J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici

, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


vendredi 8 septembre 2017

La connaissance de l'autre.

On croit souvent connaître l’autre.
N'y a-t-il pas si longtemps que l'on se côtoie ? On a noué des liens, on s'est même engagé ensemble dans la durée. Et nous sommes allés jusqu'à fonder une famille.

Et puis il nous ressemble tellement ! Il doit certainement être « comme nous  ! »
Nous avons passé tellement de temps ensemble, découvert tant de complicité, partagé si intimement, que nous le connaissons « comme notre poche ».

Et puis un jour, c'est la déception.
— Ça alors ! Je ne le croyais pas capable de faire « ça » !

Alors évidemment, le premier mouvement est de l'accuser de trahison, de nous avoir trompé, de nous avoir égaré, d'avoir été hypocrite, fourbe, machiavélique. Il/elle nous a roulé dans la farine. Ce n'est qu'un menteur. Une petite crapule déguisée sous des apparences de vérité et de sincérité.

Il ne nous viendrait pas à l'idée de s'interroger sur nous-mêmes. Sur notre aveuglement de croire que l'on peut véritablement connaître l'autre, toujours insaisissable, et où se mêlent en lui lumière et noirceur. Nous sommes souvent incapables de reconnaître qu’en cela, oui, il nous ressemble. Car nous avons aussi nos beautés et nos laideurs dans les actions. Et bien souvent nos actes sont pavés de bonnes intentions dans lesquelles l'autre se prend les pieds et se casse la cheville…

Il ne faudrait pas croire qu'il s'agit là de propos pessimistes.
Au contraire, ils sont emprunts du réalisme nécessaire à la réussite véritable de toute relation.
Être naïf et ignorer cette réalité première, c'est aller au devant de ratages mémorables.

Toute relation nécessite à la fois distance et proximité. L'équilibre entre ces deux pôles est difficile et délicat.
les pièges vont de la fusion où on y perd son identité, à la répulsion et au rejet, où on y perd son appartenance à la collectivité humaine et hélas parfois sa propre bonté.

Seule l'observation et la capacité de discerner ce que sont - pour nous - de justes relations peuvent nous faire éviter de tomber dans les pièges… au moins de temps à autre ! …

Et une juste relation n’est jamais, ni parfaite, ni un long fleuve tranquille, ni sans souffrances.

Espérer autre chose relève de la rêverie statique, qui fera encore plus mal lors de l’inévitable réveil brutal.

22 commentaires:

  1. Charlotte8/9/17

    Celui qui me dit ou me dirait :je te connais comme ma poche, m'énerve au plus haut point. Je lui demanderai de vider ses poches et je suis sûre qu'il sera le premier surpris de constater qu'il ya dans ses poches des tas de choses dont il avait complètement oublié l'existence : à savoir des tickets de métro ou de cinéma sans se souvenir de quel film il s'agit ou un mouchoir rempli de larmes .
    Connaître l'autre suppose amour, respect de son intimité , humilité et surtout pas cette exigence de vouloir tout savoir

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Joli et poétique ce commentaire...

      Ah oui, le vouloir tout savoir... un plaie purulente de certaines relations.... en particulier (parfois) avec certains enfants : "Je suis ton père/mère donc tu dois TOUT me dire"..... Enfin, c'est rarement dit aussi brutalement, mais c'est distillé comme un poison lent et permanent… on cherche à savoir… par tous moyens…
      et on viendra parler ensuite de respect et de liberté…

      Supprimer
  2. L'autre, ce miroir et cet inconnu dont on attend trop souvent une complémentarité parfaite... L'amour est une gageure, un travail, un effort, une persévérance, en évolution perpétuelle. Il faut beaucoup donner, non à l'autre, mais à l'amour. Et alors, il vous le rend. Sans compter.
    Tu dis tout ça avec justesse.
    Il était temps que tu reviennes nous parler.
    Je t'embrasse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faut beaucoup donner, non à l'autre, mais à l'amour.
      C'est lumineusement juste ce que tu dis.
      C'est au nom de l'amour que l'on donne.
      Il n'y a qu'à ce prix qu'on évite toute manipulation et désir de possession.

      Supprimer
  3. "Je te connais comme si je t'avais fait", nous disent parfois des proches ou des amis. Mais non, ils ne nous connaissent pas, car nous ne montrons que ce que nous voulons bien montrer, il y a une part de nous que personne d'autre que nous connaîtra. Et s'il arrive que cette part, un jour, se dévoile, il y a aura stupéfaction, déception ou autre ressenti de la part de l'autre, mais c'est ainsi, nous devons accepter de ne pas pouvoir (ou vouloir) tout connaître de l'autre. Cela m'énerve prodigieusement lorsque quelqu'un me dit cette phrase...
    Beau dimanche à toi, Alain.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui ! Cette phrase constitue à mes yeux une véritable violence…
      une forme de chosification de l'autre.
      Une bêtise de croire qu'on aurait pu « le fabriquer » comme on fabrique une marionnette ! Bien évidemment en vue de sa manipulation…
      Détestable !

      Supprimer
  4. "Et une juste relation n’est jamais, ni parfaite, ni un long fleuve tranquille, ni sans souffrances".
    et quand la souffrance surgit, (parfois pour des broutilles) oui cela fait mal
    Nettoyer une juste relation de ses scories, c'est l'affaire de courageux recommencements

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que pour s'en sortir ( de la souffrance, surtout lorsqu'elle tient à des broutilles) il n'y a que par l'analyse de son propre ressenti et la compréhension de ce qui se passe en soi que l'on peut progresser…
      enfin, c'est comme ça que moi je m'en sors… !
      Malheureusement, il arrive que l'on prenne un chemin de facilité : c'est la faute de l'autre !
      (Je ne parle pas pour toi évidemment, mais en général)

      Supprimer
  5. On ne connaît jamais profondément les autres. Tiens ma femme ! Je vis avec elle depuis longtemps et je ne connais pas ses secrets ses pensées profondes. Je me le dis souvent. Mais c'est pas grave car un jour j'ai compris qu'il valait mieux accepter l'autre tel qu'il est( ou alors on s'en va). Depuis j'intègre bien ses non-dits, sa part d'ombre, ce qu'elle ne veut pas révéler. Norma d'avoir son jardin intérieur et de le cultiver.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup pour ce témoignage.
      En fait, si on pouvait VRAIMENT connaître l'autre profondément, jusque dans son plus intime, je me demande si le monde ne deviendrait pas un véritable enfer !
      Quelque chose de totalement invivable !
      Pour ma part, et même si nous dialoguons beaucoup en couple, je ne cesse de m'étonner et d'aimer le Mystère qu'elle est fondamentalement.
      C'est peut-être l'une des raisons qui nous a fait tenir ensemble jusque-là : 45 ans !

      Supprimer
    2. C'est la même chose pour moi......D'autant que ma femme est un peu mystérieuse !!

      Supprimer
  6. Anonyme12/9/17

    Lorsque l'autre demande : "À quoi tu penses ?" la réponse est la plupart du temps " Ah! à rien" couple ou pas on a souvent tendance à le ressentir comme une intrusion. Chacun chemine seul, bien que les différentes relations humaines soient une richesse infinie. kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chacun chemine seul, et cependant les autres nous sont utiles, voire indispensables, pour parcourir le chemin. Une sorte de paradoxe.
      En tout cas, c'est pour moi un sujet récurrent de méditation.
      Toute solitude est nécessairement habitée. Reste à savoir qui on laisse s'introduire chez soi.
      Ce qui veut dire que ceux qui ne font pas l'objet de ce choix n'ont rien à faire chez nous.
      Les mettre dehors est salutaire.

      Supprimer
  7. Anonyme13/9/17

    À moins qu'une personne soit clairement de mauvaise foi, il me serait difficile de la mettre dehors... je ne sais ce qu'il en est pour toi. Il est certain qu'il n'est pas question de me laisser envahir non plus. kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a des personnes qui me sont néfastes. Ce n'est pas forcément qu'elles cherchent à me nuire. Ces dernières, c'est beaucoup plus simple de les mettre à la porte.
      Les personnes qui me sont néfastes, ont évidemment leurs qualités et leurs limites. C'est probablement cela qui peut piéger. Croire, en raison d'une certaine morale, que nous sommes obligés de faire des efforts pour les laisser pénétrer chez nous en vue d'améliorer je ne sais quoi dans la relation, bien qu'elles soient néfastes et même destructrices, parfois. J'ai constaté que 9 fois sur 10 c'était une vaine entreprise.
      Désormais je me défie de ce piège. Et je me tiens éloigné, définitivement.
      Je n'ai pas à dépenser de l'énergie par des combats totalement inutiles. Il y a suffisamment de terrains où je peux les investir positivement.
      J'ai peut-être ainsi mieux compris (peut-être) ce que me disait un de mes maîtres : la première des fidélités, et la fidélité à soi.

      Supprimer
  8. Anonyme13/9/17

    "En premier la fidélité à soi" oui ! mais il faut savoir différencier le soi du petit moi !
    Il y a des personnes néfastes pour moi aussi. Celles-là j'ai appris à m'en éloigne carrément. Il y en a d'autres où c'est plus compliqué... beaucoup de difficulté avec les verbomoteurs... souvent, (pas toujours) leur verbillage me fait perdre ma concentration. C'est le cas lorsque je vais chez la mère de mon copain. Sa sœur est incapable de se mêler à une conversation de groupe, il lui faut accaparer une personne et ne plus la lâcher. Je ne la vois pas souvent, une ou deux fois par année, alors je ne dis rien. S'il advenait que j'aie à la voir plus souvent, je ne pourrais tolérer la situation et mettrait cela au clair avec elle... soit je m'éloigne, soit elle accepte d'agir différemment en ma compagnie. Je l'ai déjà fait avec qq'un de mon entourage concernant un autre problème de comportement et ça a réglé la situation, pas instantanément, mais graduellement. Je suis à peu près incapable de tolérer une situation où je ne me sens pas bien... il faut que je me sente bien tout le temps... ce qui ne veut pas dire qu'une situation triste ne m'attriste plus, non ! mais cela ne me met pas en conflit avec moi-même. C'est le conflit intérieur que je ne tolère plus, peu importe la cause. Oh que tu me fait réfléchir Alain ! kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, bien entendu, différencier comme tu le dis. À travers tes commentaires depuis longtemps, il me semble que tu fais cette différenciation, même si bien entendu ce n'est pas toujours commode.
      j'ai souri en lisant ton exemple, car il y a dans ma famille une personne comparable, quelque peu sangsue ! Si c'était encore pour des échanges intéressants… mais non ! Elle m'accapare et me raconte des histoires sans intérêt, et il est bien difficile de m'en détacher pour parler avec d'autres. Elle revient sans cesse à la charge…
      Heureusement je ne la vois que très peu souvent, sinon j'essaierai d'évoquer les choses plus « sur le fond ». Mais cela risquerait malheureusement d'être vain, c'est un comportement habituel chez elle ce besoin (en creux) de se fixer sur une personne et sur elle seule.

      Il est légitime d'être bien en relation et de chercher à l'être. Ce qui ne veut pas dire que la relation est sans difficulté, le « être bien » peut supporter les aléas de la relation. Mais parfois c'est véritablement de l'ordre de l'impossible. Certes, on peut rechercher en soi sa part de responsabilité (sans culpabiliser) et voir alors que, là où on n'en est, on ne peut faire mieux, voir par exemple qu'on touche à une limite personnelle indépassable. Alors la prise de distance peut devenir nécessaire.
      J'élargis quelque peu en disant que la notion de limite personnelle indépassable, est souvent très difficile à admettre chez certains, comme s'il fallait avoir comme objectif idéal de vie sans cesse de dépasser ses limites. (c'est très tendance...)
      Or, si l'on peut dire ainsi, « nos limites se vengent » d'une manière ou d'une autre si on ne tient pas compte d'elles comme étant constitutives de chaque personne humaine. Nous ne serons jamais TOUT !
      Mieux vaudrait humblement le reconnaître.
      Pas plus qu'on ne peut attendre TOUT de l'autre, qu'il soit un ami, un partenaire de vie, un homme politique, ou un responsable d'une collectivité…

      Merci pour tes commentaires, qui, comme souvent, me poussent à aller plus loin dans ma propre réflexion.

      Supprimer
    2. Anonyme15/9/17

      Ta réponse pousse ma réflexion vers des nuances dont je n'avais pas pris conscience avant. Je ne suis plus tout à fait la même après l'avoir lue. Nous abordons ici un sujet qui pourrait s'approfondir encore et encore. kéa

      Supprimer


  9. Moi, j'aime la surprise que me provoque les gens que j'aime... cette surprise où à chaque instant j'ai l'impression de les rencontrer à nouveau !Surtout les côtés que j'aime.
    Et avec le recul aussi les côtés que j'aime moins par ailleurs... C'est ce qui rend la relation si riche et si unique. Même à travers les déceptions, le sentiment de trahison dans la relation.
    C'est quand la personnes nous fait vivre de l'agacement, de l'énervement, de la déception qu'il est important d'aller comprendre pourquoi il a agit ainsi.

    "Toute relation nécessite à la fois distance et proximité. L'équilibre entre ces deux pôles est difficile et délicat."


    Belle journée à toi !
    Ju'Lyn




    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Désolé July, je ne vois ton commentaire que maintenant.
      Tu as raison dans tes propos. Enfin, selon moi. Il y a toujours des choses que l'on aime moins chez l'autre, mais cela ne fait pas forcément l'objet de sentiments négatifs à son égard. Ton avant dernière phrase est claire. C'est souvent la recherche du "pourquoi cet agacement" qui nous fait progresser.
      J' espère que tu vas bien.

      Supprimer
  10. Cette citation de Jung fait écho à votre texte :
    "Nous comprenons toujours autrui comme nous nous comprenons nous-mêmes ou du moins comme nous cherchons à nous comprendre. Ce que nous ne comprenons pas en nous-mêmes, nous ne le comprenons pas chez les autres personnes et inversement"

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet. Citation intéressante.
      je suis d'accord, et en même temps cela m'interroge.
      Comment essayer de comprendre l'autre, lorsque celui-ci parle « d'un univers personnel » qui nous est totalement étranger.
      Faut-il renoncer ? En faire le constat triste ? je pense à une personne de mon entourage proche, qu'au demeurant j'aime beaucoup, mais son mode de pensée me semble véritablement « étranger » (dans certains domaines…). j'ai beau faire des efforts, pratiquer le reflet, j'obtiens comme réponse : « ce n'est pas ça que je voulais dire... » Nous en sourions tous les deux. Une forme d'impuissance.
      Peut-être que je n'arrive pas à accepter cette forme d'incommunicabilité…

      Supprimer

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici
, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir mon profil).
Merci.
Je le publierai en votre nom.