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samedi 17 janvier 2015

Saison Avenir

Il est beaucoup question ces temps-ci de religions, de croyances, de spiritualité, de laïcité, de démocratie, de l’Islam, des islamistes, des musulmans, cathos, juifs, athées, mécréants, impies et élus, chacun y allant de ses déclarations, officielles, anonymes, sérieuses ou délirantes, enfin bref « Ça » discute…(comme aurait dit tonton Freud).

Que pourrais je dire moi-même sur chacun de ces mots ?
Bien des choses assurément, mais autour de quoi vais-je pouvoir rassembler un minimum mes pensées confuses de ces derniers jours ? Quel est l'axe vertical qui me remet dans mon essentiel ?

La première chose qui me vient c'est un double constat :
— l'exercice du mal (ce qui déshumanise) qui est en l'homme et dans l'humanité  À savoir la barbarie, L'horreur et l'horrible dont nous avons été témoin télévisuellement.

— l'exercice du bien (Ce qui humanise) qui est dans l'homme et dans l'humanité, et dont nous avons vu l'exercice dans le rassemblement d'un peuple, même si ce n'est que l'espace de quelques temps, même si l'émotionnel a favorisé le soulèvement de conscience. 

C'est deux composantes sont en nous, en moi, en chaque être humain. C'est là que tout commence, C'est là que tout prend racine, C'est là l'origine. Nous ! Moi !
Je ne développerai pas ici tout ce qui concerne l'éducation, Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, et jusqu'à un âge avancé, car l'éducation est une affaire de toute la vie. Et puis, l’éducation est loin d'être la clé explicative à tout…
Simplement, où en suis-je, moi, petit humain de la planète, au regard de ces deux choses citées ci-dessus.

— L’exercice du mal, je connais, ce sont tous  ces actes, grands petits, exceptionnels ou quotidiens, que je pose tout au long de ma vie. Tous ces actes qui ne vont pas dans le sens de ma propre humanisation et qui ont donc des rejaillissements négatifs sur autrui ou sur moi. Par « l'effet papillon » bien connu, selon les endroits où je suis situé, ces enchaînements mortifères aboutissent lentement, de proche en proche, petit à petit, au terme d’échevaux complexes emmêlés d’interactions humaines subtiles, aux scènes dramatiques de ces derniers jours. 
Alors certes il est commode de dire que je n'y suis pour rien. C'est exact. Je n'y suis pour rien directement, mais où est ma petite part de responsabilité globale ? Si je ne m'interroge pas de cette manière, alors quelle peut être la valeur de mes propos sur ma confiance dans l'humanisation de la société. Chaque fois que je regarde de travers un musulman en djellaba, une femme voilée, un curé en soutane, un militaire avec tout son attirail, un type patibulaire (mais presque), que je traite de journaleux un journaliste qui émet des propos qui ne me plaisent pas, que j’enc… la police tout en pronant un état de droit policé…  Etc. etc. Je suis une gouttelette d’eau dans l'océan de ce qui n'apporte rien de bon à ce qui m'environne. Et rien de bon à moi-même nous plus. C'est évident.

—  L’exercice du bien je connais aussi. Je crois avoir accompli des choses bonnes. Mais je ne vais pas m'étendre là-dessus. Ils sont nombreux ceux/celles qui oeuvrent à une humanité  un peu meilleure que ce qu'elle est. Il y a parfois de l'héroïsme ordinaire. Il y a l'échange de sourires dans la rue, la chanson d'amour que l'on fredonne, l'honnêteté dans les actes que l'on pose, le don de soi-même parce que c'est comme ça, parce que c'est un naturel de l'homme. Et bien des choses encore qu'il faudrait écrire.

Je suis irrémédiablement dépositaire en moi de ces deux forces là. Une positive l'autre pas. Alors bien entendu, ce n'est pas l’une ou l'autre, ce n'est pas manichéen, blanc ou noir, les deux composantes se mêlent, s’entremèlent, aucun acte n’atteint la pureté que je voudrais lui donner.
Ainsi en est-il de ma réalité humaine.
Ainsi en est-il de l'imperfection de ce que nous sommes aujourd’hui, à peine encore sortis de l’animalité barbare. Combien faudra-t-il encore de millénaire pour une humanisation digne de ce nom?

Alors, reste la dimension collective, communautaire, sociale, économique, à laquelle je ne peux échapper. Celui qui vit seul a besoin de l'autre. Celui qui s'isole finit par perdre son âme. Parce que personne ne détient l'origine de lui-même, Et que lorsque  se pose sérieusement la question« qui suis-je? » nécessairement vient la découverte que : « autre(s) » m’habite(nt).

Pour ce qui concerne les horreurs des jours derniers, celles qui continuent, celles qui viendront nécessairement, je pense souvent au début du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, dont j'avais imprimé un extrait, longtemps placardé dans mon bureau.

Eleanor Roosevelt tenant la version espagnole
 de la DUDH en novembre 1949.

"Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.

Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression."


On sait très bien les conditions historiques dans lesquelles ce préambule a été écrit. Je souligne le membre de phrase qui m'a toujours habité. Les actes qui révoltent la conscience de l'humanité.
N'est-ce pas ce côté révolté qui a fait descendre les gens dans la rue !? Quelqu'un a eu le trait de génie d'un slogan « Je suis Charlie », Expression valise dans laquelle chacun peut mette ce qui lui convient, comme on pourrait écrire : «je suis qui je suis ». Sans doute est-ce nécessaire dans l'instant. Manière de manifester cette révolte de la conscience. À ce niveau de la personne, la révolte ne s'exprime pas par des mots tonitruants, des revendications et choses du genre. Elle s'exprime par une présence, Une force de présence, quelque chose qui s'accommode très bien du silence qui fait autorité.

Ainsi donc, il y aurait une conscience de l'humanité… quelque chose qui transcende chacun des individus, un fond commun de conscience inscrit au cœur même de chaque personne et qu’il serait peut-être possible de rejoindre à l'intérieur de soi.
Ma modeste expérience personnelle me fait adhérer à cela. La vie m'a amené à aider des personnes Issues de bien des endroits, cultures et religions différentes, mode de pensée diversifiées. Pas toujours facile de comprendre l’autre qui vient d’ailleurs lointains que ma petite sphère.  J'ai toujours constaté qu'au-delà des déterminismes sociaux, des us et coutumes, des croyances, des idéologies, des appartenances religieuses, apparaissait un fond commun, une sorte de potentiel originel, souvent enfouis bien loin dans la personne, souvent recouvert de couches culturelles et sociales issues du milieu où l'on est inséré, fond originel que la personne retrouve dans une démarche introspective qui lui fait percevoir la dimension communautaire et universelle de son être profond.
Moment souvent intense.
Moment que j'ai pu vivre moi-même en son temps et cherché à rejoindre souvent.
Moment dont il faut cultiver l'émergence sans cesse, parce que « tout le reste » de la personne n'a de cesse de nous faire oublier cet aspect essentiel de nous-mêmes.

Je n’atteins cette zone intérieure que par le chemin des ressentis, c’est-à-dire par une attention aux profondeurs de moi-même, ce qui suppose d'aller au-delà de l'émotionnel de surface qui forcément arrive en premier, à l’instar des manifestations de ces derniers jours. Vient ensuite le temps de la descente plus profonde, non pas en expurgeant l'émotionnel au profit de la seule raison, mais dans un mouvement intérieur vers cet aspect essentiel et universel évoqué ci-dessus.
Ensuite, présent à cette zone de moi, ma raison peut agir, intervenir, élaborer, décliner des modalités d'action. Ceci parce que je suis alors relié à autre chose que ma pensée qui se boucle toujours sur elle-même, à autre chose que mon petit moi émotionnel, relié alors à la dimension collective et communautaire de ma personne, c’est-à-dire ouvert. C'est ma seule manière de sortir de mon égocentrisme, toujours séduisant, hélas…

Je continue à espérer que notre classe politique sorte de ses ornières, aille au-delà de son niveau de conscience adolescent, (être toujours contre ce que dit et propose l'autre camp, quitte à se contredire en permanence lorsque la majorité devient opposition et l'opposition majorité)… pour rentrer dans des comportements plus adultes, humanisés, collaboratifs, brefs… normaux….
A défaut la dégringolade se poursuivra et les choix extrémistes et liberticides triompheront. L’Histoire est remplie de ce genre d’épisodes…

Voilà pourquoi, entre autres, ce blog s'intitule : J’en rêve encore…
Mais les années passent….

37 commentaires:

  1. mince de mince de mince
    Ces mots sont forts, intelligents, humains
    Sont écrits par un homme fort, intelligent, profondément humain et aimant
    capable de se remettre en question.
    Larmes aux yeux en te lisant
    Admiration et reconnaissance. pour l'homme que tu es
    ..

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    1. oh la !
      je vais me péter une cheville....
      J'ai répondu à un besoin de me clarifier les choses.
      J'essaie de plus en plus de m'en tenir à mon expérience personnelle, Disons essayer d'en rendre compte. Sinon je peux vite être dans tes généralités, Voire « Faire la leçon» ce qui n'apporte pas grand-chose…

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  2. Un texte intelligent et humble, qui situe bien les responsabilités de chacun.

    Le passage que je retiens de la déclaration des droits de l'homme est le suivant : « l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme. »

    Merci pour ce dont tu témoignes.

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    1. Oui, j'aime aussi ce passage. Je pense que cet avénement s'inscrit dans un très long chemin. Nous n'en sommes qu'aux prémices…
      C'est pas seulement une espérance en l'air, Cela relève d'une conviction viscérale en moi.

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  3. Je t'admire depuis toujours, Alain. Et je pense que tu le sais. Tes mots sont essentiels, car ils remettent de l'ordre et de l'espoir dans les cœurs chamboulés, qui ont sans doute moins que toi la de faculté de prendre un recul nécessaire.
    Tu exprimes très clairement les dualités, les finesses, les nuances qui doivent accompagner ce débat quand il touche à ce que nous avons chacun en nous-même de plus précieux, et en même temps de plus vil.
    Alors merci, car c'est vrai, c'est le mot qui vient spontanément aux lèvres. Merci surtout d'avoir laissé le dialogue ouvert avec tes lecteurs.
    Bises apaisées.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Pour ce qui est des commentaires, compte tenu de ce qu'il m'est venu d'écrire, je me suis dit que ça n'aurait pas de sens de les fermer.

      Je suis sensible au merci. J'ai élaboré ce texte sur plusieurs jours. Je le voulais le plus juste qu'il soit possible. A mes propres yeux surtout. S'il est utile à d'autres je ne peut que m'en réjouir.

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  4. On dit que les hommes ont aspiré à rencontrer Dieu et sont tombés sur les religions! Et depuis que d'inquisitions, de chemins de croix, de djihadismes... jusqu'à l'épuration de ... Charlie Hebdo.
    Ne dit-on pas qu'en religion il y'a un pur plus pur qui épure?
    Alors pour reprendre l' épigraphe de ton blog, sous forme interrogative : Le bruit coure-t-il encore qu'on pourrait être heureux?

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    1. C'est Theodore Monod qui dit ça je crois.
      Si ce bruit ne courait plus, je changerais de planète.
      Les religions aurait du savoir se limiter à des communautés, Et ne pas avoir cette permanente volonté d'acquérir du pouvoir…

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  5. Ton texte est admirable mais la référence aux droits de l'homme et du citoyen est pitoyable...
    "... Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde... "
    Les Français ont appris à écrire mais pas à lire... Ces foutus colonialistes du 19e siècle s'en sont régalés de ces conneries sur la famille humaine et sa dignité...
    Tu parles Charles !
    Et ensuite ca vient chialer sur la barbarie éprouvée...
    Trop drôle, trop hypocrite.
    Quand on insulte des millions de gens, qu'on refourgue le mal dans ses environs, faut s'attendre à l'effet boomerang...
    Le mal appelle le mal... Nous sommes tous responsables d'une manière ou d'une autre...
    Et on adore jouer les victimes...
    Mince ! Sacrés hypocrites de Français !
    Sourire

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    1. Merci d'avance de t'exprimer dorénavant en ton seul nom, Shiro Kuma :)

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    2. Je suis algérien, j'ai vécu le colonialisme, mais est-ce la faute des peuples ou des gouvernants. Il ne m'est jamais venu en tête de considérer tous les français comme hypocrites car alors que dirais-je de ceux français qui se sont sacrifiés pour dénoncer le colonialisme ne serait-ce que par un de leurs grand philosophe Jean Paul Sartre et d'autres encore et ce, au péril de leur vie. Non, il y'a de mauvaise politique dans les pays, il n'y pas de mauvais peuple.

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    3. Rien à ajouter.
      Merci Bizak, on ne pouvait mieux dire face à certaines élucubrations.

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    4. Le comité de rédaction de la Déclaration était composé d'un Américain, d'un Français, d'un Canadien, d'un Britannique, d'un Australien, mais également d'un Russe, d'un Chinois, d'un Chilien et d'un Libanais. Le premier alinéa est né sous la plume d'E. Roosevelt et le second issu d'une proposition du juriste humaniste R. Cassin.

      Le texte a été adopté par l'ensemble des Etats membres des Nations-Unies le 10 décembre 1948, moins huit abstentions : l'Arabie Saoudite et le Yémen opposés à la reconnaissance de l'égalité homme/femme ; six Etats communistes défendant une conception sociale, et non individualiste, de l'universalité.

      Quelques précisions utiles, me semble-t-il...

      Pour le reste, tu as raison, la garantie des droits de l'homme est un processus, et il n'est évidemment pas à son terme.

      Amitié.

      R

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    5. Merci grandement R.
      Précisions plus qu'utiles en effet. Je pense en particulier à René Cassin, Prix Nobel de la Paix.

      Quant à la garantie des droits de l'homme, beaucoup pensent qu'en France celle-ci est assurée définitivement… Certes nous avons des acquis. Mais rien n'est jamais gagné en ce domaine.
      Ne l'oublions jamais!

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  6. Article très réfléchi et humble ...Ca fait du bien... S'interroger sur soi-même ...et aussi de ne pas savoir... Nous entendons tellement toujours ceux qui affirment le contraire et le gueulent haut et fort bien sûr...

    Il manque juste une dimension, je crois... propre à l'homme et essentielle pourtant dans ce qui vient de se passer : Oui, mais le rire ... quid du rire ?

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    1. Oui tu as raison… le rire…
      Ils ont tué ceux qui riaient…
      Ils se sont déshumanisés.
      Sans le rire l'homme est dénaturé

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  7. Charlotte19/1/15

    Merci pour ce texte intelligent que j'ai lu plusieurs fois .Il y a "Je suis Charlie" . Et dans la Bible il y a "Je suis... celui qui est " Dans le Nouveau Testament à Pilate qui interroge Jésus par cette question "Es tu le roi des juifs?" il aurait répondu:"C'est toi qui le dis!" On connaît la suite de l'histoire ...Un innocent est condamné et crucifié.Le "tu es" peut s'entendre autrement dans la langue française.
    J'ai beaucoup apprécié le texte republié dans Charlie Hebdo de Elsa Cayat" la capacité de s'aimer".

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    1. Ah oui… je l'ai lu aussi…
      Il n'y a pas que de la poillade dans Charlie hebdo.
      Je ne le lisais plus depuis des années. Dans ma jeunesse j'étais un fan de hara-kiri.
      Ils voulaient tuer Charlie. Ils m'ont donné le désir de le lire plus souvent…

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  8. Brigitte19/1/15

    Je suis pleine d'admiration face à ce témoignage dont l'analyse est pleine de bon sens et d'humilité . Tu es un maillon fort pour tous ceux qui cherchent un sens à leur vie. Sommes-nous à la croisée des chemins, à l'avènement d'un monde nouveau où la liberté d'être qui nous sommes réellement , libéré de nos peurs, de nos misères et de nos jugements nous permettra de vivre plus fraternellement? Il est vrai que nous ne sommes qu'un grain de sable sur la terre ou une goutte d'eau dans l'océan ! Je me sens toute petite face à l'ampleur de ce qui vient de se passer et pourtant il me semble que chacun à notre place nous constituons ce tout qui est la vie du monde dans lequel nous évoluons . Et je mesure de plus en plus combien il est important de revisiter la forme que peuvent prendre nos pensées ou nos actes . Car la haine engendre la haine , la peur engendre la peur. Ainsi tout jugement ou toute justification de nos pensées ou de nos modes d'action peut agir comme un balancier aussi bien destructeur que constructeur. Tout est donc question d'équilibre à trouver et c'est peut-être le réveil d'une conscience endormie qui ouvrira la porte à plus de respect , de reconnaissance de soi et de l'autre pour vivre plus humainement. Je n'existe pas sans l'autre, sans les autres. Ce sont eux qui m'invitent à me situer dans cette vie ... Et les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité sont pour moi comme des petites étoiles qui guident mon parcours pour plus d'humanité. Il est vraiment vital de pouvoir faire cette démarche introspective pour percevoir cette dimension universelle de notre être profond. Et tes écrits font souvent référence à cette présence à soi et à l'autre indispensable pour pouvoir progresser et espérer en l'avenir de l'Homme. Un grand merci. Brigitte

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    1. Il y a bien des manières de réagir aux événements tragiques tels que ceux nous avons vécu. Il appartient aux politiques (les "vrais" par les politiciens...) et représentants de la Nation de faire des choix en conformité avec les valeurs de la république. (on pourra toujours en débattre).
      Mais il y a aussi Notre manière de réagir et agir en tant que citoyen ordinaire. En ce sens, nous avons l'influence qui peut être la nôtre, là où nous sommes. Il ne faut pas minimiser cette aspect. Il a pris plus d'ampleur qu'auparavant avec Internet, Puisque chacun peut là y exprimer publiquement son point de vue et ses convictions. Alors bien sûr on trouvera de tout. Le pire comme le meilleur. Autant essayer de concourir au meilleur.
      Je crois beaucoup au retour sur soi-même qui permet d'accéder aux valeurs universelles, C'est-à-dire celles où chaque humain peut se retrouver. Je dis bien CHAQUE humain. Au sens d'un possible pour chacun, À condition d'avoir l'honnêteté de descendre au fond de soi-méme et de voir ce qui s'y trouve vraiment.
      Essayons, et nous verrons!

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  9. Je comprends qu'il y a des gens qui sont nés tendentiellement bons ou tendentiellement mauvais. Dans une même fratrie, avec la même éducation, on a parfois des contrastes surprenants. Même si, naturellement, même fratrie et même éducation n'empêchent pas les différences (premier ou puiné, enfant attendu et enfant surprise, état financier des parents lors de la naissance, situation affective du couple, sociale .... Ce n'est jamais exactement la même chose pour chacun mais il y a une "moralité" ou "amoralité" commune qui préside aux années d'enfance.

    Maintenant... on exploite l'angle dans lequel on est le plus à l'aise, ou par lequel on veut exister (le martyr qui doit se venger d'une vie d'injustices, ou l'apôtre du bien, pour aller dans les extrêmes). Mais tu as raison, nous avons les deux tendances en nous. J'aimerais penser et croire qu'il existe, comme tu dis, un "possible" pour chacun, mais je ne suis pas certaine. Je le crois aussi mais avec un doute quelque part...

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    1. Par rapport à ta première phrase je dirais plutôt que chacun naît avec un potentiel de possibles, de potentialités, d'aptitudes etc. qui peuvent se déployer au cours de l'existence, Plus ou moins, selon l'histoire personnelle, ce qui s'y passera etc. C'est un peu différent de tendances bonnes ou mauvaises. (en tout cas c'est mon anthropologie personnelle… qui rejoint sans doute ce qu'il est convenu d'appeler le courant de la psychologie humaniste)

      Quant au concept de« même éducation» je n'y crois pas beaucoup. Bien sûr, tu as raison sur des grandes lignes générales. Des tendances de fond. (encore que avec les familles décomposées/reconposées/ voir re-recomposées.... Le concept de même éducation se complique…). Entre le premier et le dernier enfant le système de valeurs du couple évolue forcément. Et je ne parlerai même pas du rôle de l'inconscient et des préférences cachées parentales à l'intérieur de la fratrie…
      Mais bon, je chipote… d'une manière un peu globale je te rejoins.

      Quant au possible pour chacun, il m'est arrivé d'en douter. Cependant, ma petite expérience de vie (professionnelle notamment) m'a tellement mis en face de "cas désespérés" qui ont trouvé leur solution et leur chemin de vie que cela devient rarissime que je doute d'une personne. (sauf sur le coup d'un emportement passager, mais c'est une autre affaire…)

      Merci pour ce commentaire que j'ai apprécié.

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  10. J'aime ta conclusion (si on peut dire conclusion...), enfin ta constatation plutôt qu'en effet, des cas "désespérés" trouvent leur solution, souvent. C'est un point de valeur, ça!

    Oui, je comprends pourquoi tu "chipotes", je sais moi aussi que même si on apprend tous à ne pas parler à table (enfin, tout ça c'était "de mon temps..." ha ha ha), à ne pas interrompre, ne pas cafarder etc... ce ne sont que des choses comportementales qui n'empêchent pas la personnalité de se déveloper autrement. Tout en montrant le même visage que les autres enfants. Et comme tu dis... il y a les préférences cachées, même parfois combattues etc...

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  11. Simply thank you.


    sprite

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    1. Content de te voir passer par ici, chère Sprite

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  12. Les jours ont passés et je vois bien les opinions changer. Avec douleur. Je lis ici et là des gens pourtant cultivés, éduqués, ouverts, commencer à dire ou à laisser entendre que quelque part aussi "ils l'ont bien cherché". Reculade lâche et veule. De là à dire "ils étaient juifs" ils l'ont bien cherché. Ou ils étaient caca d'oie, à pois, ou adeptes du Grand Mamamouchi et ils l'ont bien cherché. Tu vois un peu où ça mène. Bien sûr qu'il faut se respecter les uns et les autres mais cela veut il dire s'écraser face à la barbarie? Je ne crois pas.

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    1. Je ne crois pas avoir laissé entendre qu'il faudrait s'écraser face à la barbarie.
      D'ailleurs mon parcours de vie va à l'encontre de cela. Ce n'est pas pour rien que je suis fiché aux RG !
      Alors bien sûr il y aura toujours des gens aux réactions comme tu le dis. Pour moi, au niveau d'une démocratie, c'est un problème de "masse critique". À partir de quand une nation, un peuple, change de conception de ce qu'il est, se modifie sous l'action d'événements internes et/ou externes, aux effets cumulatifs.
      Il se pourrait en effet que le pire soit devant nous…
      Peut-être que malgré mon grand âge (!!) Je rentrerai encore en résistance…
      Mais c'est pas sûr…!

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    2. Tu sais je ne suis pas adepte du grand complot, quoique je trouve très suspect que Gouda 1er se soit empressé de signer la Loppsi le lendemain même des attentats. Que dans la foulée Monsanto ait été adoubé par les commissaires européens et que ces agents de satan soient désormais autorisés à répandre leur mort silencieuse dans toute l'Europe. TAFTA est en embuscade et attend probablement la prochaine tragédie. Je ne sais pas si les terroristes étaient téléguidés mais je me demande si on ne leur a pas un peu facilité la tâche macabre...

      Et puis je ne pensais pas du tout à toi au sujet de la barbarie et de l'omerta frileuse. Du tout. :)

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    3. Je ne crois pas au Grand Complot, au sens de je ne sais quelle organisation supra-ché-pas-koi, avec une "entité planétaire" qui tirerait les ficelles. Je me contente de sourire aux films kitch de James bond !
      en revanche que nous soyons capables en tant que collectivités de mammifères omnivores (comme dit Ph. Meyer) de se (mal)débrouiller pour aboutir au pire planétairement parlant.... Ça c'est à notre portée.....

      Mais entrer en résistance, l'est tout autant.... !

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  13. Nous sommes effectivement ces deux forces, en chacun de nous...
    Quand bien même nous choisissons une de ces deux forces, nous restons liés à l'autre, en la perpétuant au travers de la première...
    Rien n'est tout blanc ou tout noir.
    Par exemple, nous ne sommes pas vierges face au terrorisme... Eux les vilains et nous les gentils...
    Nous sommes responsables, de manière indirecte, de ces actes désespérés (car ils en sont), de cette barbarie que nous invitions à notre table, il n'y a pas si longtemps... Et que nous invitons désormais en catimini...
    Je ne parlerai pas de l'idée des droits de l'Homme, qui ne sont qu'une idée parmi tant d'autres et qui ne fait pas l'unanimité sur cette terre...
    Oui, il y a deux forces en nous : démon et dieu.
    C'est ce que nous sommes tout à la fois, et les deux extrêmes sont tellement proches...

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    1. Sans doute appartient-il à chaque humain de faire la part de ces deux forces en lui. Au moins d'en identifier les composantes concrètes. Et de démêler ce qui pourra l''être.
      L'aptitude de L'homme à choisir, lui permet de prendre (au moins d'essayer) la voie positive plutôt que l'autre…
      Quant aux droits de l'homme, il ne s'agit pas seulement d'une l'idée, mais d'une réalité qui prend corps dans un système social organisé sur certains territoires terrestres.
      En d'autres endroits le système en place bafoue légalement les droits de l'homme, c'est une réalité toute aussi évidente…
      J'ai au moins la chance de ne pas être obligé d'aller habiter « là-bas»…
      ... Au moins pour l'instant…
      Il n'est évidemment pas impossible que ma descendance y soit un jour déportée manu militari…

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  14. Merci pour ce texte si fort, qui résume en mots simples et clairs le dilemme qui me me tord tous les jours, et qui m'a encore plus tordue après les attentats.
    C'est bête, mais tout cet "après" m'a fait penser à la Guerre des Etoiles. Finalement, Yoda, il a mis dans le mille en disant que c'était facile de tomber dans le côté obscur. Bou diou qu'il avait raison, Yoda! J'ai mesuré au mois de janvier à quel point j'avais envie de choisir la colère et l'affrontement au détriment de la compassion, de la remise en cause et de la compréhension, simplement ... et oui, simplement parce que c'était plus facile. C'était comme de se trouver face à un chemin très long et fatiguant, et de se débrouiller pour trouver un raccourci. Je crois que dans l'humanisation d'un peuple, il n'y a pas de raccourcis, et quand on nous fait croire qu'il y en a un, c'est en général un signe annonciateur de catastrophe.
    Enfin bref, tout ça pour dire que ton texte résonne particulièrement en moi, parce qu'il constitue un petit rappel à l'ordre cosmique de plus de combattre cet élan quotidien d'ériger un mur entre soi-même et les autres. Il faut tout désamorcer par l'amour, mais dieu que c'est fatiguant et dieu que ça s'oublie vite, dans la réalité quotidienne!
    Quant à l'inconscient collectif.... Alain, je ne sais pas si tu as lu Jung, mais si ce n'est pas fait, je crois que tu devrais, ça te parlerait!

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    1. J'aime bien la Guerre des Étoiles, c'est tellement à notre ressemblance… il nous manque peut-être quelques Yoda !
      La pacification intérieure est un long chemin. Je crois qu'on ne cessera jamais de le parcourir. On désamorcera quelques mines sur la route, quelques-unes nous sauterons à la figure laissant des cicatrices… on finira peut-être par y arriver à « tout désamorcer par l'amour » Selon ta si belle formule…

      Le mur, les murs, les remparts, les forteresses personnelles... Il y a si longtemps que les humains se sont mis à en construire partout… il y aura toujours des politiques, des courants sociaux, des groupes, pour qui il faut en construire encore, encore, toujours…
      Et puis il aura quelques artisans de paix, quelques amateurs du marteau, du burin, de la perceuse, pour ouvrir des brèches, laisser circuler une vie autre, les relations autres.
      Faut juste pas être seul. Rejoindre au minimum un collectif qui n'engendre pas une régression de la pensée…
      Ce qui, je te l'accorde, dans la société actuelle n'est pas si facile d'en trouver…

      Je connais (partiellement) la pensée de Jung. Je comprends que tu y fasses référence.
      MERCI pour ce commentaite

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    2. Je pense qu'il n'y a pas à chercher si loin pour trouver des êtres qui feront résonner cette capacité à aimer.
      On est tous un peu Yoda, sauf qu'on n'est pas aussi vert. Et c'est aussi bien, parce que le vert a beau être la couleur de l'espoir, ça attire les pucerons, et j'en ai suffisamment sur mes rosiers sans récolter ceux de Yoda en plus. (Tu notes comme je ne m'arrête plus, maintenant que j'ai découvert la petite case "m'informer du suivi des commentaires".)

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    3. je vois je vois....
      Mais c'est toujours un plaisir de te lire....

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