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vendredi 15 mai 2015

Le jardin de la Paix



Je vis au jardin de la Paix. Ce jardin de notre maison.
«C’est calme ici» disent souvent les gens  venant pour la première fois. Sans doute sont-ils frappés de ce havre à quelques centaines de mètres de l'agitation ordinaire.
La paix à portée de main, celle qui apaise le tumulte intérieur.

Ce jardin est beau, à l'image de la beauté humaine si souvent bafouée et défigurée. Depuis deux ans nous  en prenons un soin plus particulier.
Un jardin de paix au cœur du tumulte ambiant.
Le temps de se retirer du monde pour y être plus présent.

La présence au monde en tant que mode d'action, c'est ce qui manque sans doute le plus.
Des êtres de Présence.

Hommes et femmes de la présence, résidant pour un temps dans leur jardin de paix. Sans être pour autant retirés du monde. Alors on ne les voit pas et cependant ils sont agissant dans la lumière de l'ombre.

Les arbres du jardin de Paix abritent les oiseaux qui la chantent. Ils se répondent et s'interpellent, trilles aiguës, proches et lointaines, composent un hymne aux accents du bonheur.

Et cependant, là dans les lointains, la souffrance du monde, la douleur des hommes, les cœurs déchirés, les âmes en détresse, l’amie qui va mal, le migrant abaissé, la politique gangrenée, le jeune désespéré, le milliardaire arrogant, le populisme bientôt triomphant, l'éducation déglinguée… et la liste pourrait n'en plus finir…

Ici, un jardin de Paix, pour ne pas désespérer, un parmi les autres, où on vient se reposer, reprendre Force et retourner au combat d'humanité.
Ce combat où l'on arrive les mains vides, le cœur offert, parce qu’elle est ainsi la force du vulnérable.

On n’apporte pas la Paix les armes à la main.
Peut-être faut-il parfois venir armé pour faire cesser le combat. 
Mais on n'apporte pas la Paix si on ne se présente pas nu et sans défense.

C'est peut-être comme cela qu’un jour on devient vraiment humain.


Un jour…… oui, un jour ….



21 commentaires:

  1. Un jour viendra, un jour couleur d'orange...
    Orange comme ta magnifique bannière lumineuse. C'est un effet d'optique ou bien ?

    L'amie qui allait mal, parce que maintenant elle va mieux,
    ayant trouvé la paix dans son jardin intérieur qui ressemble fort au tien.
    Nue et vulnérable, offerte et sans arme. Ça me ressemble.
    Bises célestissimes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Puisque tu évoques Aragon, j'aimerais lui dire, à travers la mort, que les deux coexistent en l'homme irrémédiablement, parce que c'est ainsi, mais que l'on peut privilégier un versant plutôt qu'un autre...

      "Je voyais je voyais l'avenir à genoux
      La Bête triomphante et la pierre sur nous
      Et le feu des soldats porté sur nos rivages"

      Et en même temps le " jour d'épaule nue où les gens s'aimeront" est déjà là, depuis longtemps... 20 Siècles au moins ....

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  2. Oui, il est bon par moments de s'éloigner un moment de la souffrance du monde, pour se ressourcer dans le calme et la nature!
    Je viens d'aller quatre jours dans mon endroit de calme, à l'abbaye d'Orval, accueillie par des moines chaleureux, qui parlent vrai; plongée dans une nature luxuriante qui me permet d'aller au plus profond de moi, là où "ça" (quoi? je ne sais pas) parle, ça me parle...
    C'est dire si je me sens bien dans ton jardin de Paix, merci de nous le partager!

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    1. j'ai oublié de te dire que j'aime ta bannière... elle invite à croire qu'au delà du noir, surgit la bienfaisante lumière

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    2. Les "retraits" en silence furent mon nécessaire dans le tumulte de ma vie professionnelle au temps de ses précipitations quasi incontournables. J'allais en un lieu "ami" (non confessionnel), perdu dans la compagne mosélanne, journées en silence, repas seul en silence, nuits en silence. Alors je pense comprendre.
      Seul le silence parle dans le silence, sans mots on perçoit l'essence de l'origine...

      Je me demande toujours comment font les gens pour vivre sans cesse dans le bruit permanent et anesthésiant de leur intériorité. Faut croire qu'ils se passent très bien de ce qui pour moi est essentiel...

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  3. C'est très beau...

    Et puis au jardin, même les roses quand elles ont des épines ,c'est juste pour qu'on ne les cueille pas... ;)
    J'en ai actuellement, j'ignore le nom de ce rosier grimpant, qui ont des couleurs changeantes magnifiques et un parfum divin. C'est un grand nettoyage, regarder et sentir ça, ça remet à sa juste place ...

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    1. la "Nature" arrivera-elle un jour à "domestiquer" l'homme ? Cet animal pensant mais sauvage encore ....
      On peut espérer...
      Les roses, il faudrait faire comme le Petit Prince avec la sienne....
      La contempler jusqu'à pourvoir dire comme lui : « Je crois qu’elle m’a apprivoisé »

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  4. Charlotte18/5/15

    J'aime ton jardin comme j'aime ton écriture . L'un comme l'autre sont source de paix et de ressourcement. C'est pour cela que j'aime me promener chez toi.

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    1. Alors, si je peux contribuer un tout petit très peu à ce que tu dis, je suis déjà comblé....

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  5. Mon jardin de la Paix, et tu l'auras sans doute deviné, Alain, est ma petite maison bleue. :-)
    J'aime beaucoup le nouveau titre de ton blog, la citation, et la bannière est vraiment TRES belle. Elle invite à se poser. Elle est accueillante et chaleureuse, et je dirais aussi, émouvante, elle me touche. Merci, Alain. Et même si je suis beaucoup moins présente sur la toile, je suis contente que tu conserves ton blog, j'ai toujours autant de plaisir à venir te lire. Et encore plus...
    Belle semaine à toi, Alain. Bises.

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    1. oui bien sur cette maison...
      Merci pour tes appréciations
      j'espère être à la hauteur de cette nouvelle étape blogosphérienne....
      Bises et porte toi bien

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  6. Voilà un bien beau havre de paix !

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  7. elisanne23/5/15

    j'aime mon jardin, mon environnement, mes Vosges, les champs, les coquelicots, cela me procure une joie et une paix intérieure dans las moments de tourmente...
    merci pour votre passage dans mon "jardin"

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    1. Merci à toi....
      (Scuse, je n'avais pas vu ton commentaire avant ce jour....)

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  8. Je vis en hlm. Je n'ai pas de jardin. Le monde est mon jardin. Il me suffit d'être "hors des murs" pour être bien. Le monde est ce qui me permets de tenir face à la société des hommes.Si je n'avais pas la possibilité d'aller simplement lever mon visage vers la lumière qui filtre entre les feuillages, je crois que je mourrai. Enfant j'ai eu neuf ans pour me remplir de la beauté de tout avant de devoir affronter dix ans de larmes quotidiennes. Si je n'avais pas eu ces neuf années de lumière il est probable que je me serai tuée tant j'ai dû supporter d'humiliations, de pressions, de chantages. Enfin bref, ici aussi tu vois, c'est la lumière qui a gagné :)

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    1. Cela me touche beaucoup ce que tu écris.....
      Je ne sais le concret de ce parcours d'enfance et de jeunesse (et ne demande rien à cet égard), mais je comprends les années de larmes, puisque j'ai eu les miennes ....
      Ce qui me réjouis c'est la fin de ton commentaire que je partage et expérimente concrètement : la lumière gagne toujours....
      Et nous en avons l'intuition au coeur de nos existences délabrées.... sinon comme tu dis mieux vaudrait la mort....

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  9. Bobin écrit de ces petites phrases qui font mouche, dans un de ses opus il y a celle-ci "Quelque chose vient à tout instant nous secourir". Pour moi c'était et c'est encore ça, "quelque chose" vient me secourir quand je menace de sombrer. Parfois je me dis même que je suis "écoutée". Il y a une dizaine d'années, j'étais tellement en souffrance que j'ai souhaité et prié très fort "pour ne plus rien ressentir" et figures-toi que j'ai été en quelque sorte "exaucée". J'ai fait une dépression. Je ne ressentais absolument plus rien, j'étais complètement vide. Et c'est tellement affreux que c'est devenu un rempart dans les moments difficiles. Je ne me définis ni ne me sens "croyante", plutôt sensitive, en tout cas en phase avec. Mais peut-être que pour les gens qui ont réponses à tout je suis une vraie croyante...

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    1. Pour ces mêmes gens savants sur tout : je suis "un chrétien qui s'ignore"....
      "prier très fort"... c'est sans doute ce "quelque chose qui vient à tout instant nous secourir".... viendrait-il si nous nous ne l'appelions pas ?
      Les "suppliant(e)s"... Je fus un suppliant au cours des "tortures médicales" subies ...
      Serions nous "constitués" de cette puissance appelante ?
      En sorte que l'on reçoive de l'intérieur ce qui nous est nécessaire ?

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