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vendredi 16 septembre 2016

Tentative.

Après un premier livre sous forme de lettres autobiographiques, puis un second reprenant des pensées personnelles dites « plongeantes » ! Un 3ème book : recueil de nouvelles est en cours de publication.
Je pense (enfin à ce jour) en avoir terminé avec une écriture introspective.
Il y a déjà un moment que l'idée me tente d'écrire un petit roman. Quelque chose de court. Je ne suis pas capable de faire des digressions vers un truc qui aboutit à 350 ou 400 pages…
On m'a souvent dit que j'étais « pas trop mauvais » pour des « nouvelles ».
Probablement que je continuerai à écrire en ce sens.
Mais j'aimerais aussi tenter ce court roman.

Tenter… c'est commencer quelque chose… qu'importe… commencer…
Alors ce matin, comme je l'avais pas grand-chose au programme, ce qui ne sera pas le cas dans les jours qui viennent, et bien je me suis lancé…
J’ai juste besoin d'un point de départ. Un truc comme ça qui passe… 
Ce matin j'ai lu un billet de Gazou  : « où sont nos racines ? ». Il y est question de maisons.


Et si je partais d'un homme qui a le sentiment de ne pas avoir de maison, pas vraiment de racines ?
Pourquoi pas !… Aller zou ! …  Écrire. Et voilà ce que ça donne :

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Charles en avait entendu plus d'un évoquer des souvenirs charmants de la maison de leur enfance. La cuisine chaleureuse et ses odeurs suaves ; le grand salon familial, terrain de jeu occasionnel, salle des fêtes temporaire, où fusaient les rires ; la chambre douillette où maman venait déposer des baisers tendres, lire un livre avant l'endormissement ; le bureau de papa ou l'on ne pouvait entrer sans sa permission, parce que, certainement, il cachait des secrets, mais peut-être un jour, quand on sera grand, il autorisera d’y avoir accès.
C'était toujours avec un pincement au plexus qu'il tentait d'écouter, voire de sourire à son tour à ses évocations, qui en réalité faisaient descendre un froid glacial le long de son échine.

Charles n'avait pas de maison de son enfance. Il voulait dire pas de maison chaleureuse. Il avait vécu dans plusieurs grandes bâtisses avec des murs, un toit et des fenêtres. Dans sa tête il n'arrive pas à les remettre dans l'ordre chronologique. Sauf la dernière habitation. Un immense appartement, dans une maison haussmannienne,  tout aussi froid. Des plafonds trop hauts, des fenêtres immenses qui vibraient aux bruits de la rue, et ces placards grinçants de haut et bas, parce que personne n'avait l'idée de lubrifier les pommelles, pas même lui.

Puis, Charles était parti vivre sa vie. Ailleurs. Les auteurs de ces jours déménagèrent, pour une vieille bâtisse, soi-disant historique, entre plaine et montagne, emportant tout, y compris ses propres affaires qu'il avait laissées.
Les parents étaient morts depuis plus d’un an. Il avait les clés chez lui, mais il n'était jamais allé « là-bas » depuis leur décès accidentel. On avait retrouvé la vieille bagnole au fond d’un ravin du Vercors 12 jours plus tard. Les oiseaux et bestioles diverses avaient commencé leur salutaire travail de nécrophages.

Le soleil était au zénith. Éblouissant. Charles plissa les yeux en sortant de sa Toyota, instantanément envahi par une bouffée d’ai chaud et moite. Vive la clim’ ! Les clés de la fameuse demeure « historique »à la main, dans ce village perdu au fond d'une Ardèche abandonnée, il se dirigea vers la bâtisse, qui était désormais à lui, le fils unique. Une voiture qui arrive, moteur vrombissant, crissement des pneus sur les cailloux avaient rompu un soi-disant charme bucolique. Ça attire le voisinage. Une femme, cheveux et tablier gris sale, était sortie de sa maison. À vue d'œil 80 ans sonnés. il s'était avancé. — « Je suis le fils de… ». Elle était restée silencieuse, l'œil suspicieux, le rictus indéfinissable. Elle avait dit : — « Qui ça ? ». Il n'avait pas répondu. Elle le regarda ouvrir la porte qui résista dans un premier temps. Il fallut un coup d'épaule.
Ça puait le renfermé. Le moisi. Les excréments.
Pourquoi donc était-il venu ?

Aujourd'hui, à 46 ans, Charles habite une maison indéfinissable en banlieue parisienne. Pas vraiment petite, pas vraiment grande. Un peu à la campagne, un peu à la ville. Un peu n'importe quoi en quelque sorte. Ils sont quatre là-dedans. Une femme, deux gosses, lui. 
Est-ce que c'est « sa maison » ? Juridiquement oui, il en est propriétaire. Affectivement non. Il ne s'est jamais senti chez lui vraiment nulle part. Pourtant, il croit aimer ce lieu. Il s'y efforce. Il faut bien un jour ou l'autre prendre racine quelque part. C'est ce qu'il croit. Mais est-ce vrai ? Est-ce qu'il croit vraiment à quelque chose ? À peine en lui. Pas beaucoup dans les autres.
Il a toujours douté que ceux qui l'ont élevé aient été ses véritables géniteurs. Oui il sait, la femme lui a dit que c'étaient des gamineries de gosse qu'il maintenait. Quel adolescent n'a jamais douté que ses parents soient ses parents ? C'était d'une telle banalité !
Et cependant…

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Où vais-je avec « ça » ? 
Je n’en sais rien. 
pour l'instant, c'est évidemment brut de décoffrage… peut-être qu'il ne restera rien de tout ça
Faudra demander à Charles.
Lui seul sait … si je le garde, c'est lui qui va mener mon écriture… pour l’instant je fais connaissance avec lui. Je le découvre. On verra si ce type là me plaît !

Sinon j'inventerai Albert !





18 commentaires:

  1. et voilà! comme pour tes nouvelles, tu nous introduis d'emblée dans une atmosphère bien particulière, qui éveille l'attention, nous donne envie d'en savoir plus
    Quel contraste entre la maison chaleureuse rêvée par Charles et la réalité brutale: il n'a pas de maison... du moins pas de "vraie" maison, éternel nomade, sans point d'attache

    Déjà on s’attache à ce personnage, moi du moins...
    Ce qui me frappe c'est que tu ne sais pas encore ce qui va lui arriver, mais que tu vas le découvrir au fil de l'écriture..."c'est lui qui va mener mon écriture" dis-tu
    C'est un procédé d'écriture employé par pas mal d'écrivains, alors que d'autres préfèrent écrire après avoir noté le moindre détail tant de l'histoire, que du caractère des personnage
    (moi je me laisse aussi mener sans trop rien savoir d'avance, par le personnage qui conduit l'histoire
    Bonne chance, Alain dans ton projet!

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    1. Je ne peux qu'apprécier tes remarque de spécialiste de l'écrit....
      Il m'est arrivé de tenter d'écrire avec en tête une histoire pré-construite : un début, un milieu, une fin..... Très vite je me suis ennuyé de l'écrire.... Il me faut aller à l'aventure....
      Pour mes "nouvelles" c'est pareil.... : bons sang mais comment ça va finir ! Et puis.... la suite arrive ... et la fin.....

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  2. J'apprécie vraiment cette tentative. J'ai envie de connaître la suite.
    Bonne écriture AlainX

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    1. Moi aussi j'ai envie de connaitre la suite !!
      ;-))
      Merci de te encouragements.

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  3. Il y a une ivresse à laisser les mots partir sur le papier, à créer des personnages, une ambiance, des interrogations...
    Une ivresse de la création, parce que créer est source de joie perpétuelle.
    Je ne peux que te soutenir dans ce début de roman, moi qui essaie de ne pas sombrer en ce moment, car je sais qu'il me faudra bien vite revenir vers l'écriture, parce qu'elle est ma joie.
    Bisous célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Tu traverses une période inévitablement difficile.....
      "la joie venait toujours après la peine"....
      Je t'embrasse bien fort.
      Et merci de ton soutien

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  4. Charles me plaît déjà, alors continue encore un peu à nous le raconter, Alain, avant de faire appel à Albert ! :-)
    Bon week-end à toi.

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    1. Alors, s'il te plait.....
      je vais le laisser s'exprimer.....
      ;-)

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  5. Anonyme18/9/16

    Les plafonds trop hauts, les grandes fenetres... ca ressemble à un hopital je trouve, une institution quelconque en tout cas.
    J'ai de la peine pour Charles qui n'a pas connu la vie de famille durant l'enfance, et je me demande ce qui le passionnera dans sa vie. kéa

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    1. Une institution ? peut-être....
      Où une des ces maisons de style haussmannien, avec 3,20 de hauteur sous plafond...
      Il est peut-être à craindre qu'il ait des passions.... pas bien nettes !....
      :-(
      je l'ignore encore....

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    2. Anonyme19/9/16

      Des passions pas bien nettes !... oui j'imagine, c'est plus piquant !
      sauf qu'il faut ressentir ce que l'on écrit, sinon c'est nul
      alors, pour être crédible, il va te falloir plonger dans ce monde glauque qui t'habite et nous habite tous ! kéa

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    3. Si tu veux une idée de ce "monde glauque".... je te conseille mon recueil de nouvelles à paraitre bientôt !!!
      Enfin pour certaines....
      Mais la crédibilité vient aussi d'une certaine connaissance des méandres de l'âme humaine....

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  6. J'aime bien ta façon d'écrire. On participe en quelque sorte à ta création. Créer ainsi est l'une des plus belles et intéressantes choses de la vie.

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    1. je partage tout à fait ton point de vue : la créativité est sans doute une des plus belles choses que l'homme possède…

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  7. Un petit texte d'apparence, mais avec plein d'idées et de détails qui, s'ils sont aérés feront déjà une très belle nouvelle. Ton imagination est fertile, tu débordes d'inspiration. Allez au trot maintenant, je ne doute pas de ton écriture Alain X.

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    1. Merci de ces propos.
      Comme on dit que l'appétit vient en mangeant, l'inspiration et l'imaginaire fonctionnent en écrivant… en tout cas en ce qui me concerne…

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  8. j'imagine ton héros passer par bien des situations, dont certaines seront relatées avec beaucoup d'humour, cet humour qui te sied si bien, qui me sidère quelque fois, auquel j'adhère... J'ai hâte de savoir ce vers quoi ton personnage va évoluer.
    Ne pas savoir, vers où on va dès le départ a son charme.
    Parfois, on s'étonne du résultat obtenu.
    Je rejoins Célestine dans ses propos.
    Quand je me suis mise à écrire, j'ai ressenti beaucoup de joie à exprimer la petite part de créativité que je porte, que tout à chacun porte en soi...
    Bonne continuation, auprès de Charles.

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    1. Pouvoir exprimer sa créativité (quelque soit le domaine) m'apparaît comme l'une des plus grandes sources de joie que l'on puisse connaître…
      oui, l'humour… j'aime assez le distiller ça et là…
      merci de tes encouragements.

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