Racontez-nous lundi un conte qui commencera par cette phrase du grand Albert :
« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. »
Conte qui se conclura par ces mots du familier Verlaine :
« Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. »
« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. »
Conte qui se conclura par ces mots du familier Verlaine :
« Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. »
Le dernier bal
Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Elle était dans les bras de cet homme, vêtue de ce seul châle diaphane, qui caressait son dos dénudé.
Éléonore avait répondu à cette invitation mystérieuse, reçue sur un bristol ivoire, à l'ancienne, avec une écriture bleutée, imprimée en relief.
Vous êtes cordialement conviée à l'événement unique du siècle
« Le dernier bal. L'ultime définitif »
Tenue de nuit exigée.
Suivait une adresse dans un quartier inconnu.
Éléonore cultivait le goût du risque. Était-ce un défaut ou une qualité ? La suite nous le dira peut-être. Pour l'immédiat elle ne regrettait rien, tant la magie de la rencontre avait opéré instantanément C'est peut-être de cela dont elle aurait dû se méfier. Mais lorsqu'on est dans l'éclatement premier de la maturité, on a les audaces de la beauté et la candeur de la nuque offerte.
À présent l'homme y déposait des baisers prometteurs et la nuit exhalait déjà les parfums subtils du plaisir à venir.
L'orchestre était composé de musiciens en chemises et bonnets de nuit. L'originalité était au rendez-vous. Peu à peu la musique se fit plus dense, plus lourde, plus épaisse et les couples de danseurs commencèrent à ressentir cette pesanteur qui semblait venir du plafond. C'était étrange.
Éléonore, tellement attentive à la montée de son désir, s'en apercevait à peine.
L'homme la pressa plus fort contre lui, en même temps y claqua des doigts en direction des musiciens. C'était le signe attendu la musique alla decrescendo. La lumière artificielle déclina. L'homme dit :
— Ferme les yeux, laisse-toi aller.
Proche de l'état second, Éléonore obéit.
Ce fut son dernier souvenir de la soirée. Elle oublia même l'adresse. Elle fit le nécessaire pour vérifier si… mais non ! Tout était normal. Il ne lui restait plus que l'odeur forte de ce corps qui l'avait envoûtée.
À mon ultime question elle répondit :
- Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore, comme ceux des aimés que la vie exila.

Bonjour Alain,
RépondreSupprimerc'est vraiment une rencontre très originale!
et c'est quoi, exactement, "l'éclatement premier de la maturité" ? ;-)
Ton texte est aussi envoûtant que le corps du monsieur ;-)
Belle semaine à toi
L'éclatement premier de la maturité ?
SupprimerMais voyons, chère Ambre, tu connais très bien, avec tous les textes que tu as publiés en ce sens !
Et puis tu n'es pas non plus en reste dans ton texte sur la consigne…😀
Bonne semaine à toi aussi.
Un sortilège comme il en arrive parfois en amour, quand l'invisible parle fort et asourdit la raison....
RépondreSupprimerEst-ce que l'amour, en tant que tel, n'est pas un sortilège permanent ?
SupprimerEntre magie et maléfice… c'est selon…
Vraiment original, un bal mystérieux, je n'ose écrire la drogue du violeur puisqu'elle est d'accord.
RépondreSupprimerÀ peine l'avait-elle rencontré qu'elle en était déjà droguée.
SupprimerPeut-être faut-il cela pour le consentement au désir.
"La nuit exhalait déjà les parfums subtils du plaisir à venir"... Sublime phrase dans ce conte envoûtant…
RépondreSupprimerMerci pour l'appréciation.
SupprimerJe me serais presque laissé envoûter moi-même…
Je me demande pourquoi elle n'a pas mis sa chemise de nuit en pilou-pilou. Quand même c'est plus pratique pour danser.
RépondreSupprimer
Supprimer;-))
Rhalala ! Cela aurait fait quand même un peu trop tue l'amour.
Tandis que là… ça glisse tout seul…
J'ai lu ce texte comme on regarde un film au ralenti. Je me suis laissée embarquer...
RépondreSupprimerSe laisser faire c'est une attitude bienveillante…
Supprimer(votre pseudo m'intrigue !…)
le-gout-des-autres : par la formulaire de contact :
RépondreSupprimer------------------
Oui, des fois ça marche comme ça...
Mais ce n'est pas si courant qu'on le souhaiterait.
le-gout-des-autres
Les « fois » sont sans doute plutôt rares.
SupprimerMais trop d'abondance nuirait.
Le dernier bal ... ?
RépondreSupprimerPourquoi ? Elle est morte d'amour ? ;-)
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Peut-être que l'homme s'appelait Renaud - CLIC-
RépondreSupprimerMais lui, le danseur, était-il en pyjama ou en chemise de nuit ?
RépondreSupprimerOn peut penser qu'il s'agissait d'une nouvelle forme des « soirées pyjamas »
SupprimerJ'adore ton histoire.Mais avec moi cela ne marcherait pas parce que je n'aime pas être le jouet de l'autre. Bien que... Entre l'allumeuse et l'allumée, plutôt que de choisir entre l'une ou l'autre,je prendrais bien les deux !
RépondreSupprimerAttention, chère Charlotte, il ne faut jamais dire : fontaine je ne boirai pas…
Supprimer;-)
Ah ça on peut dire qu'elle cultivait le goût du risque, Eléonore ! Je reçois une telle invitation, je vais direct la montrer aux flics.
RépondreSupprimerC'est glauuuuque mais je te fais quand même un bisou ;-)
Oui, mais toi, chère amie, tu es la sagesse même !
SupprimerMerci pour le bisou je suis toujours preneur…
Euh, même si elle est envoûtée par le monsieur, cela me semble bien dangereux cette soirée.
RépondreSupprimerÀ moi aussi elle m'a semblé dangereuse.
SupprimerLa vision pédagogique et de mettre en garde les demoiselles trop naïves !
(Comment ça c'est n'importe quoi ?)
;-)
Envoûtement, drogue... Lorsqu'on est amoureux, on est de toute façon toujours dans un état second, non ? :-)
RépondreSupprimerTu as raison sur le principe quand à l'état amoureux…
Supprimeren l'espèce, Éléonore était-elle amoureuse ?
Très joli. Et réussi. Suave, charnel, sensuel. Un bon texte.
RépondreSupprimerMerci beaucoup !
SupprimerLe tien est excellent !
Personnellement je n'ai rien à envier à Éléonore en ce qui concerne les fois où j'ai pu mette ma vie en péril! Quelle inconsciente j'ai été, vraiment! Maintenant, ayant dépassé le stade de l'éclatement de la maturité depuis un bon bout de temps, ma vie m'est plus précieuse que tout, parce qu'elle est le bateau dont j'ai besoin pour atteindre le Pays de la Réalité ! Peu importe tes textes Alain, ils sont toujours source de réflexion pour moi et tellement agréables à lire. kéa
RépondreSupprimerMon lot de bêtises personnelles et de jeunesse (et pas que de jeunesse…) et aussi conséquent. Mais je me demande si on ferait autrement si c'était à refaire. Comme disait l'adage : « Il faut bien que jeunesse se passe ».
SupprimerC'est peut-être plus problématique si à la maturité on est encore dans une insouciance échevelée…
Merci pour ta dernière phrase. Venant de toi elle me touche. Car parfois je me demande si mes petits textes de fiction ne sont pas uniquement de ma part un narcissisme de bon aloi. Tant mieux si cela peut être source de réflexion.
Oui, de bon aloi ! Il est agréable d'exercer ses talents et tu en as un bien beau pour l'écriture. Je suis la plupart du temps étonnée par ta façon de développer un sujet ou un thème. Évidemment lorsque tu sors des expressions comme "ma terre intérieure" ou qq chose du genre, je jubile. kéa
SupprimerAlain, Le 31 ème commentaire n'a rien à voir avec la note, c'est pour vérifier que je peux de nouveau commenter chez toi.
RépondreSupprimerCela semble tout à fait OK !
SupprimerJe me réjouis que le problème soit résolu.
Belle journée et à bientôt.
Une invitation de la sorte ne peut qu'"inviter" au lâcher prise ! Quant à obéir, c'est une autre question ;)
RépondreSupprimerUne autre, en effet !
SupprimerMais l'obéissance peut parfois être un consentement. Voilà encore une question :-)