J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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dimanche 2 décembre 2018

Il y a d'autres choix pour vivre





Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à faire
Qu'à mettre la clé sous la porte
De ce château sombre et désert
Où gisent nos illusions mortes
Ainsi donc ainsi donc
Vite fait serait l'inventaire
De ces chambres abandonnées
Aux lits recouverts de poussière
Aux parquets noirs de sang séché
Et sur les carreaux des fenêtres
On pourrait écrire à la craie :
"Tout demain devra disparaître
Des choses que l'on a cru vraies"
Et dans ce monde à la dérive
Pareils aux autres animaux
Nous n'aurions d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à voir
Circulez mais circulez donc
Ainsi finirait notre histoire
Sous le poids des malédictions
Ainsi donc ainsi donc
Faudrait faire amende honorable
Raser les murs courber le dos
Se résigner au pitoyable
Errer de goulags en ghettos
Tout ne serait que simulacre
Toute espérance sans lendemain
Rien ne servirait de se battre
Pour un monde à visage humain
Il faudrait brûler tous les livres
Redevenir des animaux
Sans avoir d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Contre la faim contre la haine
Contre le froid la cruauté
De la longue quête incertaine
Pour affirmer sa dignité
Ainsi donc ainsi donc
Il nous faudrait tout renier
De la bataille surhumaine
Que depuis l'âge des cavernes
L'homme à lui-même s'est livré
Ne tirez pas sur le pianiste
Qui joue d'un seul doigt de la main
Vous avez déchiffré trop vite
"La musique de l'être humain"
Et dans ce monde à la dérive
Son chant demeure et dit tout haut
Qu'il y a d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
Qu'il y aura d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Jean Ferrat (1991) 

19 commentaires:

  1. Et dans ce monde à la dérive
    Son chant demeure et dit tout haut
    Qu'il y a d'autres choix pour vivre
    Que dans la jungle ou dans le zoo
    Qu'il y aura d'autres choix pour vivre
    Que dans la jungle ou dans le zoo

    Quand je vois la façon dont les gens se comportent, comme dans la jungle... je me dis qu'il y a vraiment du taf pour apprendre à se parler, s'écouter, se respecter

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    1. Lorsqu'on côtoie les gens qui ont fait un autre choix que la jungle ou le zoo, on sort de ces deux écueils.
      On entre alors dans un autre monde, un autre « îlot d'humanité ».
      Cela ne changera pas la face du monde en apparence.
      D'autant que l'on nous montre à foison, pour tenter de nous en convaincre qu'il n'y a que le zoo et la jungle.
      Mais on sait bien que les apparences sont trompeuses…
      je peux croire à un autre choix, puisque j'ai l'expérience d'en vivre.

      C'est pour cela que le refrain final de la chanson de Ferrat, devrait se répéter à l'infini.

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  2. Dans la jungle, le lion se taille sa part...chez les hommes, ce sont toujours les mêmes oligarques qui possèdent tout, l'injustice est la règle....Le premier des respects, c'est celui que les gouvernants, les élites, les possédants, devraient avoir pour les peuples...et qu'ils se demandent chaque jour pourquoi ce monde est à la dérive... mais ça, c'est un vieux rêve de poète.
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Peut-être aussi que le premier respect c'est celui que l'on se doit à soi-même, et au voisin de la maison d'en face.

      Quant aux gouvernants de la planète, après avoir essayé tous les régimes politiques et sociaux existants qu'ils ont inventés depuis l'apparition d'une vie collective quelque peu structurée, (cela fait quand même un bon paquet de milliers d'années) ils n'ont pas trouvé la réponse à ce pourquoi.
      Il faut croire que ce ne sont pas les gouvernants qui l'ont.

      Aujourd'hui ils sont tous démunis, face à l'espèce de « planète neuronale » que sont les GAFAM et NATU (Netflix, Air BNB, Telsa et Uber), qui sont en train de coloniser nos cerveaux pour notre plus grand malheur… Nous n'avons même pas encore commencé à nous en rendre compte véritablement.
      C'est leur grand triomphe. Nous asservir en douceur et profondeur. Non seulement nous ne résistons pas, mais nous y concourront. Il n'est qu'à voir le succès planétaire des réseaux sociaux.
      On ne se rend même plus compte que l'on est manipulé.
      Le président du continent encore dominateur gouverne par Twitter !
      Les marchés financiers fonctionnent sans humains, les algorithmes des robots font toutes les transactions par milliardième de seconde. On ne sait même pas ce qu'ils ont fait !

      L'avenir serait de déconnecter !
      Et même cela c'est devenu impossible… si tu n'as pas Internet tu n'as plus de vie sociale, ni citoyenne (toutes les administrations françaises obligent désormais à passer par Internet. Un robot te guidera à chaque instant)
      hé ! oh ! Il y a encore des humains dans les bureaux ! ?

      Ah ! Les rêves de poètes…
      — « Poètes ! Vos papiers ! » Comme criait Léo

      Tiens, je m'en vais réécouter « les anarchistes ! »

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  3. "Quand on prend tout d'un cœur léger
    Il paraît qu'on vit sans danger
    Que la mort longtemps nous évite
    Mais j'ai voulu croire au bonheur
    Et j'ai pris tant de choses à cœur
    Que mon cœur a battu trop vite

    Au lieu d'être un homme averti
    Qui se passionne au ralenti
    J'ai pris le parti des poètes
    C'est en cherchant la toison d'or
    Que mon cœur a battu si fort
    Quand j'y pense encore il s'arrête

    Le cœur fragile
    Les mains fébriles
    La bouche offerte
    J'aurai vécu
    Sans avoir cru
    L'île déserte
    En attendant
    Le cœur battant
    La découverte
    Je veux dormir
    Je veux mourir
    La porte ouverte..."
    Du même ;-)

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  4. Voilà, c'est tout à fait cela.
    Écouter battre le cœur des hommes, le cœur de ceux qu'on aime, leur ouvrir les bras largement.
    Et pour cela… il faudra bien laisser tomber son Smartphone !
    ;-))
    Voir plus haut…
    °-)

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    1. Je vais te faire une confidence, mon Smartphone ne me sert qu'à téléphoner... A l'occasion de lampe torche ;-)

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  5. J'ai beaucoup de chance car j'ai une nature "qui ne s'en fait pas trop". Je ne peux pas m'en vanter j'imagine, je suis née ainsi et on n'a pu me changer. Je ne vois pas tout en rose, mais je me dis que quoi qu'il arrive, je ne serai pas seule, nous serons des millions sans doute. Et nous survivrons en grande majorité, comme ça s'est toujours passé... Même si je ne survis pas, moi. Ca, ça peut arriver bien sûr!

    Je reste émerveillée de la vie, pas des gens, enfin, pas de la plus grande majorité, mais justement ce sont ceux qui apportent le merveilleux qui sont remarquables, qui font de l'existence un bijou, une fête... quoi qu'il y ait sur la table!

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    1. Bien entendu, je peux me tromper, mais je crois que la chance que tu évoques, résulte probablement du fait que ta nature profonde fut très vite éveillée, à la fois par qui tu es, et aussi, par un environnement favorable, quand bien même il fut marqué par bien des difficultés et/ou des écueils.

      Reste qu'il y a quelque chose de mystérieux. Il y a comme cela des gens que mon entourage d'enfance appelait « de bonnes natures ». Je connaissais une tante du côté de la belle-famille de mon frère, qui aimait à redire, même face aux difficultés : — « Bon allez ! Tout ira bien ! ». Et c'était curieux dans sa bouche cela n'avait rien d'ironique ou de fuite. C'était comme l'expression d'une conviction profonde, d'une foi.
      Elle avait pourtant un vécu à faire pleurer dans les chaumières.
      Mais elle s'en était toujours sortie !
      L'exemplarité force le respect.

      Merci de ton propos qui fait respirer plus ample, et cela fait du bien.

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  6. "Concessions. - N'en faire jamais. Elles ont perdu Louis XVI." Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.
    Ne me reconnaissant dans aucun des camps, sans trémolos et sans cruauté.

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    1. Toute concession qui consisterait à renoncer à ses convictions les plus intimes, et à tourner le dos à sa conscience profonde, serait erreur de première grandeur.

      Ensuite, nos convictions peuvent évidemment être rejetées et combattues par d'autres. Certains y laissent leur vie.

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  7. Tous les systèmes politiques mis en place ont échoué car l'homme les a tous, in fine, pervertis. Ce n'est pas le système qu'il faut changer, c'est l'homme avec ses valeurs ! Je suis un utopiste et je le revendique !! Quand je vois toute cette haine!! La haine est une prison !

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    1. je plussois, d'autant plus que j'ai consacré ma vie à la valorisation de la Personne Humaine, tentant de lui donner les moyens pédagogiques de se pacifier par l'intérieur.
      Je ne suis pas utopiste, mais réaliste, parce que là EST la nature profonde de l'Être Humain.
      Et je suis en accord avec toi que la haine est une prison, une prison que l'on se construit soi-même....

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  8. Il manque, Jean Ferrat....

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  9. Ni dans la jungle ni dans le zoo...Mais dans un lieu où chacun sait respecter l'autre et l'écouter...
    j'avais oublié cette chanson, merci de me la remettre en mémoire et merci pour votre passage chez moi...

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    1. Ce n'est pas très facile parfois de respecter l'autre.
      Pourtant le respecter, lui, c'est aussi se respecter soi-même.
      C'est une composante du vivre ensemble.
      Mais actuellement, notre société arbore comme valeur l'individualiste…
      c'est-à-dire l'inverse de la solidarité qui est pourtant une force humaine d'une incroyable efficacité.
      Dommage !
      Merci de ton passage, gazou.

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  10. Si l'on savait écouter
    Si l'on savait comprendre
    Si on essayait juste un jour de s'oublier
    Pour voir l'autre
    Pour voir le monde
    Pour voir notre richesse même si elle est infime
    Il nous faut regarder
    Le plus pauvre que nous
    Il nous faut regarder
    Les enfants dans la boue
    Les gens sans toits
    Les gens perdus
    dans des pays
    Dont on ne parle pas.

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