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mercredi 4 septembre 2019

Et puis… la musique…


Une banalité de dire que la musique, les chansons, jalonnent nos souvenirs. Des comptines de l'école jusqu'à ce concert symphonique que l'on écouta à deux, dans les fauteuils de velours  rouge, main dans la main, dirigée par Jean-Claude Casadesus. Et que dire de ces chanteurs et chanteuses qui bercèrent et alimentairent nos rêves d'adolescents et de jeunesse.

Le premier concerto pour piano de Chopin marqua plus particulièrement divers événements qui firent date dans mon existence. Des instants heureux, et des moments plus douloureux. Il fut à la fois une exaltation et un baume apaisant. Et puis, sans que j'en décide, cela se termina en exaspération.
Je ne pouvais plus le sentir. Ou plus exactement je ne pouvais plus l'entendre. Me demandant comment j'avais pu apprécier une telle bouillie dégoulinante de notes pianistiques.… Et ce fond d'orchestre plan-plan !…
Ainsi en fut-il durant bien des années.

Et puis, il n'y a pas très longtemps, j'écoutais sur YouTube je ne sais plus quelle œuvre romantique. Celle-ci terminée, l'algorithme, qui décide à ma place ce que je suis censé aimer, lança pour suivre ce fameux premier concerto de Chopin. J'ai laissé faire. Guettant ma réaction intérieure.
Alors une émotion très positive est revenue, sans s'annoncer préalablement. L'œuvre m'a soulevé et je l'ai écoutée in extenso. J'étais envahi de l'intérieur par ce satané Frédéric !
Il faut dire que l'orchestre était dirigé par une femme    :  Agnieszka Duczmal.
et que la pianiste était une femme également : Olga Scheps.
On dira tout ce que l'on veut UNE pianiste n'est pas UN pianiste.
(Je sais c'est d'une banalité à pleurer si on ne comprend pas ce que je veux dire…)

Vous pourrez apprécier la beauté si vous regardez la vidéo. Beauté du corps et de la silhouette, beauté du geste et du toucher de l'instrument.
Toutes deux inconnues dans mon panthéon personnel.
Et c'est l'interprétation que j'ai trouvé absolument sublime. Comme si c'était exactement celle que j'attendais pour m'emporter au-delà de tout.


Comme quoi toute chose et toute vie sont sans cesse en renouvellements et en montées chromatiques !




23 commentaires:

  1. C'est rigolo ce que tu dis et ce n'est pas la première fois que je l'entends. Un ami m'a dit un jour qu'il préférait écouter (ou plutôt regarder) l'interprétation des sonates de Bach par UNE violoncelliste, fut-elle médiocre, plutôt que par UN violoncelliste, fut-il Casals ou Rostropovitch. Evidemment, la gestuelle, la sensualité, les fantasmes expliquent en partie cette appréciation et n'ont pas grand chose à voir avec la musique. Une sonate de Bach peut être massacrée par une très jolie, très sensuelle et très expressive musicienne.

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    1. Pour ma part, ce qui prime c'est l'interprétation, quel que soit le sexe de l'interprète. En l'espèce, Olga la porte au sublime. Et sa beauté et sa gestuelle sont la cerise sur le rouge de sa robe.

      L'interprétation d'Olga m'a semblé plus aérienne et plus subtile (notamment dans le deuxième mouvement) que celle d'une autre femme : Martha Argerich, qui certes a un physique… bien différent… et dont l'interprétation ne me semble pas à la hauteur de sa célébrité… (Cela dit c'est une femme dont j'apprécie le parcours, l'histoire personnelle, et les engagements)
      https://www.youtube.com/watch?v=MkrwU5Pd93c

      Un concert est un spectacle où tout compte. Si les musiciens étaient en slip kangourou et le soliste en Marcel, ou la soliste en bigoudis, je me demande si on apprécierait l'œuvre de la même manière.
      ;-)

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  2. Moi qui ne suis pas particulièrement intéressée par la musique (je ne la rejette pas, mais ai le sentiment de ne pas y avoir été préparée, ou il y a eu une cassure et je ne compte pas me psychanalyser pour comprendre :) ) j'ai regardé et écouté la vidéo, pour m'approcher au moins un peu de ce que tu exprimes, et je comprends, en tout cas je vois une grâce supplémentaire, un plaisir de plus dans le toucher et bouger féminin...

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    1. À chacun ses sensibilités artistiques et autres.
      Il me semble que l'important est la capacité à vibrer, à se laisser toucher, être rejoint par un art ou un autre. Qu'importe lequel.
      Dans ce que je relate, c'est l'interprétation entendue (et non vue) qui m'a touché en premier, YouTube avait choisi pour moi et je ne regardais pas l'écran à ce moment-là, j'étais occupé ailleurs. Je suis revenu devant l'écran à cause de ce que mes oreilles entendaient. Et c'est là que j'ai vu… Olga ! Et à ce moment-là je suis resté à regarder affectivement.

      Alors c'est comme tu le dis « une grâce supplémentaire », celle que j'ai évoquée dans le texte, mais parce que l'interprétation me touchait en premier.
      La grâce féminine a quand même quelque chose de singulier et d'unique.

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  3. Je t'avoue tout net que je préfère écouter que regarder, et laisser la musique me remplir. Alors, après, Chopin et son romantisme torturé, échevelé, sa liberté dans le rythme, les inégalités, les ruptures... Ce que tu n'as pas aimé quelque temps dans ce concerto venait peut-être d'un jeu (masculin ou féminin je ne sais) qui malheureusement existe beaucoup dans l'interprétation de cette musique, quelque chose de sentimental, maniéré, souvent couplé à un excès de virtuosité technique qui est tout le contraire de ce qu'il faut produire.
    Souplesse, toucher, lyrisme hypersensible mais jamais, jamais de sensiblerie! Chopin c'est l'origine, le deuil sublime d'une Pologne libre, la passion, le folklore et la mélancolie...
    Et je m'arrête parce que sur ce sujet je deviens saoulante, d'ailleurs je me saoule déjà ;-)

    JC Casadesus, quelle chance!!!

    ♥♥♥

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    1. À l'époque de ma jeunesse la musique s'écoutait et ne se voyait guère ! Et la musique classique sur un pick-up Teppaz, ce n'était pas du tout le summum de la haute fidélité… et puis la stéréo et la chaîne hi-fi sont arrivés…
      ce n'est qu'adulte que j'ai commencé à aller à des concerts et à vivre toute la différence que cela peut comporter.
      J'ai été éduqué aux nuances de l'interprétation par France-Musique avec les tribunes des critiques de disques. Et par la suite par ma chère belle-mère, pianiste professionnelle, qui m'a fait comprendre que ce n'était pas du snobisme d'aller à un concert avec la partition sur les genoux. (J'ai évoqué tout cela sur mon blog il y a des années).

      Tu as raison, j'ai énormément écouté le premier concerto de Chopin sur le même vinyle 33 tours. Je ne serais plus capable d'écouter cette interprétation aujourd'hui, tant elle me semble « plate »…
      c'était pourtant un disque Deutsche Grammophon dont la réputation n'est plus à faire… !! ;-)

      J'ai eu la chance de rencontrer Casadesus en raison de ma belle-famille donc bien des membres sont musiciens professionnels…

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  4. Un instant de grâce et de légèreté !!C'est fluide, romantique…..Moi j'aime bien. Voir et écouter, c'est bien !!

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    1. C'est cela, en effet.
      Savourer pleinement cet instant c'est ce qui nous est offert généreusement.

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  5. Jolie conclusion que la vôtre. Et heureusement que c'est ça, la vie, pour la musique ou toute autre chose ;)

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    1. La vie nous porte loin, parfois très loin, si on se laisse porter…
      parfois, nous sommes bêtement des résistants !

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  6. J'ai écouté, admiré puis fermé les yeux, j'étais ailleurs... c'est vraiment magnifique, la grâce faite femme, et le très grand professionnalisme bien sûr. Merci. Je t'embrasse.

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    1. Cela me réjouit beaucoup que tu aies pris de plaisir à écouter cette œuvre.
      Je t'embrasse bien également.

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  7. Merci pour ce joli moment de beauté dans tous les sens du terme…
    Bon week-end, Alain, nul doute, tu sais profiter de ce que la vie apporte de magnifique.

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    1. Je reviens d'une semaine en Bretagne qui fut tout à fait excellente.

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  8. J'ai (hélas) longtemps pensé que seuls les italiens savaient nous faire partager toute l'âme de Vivaldi et les allemands celle de J.S.Bach jusqu'au jour où j'ai entendu de merveilleuses interprétations par des asiatiques, japonais, chinois, russes etc...Yo Yo Ma, Lang Lang, Yeol Eum Son et j'en passe. Me reviennent alors à l'esprit les mots de Paul Valéry "Il n'y a que les huîtres et les sots qui adhérent"

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    1. Sur ce coup là je ne suis pas loin d'être aussi huîtres que le dit Paul.
      J'ai mis du temps à accepter VRAIMENT que la musique est universelle !

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  9. Je ne suis pas très fan de musique classique, bien que mon radio/réveil soit réglé sur radio classique ! J'ai assisté à seulement deux concerts, dans ma vie. Chaque fois en plein air, un dans le parc des sources à Vichy, l'autre dans le parc Frédéric Mistral à Grenoble ; c'était simplement beau...!

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    1. Je me réjouis de ce que tu dis pour les deux concerts.

      Peut-être qu'il faut être « introduit » à la musique dite classique pour la savourer pleinement. J'ai eu cette chance et ne le regrette pas. Ce n'est d'ailleurs pas une question de culture ou de niveau social. Pour cela les concerts en plein air sont une excellente chose.
      Si cela t'intéresse je te conseille de chercher Jean-François Zygel sur un moteur de recherche. Il fait beaucoup pour « démocratiser » la musique classique.

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  10. Lorsque j'étais gamine, j'ai été bercée au son de la musique classique. Mon lit se trouvait dans le salon/salle-à-manger, là où mon père écoutait les 33tours de Mozart, Chopin, Beethoven... J'aimais bien.

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    1. Personnellement, j'ai été bercé par deux musiques bien différentes :
      — la musique classique et le chant grégorien : par mon père
      — le bal musette et l'accordéon : par ma mère
      et j'ai gardé un attrait pour les deux…

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  11. En effet, la musique fait partie de notre petit monde, et c'est une sacrée chance. Pour ma part, les grands classiques je les écoute avec parcimonie quand mon humeur s'y accorde, mais dans ces cas là c'est toujours un réel délice.

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    1. Peut-on imaginer un monde sans musique ?
      Chacun d'entre nous a-t-il pas commencé sa vie par quelque gazouillis ?

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  12. J'aurais bien du mal à l'imaginer sans pour ma part. J'espère conserver des oreilles fonctionnelles jusqu'à la toute fin ! ☺

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