mercredi 20 avril 2016

Un monde de fraternité.

Évidemment, si l'on considère les bruits ambiants, l'actualité politique ou sociale, les faits divers et toutes ces nouvelles affreuses véhiculées toujours et partout, et d'autant plus depuis quelques années avec l'effroyable développement de l'omniprésence d'une information étouffante, il y a de quoi considérer mon titre comme une belle connerie !

Et en effet, c'en est une.
Il faut vraiment avoir le cerveau démonté pour ne pas voir comme le nez au milieu de la figure, que le monde court à sa perte.
Le problème c’est qu’il court à sa perte depuis pas mal de siècles… on attend toujours l'apocalypse finale ! Demain peut-être ? Ça commence à faire long… qu'est-ce qu'on attend pour déclencher le grand cataclysme !

La propension des hommes à toujours se tourner vers le pire et quasiment à l'attendre, comme on attend fébrilement une nouvelle qui ne pourra être que mauvaise, m'étonne toujours de la part de l'être humain.
Qu'est-ce qu’il veut ce pauvre être humain ? Vivre sans cesse dans la peur est-il un bon objectif, une perspective valable ?
Bizarre !

Que des minorités appartiennent à des organismes, religions ou sectes apocalyptiques, pourquoi pas. Chacun choisit ses idioties comme il veut.
Mais que cela se répande comme la vérole sur le bas clergé à la planète entière… il y a de quoi se poser des questions fondamentales.
Ne plus croire en rien, ne plus faire confiance à personne, considérer son voisin comme un ennemi potentiel, devenir « voisin vigilant », réclamer une caméra de surveillance à chaque coin de rue, considérer  son frère comme un suspect, les politiques comme des corrompus, les gens qui font de bonnes choses comme mus par des pensées troubles et secrètes qui au final ne veulent rien de bons à personne : voilà le constat particulièrement triste qui peut être fait.

Or, dans la réalité, les exemples de fraternité, de solidarité, d'entraide, d'affection vraie partagée, d'amour, peuvent se compter en milliards et milliards…
je dis cela, parce que globalement, j'en fais plusieurs fois l'expérience par jour… alors, multiplié par mon nombre de jours de vie, et par les habitants de la planète… ça fait quand même un bon paquet !
Je ne crois pas être très différent des autres.
Que ceux qui n'ont jamais fait quelque chose de bien et de valable pour autrui me tirent la première rafale de kalachnikov !

Il faut donc délibérément entrer en résistance.
La résistance à la sinistrose ambiante, au défaitisme généralisé, et à toutes ces choses négatives qui tuent l'homme dans l'homme.
Entrer en résistance cela suppose de poser des actes concrets de fraternité véritable.
Les faire délibérément et en conscience. Pas seulement auprès de ceux que l'on aime bien, mais sans doute plus particulièrement auprès de ceux envers lesquels on a des sentiments mitigés, pour ne pas dire hostiles.
Facile à dire mon cher Alain, donne des exemples personnels.
Non je n'en donnerai pas. Mais j’en ai !
Pourquoi aurais-je besoin de faire figure d'exemplarité quelconque.

 À mesure que l'on descend soi-même dans une démarche authentique de recherche de sa propre conscience capable de nous suggérer le meilleur, on découvre que c'est là un chemin de pacification de soi-même et qu’il peut conduire à des actes fraternels simples et ordinaires, mais qui peuvent avoir des retentissements intenses pour ceux qui en auront bénéficié.

Tout cela parce qu'on découvre que finalement : les autres c'est nous !

Je ne parle pas forcément ici de moi envers les autres. Ce serait prétentieux.
Je parle de tout ce que j’ai pu recevoir des autres qui ont fait de bonnes choses à mon égard.
Jamais je ne peux les oublier. Et en particulier de gens qui ne m'aimaient pas beaucoup…

S'il pouvait un jour exister un média qui rendrait compte des bonnes choses ordinaires qui se font. Je sais bien que ça n'existera pas, que cela passerait pour de la mièvrerie et chose de ce genre.
Alors il ne reste plus qu'une seule possibilité : se méfier grandement des médias diffuseurs de mort, sous couvert d'information.

L'information a bien évidemment droit de cité et de rendre compte des faits tels qu'ils sont. C'est d'ailleurs son devoir et parfois sa grandeur. Mais pourquoi sans cesse extrapoler, voir en rajouter dans l'invention pure et simple. On sait déjà l'effet amplificateur de tout ce qui est filmé et diffusé. Quand un commentateur en rajoute 50 louches, ce n'est plus du journalisme professionnel. C'est de la propagande néfaste.

Je rêve toujours de journalistes honnêtes, au moins intellectuellement… Il doit bien encore en exister trois ou quatre… !
Tiens, je pense à Bernard Guetta sur France Inter le matin. Hélas il arrête pour raison de santé, comme il l’a annoncé lui-même ce matin.
la voix d'un honnête homme s’éteint. Provisoirement j'espère.

J'ai souvent ces temps-ci le sentiment d'une société qui manque de diffuseurs de vie. Ce n'est pas superflu. Des phénomènes comme « nuit debout » montrent à quel point quelque chose de collectif à allure positive manque cruellement.
On ne peut pas vivre environné de personnes qui véhiculent des choses mortifère, sans péril pour soi-même. À l'inverse, on a besoin pour une véritable respiration intérieure, de personnes qui partagent un sens de la vie et une espérance qui n'est pas vaine.
Bien sûr, individuellement, j’ai ce genre de relations. Heureusement pour moi !
Mais quelque chose manque à un niveau plus collectif. Me manque en tout cas.
Non pas refaire le monde en chambre. Je n'ai plus l'âge de ça. Encore moins défiler dans les rues.
Mais un engagement concret sans doute.
c'est devenu difficile pour moi. Mes possibilités se réduisent de mois en mois.
C’est peut-être cela que je n'arrive pas accepter encore.
Par voie de conséquence je ne vois plus très bien ce que pourrait être mon « créneau d'action ».
Peut-être n’y en a-t-il plus qui soit véritablement possible…

Parfois j'envie des retraités de mon entourage qui vivent  un« dilettantisme de bon aloi » sans se poser de questions et en affirmant qu'il faut en profiter avant de mourir…

c'est pas trop ma tasse de thé !

12 commentaires:

  1. Comme tu exprimes bien ce que je pense depuis toujours !
    La résistance à la sinistrose ambiante, au défaitisme généralisé, et à toutes ces choses négatives qui tuent l'homme dans l'homme.
    On ne peut pas vivre environné de personnes qui véhiculent des choses mortifères, sans péril pour soi-même.
    Comme je suis d'accord !
    Mais je crois vraiment que tous les mouvements alternatifs collectifs qui se lèvent en ce moment finiront, comme autant de petits ruisseaux, par s'unir pour faire de grandes rivières. (Bleu-blanc-zèbre, colibris, génération citoyen, cap21, etc)
    Quant au médias qui rendrait compte des bonnes choses ordinaires qui se font, il existe déjà. Il s'appelle le journal des bonnes nouvelles. Je le lis régulièrement.
    Bisous et merci pour ce billet réconfortant malgré ton apparent pessimisme sur la fin.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Merci pour ce site que je ne connaissais pas. Je référence « reporters d'espoir » mais ils ne publient pas très souvent, même si les articles sont intéressants.
      Les « mouvements alternatifs » que tu évoques, sont nés dans ma jeunesse…(années 70). ils étaient plus politiques et s'inscrivaient en rupture avec la société ambiante.
      Je ne suis pas tout à fait certain que ceux d'aujourd'hui portent des projets politiques. Ils ont toutefois le mérite d'exister, mais la décrédibilisation du monde politique en général ne peut pas être une alternative fiable en tant que telle.
      C'est la limite que j'y vois…
      mais enfin… je ne vais pas non plus cracher dans la soupe !…

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  2. "On ne peut pas vivre environné de personnes qui véhiculent des choses mortifère, sans péril pour soi-même."
    C'est ce qui m'est arrivé en quelque sorte! Le tournoiement des articles et des vidéos mortifères, surtout en boucle perpétuelle a eu raison de "bonne santé mentale"
    J'ai heureusement pu corriger cela, me contentant du minimum, et préférant lire deux ou trois articles de fond

    "Par voie de conséquence je ne vois plus très bien ce que pourrait être mon « créneau d'action ».
    Il me semble qu'un de tes créneau d'action est celui-ci : écrire des articles comme tu l'as fait si souvent et qui a conduit à ton dernier livre. Ces billets abordent l'essentiel, secouent bien souvent les consciences endormies, font réfléchir et parfois même caressent nos âmes en redonnant quelque chose de précieux: l'Espérance

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    1. En effet, il faut se méfier (parfois…) de ce qui nous environne psychiquement.
      On est attentif à la pollution concernant notre santé physique. Mais la pollution psychique est tout aussi présente et néfaste dans l'environnement…

      Concernant mon créneau d'action, en effet, je veux bien admettre qu'il peut être cela. L'écrit est une action. Tout du moins il peut l'être.
      Ce n'est pas que j'en doute, mais ce que j'écris me semble parfois dérisoire. Je ne fais pas ici de fausse modestie. J'ai toujours ce sentiment du « pas grand-chose ».
      Et puis, mon lectorat est tellement réduit… ça ne fait même pas une goutte d'eau…

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  3. Je note Alainx que tu souhaiterais être une star planétaire! C'EST POSSIBLE!! Je viens de lire un article sur une prof qui est connue mondialement pour son MOOC (que je suis d'ailleurs car ecléctique je fus, ecléctique je reste). Elle s'appelle Celine Dejoux.
    Donc tout ce dont tu parles dans ce blog pourrait très bien faire l'objet d'un cours avec FUN et ses MOOC.
    On parie?

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    1. Marieswiss, J'aurais désormais envers toi une reconnaissance éternelle, pour m'avoir montré le chemin de la célébrité définitive. Voilà au moins quelqu'un qui ne se MOOC pas de moi !…

      Cécile Dejoux, Je vois qu'elle a écrit un truc :
      "Intelligence émotionnelle et processus de décision", en l'an 2000
      pffff! quelle plagiaire !!
      je développais déjà ce thème dans mes conférences dans les années 80 !
      Et je donnai des stages sur cette thématique en entreprise.
      Comme quoi on réinvente toujours la même chose…

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  4. Charlotte21/4/16

    Ton créneau d'action ? L'écriture , Alain ! Tes écrits comme celui d'aujourd'hui font un bien fou, éveillent à du meilleur.C'est une forme de "résistance" face au mal et la bêtise ambiante.
    Tu es un résistant Alain et pour moi tu es , comment dire, une référence.
    Depuis que je te lis, tu m'as toujours enthousiasmée. C'est tout pour aujourd'hui

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    1. Un résistant : oui.
      Mais bon, qui aurait peut-être tendance à se ramollir…
      mais tes propos sur l'action/écriture m'interpellent. C'est vrai que l'écrit est une forme d'action.
      Certains écrits d'autrui m'ont beaucoup formé et contribué à devenir qui je tente d'être.

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  5. Il me semble qu'il y a une différence entre les prédicateurs d'apocalypse d'hier et ceux d'aujourd'hui : les premiers jouaient sur des peurs irrationnelles, sur fond de croyances. Les seconds énoncent calmement, arguments à l'appui, la réalité factuelle de notre course folle vers l'abîme.

    Il ne faudrait pas rester sourd aux seconds sous prétexte que d'autres, avant eux, ont prêché des âneries :)

    Cela dit tu as raison : il ne sert à rien de brandir des menaces si c'est pour ne rien changer. Il faut aussi discerner entre les infos alarmistes sur des sujets dérisoires, à l'échelle de l'humanité ou de la planète, et les véritables éléments d'information nécessaires pour agir de façon éclairée. Malheureusement il semble que la première formule soit préférée à la seconde…

    Un film comme "Demain" propose une vision optimiste et il est réjouissant de voir son succès. Beaucoup de belles initiatives existent.

    Quant à l'écriture, au partage d'informations et de bonnes nouvelles, ils vont dans le sens de ce que l'on veut voir agir :)

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    1. On trouve toujours des preuves pour ce que l'on a décidé de démontrer....
      Au début du chemin de fer, la communauté scientifique médicale était unanime à démontrer -science médicale à l'appui - des les humains ne résisteraient pas à la pression pulmonaire exercée par une vitesse de 50 km/h.... et en premier les femmes !
      On attend encore le cataclysme atomique final promis dans les années 1950, pas les comités d'experts en politique et prospectives qui, par de savantes analyses stratégiques, nous démontraient que c'était pour très bientôt. D'où la frénésie de constructions d'abri anti-atomiques un peu partout ...
      Disons que les oiseaux de malheur se revêtent toujours des habits de la Science ! Ça fait sérieux !

      Une de mes connaissances professionnelles, introduit dans les hautes sphères du pouvoir me disait vers la fin des années 1980, qu'il tenait de sources sures, cueillies en haut lieu, (chut !! à ne pas répéter !), que la maladie de Creutzfeldt-Jakob (la vaches folle...) allait faire des ravages en France dans les 20 ans à venir. Des milliers et des milliers de morts ! On attend encore...

      Que des catastrophes soient à venir, comme il y en eut depuis les origines de l'humanité, c'est évident.
      Que ça pourrisse la vie quotidienne du brave citoyen, qu'on incite à dépérir dans l'attente fébrile du Malheur... Ce ne sera pas pour moi...
      Faut dire que le corps médical unanime avait annoncé ma mort à mes parent en 1959 !! J''attends toujours....

      Alors je crois que de tout temps on a prêché et on prêchera des âneries !! :-))
      Qu'ensuite chacun agisse sur son territoire et en conscience, pour améliorer la condition humaine à sa petite échelle....
      C'est ce que je te vois faire d'ailleurs lorsque tu nous partages tes engagements sur ton blog.
      Et c'est ce genre de réel qui me réjouit !

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  6. A tort ou à raison, rarement je regarde la télé, ou écoute les médias.
    Les choses importantes finissent toujours à mes oreilles, et d'une certaine manière je me préserve de la dite sinistrose en ne baignant pas dedans.
    Tout est question de perspective, et je n'ai pas envie de me laisser polluer par des discours ou images déconcertants...
    Charlotte a raison de dire qu'écrire c'est résister...
    Tes écrits nous emmènent toujours sur des chemins d'humanité.
    Et j'aime les emprunter!

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    1. Question médias, j'ai aussi diminué la dose…
      Difficile d'être étanche sur ce terrain. Et pas très bon sans doute. Le bon dosage, je ne l'ai pas encore.
      J'aime ce que tu dis à la fin. Disons que j'essaie d'être le reflet de ma recherche, toujours balbutiante, des « vrais » chemins d'humanité…
      « vrai » étend nécessairement subjectif et relatif à ma conception de celle-ci…
      Que des personnes aiment les emprunter, toi en l'occurrence, ne peut que me réjouir.
      L'aventure humaine ne peut être solitaire.

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