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jeudi 12 mai 2022

Pour vivre et vivre encore

 




Reprise d'un texte déposé sur l'atelier d'écriture « Kaléïdoplumes »


thème : Paroles d'enseignant


Écrire un texte inspiré de cette photo avec comme  EXCIPIT  la phrase suivante :


Je vous laisse, j’ai des enfants à faire rêver.


-o0o-


Pour vivre et vivre encore


Qui donc m'enseigna le plus la vie ?

La question est simple et difficile et sans doute le « Qui » doit-il être pluriel.

Alors qu'elles sont les paroles qui m'ont le mieux enseigné, parce qu'elles sortaient de bouches de confiance. Car tout est là, la confiance en qui parle. Et ils ne sont pas légion celles et ceux en qui j'ai eu une parfaite confiance. Cette dernière n'est parfaite que parce que l'on ressent dans son corps et sa chair que les propos sont fondateurs. De quoi ? On ne sait pas, mais on ressent l'atteinte au fond de soi-même une atteinte positive, joyeuse, espérante, qui donne une certaine vision d'un possible. De celui-ci on ignore ce qu'il sera, mais nous habite la certitude qu'il adviendra d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre, parce que notre destin contient cet élément peu encore identifié et pourtant présent.


Alors les enseignements par une parole ce furent :


— « Je suis certain que tu iras loin, plus loin que tu ne le crois ».


— « Si tu veux servir et changer quelque chose dans le monde, alors vise le plus haut possible »


— « Il y en toi plus que toi-même, c'est cela que tu dois apprendre. Ce sera ton guide »


— « Pourquoi ne vois-tu pas combien [un nom] t'aime et désire ton bien ? »


Bien entendu de tels propos peuvent sembler banals, comme des maximes, des inventions pour « faire bien », des sentences à un euro, du baratin dans la vapeur.


Mais je ne les ai pas reçus comme ça au détour d'un chemin de hasard, dans la confidence d'une nuit sans lune, ou comme l'aboutissement de je ne sais quel travail en vue de je ne sais quel examen.


Les quatre personnes dont il s'agit (homme ou femme) font parti de ceux que j'appelle « mes maîtres à vivre » (je ne sais me résoudre à dire mes maîtresses quand il s'agit d'une femme…) ces quatre personnes ne sont plus de ce monde visible. Une parcelle de leur âme a fait racine en moi. Ainsi ont poussé sur ma terre intérieure des essences rares dont je ne me croyais pas dépositaire des graines.

Dès lors ma reconnaissance ne peut qu'être immense et intense.

 Sans fécondation il n'y a pas pas de fécondité. Sans parole fécondante il n'y a pas de germination.


Alors, malgré le chemin dégradé et la route ensoleillée, les embûches et les obstacles franchis, les emmerdements et les grandes joies, les laideurs et les beautés, les déceptions et les allégresses, je suis et demeure comme l'homme en bleu, infiniment offert au ciel et à la vie, vivant et exultant, avec pour tout bagage un petit sac lui-même rempli de graines offertes à qui passe et se sert. La vie et bien d'autres aventures m'attendent encore. Je vous laisse, j'ai des enfants à faire rêver. 


28 commentaires:

  1. Oh que j'ai aimé votre billet ce matin Alain.. il parle si bien de vous... de vos passeurs (de lumière) "vos maîtres à vivre" comme me le rappelle ce matin Yves Duteil dans sa chanson du même nom : "Passeur de Lumière" qui illustre si bien le billet de mrjacques auquel j'ai répondu précédemment... .....
    J'adore vos cinq dernières lignes..... qui vous résument en votre tout total..."infiniment offert au ciel et à la vie, vivant" ....j'ai bien écrit "votre tout total", car je souhaite bien dire dans votre intégralité, ...et par-dessus tout "je vous laisse, j'ai des enfants à faire rêver". C'est trop mignon ! merci...

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    1. C'était un texte pour atelier d'écriture et contrairement à mon habitude j'ai pris un autre chemin que celui de la fiction et de la création d'un personnage imaginaire. Sans le décider cela a pris une tournure plus personnelle et c'est la raison pour laquelle j'ai transcrit sur mon blog.
      Finalement c'est un thème qui me revient régulièrement celui des « Passeurs, Maîtres , Personnes marquantes au long de notre vie,… ». Ça me semble tellement important de leur rendre hommage. On leur doit beaucoup même si parfois ils ont ignoré l'importance qu'ils ont eue pour nous.

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  2. https://youtu.be/buIBcIHcO3M

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  3. C'est drôle, je découvre ce texte après m'être interessée à d'autres graines :-)
    Ces "maîtres" ne sont sans doute pas loin du tout !

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    1. La plupart d'entr'eux ont installé en nous une sorte de résidence secondaire où ils viennent séjourner de temps à autre…

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  4. COMMENTAIRE DE AUBEPINE
    ------------------
    Les Maîtres à vivre comme les Maîtres à penser sont des enseigneurs, des
    transmetteurs ; il faut juste se laisser guider et prendre le temps d'aller
    vers la "Lumière."
    Je vous laisse, j'ai des enfants à faire rêver.
    Très beau billet, très émouvant.
    Merci Alain

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    1. Voilà ! C'est cela en effet.
      Il faut avoir l'audace et l'humilité de se laisser guider jusqu'à une lumière inconnue auparavant.
      Faut juste savoir déceler à temps certains maîtres des ténèbres…

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  5. Anonyme12/5/22

    "Sans fécondation il n'y a pas pas de fécondité." Je le ressens que ces mots que tu as reçus sont féconds, qu'ils venaient d'un endroit fécond. Ils me parlent à moi aussi. Les mêmes mots pourraient être inertes. Tout dépend de leur provenance. S'ils viennent du Réel qui habite chacun, j'entends comme un petit son de cloche ainsi qu'une délicieuse connexion à l'intérieur. D'ailleurs c'est pour cela que j'aime tes textes, à cause de la petite cloche qui résonne en moi quand je te lis. Souvent ça fait ding ding ding ding !

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    1. Anonyme12/5/22

      oups ! kéa

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    2. J'apprécie ton commentaire et cette différenciation entre les mots vivants et les mots inertes.
      Je suis souvent attentif au « Qui parle ? ». Parfois ce n'est pas nécessaire à la vibration de vérité, mais quand même il convient d'entendre cette petite cloche que tu évoques. J'aime beaucoup ta métaphore, comme d'autres, elles sont toujours parlantes.

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  6. Anonyme13/5/22

    "Sans fécondation il n'y a pas pas de fécondité", tout est dit... J'ai toujours plaisir à te lire, et je peux enfin commenter ou répondre aux commentaires (pendant plusieurs mois, sans savoir pourquoi, je ne le pouvais plus)...

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    1. Très content de te revoir commenter ici. Le module qui reçoit les commentaires semble avoir été remanié par Blogger. Espérons qu'il sera plus efficace, car, hélas, beaucoup de commentaires ne passaient pas.

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  7. Ton texte est beau, et vrai, et fondamental, parce qu'il dit l'importance d'apprendre à ne pas avoir peur d'avoir peur, à aller puiser le courage nécessaire pour donner chair et âme à l'impossible et faire d'une fragilité une force, et ainsi pouvoir s'autoriser à vivre pleinement, en réinventant son humanité en permanence.
    Tes maîtres à vivre t'ont tendu une échelle pour aller décrocher les étoiles, tu as su la saisir, et tu transmets à ton tour. Et ainsi, tu es devenu, toi aussi, un passeur d'étoiles ♥♥♥

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    1. Apprendre à distinguer la docilité à soi-même, à ce trésor des possibles dont nous disposons, à la fois déposé comme un patrimoine offert au départ, et ensuite enrichi par toutes les expériences de la vie, y compris les plus difficiles ; apprendre à distinguer que cela n'a rien à voir avec la servilité ou l'obéissance.
      Ne pas écouter les sirènes de l'individualisme ou du « ni Dieu ni Maître » pour ne pas déboucher sur le gouffre de l'absurdité de vivre.
      En quelque sorte choisir un chemin de bonheur. Passeur d'étoiles comme tu dis… je ne sais si je le suis, mais peu importe, si d'autres s'y retrouvent alors tant mieux. Quoiqu'il en soit l'Étoile est toujours notre guide sauf si on cesse de lever les yeux pour préférer s'obscurcir la vue dans la ténèbre.

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    2. "Passeur d'étoiles" (il manquait les guillemets, je ne sais plus où j'ai lu ou entendu l'expression mais je sais qu'elle n'est pas de moi) tu l'es, à n'en pas douter, d'ailleurs ton dernier paragraphe le dit joliment bien ;-)

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  8. COMMENTAIRE DE GBALLAND
    ---------------------
    Eh bien, on doit prendre des jours et des jours à se souvenir... de ce que parfois on a oublié ;)
    Parfois, les racines nous échappent, mais peut-être que, au bout du chemin... la mémoire revient.
    Il est sage, "l'homme en bleu", on l'imagine... et joli : "petit sac lui-même rempli de graines offertes à qui passe et se sert"

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    1. Je crois que notre psychisme n'oublie rien. Comme un bon bibliothécaire il va rechercher ce dont il pressent bien qu'on va avoir besoin et le ramène à notre mémoire.
      J'ai beaucoup aimé cet homme en bleu, c'est sûrement pour ça il m'a inspiré ce texte plus personnel que dans le genre « exercice d'écriture ».

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  9. J'aime ce texte empli d'amour, de reconnaissance et d'espoir.
    Nous ne sommes plus, pour la pluspart de tes lecteurs, des enfants mais tu arrives à nous faire rêver continues encore trés longtemps.

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    1. Le plus souvent j'écris ce que m'inspire l'instant où une méditation récente. J'ai toujours été un enfant rêveur parce que solitaire. Aujourd'hui il me semble être plus relationnel, mais toujours rêveur… d'ailleurs dans le temps mon blog s'appelait « j'en rêve encore »

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  10. Ton petit homme en bleu, pas de travail ! Quoique, me fait penser à ce que nous disait mon père, à la question ;" c'est qui Dieu " ? La réponde était simple.
    Selon mon père, Dieu est un petit homme en bleu qui fume sa pipe au coin du feu.:-)

    Ta première interrogation m'interroge. «Qui donc m'enseigna le plus la vie ?» Manifestement, je crois que c''est mon père, par son "absence" d'enseignement... Il m'a fallu attendre des années pour me rendre compte que cet absence n'en était pas. En faire une force n'a pas été facile.

    Ton premier paragraphe est bouleversant de vérité. Tout est contenu là.
    J'avais un professeur de menuiserie qui nous disait que lorsque nous saurions tracer juste et suivre notre tracé, nous saurions tout faire. Il n'avait pas tort ; j'ai très souvent respecté cet aphorisme, et pas seulement en menuiserie.

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    1. Je ne sais si c'est cela quoi tu fais allusion, mais il y a des enseignements que l'on reçoit « par osmose », par des attitudes de l'autre, des manières d'être et de faire, etc. et tout cela ne passe pas forcément par des paroles.
      C'est pour une part ce que j'ai vécu moi-même avec mon père. C'est pour ça que je commente de cette manière. Et il m'a fallu du temps, et encore aujourd'hui, pour recevoir de l'intérieur le sens de tout cela, alors que mon père est décédé depuis 30 ans déjà.
      Merci pour ce commentaire empli de significations qui me touchent.

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  11. Anonyme14/5/22

    C'est vrai: ceux qui sont morts et que nous avons aimé prennent racine en notre âme, je ne me sens pas seule, mon mari et mon fils demeurent en moi et les amis aussi qui ont disparu nous continuons à les voir à l'intérieur de nous

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    1. Merci pour ce témoignage qui conforte ce que je pense et ce à quoi je crois. C'est toujours impressionnant d'entendre d'autres vivre ces mêmes réalités, à leur manière bien évidemment. Merci encore gazou.

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  12. gazou14/5/22

    L'anonyme, c'est gazou

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  13. Impossible de les oublier, les mots de ceux qui ont su nous voir, vraiment, et nous imaginer : ils résonnent en nous à jamais.

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    1. Oui, ce sont des bienfaiteurs de notre existence. Certains en ont conscience et d'autre pas. Qu'importe. Ainsi se vit la solidarité ontologique de l'humanité, qu'on le veuille ou non…

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  14. J'aime ces mots : "maîtres à vivre". Heureusement que nous en croisons, enfants, des maîtres à vivre, et même plus tard, adultes, et tout au long de notre vie, car nous en avons grandement besoin pour grandir et évoluer. Cette consigne t'a bien inspiré, Alain, elle t'a permis d'écrire un très beau témoignage sur ces personnes. Bonne soirée.

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    1. Tu as raison bien des « maîtres à vivre » croisent notre chemin au long de notre vie. J'ai toujours dit que c'était le disciple qui choisissait son maître, or il nous arrive de passer à côté de certaines personnes sans prêter attention à leur enseignement. Ou insuffisamment. C'est dommage.

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