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mardi 8 novembre 2016

nuit de chine....

Aujourd'hui ça a l'air vieux mais…
 (Le Queneau du jour, sans les contraintes qu’il impose…)

« Nuit de Chine, nuit câline »
C’est ce que chantait sa mère au temps de sa jeunesse. C'est dire si ce n'était pas d'hier.
Mais elle préférait nettement les nuits de chine, dans ces quartiers cosmopolites, où elle venait courir quelques risques à lampe de poche. Il y avait là le monde interlope qui l’avait toujours fascinée, avec ses petits trafics et ses magouilles à la petite semaine. 

Lui savait que dans la pénombre il n'était pas difficile d'alpaguer la bourgeoise avec des pâles vessies vendues pour des lanternes.
Elle s'était arrêtée devant une encoignure, qu'évidemment elle avait lorgné en coin. Dès que le regard est porté plus que quelque secondes,  lui, le brocanteur, le considère comme insistant. Il s'approcha qu'elle :

— C’est en marqueterie d'époque Napoléon.
— Ah ! Si ancien que ça ! s’exclama la bourgeoise.
— Mais oui madame ! Voyez d'ailleurs le prix. Pour un meuble de ce style, 5000 €, c'est donné ! Vous devriez vous décider tout de suite, il va partir dans les minutes qui viennent. C'est certain. Je viens juste de le déballer.
— C’est quand même cher ! argumenta la bourgeoise.
— Bon, c'est bien parce que c'est vous, je vous le laisse à 4 600 €. Croyez-moi vous fait une excellente affaire.

La bourgeoise, au bras de son amant du moment qui regardait ailleurs continuait d'hésiter.
C'est alors qu'une autre lampe de poche éclaira l'encoignure. La bourgeoise remonta le bras depuis la lampe de poche jusqu'au visage qu'elle découvrit comme étant celui d'un homme entre deux âges et d'une grande beauté élégante, vêtu d'un pardessus des années 50 et d'un feutre du plus bel effet. L'homme s'accroupit avec autant d'élégance et scruta le petit meuble d'encoignure attentivement dans tous ses détails. Puis il se releva et murmura à l'oreille de la bourgeoise.
— Ne vous faites pas arnaquer chère Madame, c'est une vulgaire copie récente. Pas très bien réalisée d’ailleurs. Je ne serais pas étonné que l'on trouve quelque part au dos d'un tiroir une estampille du genre « Made in china. »

La bourgeoise, qui n'était pas bête, loin de là lui rétorqua aussitôt dans un grand sourire enjôleur : 
— Ah oui, je vois. C'est donc ça la Chine…


11 commentaires:

  1. Plaisir de la chine... plaisir de ceux qui se lèvent tôt et ont l'œil avisé !!

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    1. Tu ne parles pas des hommes politiques au moins ?
      ;-)

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    2. C'est vieux, ça, mais on n'a pas oublié "ceux qui se lèvent tôt" !
      En matière de politique, je suis estomaquée (j'aime bien ce mot) depuis ce matin de voir les résultats des élections aux Etats-Unis... On est au début de nos surprises...

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    3. Il va juste falloir patienter quelques mois pour la voir, en France, notre femme présidente !
      Marine va pouvoir lever les voiles (non-islamiques), elle a le vent en poupe !...

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    4. Oui, et la présidence de Trump aura cet atout : nous montrer à quoi on peut s'attendre... en s'arrachant les cheveux !!

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  2. Une conclusion en un joli jeu de mots. :-)

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  3. Plaie d'argent n'est pas mortelle, surtout pour une bourge. Mieux vaut quand même un margoulin qu'un arnacoeur... ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Pour cela on peut toujours aller à Tokyo… ou ailleurs… ou avoir envie de troquer sa vie contre une autre…
      les arnacoeurs sont légions… !

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  4. Chiner c'est trouver la perle rare sans se faire baiser et repartir avec en donnant un baiser.

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