J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 30 novembre 2018

Déconnexion

« Votre vie profonde a rencontré un problème et s'est fermée ».

Le message était apparu quelque part en lui. Seulement voilà, il ne l'avait pas vu. Cela faisait plusieurs jours que la bécane de son intériorité avait des ratés. Habituellement cela finissait par se résoudre de soi-même. Pas de panique !

Mais cela perdurait.
Pire. La bécane intérieure recevait des virus, et son logiciel de protection appelé « présence à soi-même » se montrait défaillant. Impossible d'éradiquer un malware qui s'était introduit nommé « invasion extérieure néfaste ». Vous connaissez peut-être ce genre de truc qui s'étale sur vos terres intérieures, comme une pollution au fioul lourd sur une plage jusque-là préservée. C'est visqueux, poisseux, et cela vient se coller sur vos neurones qui finissent par s'en trouver fragilisés.

Ce qui est ennuyeux c'est que lorsque vous voulez contacter l'assistance, vous obtenez ce message : « Toutes nos lignes sont occupées, veuillez rappeler plus tard ». Et plus tard, c'est encore plus tard. Alors vous commencez à craindre le « trop tard ».

Dans cette grisaille intérieure, pire que le ciel si bas qu'un canal s'est pendu, comme chantait le grand Jacques, il pensait à ce « groupe de lecteurs/trices » qui allait venir chez lui dans 48 heures, parce que les participants voulaient rencontrer « l'auteur qu'il était ». Alors il s'était dit : il vaudrait mieux dire l'auteur qu'il AVAIT peut-être été.…

C'est alors qu'il se mit à relire ses « 120 pensées plongeantes ». Au bout de quelques pages, il il vit clairement, écrit entre les lignes, et dans une grande émotion, ce message :
« Vous avez été déconnecté de vous-même ».
Ce fut comme une fulgurance. À effet immédiat. Le malware qu'il avait laissé s'infiltrer fut instantanément éradiqué. Comme par miracle.
Peut-être que cela en fut un d'ailleurs.  

Lorsqu'il tentait d'enseigner, combien de fois avait-il souligné à qui voulait bien l'entendre, à quel point « les relations vitalisantes », c'est-à-dire celles qui réveillent la vie profonde, étaient tout aussi indispensables pour l'intériorité que de respirer et de boire.

Ce dont il faisait à cet instant l'expérience, c'est qu'on pouvait être soi-même sa propre relation vitalisante. Parce que ce qu'il venait de relire , écrit il y a bien des années par lui-même, avait trait à de l'essentiel de sa propre personnalité profonde.
Il s'en était coupé, l'espace de quelques temps, se laissant envahir par une extériorité, qui, si elle existait pour ce qu'elle est, nécessitait d'être remise à la bonne distance à l'intérieur de lui.

Il se demanda même s'il allait remercier ce groupe de lecteurs de lui avoir permis de renouer avec ses assises les plus essentielles.
Il existe des périls invisibles.
Un peu comme dans ces films où le héros s'apprête à être attaqué par derrière et où le spectateur se demande :
 « — Mais bon sang ! Va-t-il enfin se retourner et voir le danger qui le menace ? ».

21 commentaires:

  1. Tes pensées plongeantes t'ont heureusement replongé dans le doux et le chaud de ton intime vivifiant...
    Le logiciel espion n'a pas réussi son travail de sape : sans doute parce que tes fondations sont solides, et résistent bien à l'infection.
    C'est inquiétant et rassurant à la fois, de se dire que même toi Alain ...ça peut t'arriver.
    Inquiétant, car ce genre d'attaque morale est difficile à encaisser, rassurant parce qu'on se sent moins seul en face des virus qui sont toujours prêts à bondir. Ton expérience est un enseignement de plus, cher phare.
    Tout est toujours à surveiller, la vigilance est le prix de la liberté comme disait Jefferson, je crois.
    J'aimerais bien faire partie de ce groupe de lecteurs.
    Sympa, le parti pris cybernétique de ton écriture.
    Bon j'arrête tu ne vas plus entrer dans tes chaussettes. ;-)
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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    1. Il arrive que les pluies se succèdent. Que s'en viennent, sans guère de répit, d'autres orages. S'en sortent ceux qui résident sur les hauteurs et on construit sur du roc solide.
      Ils subissent cependant les pluies et les orages comme les autres. Les fuites de la toiture et le ruissellement qui emporte une partie de la terre arable.
      Parfois, en effet, on oublie de guetter le ciel et de consulter son baromètre intérieur.

      Peut-être que n'est vraiment solide que celui qui connaît sa vulnérabilité. Et ce n'est pas peut-être, c'est certain !
      Dans mon histoire, ayant remporté quelques victoires sur moi-même, fier comme Artaban, je ne fus pas loin de me croire invincible. Alors on ne voit même plus que c'est avec sa propre cognée qu'on est en train de s'attaquer à l'arbre que l'on est.

      Mais sinon, chère Célestine, je ne suis qu'un homme ordinaire. Je ne dis pas banal, je dis ordinaire, parce que le chemin est ouvert à tous…
      Merci pour la reconnaissance, je l'accueille chaque fois qu'elle est sincère. Et venant de toi je sais qu'elle l'est.
      Bises, les pieds nus ;-)

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  2. Un petit coucou Alain
    A la lecture des premières lignes j'ai cru que c'était un lundi chez Lakevio : décrivez les tourments existentiels d'un personnage à la manière de Huxley ou Orwell...
    Un style de récit que j'affectionne et sur une thématique qui m'est chère...
    Je te suis de loin, j'apprécie toujours et j'ai tort de ne pas te l'écrire suffisamment !

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    1. C'est un réel plaisir de te lire quand tu passes par ici.
      Il est vrai que cette manière de parler de moi « sérieusement » n'est pas habituelle… j'ai souri en pensant à une consigne de Lakevio !
      J'espère que tu vas bien. Et que ta vie s'accomplit selon ce que tu souhaitais qu'elle soit, et c'était beau quand tu m'en parlais.
      Tu es invité à repasser par ici !…
      ;-)

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  3. On a beau mettre tous les antivirus possibles, ces invasions trouvent toujours une faille. J'en ai une massive en ce moment... et je bataille pour la contrer...

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    1. Je suis certain que tu as en toi les ressources pour colmater les brèches.
      En même temps je comprends bien que la bataille peut être difficile et délicate.
      Tu as tout mon soutien intérieur, chère Sandrine. Tu es tellement une belle personne.

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  4. Moi aussi j'ai d"abord cru à un texte rempli de mots imposés.

    C'était une sorte d'implosion, en réalité... Tu as donc été court-circuité et avais perdu le contact avec ton panneau de commandes, pas de commandements mais de commandes rassurantes : tu es toi et pas les autres, tu es libre et tu peux t'étirer...

    Welcome back... and stay tuned! :)

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    1. Voilà, c'est exactement cela. Et la reconnexion provoque des effets bénéfiques, autant psychiques que corporels.

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  5. C'est vrai ce que tu dis, Alain. Il suffit parfois de relire un texte, quelques lignes, un mot, que nous avons écrits à une époque, pour nous retrouver, pour nous sortir de ces pensées toxiques qui nous avaient envahi. Parfois, c'est un ami, ou une amie, qui nous dit : tu te rappelles ce que tu avais dit, ce que tu avais fait, et d'un seul coup, nous nous disons, mais oui bien sûr, merci de me l'avoir rappelé, tout n'est pas perdu ! J'ai encore tout cela au fond de moi ! mais je m'étais juste égarée !...
    Merci pour ce billet qui me parle beaucoup, Alain.
    Beau week-end à toi.

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    1. Oui, il y a des moments où nous avons véritablement besoin que quelqu'un d'autre nou aide à retrouver le chemin de l'intérieur de nous.
      Il y a tellement de possibilités de nous égarer sur des sentiers de traverse…
      content si ce billet t'apporte un petit bienfait.

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  6. "Il s'en était coupé, l'espace de quelques temps, se laissant envahir par une extériorité, qui, si elle existait pour ce qu'elle est, nécessitait d'être remise à la bonne distance à l'intérieur de lui."
    Cela me donne envie de me replonger dans tes 120 pensées..
    je suis heureuse de savoir que tu t’es sorti de ce tourbillon négatif .
    J’espere sortir de celui qui m’aspire depuis quelque temps , mais j’ai bon espoir.
    Je t’embrasse
    Mathilde **

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    1. De tout cœur, je souhaite que ton espoir se réalise.
      Je sais que tu as la capacité de faire la part qui te revient.
      Tu as mon soutien intérieur. Je t'embrasse aussi, Chère Mathilde

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    2. Charlotte2/12/18

      La « présence à soi-même » Cette force dont disposait l'enfant de 6 ans qu'était Boris Cyrulnik ( que j'ai écouté avec émotion à l'émission "Le divan") pour échapper à cette " invasion extérieure néfaste » la solitude, la fragilité et l'ennemi .Merci de nous faire confiance en nous partageant ton vécu intime. Toi aussi comme cet homme tu es un homme extra ordinaire.Tous les deux vous avez vaincu votre "ennemi" vous l'avez apprivoisé sans jamais avoir voulu vous venger.
      Enfin , c'est ce que je crois...

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  7. Nous ne sommes, tous autant que nous sommes, et chacun d'entre nous, qu'une somme de failles, de cris, de douleurs, de cicatrices. Il nous faut vivre avec, trouver sa propre lumière qui parfois vacille, que parfois une bourrasque superfétatoire souffle comme une bougie... et ce chemin qu'on croyait immuablement tracé, tout autant derrière que devant nous, disparaît. Il est des recherches qui ne cessent jamais.
    Moi, quand le mien menace de disparaître, quand je me sens me diluer sous le flot des écueils que le quotidien s'acharne à dresser sur ma route, des bleus aux corps et au cœur, des critiques sans fondement, des mesquineries destinées à blesser, des flèches aux pointes enduites de mauvaise foi, de la bêtise, des malchances, bref de ce qui fait le lot de tout un chacun mais parfois s'accumule plus sur l'un que sur l'autre, j'ai un espace intérieur où je me réfugie, fait de lectures, de rencontres, de lettres qui m'ont été adressées, d'instants mémorisés aussi précieux que forts, et je m'y étends comme sur une île, je regarde la mer, et je m'y rassemble, jusqu'à redevenir limpide...
    Sans doute as-tu trouvé ton "île"...

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    1. J'aime beaucoup l'universalité de ton commentaire. il me touche.
      Ton premier paragraphe m'a remis en mémoire la première phrase d'un livre de Scott Peck « le chemin le moins fréquenté », qui fut l'un des premiers livres qui a marqué ma recherche personnelle dans années 70, et qui commence ainsi :
      « la vie est difficile… » comme un constat incontournable. Une réalité brute, et parfois brutale.
      Je n'ai pas retrouvé ce livre. En revanche une petite recherche sur le net m'a amené à une petite vidéo de lecture de ses premières pages :

      https://www.youtube.com/watch?time_continue=82&v=KHKzgLxopLE

      Dans le deuxième paragraphe j'aime que tu parles de ton espace intérieur et qui est ton refuge. Qui plus est c'est écrit très poétiquement.
      À chacun en effet de trouver sont "île"et surtout de savoir la rejoindre à temps avant de se laisser emporter par les contre-courants auxquels la vie nous expose.
      C'est peut-être cela, finalement, l'entraide fraternelle entre les humains. Aider chacun à retrouver son île. Et peut-être inviter en ce lieu les uns et les autres à la visiter.
      Merci pour ce beau commentaire.

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    2. Merci à toi pour la découverte... Une lecture qui me parle profond :-)

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  8. Ma foi... Alain... Comme c'est universel ce que tu nous racontes-là....
    Il n'est me semble-t-il pas possible de rester 7j/7 dans son intériorité... Car la vie physique, l'extérieur nous amènes toujours à nous en extraire...
    C'est souvent lorsque l'on revient à soi, que l'on constate cette déconnexion à soi... Et nous avons la chance, de part la trace que nous laissons par les mots... Notre écriture intime... qui nous permet avec une plus grande facilité à revenir à soi... et qui nous sauve plus rapidement de notre extériorité...

    Je relisais mes textes ce jour... je me faisais la même réflexion...
    Et je te remercie... de me faire constater que je peux être avec moi-même dans une relation vitalisante :-)

    T'embrasse avec toute mon affection.
    July

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    1. Bien entendu, nul n'est parfait, mais tout est perfectible.
      L'intériorité est une fluidité entre le moi, le je, la sensibilité, la conscience et l'être.
      Nous ne sommes pas cloisonnés. Tout est en interaction permanente.
      C'est un peu l'absence de vigilance sur laquelle mon texte, en forme de petite histoire, mettait l'accent.
      Il y a des ambiances néfastes comme il y a des personnes néfastes.
      C'est un fait.
      Ne pas souhaiter se laisser contaminer est une attitude légitime me semble-t-il.
      J'ai vu trop — au point que cela devient intolérable — de gens se laisser prendre des filets mortifères, alors qu'ils avaient la possibilité de s'en extraire, autant psychiquement que physiquement.

      Cela dit, tu as parfaitement raison que le retour à soi permet de rétablir ce qui doit l'être. Seul un certain « entraînement » permet d'y parvenir.
      Et il est vrai qu'il y a une auto-vitalisation possible.
      C'est sans doute ce que fait dans son genre le préparateur mental. Et finalement ce n'est pas réservé aux sportifs…

      Toujours heureux de te lire ici, chère amie.

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  9. Charlotte3/12/18

    Charlotte2/12/18
    La « présence à soi-même » Cette force dont disposait l'enfant de 6 ans qu'était Boris Cyrulnik ( que j'ai écouté avec émotion à l'émission "Le divan") pour échapper à cette " invasion extérieure néfaste » la solitude, la fragilité et l'ennemi .Merci de nous faire confiance en nous partageant ton vécu intime. Toi aussi comme cet homme tu es un homme extra ordinaire.Tous les deux vous avez vaincu votre "ennemi" vous l'avez apprivoisé sans jamais avoir voulu vous venger.
    Enfin , c'est ce que je crois...

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    1. Je pense que « l'enfant naturel » à une énorme capacité de présence à lui-même. Malheureusement une certaine éducation qui perdure, quoi qu'on en dise, consiste à inculquer chez l'enfant, plus ou moins consciemment, « le désir parental sur lui » (pour son bien évidemment). Plutôt que de se mettre à que l'on perçoit de cette force de présence, en favoriser l'émergence et la guider dans le sens de l'existence de l'enfant pour le monde.
      Hélas on transmet difficilement et encore plus avec immédiateté ce que l'on n'a pas reçu soi-même. Et lorsqu'on y parvient quelque peu, parce qu'on a prie sa mission parentale plus au sérieux, l'enfant est quasiment devenu déjà adulte.
      Ce n'est pas facile de construire l'humanité fraternelle.

      Et pour répondre à la fin de ton commentaire, non, la vengeance ne fut jamais mon moteur. Mon moteur est de participer à l'événement d'une humanité de la solidarité et de la fraternité. C'est-à-dire s'il y a du taf !
      À commencer par celui sur moi-même…

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