprimerMerci ! Ce fut surtout un amusement d'aller voir ses œuvres et d'inventer une petite histoire…
SupprimerUn pinceau coquin qui vient caresser son modèle !
RépondreSupprimerCe peintre l'était sûrement !…
SupprimerLe goût pour la femme et la flemme, belle association ;)
RépondreSupprimerQuel lien étonnant que celui de Gabrielle et Félix ; il semblerait que la peinture aide, enfin une relation qui mène sur un chemin créatif ;)
Important de s'ouvrir, l'esprit est sans doute la chose la plus difficile à ouvrir...
Je ne veux pas venir sur le terrain déjà bien balayé, mais quand même, la plupart du temps, que seraient les artistes sans leurs muses ?
SupprimerMaintenant qu'est-ce qu'il en fut véritablement pour ces deux personnes… je n'en sais rien ! Je veux dire que je n'ai pas cherché non plus en savoir plus… mon imagination a suffi…
C'est vraiment pas mal... je l'ai lu avec plaisir. J'aime beaucoup certains tableaux de Vallotton. Le texte est assez drôle et apparemment ça peut arriver, que la femme se lasse (n'était ce pas le sujet de 9 semaines et demie?)
RépondreSupprimerC'est en découvrant ses œuvres que m'est venue l'idée pour la consigne.
SupprimerJe n'ai jamais « posé » (manquerait plus que ça !), Mais je pense bien que cela me lasserait très vite !
;-)
J'aime beaucoup ce récit ponctué des toiles de ce peintre, tu as su encore une fois surprendre et montrer que toi aussi tu es l'artiste qui a su lire l'âme de Valloton.
RépondreSupprimerJe ne pense pas être un artiste, je m'amuse surtout avec les consignes, et puis, que veux-tu, j'aime écrire !
SupprimerCa se voit et ca se sent
SupprimerJ'aime beaucoup ton devoir, ce récit invité des amours du peintre me ravit.
RépondreSupprimerMerci et je me réjouis de te ravir !
SupprimerMon inculture ignorait ce peintre que je découvre grâce au devoir du lundi ! Belle idée d'avoir illustré ton propose avec les toiles que tu as su choisir avec à-propos...
RépondreSupprimerLes premières lignes sont ambiguës pour le plus grand plasir de tes lecteurs(trices)
T'inquiète, j'avais la même ignorance avant ce « devoir ».
SupprimerPeintures et texte se marient bien...et rendent la lecture fort agréable...
RépondreSupprimerElle avait l'air jolie, sa "muse" au prénom d'ange...
Quant à lui, il avait (mais il ne le savait pas encore) un prénom...
parfait pour un chat !
Ceci dit, les deux premières phrases sont très...coquines ! ;-)
Comment ça coquines ? :-)
SupprimerEt merci de participer à l'amusement…
J'ai appris beaucoup de choses en lisant ton texte aujourd'hui . je ne connaissais pas ce peintre. Cela m'a beaucoup intéressée d'autant qu'avec ton écriture on est sure de ne pas s'ennuyer. Bravo tu l'as fait très fort cette semaine .
RépondreSupprimerCe fut un week-end de divertissement !
SupprimerContent si j'ai pu te distraire.… Et même t'instruire…
J'aime beaucoup ton devoir.
RépondreSupprimerMerci, Berthoise
SupprimerVoilà le genre de post qui me ravit. Texte et images !
RépondreSupprimerBravo.
J'imagine assez bien que cela n'a pas dû te déplaire !
Supprimer;-)
Mais où est passé le commentaire dithyrambique que j'avais pensé laisser chez toi ?
RépondreSupprimerJ'ai été enchanté par cette ode à la beauté.
Et j'ai pensé en voyant la photo de Gabrielle qu'ils ont sans aucun doute beaucoup joué avec ce que la nature leur avait donné comme différences.
Ppffff ! Il semble bien qu'il a disparu dans les profondeurs du net… je suis allé voir il n'était pas dans les spams… c'est agaçant finalement !
SupprimerJe dois dire qu'il m'étonnait il n'y ait rien de toi… à présent je comprends.
C'est effectivement la photo d'eux-deux qui m'a inspiré au point de départ. Gabrielle avait un visage trop coquin pour qu'il n'y ait pas « anguille sous roche », comme disait ma mère…
Tu as le talent d'écrire des histoires, mais aussi celui de ré-écrire l'histoire.
RépondreSupprimerEt ce n'est pas donné à tout le monde...
Chouette et coquine interprétation des tableaux. ;-)
J'ai adoré.
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