Pages

jeudi 13 octobre 2016

Comme une lettre sans la poste…

Cela fait un moment que je voulais t'écrire.
Oui, je sais, c'est un peu tard… mais avoue que c'était quand même difficile de le faire plus tôt !
Il fallait toutes ces années pour que cela devienne possible.

Sache bien que je ne t'ai jamais oublié. Au contraire. Je pense souvent à toi. Tu es un autre moi-même. Plus que ça encore. On ne s'est jamais quitté, et on ne se quittera jamais. Je ne peux pas vivre sans toi, puisque c'est toi qui avais tout ce qu'il fallait pour la réussite d'une vie.

C’est vrai que ça a failli mal tourner.
Difficile de t'en attribuer la responsabilité, mais quand même, ne crois pas que tu soies totalement indemne de ce point de vue. Car tu aurais pu parler. Je veux dire parler vraiment. Pas raconter des histoires qui étaient soi-disant pour « faire comprendre ». Tu sais bien qu'ils ne comprenaient rien. Ils étaient dans leurs propres schémas. Tellement loin du tien. Tellement autres. C'est vrai que tu as tenté de résister. Tu as mis au point un certain nombre de stratégies pour attirer l'attention, avec l'espoir qu'un changement pouvait un jour advenir.
C’était là ton erreur.
Enfin… ton erreur… était-il possible qu'il en soit autrement ? Était-il possible d'éviter tout ce qui s'est passé ? Était-il possible de repousser au loin la tragédie qui t’affecterait en premier, mais aussi bien d'autres tout autour ?
Il aurait fallu…
Quoi ?
Que tu « parles vrai ». Comme tu apprendras à le faire plus tard. A mettre les points sur les « i » les barres sur les « t ». Est-ce que tu te souviens qu'un moment ce fut à ta portée. Est-ce que tu te souviens des quelques tentatives que tu as faites ? Tu as oublié ! 
Figure-toi que moi je m'en suis souvenu il n’y a pas si longtemps.. Ce fameux soir où tu as cru que tu pourrais parler, parce qu'il y avait une sorte de calme, une atmosphère de paix, ce qui était l'exception. 
Souviens-toi, c'étaient quelques semaines avant la catastrophe.  Et toi qui venais de vivre ton entrée en sixième avec tellement d'espérance que peut-être tout allait changer dans ta vie. Tu avais décidé de faire des efforts. « Je prends la ferme résolution » c'était authentique. C'était vrai. 
Mais ça très mal passé : la rentrée, les autres, la solitude, l'isolement. Tu as continué  à t'enfermer. Tout en désespérant de ne pas savoir t’ouvrir. Taiseux en classe. Clown à la maison.  Rebelle avec ta mère. En attente de la punition.  Alors ce soir là tu avais eu envie de dire qu'il était temps que l'on s'occupe un peu plus de toi, qu'il y avait un enjeu que tu ressentais. Une possibilité de réussir. Avant qu'il ne soit trop tard. Peut-être même que tu étais pas bien loin d'oser demander un peu d'amour. 
Mais tu n’as rien dit.
Tu n'as pas ouvert la bouche. Tu n'as pas osé le « parler vrai ». Prisonnier de ton personnage de sale gosse, qui a le don d'énerver sa mère. Qui remue constamment. Qui aligne les zéros en classe. Qui fait honte à sa famille..
Tu as gardé cette attitude de défense : « Cause toujours, tu m'intéresses ! »
Tu as ravalé tes souffrances et tes peurs. Tu as mis sur le devant tes fanfaronnades, tes bêtises réitérées. Bref tu t’es dit, une fois encore : je continue de faire le con ! Puisque ça les emmerde !

Tu as oublié un truc.
À cet âge-là ils sont plus forts que toi.
Mais tu aurais pu être plus fort qu’eux par le « jeu de la vérité vraie ».
En appeler à leur cœur.
Bien sûr je dis ça aujourd'hui parce que, devenu vieux, je sais à présent ce qu'il en était de leur cœur de père et de mère. il faut que tu le saches. C'est bien plus tard que j'ai compris. Que je les ai aimés en vérité vraie. Que je les ai retrouvés à l'intérieur de moi, bien après leur disparition. Ton père en premier, notre mère ensuite, un peu plus tard.

Bon !
Je vais pas te rappeler ce 11 novembre où tout a basculé… Que toi et moi ce jour-là on s’est retrouvé dans de beaux draps… c'est le cas de le dire… les draps d'hôpitaux… rêches… dans cette horrible cave qu’ils appelaient « sous-sol » avec les tuyaux de chauffage au-dessus de ta tête, et celui qui fuyait, goutte-à-goutte, l’eau très chaude te tombait dessus. Toi qui était immobile. Le corps entièrement paralysé. Quasi définitivement.
Rappelle-toi comment notre père t’a sorti de forces de ce gros merdier, et tout le pataquès que cela a fait par la suite jusqu'à obtenir la fermeture du service pourri en question.
Tiens, je te le dis,  j'ai retrouvé des traces du truc sur Internet il y a quelques temps, à propos de cet hôpital de m… Ça confirme qu'on ne s'était pas gouré sur cette horreur. Fermé pour absence totale d'hygiène…  Historiquement, tu as vécu les conditions d'il y a deux siècles avant. C'est quand même une aventure intéressante ! Non ?
Bon, on ne va pas rappeler toutes ces horreurs. Y compris celles que nous n'avons jamais dites, parce  que personne ne croirait…
Tu vois moi aussi « la vérité vraie » je n'en parle pas non plus… enfin, pas jusqu’au bout de celle-ci.

Assez bavardé pour aujourd'hui.
Porte-toi bien ! Enfin porte-moi bien !
Et à une prochaine fois… peut-être…

Ton toi.

——————————————— 

J'ai écrit ce texte il y a un petit temps déjà. À cause de ce souvenir qui remonta du fond de mon psychisme, comme une bulle vient exploser à la surface de la mémoire. Ce souvenir de ce soir-là où « j'aurais pu dire… ». C'est arrivé comme un grand éclair, quelque chose d'un peu foudroyant dans ma tête en un instant. On ne peut rien contre l’histoire passée, telle qu'elle fut. On peut pas mal de choses en matière de réparation et de reconstruction. Cela m'a fait du bien de me parler à moi-même comme je viens de le faire. Comme renouer les fils cassés.

Ce matin je me suis senti en capacité de publier ce texte.

mercredi 12 octobre 2016

Délabrement - Texte d'atelier


Leiloona organise chaque semaine des ateliers d'écriture. Tous les mardi/mercredi, elle met en ligne sur son blog une photo qui doit permettre d'éveiller l'imagination et mettre ainsi en place un processus d'écriture. Les participants doivent ensuite fournir un texte le dimanche soir qui suit. Le lundi matin, Leiloona les publie ou met les liens des différentes participations. 


———————————— 

Photo de Vincent Héquet


— Délabrement  —

Peut-être qu'Herbert avait eu tort de retourner dans cette maison. Ses sœurs et lui l'appelaient « la maison des jours heureux ». Qu'est-ce qu'il y avait donc pu bien y avoir d'heureux en ces jours-là ? Revisiter des années plus tard, que reste-t-il d'un bonheur dont on avait cru à la présence ?
Une maison d'enfance. La maison de l'enfance. Et cette pièce à l'étage que les parents appelaient chambre d'amis. Eux qui n'avaient pas d'amis, juste quelques relations obligées, du genre de la tante Louise, et du grand-père Marcel. À quoi pouvait donc bien servir cette pièce froide et mal chauffée.

Enfants, ils en avaient fait un quasi terrain d'aventure. Les parents n'y venaient jamais. C'était devenu la pièce des secrets, des confidences, des mystères entretenus. À l'aube de l'adolescence, Christelle y avait introduit son copain de cœur, un jeudi, jour sans école en ce temps-là. Ils avaient fermé à clé, interdisant de les rejoindre. Joséphine et Herbert avaient collé une oreille à la porte de bois vermoulu. Joséphine prétendit qu'ils avaient fait des choses interdites, puisqu'on avait entendu le lit grincer. C'est vrai qu'ils avaient les joues peu rouges lorsqu'ils sortirent enfin. Les parents n'en surent rien. Ils avaient juré. Dès lors Christelle avait une dette envers eux. Est-ce que c'était cela les jours heureux ?

 Quand Herbert ouvrit la porte, une odeur de moisi avait envahi ses narines et son estomac. Un choc. Quel délabrement. C'était pire que les autres pièces. Malheureusement, il fallait bien constater tout cela, maintenant qu'il était le dernier. Le survivant. Elle était désormais à lui seul cette maison. L'agent immobilier avait sorti un mouchoir, l’avait porté à son nez, comme pour se protéger des miasmes.
— Vous voyez bien Monsieur qu'il sera difficile, comme vous me l'avez demandé, d'en tirer un bon prix !

Oh que oui, il voyait très bien. C'était quasiment invendable. Quant au jardin, que lui et ses deux sœurs considéraient comme un terrain d'aventure, laissé en friche durant tant d'années, une végétation totalement désordonnée l’avait envahi, ajoutant au terrible abandon de l'ensemble. La cabane, patiemment assemblée sous le regard émerveillé de ses sœurs, il n'en restait que quelques planches pourries, rongées par la vermine.

Tout à coup, Herbert eut l'impression de voir toute sa vie, là devant lui. Il était comparable à cette bâtisse délabrée par le temps, à ce terrain où rien de bon ne pouvait plus pousser. C'était lui.
L'enfance heureuse ? Il eut un rictus amer, et cette douleur au plexus se fit plus intense.
Sans un mot il retourna jusqu’à la voiture, suivi par l'agent immobilier qui pensait que cette vente serait elle aussi pourrie. Comment ces gens avait-il pu transformer cette coquette demeure en a repoussoir désolant.

Ouvrant la porte de sa voiture, Herbert déclara :
— Vendez ! Même pour une somme dérisoire, vendez ! Je ne veux plus de cette saloperie !
Alors il y eut un éclat dans les yeux de l'agent immobilier.
— J’achète ! lança-t-il aussitôt.


lundi 10 octobre 2016

Non mais ! C'est quoi ce délire !…



Il y a quelques jours j'avais un peu envie de blogo-glander ! Ce qui veut dire faire un tour un peu au hasard sur des blogs que je ne connais pas, en cliquant ça et là sur des liens… on sait jamais, ça peut réserver des bonnes surprises.
Il faut dire que j'en avais ma claque de bosser c'était en guise de détente, car en ce moment les occupations ne me manquent pas.
— Il y avait mon bouquin qui déboulait. (Je vais y revenir ce tantôt que c'est bientôt).
— il y avait la relecture d'un manuscrit, et j'arrivais doucement au bout, pour une vielle copine qui publie un bouquin assez « haut-de-gamme » dans un domaine où j'ai de vagues connaissances. Elle voulait mon avis. Ça a pas été coton ! J'avais 2 tonnes virgule 25 de remarques à faire… donc ça c’est fait.
— il y avait une conférence à préparer pour aller prêcher la bonne parole du côté d'une association de Zhandis, pour y promouvoir les ateliers d'écriture. Je reviendrai sûrement prochainement pour vous narrer que c'est pas facile quand on met en avant, officiellement : « la personne en situation de handicap », et quand, dans le concret, on regarde surtout «… situation de handicap ». Il y a encore du taf et du chemin à faire… Mais bref, c'est pas de ça que je veux te causer.

Donc je blogo-glande, et voilà t'y pas que je tombe sur un truc qui renvoie sur un atelier d'écriture en ligne, et que j'y découvre une photo qui doit inspirer les excellents auteurs que nous sommes . Et que je me dis :  tiens, change pas de main je sens que l'inspiration vient ! Donc, je m'y mets et que je te ponds mon petit machin.

Les explications pour publier chez zeux ou chez soi,  sont pas très claires (j'aurais dû me méfier), mais je comprends que si on n'a pas de blog, on envoie son texte le dimanche soir, et si on a un blog on le publie le lundi. Faut reconnaître qu’il y a quand même des gens dévoués, qui sacrifient leur dimanche soir, plutôt que de regarder les publicités de TF1, et accessoirement le film qui les entrecoupent.
Publier ce lundi, c’est ce que j’avais, bien évidemment, l’intention de faire, vu que ce texte est une merveille absolue ! Comme tous mes textes d’ailleurs. Moi, vous me connaissez, je ne me vante jamais…

Et voilà t’y pas que ce matin je découvre un commentaire de la dame-patronesse du site en question, sur mon dernier billet, celui relatif à la présentation de mon nouveau livre.

Voici le commentaire de mes deux : (mes deux quoi, je vous laisse deviner).

— « Bonjour, J'ai effacé la mention à votre participation à mon atelier d'écriture. Je ne vois aucune trace de cet écrit, aussi je me demande bien pourquoi vous avez rempli ce formulaire : une façon de faire de la pub pour votre livre ? »

Bon OK ! Elle a commencé par dire bonjour !
Nan mais quoi ? Oh ? c’est quoi ce délire à la mord-moi les choses ?
C'est quoi cette manière de me prendre pour un espèce de salopard, un type retors, hypocrite, combinard, trompeur, fieffé roué, j'en passe, des meilleures, et sa sœur aussi…

Merde, on vient m'insulter chez moi ! De manière absolument gratuite Pour qui elle se prend ? Elle croit que j'attends après elle pour vendre mon livre, alors que les ventes partent en flèche ? Vous m’imaginez aller dire là-bas que je vais écrire un truc pour l’atelier d’écriture, qu’en fait, c’est faux, mais que j'ai l'esprit crapuleux et qu'ainsi j'espère que les gens viennent voir que j'ai publié un bouquin… 
Mais c'est du délire de mégalomane de la part de l'ananas (j’aime l’ananas…), la nana ? du site en question ! Ou alors c’est une ancienne proviseur de lycée ! Jugulaire, jugulaire… 
— Quoi, il est 10 heure du mat’ et vous ne vous êtes pas levé à quatre heures du matin pour publier votre texte ! La punition va tomber : je vous censure chez moi… 
c’est-y pas génial ça !

Donc j’ai répondu illico :
— « C'est mal me connaitre de penser cela......
Ìl faut le publier le lundi... nous ne sommes pas mardi.... et je ne suis pas "dès l'aurore" sur mon blog....
Mais vu votre message quelque peu insultant... je me demande si je publierai l'EXCELLENT texte que j'ai pondu....
Tiens j'attendrais bien mercredi ... pourquoi pas....
Vous avez commandé mon livre je suppose ?
Non ? Vous avez tort !! vous loupez le futur Goncourt !! »

Bon, je suppose qu'en plus elle n'a pas le sens de l'humour. Mais peut-être que je me trompe. Mais sans doute que pas. Laissons-lui le bénéfice du doute, enfin pendant une minute 25 secondes au moins.

Ce comportement à la con, ça m’énerve au plus haut point !
Et je n'allais pas laisser passer ça comme ça, sans faire un petit billet de derrière les fagots.
Parce que ceux qui me suivent depuis longtemps, savent que quand on me cherche on me trouve…
j’ai la couenne sensible à certains endroits.
Les dames savent où !

Bon, fermez le ban !
Cela ne valait sûrement pas la peine de m'étaler sur cet incident.
Mais si, ça m’a défoulé, vachement super fort que c’est intense extra.
Je me sens tout guilleret. 
Merci à l’ananas qui m'a donné l'occasion de cette petite poussée d'adrénaline si bienfaisante !
Parce que là, je me sens en super forme !!




jeudi 6 octobre 2016

Mon nouveau livre enfin disponible



Voilà c’est fait !
La toute dernière publication d'Alain Rohand (alainx) est disponible pour vous,
 pour la modique somme de 10 € !



Je suis évidemment preneur de vos remarques, puisque c'est la première fois que je publie un recueil de « nouvelles ».
Mais mon petit doigt m’a dit que c’est pas trop mal écrit et qu’il y a du suspense !
À vous de voir !


Bonne lecture !






dimanche 2 octobre 2016

Échec… mais pas mat…

Charles Pépin (philosophe) publie un livre « les vertus de l'échec ». Lors d'une interview, à propos de ce livre, répondant à la question — « Tous les échecs sont vertueux? », il dit notamment ceci :

« Non. Pour qu'un échec soit vertueux, il faut réunir trois conditions. 
— La première est d'écarter tout déni de cet échec. 
— La seconde est de bien faire la distinction entre «être un raté» et «avoir raté». Il ne faut pas s'identifier à cet échec. 
— Enfin, le plus important, c'est de prendre le temps d'interroger cet échec, d'y réfléchir... 

Vu mon âge avancé, je me suis mis à faire la loooooongue liste de mes échecs.
J’ai d’abord fait le constat, que si pour certains je voyais assez clairement ma responsabilité, pour d'autres, c'était plus flou (les circonstances, les enchaînements,…). Il m'a donc semblé préférable de parler de « ce qui a raté ».

* Pour la première condition. Je crois ne jamais avoir opté pour le déni systématique. Certains échecs sont tellement évidents ! D'autres, c'est plutôt le temps et le recul qu'il m'a fallu pour mettre le mot « échec ». Donc…… c'était quand même de l'ordre du déni ! J'ai mis du temps à voir que ce déni avait pour origine une grande souffrance à cause de l'enjeu et de l'investissement que j'avais mis dans ce qui finira par rater pour moi.
En revanche, cela ne s'est pas beaucoup accompagné de culpabilité prégnante. Le : c'est ma faute, c'est ma très grande faute…, n'a jamais eu beaucoup de prise sur moi. Je me demande s'il n'y a pas là une forme d'orgueil. Je préfère reconnaître une responsabilité est donc une aptitude à assumer, que me ronger les sangs en se retranchant dans une culpabilité toujours plus ou moins commode, et mortifère, car le « c'est ma faute » flirte toujours avec le « c'est pas de ma faute, faut me comprendre »…

* Pour la deuxième condition : il est clair que durant mon enfance je n'ai pas fait la distinction. De toute façon on disait que j'étais un raté (tu n'es qu'un bon à rien ! ). Et dans l'enfance on croit les adultes… c'est pour ça qu'on peut dire que l'on est « un jeune con » de les croire !…
Cependant, peu à peu, la distinction s'est faite avec la prise de conscience de ma propre valeur. Cela a sans doute aussi supposé l'inventaire de mes « réussites ». Et en particulier cette première réussite qui marqua sans doute pour toujours mon existence : — Réussir à remarcher après une paralysie totale et trois ans de rééducation comme un forcené. Autrement dit tout était possible ! Mais on ne réussissait pas tout… évidemment !

* La dernière condition, et je suis d'accord que c'est la plus importante, réfléchir à ses échecs, je ne l’ai fait qu’après deux échecs qui sur le moment furent cuisants. À la fois à cause du sentiment que je risquais de rater ma vie, et que de la souffrance générée était intense.

Il est évident qu'au fil des années le souhait et la volonté d'objectiver « ce qui s'est passé », m'a énormément aidé. Probablement en raison de ce fameux retour sur moi-même, que j'ai engagé avec une ardeur, une volonté, une détermination qui me surprennent encore aujourd'hui. Parce que j'en ai vraiment ch… de ce chemin de restructuration ! Mais cela en valait vraiment la peine… sinon, je ne sais dans quel délabrement je serais aujourd'hui. Je regrette d’autant moins, qu'en vieillissant, la nécessaire tonicité pour traverser les zones de turbulences, s'amoindrit. On ne peut pas, on ne peut plus, s'embarquer sur une coque de noix dans une tempête force neuf quand on ne sait plus ramer, que le moteur est usé, et le gouvernail fendu… Reste alors l'acceptation de l'état des lieux pour ce qu'il est. Et de composer au mieux avec ce qui demeure comme forcent vives d'aujourd'hui.
D’ailleurs, j’en suis là pour un certain nombre de choses que j'estime insuffisamment résolues dans ma propre histoire. Je les intègre le mieux possible. Cela n'entrave pas mon bonheur actuel. Et pourtant, les difficultés de ma vie n'ont pas disparues. Je n'en parle guère « en public ». Cela ne sert à rien. Ce n'est pas « le public » qui détient les clés dont j'aurais éventuellement besoin.

Mais, l'exercice auquel je me suis livré, ne relève pas de l'introspection. C'est plutôt un relevé effectif et concret de factuels de ma vie. Ça ressemble plus à un procès-verbal d'enquête. Et je constate que mes échecs ont toujours débouché sur quelque chose de bien meilleur, directement issu de  l'échec.

En conclusion j'en retire un appel à ma vigilance personnelle, pour les petits « ratages ». Ils ont parfois plus de conséquences qu'on ne croit…
Là aussi prendre cela dans une dynamique de vie.
Car c’est bien là le but du jeu…
Les vertus de l’échec (compris et analysé) débouchent sur des choses nettement bien meilleures pour soi et les autres.
J’ai été frappé en faisant l'inventaire des enseignements que j'en ai retirés, de voir à quel point cela avait toujours suscité de nouveaux dynamismes. Et même pour une échec, je peux vraiment dire : heureusement que ça a foiré ! 
Je ne vais cependant pas conclure en disant : vive nos échecs !

Mais, quelque part, c'est presque ça…