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mercredi 3 juin 2015

Brillance ou lumière ?

« Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler ».  C’est un chant.
En m’arrêtant à cette petite phrase je constate qu’il y a DES « ténèbres » qui parlent et UNE lumière qui est.

On peut laisser toutes ces voix ténébreuses parler en soi, comme un murmure permanent où un tumulte fracassant la tête, envahissant le corps, générant angoisses, confusions et troubles constants. Cette manière entretient des pensées nébuleuses, répétitives, bouclées sur elles-mêmes, des ruminations sans fins, des ressentiments, ...

A l’extérieur on fait bonne figure, on se compose un personnage, et à partir de ce personnage composé, on croit être en relation avec les autres. On n’est jamais qu’en représentation théâtrale, jouant chaque jour, matinée et soirée, avec spectacle supplémentaire les dimanches et fêtes. 

On confond la lumière intérieure et les feux de la rampe censés nous mettre en lumière. Mais le projecteur braqué empêche de voir, aveugle,  travestit la relation. Il se joue de nous et nous laisse interpréter un rôle qui n’est pas notre vie réelle.

Qu’elles sont bavardes les ténèbres intérieures ! Et combien elles savent nous détourner de nous-mêmes, tout en nous faisant croire que nous y sommes. Il est complexe et ardu le processus pour faire taire ces voix encombrantes et mortifères.
Chasser les démons intérieurs  pour laisser la lumière pénétrer l’être, pour la laisser passer, pour qu’elle soit, de nous, en nous, pour nous. 

La lumière n’est pas bavarde, elle ne raisonne pas, n’élabore pas des théories savantes ou fumeuses, elle se contente d’être. Présence constante et continuée, source de vie, source de nous.

Ceux qui se sont laissé envahir de cette lumière deviennent des êtres de présence au regard singulier et dont émane cette sorte de Force dont on sent qu’elle les habite, comme une sorte de mystère qui attire.
Il faut cependant les trouver, car ils ne fréquentent aucun plateau télé.
Mais ils existent !
J’en ai rencontrés…
vous aussi, certainement….


(texte écrit il y a 12 ans)


27 commentaires:

  1. Ah là là .... cette métaphore de la représentation théâtrale, nous fait beaucoup de tort :)
    Car on oublie toujours qu' il existe deux manières d'être acteur : il y a celui qui met un masque, qui fait semblant, qui se met en représentation... et puis il y a celui qui se dénude, qui cherche sa vérité, qui se met en lumière de l'intérieur. Ce dernier non plus ne passe pas à la télé, mais il existe, je l'ai rencontré. La Présence est un terme que j'ai entendu pour la première fois à l'Atelier donc pour moi, le théâtre n'est pas une métaphore du "faire semblant" mais un chemin pour "être vrai"...
    Bonne journée
    Carole

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    1. Figure-toi, chère Carole, que j'ai pensé à toi en retrouvant ce vieux texte .... Me suis dit, si Carole passe encore par ici, ça va pas trop lui plaire... !
      Tu as compris que j'évoquais l'une des manières.... (je me souviens de cette pièce que j'ai vu, en "costume d'époque" - j'ai oublié le titre...- et où l'acteur principal (pas très connu), regardait discrètement mais néanmoins régulièrement sa montre - qu'il aurait dû enlever - pressé sans doute d'en finir..... À défaut de se mettre à nu il dénudait son poignet..)

      Et je partage ce que tu dis de l'acteur qui cherche sa vérité et livre sa personne dans son "jeu" (dans son "je").
      Tu es dans cette recherche-là. Tu m'as enseigné au temps où tu parlais de "tout ça" sur un blog que j'appréciais particulièrement.
      MERCI donc de ce commentaire, qui met aussi en lumière ce que tu dis d' "un chemin pour être vrai".
      Toute métaphore à sa limite....

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    2. Merci pour ta réponse, cher Alain
      Il ne me viendrait pas à l'idée de regarder ma montre sur scène : je suis trop contente alors d'être hors du temps social !!! enfin... On voit de tout !!!

      J'ai repris mes activités théâtrales avec un groupe d'anciens de l'Atelier : nous expérimentons un peu à tâtons. Mais je suis contente de pouvoir pratiquer : la théorie a ses limites. Du coup, je bloggue juste pour la forme désormais : impossible de quitter tout à fait ce maudit instrument :)

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    3. Cela me réjouit beaucoup qu'avec des anciens de l'Atelier vous repreniez quelque chose. J'avais compris que c'était une belle expérience, importante pour toi.
      Quant au blog… je pense que lorsqu'on est contaminé… C'est pour longtemps…
      ;-)

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  2. Charlotte3/6/15

    J'avais justement besoin aujourd'hui, maintenant d'un texte comme celui -là.Je ne vais pas dire pourquoi j'en aurais pour des pages et des pages à n'en pas finir.

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    1. Si mon petit texte te fait du bien, cela suffit à mon bonheur du jour…
      bisous

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  3. Oui il y a des gens qui ont une aura. Leur simple présence illumine et nous entoure d'une paix bienfaisante. Ils n'ont pas besoin de jouer la comédie. On lit dans leur regard et on se sent bien. Mais ils sont rares. Il y a longtemps que j'ai compris que les êtres humains jouaient la comédie et que la terre était un grande scène. Chacun joue un rôle plus ou moins bien. La simplicité et le naturel sont pour moi deux belles qualités.

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    1. Oui, rares, et en même temps je crois qu'il faut les chercher....
      Enfin, ce fut ma démarche... Il est rare en effet de les croiser dans la rue... encore moins de nouer ainsi une relation au bord d'une route... À moins qu'on ne soit dans un lieur "porteur"

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  4. Anonyme3/6/15

    "Qu’elles sont bavardes les ténèbres intérieures ! Et combien elles savent nous détourner de nous-mêmes, tout en nous faisant croire que nous y sommes!
    Voilà un maître que nous voulons mettre au rancart mais il est persistant...
    Et comme on ne peut servir deux maîtres à la fois soit on est avec celui des ténèbres soit avec celui de la lumière.
    Je sais parce que c'est ce que je vis dès que je retourne chez-moi à l'intérieur je suis avec le maître de lumière dès que je m'éloigne de chez-moi c'est l'autre qui me poursuit et je choisis de le suivre.
    Pourquoi je quitte mon chez-moi... où je me sens si bien. Voilà ma grande question. Je dois encore y trouver des compensations illusoires même si je sais pourtant que c'est illusoire...
    Des êtres de présence comme tu les nomment m'aident à me reconnaître et m'inspirent à choisir mon vrai chez-moi. Maty

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    1. Tu sais , Maty, j'ai parfois exactement la même question... Pourquoi je "sors de moi" et m'éloigne de ma lumière intérieure ?
      Je n'ai guère trouvé d'autre réponse que : mais qu'est-ce que je suis con ! :-)
      Se laisser attirer par les miroirs aux alouettes ... Ces fausses lumières porteuses de ténèbres ...

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  5. Merci pour ce texte qui me fait particulièrement du bien ce soir. C'est bon de s'entendre rappeler que même lorsque les ténèbres intérieures deviennent hyper bavardes pour cause d'évènement personnel , la lumière existe. Des jours , on finirait par en douter... Mais demain est une autre lumière, au moins dans le ciel , il parait :)

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    1. Il me semble en effet que nous avons besoin - dans les moments à traverser que tu évoques - que quelqu'un(e) vienne nous montrer la lumière que nous ne voyons plus.... Il ne s'agit pas de "remonter moral" comme on remonterait son caleçon... juste dire : voila ce que je vois en toi, regarde à ton tour ...

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  6. J'en ai rencontré quelques uns, de ces êtres de lumière.
    Dont un il y a cinq ans qui est devenu une sorte de phare dans mes périodes de nuit.
    Je lui dois beaucoup.
    Je lui dois surtout le fait que maintenant, les gens que je rencontrent me disent souvent que je représente aussi pour eux une lumière dans la nuit.
    Une sorte de passage de flambeau en quelque sorte.
    C'est plein d'espoir tout ça. Merci ^^
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Oui, ainsi en est-il de nos chemins en humanité....
      J'aime beaucoup la symbolique du passage de la lumière, quand un groupe se passe la lumière et allumant le fanal du voisin Chacun détient une lumière spécifique. Celui qui a à la recevoir viendra en son temps la recueillir.

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  7. J'ai mis le chant version Taizé parce que c'est celle que j'aime. http://www.pjge.ch/fichiers/taize-chant-veillee.php#jesus-le-christ

    Je ne découvre ce texte qu'aujourd'hui. Merci à toi de cadeau, car oui, il y a des ténèbres.

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    1. À nous d'être lumière....
      ce qui ne veut pas dire briller !
      ;-)

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  8. J'aime beaucoup ce billet entre ténèbres et lumière, comme j'aime la plupart de tes billets qui trouvent un écho profond chez tes lecteurs. Cependant je m'interroge. Quelque chose me trouble: pourquoi toutes ces réflexions qui ont été écrites il y a longtemps? Elles gardent toute leur richesse, bien sûr, mais notre vie nous fait évoluer, il me semble qu'un dialogue entre réflexion passée et état présent pourrait être enrichissant. Idée stupide, sans doute.

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    1. C'est que ce texte ne m'a pas semblé "dépassé" ....

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  9. Heureux ceux qui rencontrent ces porteurs de flambeaux. A son tour il transmettront celui qu'ils ont reçu. Pour moi c'est un peu l'espoir du monde, non pas de le "sauver" mais de le maintenir, qu'il y ait toujours assez de lumière pour vaincre les ténèbres. La lumière est... contagieuse, lentement, sans bruit, sans remous. Elle est parfois si discrète qu'on doute qu'elle soit vraiment éclairante. Mais....

    Et puis... certains l'ont dès le début de leur vie - je me souviens d'une petite fille handicappée et très difforme qui souriait, voulait embrasser tout le monde, et sa mère qui me disait en riant qu'elle rendait tout le monde heureux - même moi qui ai, je l'avoue, un recul difficile à surmonter face à certains handicaps. Et il y a les autres qui sont imperméables aux ténèbres, ou vainquent les leurs, ou suivent des lumières et qui un jour... l'ont aussi en eux!

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    1. La Lumière ne peut que "gagner" sur les ténèbres....
      Jusqu'au "big crunch" qui nous attend... mais comme c'est dans quelques milliards d'années, on a le temps ...

      J'ai beaucoup fréquenté "d'enfants handis"... (forcément...) leur lumière est un bienfait pour tous....
      Mais aujourd'hui on croit qu'il faut les éliminer.... non pas faire mourir ceux qui sont nés... mais bricoler le génome humain pour qu'il n'en naisse plus....
      un gosse parfait, ou rien !
      Parait que c'est un progrès : une humanité "génétiquement clean" annoncée pour demain...
      Le plus affolant, c'est que ça se fera.... Mais je suis un vieux qui pige plus grand chose.... Faut m'excuser !
      Vive la Science....

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    2. Je complète.... avec ma digression, j'en oublie de souligner que j'ai beaucoup aimé le ton de ton commentaire....

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  10. Eh bien moi je fais partie de ceux qui trouvent qu'un enfant sans gros handicap est une chance. En Suisse on vote ce week-end pour le diagnostic préimplantatoire en cas de grave maladie génétique et je suis pour. À fond. Et plus encore.
    Un enfant gravement handicapé détruit souvent une famille, c'est joli le regard extérieur, mais l'enfant qui se tape contre les murs en hurlant "pourquoi je suis comme ça?". La lumière, c'est pour certains enfants, mais quand ils grandissent et que leurs parents vieillissent et s'angoissent sur leur devenir?
    Mon premier enfant a souffert d'un accouchement cauchemardesque où les infirmières hésitaient à appeler le médecin. Résultat une césarienne avant que je sois endormie, liens arrachés, et j'entendais les commentaires des infirmières. On m'a demandé s'il fallait laisser vivre cet enfant qui resterait très gravement handicapé. On avait posé la question à mon mari derrière la porte. J'ai dit non. Il est mort le lendemain. Je ne l'ai jamais oublié mais je n'ai jamais regretté non plus ma décision.
    Ma belle-soeur a eu ma filleule. Quelques années plus tard elle m'a dit "Tu as eu de la chance". Ma filleule est une jeune femme merveilleuse, mais d'une dureté terrible et terriblement nécessaire. Parfois je pense qu'elle ne serait pas née, une autre petite fille serait venue à son tour, qui aurait connu tellement moins de souffrance!
    La lumière, elle peut se trouver chez tout être rayonnant d'amour, me semble-t-il. Si la science épargne certaines difficultés de l'existence, certains drames, il me semble qu'on ne peut qu'approuver.

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    1. Je comprends tes propos. Je respecte si possible les points de vue des personnes sur ces sujets, je crois d'ailleurs avoir "tout entendu" à ce sujet, vu mes engagements associatifs.

      C'est juste que je fais partie de "ces enfants là".... les handis et qu'on ne m'a pas éliminé....à 11 ans.... alors que j'étais dans le coma....et qu'on avait dit à mes parents que je serai surement un genre de légume....
      finalement un légume intelligent ... enfin j'ai la prétention de le penser....
      Et en effet j'ai fait pleurer mes parents sur mon triste sort.... désolé de vivre !
      Je ne recommencerai pas...

      A chacun son histoire bien entendu....

      Et nous aurons la société que nous méritons.

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  11. Tu as déformé ma pensée: je parlais des tout débuts de la vie et la science en est là, me semble-t-il.

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    1. C'est qui "la science" ?
      Je me méfie de la personnification de concepts particulièrement flous....
      Quant au monde médical..... lui donner pouvoir de sélection des humains potentiels par bricolage génétique me semble hautement dangereux pour l'humanité...
      On a fait ça avec les animaux... maintenant place à l'homme....
      je sais que c'est fait en France notamment...
      Les lobby ont parfaitement travaillé..... il est vrai qu'il y a des milliards de dollars en jeu.. alors.... nulle éthique ne résiste dans ces cas-là.... et surtout pas celle des politiques.....
      La marchandisation, le brevetage du génome humain, comme n'importe quel produit avance à grands pas... Ça n'émeut pas grand monde....
      Ben voila....
      Je vis dans une société qui, pour l'avenir, ne veut plus de "gens comme moi"....
      J'avoue que c'est dur à avaler....
      Heureusement je m'en irai bientôt....
      bon débarras me lance "la science" ....

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  12. Je sais pas Alain...je crois qu'il faut au contraire les laisser s'exprimer pour mieux les identifier et les combattre. Nos peurs. Parce que je crois que tout se résume là, non? Moi je procède comme ça, parfois je lis des articles haineux, des choses noires, je les laisse entrer, elles me submergent un instant, je ressens alors toute cette haine dans chacune de mes fibres, dans tous mes atomes, je la visualise même comme un flot noir et visqueux. Je laisse la colère et la peur bien tout envahir, puis le calme revient doucement. Et la lumière qui n'est d'abord qu'un point, perce l'obscurité, devient un gros soleil serein, qui ne brûle rien. La paix se fait.La raison et le coeur alliés détricote une à une toutes les mailles des ténèbres. C'est pour ça que je pense qu'il faut que les ténèbres entrent: pour qu'elles soient vaincues par la lumière. Sans l'ombre la lumière existerait-elle?

    J'ai un jeu très personnel, je joue à "si j'étais dieu". Au début la colère et la passion me faisait "punir" bien des gens. Aujourd'hui quand je joue à dieu, je "guéris". Je trouve que j'ai bien évoluée. Je crois que je ferai une bonne déesse (21) ;)

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    1. Je suis d'accord sur la nécessité de débusquer les ténèbres qui sont installées en nous pour s'en débarrasser. Ensuite chacun à sa manière de s'y prendre. La mienne j'en ai parlé dans le passé sur ce blog, mais mes archives sont régulièrement effacées....
      La paix s'étend quand la lumière gagne le combat.... enfin pour l'instant en tout cas, car ce combat n'est jamais victoire définitive...

      Ah bon ? Toi aussi "tu joues à dieu" ?
      Marrant ! j'ai pratiqué aussi.... Pour finir par me rallier à celui dont Jésus parle.... (par les religions ni les curés hein !!! Qui disent que des conneries..... -sauf de rares exceptions qui se comptent sur les doigts d'un manchot) un dieu qui aime "comme un con" cette humanité bien malade....
      Tu ferais une bonne déesse ? Tu es déjà une bonne personne.... c'est pas si mal !!! :-)

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