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RELATION HUMAINE ENFANTINE
*
Dans les ordures
Je cherche ma nourriture
Vos déchets je triture
Infâme pourriture
C’est ma déconfiture
Un cœur pur
était ma vraie nature
Désormais je suis dur
Jugé sur mes blessures
C’est ma fracture
Roulez dans vos voitures
Vos regards d’imposture
Sont une vraie torture
C’est ma devanture
Le jour est nuit obscure
où j’offre ma fêlure
corps en bariolures
salissez ma figure
C’est ma désinvolture
Demain je fais ceinture
Ou prendre une biture
Un jour vous payerez la facture
Ce sera ma signature
*

Uppercut à mon âme... Ton écrit est terriblement pur. Je frissonne, glacé jusqu'aux os... Je m'incline devant ta puissance. Quel hommage à toutes les victimes de ces parents, de ces adultes...
RépondreSupprimerJe vais me taire ici et maintenant ; sans m'arrêter de penser.
Merci de ce texte.
C'est l'évocation d'une personne précise.
SupprimerUn jeune garçon dont me parla une "juge des enfants"
il a en effet présenté la facture...
Trouvera-t-il en lui comment monnayer son remboursement dans le CEF où il est placé ? (centre éducatif fermé)
Les innocences bafouées tragédisent une existence....
C'est cela qui me tord en deux... Ils paient double facture...
SupprimerCela me rappelle mon cas. On me disait "Tu DOIS être reconnaissant envers la société et tu dois REMBOURSER d'une manière ou d'une autre"
Ben voyons... Abusé par les parents, puis par les adultes et la société...
Ben voyons !
Je suis la fée aux yeux d’azur
RépondreSupprimerDrapée dans sa chevelure
Embroussaillée, quelle coiffure !
Et mâchurée de confiture
Dans sa robe de guipure
Et la toque de fourrure
Toute remplie de zébrures
Je m’approche et te murmure
Mes mots en éclaboussure
De petits mots miniatures
Pour oublier les forfaitures
Et t’emmener sous la ramure
Tu veux pas venir ? T’es sûr ?
¸¸.•*¨*• ☆
je viendrai plus tard
Supprimerquand j'aurais usé mes mouchoirs
cicatrisé les coups d'écorçoir
si d'ici là je ne suis pas trop vieillard
on pourra alors reboire
....
La vie c'est maintenant...
Supprimer¸¸.•*¨*• ☆
Comme il me rappelle Gavroche: Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
RépondreSupprimerLe nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau
Très beau poème Alain X, dont apparemment tu excelles vraiment. C'est comme une pause poétique pour reprendre le souffle de tes écrits philosophiques très riches.
Merci ! J'ai toujours douté de mes capacités poétiques… j'ai même hésité à publier ce truc.
SupprimerEn effet, je crois que j'ai besoin d'une pause dans le type de mes autres écrits.
Un certain besoin de retrait…
dure réalité que tu transcris là en poésie!
RépondreSupprimerun enfant malmené par la vie, qui se retrouve en CEF.... ;-((
On ne va pas dans un tel établissement sans qu'il n'y ait de fortes raisons d'y être placé.
Supprimerje ne peux en dire plus ici, mais c'était la moins mauvaise solution.
S'il avait été adulte c'était la maison d'arrêt voire le centre de détention pour peines plus longues…
Un poème qui en dit long sur la blessure de cet enfant, Alain. Et combien d'autres, tout comme lui, subissent et doivent ainsi payer à leur place les folies de ceux qui les ont maltraités ou abandonnés...
RépondreSupprimerDans cette histoire « en vrai » Il n'y a que des victimes… de cette chaîne du malheur qui traversent certaines lignées. Lorsqu'on est de père inconnu, de mère biologique droguée, et un compagnon de celle-ci tout aussi adepte des produits que certains bobos voudraient « en vente libre », on se retrouve avec un fils plus que délinquant, générant à son tour d'autres victimes. Il ne reste plus que des services sociaux pour tenter de redonner une chance dont on peut espérer que l'enfant saura la saisir.
SupprimerJ'ai beaucoup d'admiration pour les intervenants de la chaîne pénale qui tentent (au moins pour les mineurs et avec des moyens dérisoires) une sorte de réhabilitation en humanité. J'en ai d'autant plus qu'ils sont la plupart du temps voués aux gémonies par les politiques…
Plus j'avance en âge, et plus les blessures des enfants m'insupportent... ce que je lis là, ou entre les lignes me transforme en glaçon tant tes mots sont puissants, vrais, AlainX, ils traduisent ce qui existe et que l'on ne peut ignorer... qui est responsable de ces tragédies, ces griffures indélibiles, comment peut-on saccager "une coeur pur" ou éclabousser ce qui ne demande qu'à devenir beau, fort, magnifique !!
RépondreSupprimerMerci AlainX ...
Den
"un coeur pur"... pardon...
SupprimerDen
Peut-être que ma réponse à Françoise répond très partiellement à ce genre de questions. Les causes sont multifactorielles, ce qui rend la problématique très préoccupante.
SupprimerCe qui est difficile à accepter pour moi, c'est que le chemin d'une remise en humanité est un très long chemin difficile et compliqué… mais pas impossible…
Oui certainement un chemin très long, AlainX .... que nous pouvons tenter d' humaniser, à notre petit niveau, mais je ne pense pas que nous parviendrons à connaître une transformation totale et entière de la société....malheureusement... c 'est ce que je pense... car nos politiques n'ont pas vraiment envie d'aller dans ce sens... une société plus humaniste : ce n'est pas leur préoccupation première, et c'est bien dommage !
SupprimerDen
Je me sens mal en lisant ton poème et en regardant la photo comme si je me sentais un peu responsable. C'est comme s'il me fallait trouver des coupables... Et puis quoi? Faut quand même faire quelque chose ... pour arrêter ou déjà ne fut ce que avertir , dénoncer tout le mal dont sont victimes des enfants mais cela ne suffit pas
RépondreSupprimerHeureusement que tu te sentes mal.... Serions-nous encore de véritables êtres humains dans l'indifférence ?
SupprimerParfois je me dis que notre société a tendance à gommer tout ce « mal », au profit d'une sorte de fuite « ailleurs ». Cachez-nous tout cela !
Et ensuite on bavasse sur l'amour et l'humanisme…
Dans la surinformation des malheurs du monde par les médias, il y a cet effet pervers et encore plus pervers lorsqu'il prend des tendances délibérées : arriver à gommer tout ce mal par accumulation, c'est-à-dire jusqu'à ce que nous nous détournions, trop saturés, pour regarder la lune et le soleil en levant les yeux au ciel, ce qui permet d'éviter de voir le clochard étalé par terre. Combien de municipalités, tous bords confondus, ont pris des arrêtés interdisant la mendicité…
Cachez-les ! Cachez-les ! C'est intolérable tous ces pauvres sales et qui sentent mauvais devant les magasins bien propres de la grande consommation…
Combien de fois ai-je détourné les yeux.
Bavasser sur l'amour et l'humanisme ... :-(
SupprimerJe ne sais faire que ça... helas...
Tu sais faire bien d'autres choses !
SupprimerMais chuuuttt !!
;-)
Oui la signature d'un No Future!
RépondreSupprimerHélas oui !
SupprimerOn croit être né(e) dans un monde d'Hommes, fait à notre mesure, et un jour on s'aperçoit qu'on vit dans un monde de barbares, où le faible, le pauvre, l'ignorant, quelle que soit sa couleur, d'où qu'il soit, est impitoyablement broyé... A commencer par l'enfant. Il devient l'opprimé, l'oublié, l'insulté... Et un jour il se lève, pour le pire. Il ne reste que la haine pour l'un, la peur pour les autres.
RépondreSupprimerTon poème est cruel, et poignant.
" Comment va le monde, il est rouge sang. Et à mon avis il l’est pour longtemps ". B. Lavilliers
Cruel, poignant, et magnifique!
SupprimerElle est peut-être là la chose la plus importante que nous ayons à faire : faire reculer la barbarie.
SupprimerC'est pour cela que je publie parfois des textes qui n'occultent pas la réalité cruelle d'un monde tel qu'il est.
Si on ne regarde pas les choses en face, c'est comme si on s'obligeait à ne rien faire.
Ensuite, concrètement, si chacun essaye de faire un petit quelque chose dans le petit univers qui est le sien, ce sera déjà beaucoup.
N'est-ce pas comme cela que nous avons progressé depuis l'animalité qui était notre condition antérieure ?
c'est lent, c'est très lent… mais il n'y a aucun autre choix.
Chacun sa façon de regarder les choses en face.
SupprimerJ'ai essayé d'apporter du soleil et des étoiles toute ma vie à de pauvres gosses scarifiés par la vie, des gosses d'alcooliques, de ceux qui ont vu des horreurs, un oncle poignardé, une mère violée chaque soir par son beau-père. J'ai touché du doigt cette misère morale et nauséeuse des gens qui font des gosses pour se donner une raison de s'accrocher, de ceux dont on dit qu'ils les font pour les allocs, de ceux qu'on traite comme des chiens en disant qu'il faudrait les stériliser. Je les ai pris dans mes bras, consolés, aimés, oui, au risque d'être traitée de pédophile par les donneurs de leçons au cul pincé, ceux qui mettent des murs devant les bidonvilles pour ne plus les voir.
J'ai continué à y croire, à leur sortir ma baguette magique, à leur lire des histoires, à leur donner la force de se sortir de ce cloaque. A leur donner les armes du langage et de l'écrit, pour qu'ils puissent se battre.
J'ai essuyé leurs larmes, j'ai fait des heures sup gratuites pour leur ré-expliquer les leçons parce que ce jour-là, ils n'avaient pas pu se concentrer parce que leur mère a jeté leur cartable à la poubelle ou fait une fausse couche au milieu du salon, ou balancé une bouteille de bière dans la tête de la petite soeur qui voulait pas dormir.
Vingt quatre ans de ZEP...je pense que j'ai fait un petit quelque chose dans mon petit univers qui était le mien.
Oups bon là, j'ai loupé question "pas mettre le pronom "je"...mais tu as raison, je sais faire autre chose que bavasser sur l'amour et l'humanisme.Pardon, mais cette phrase m'a vraiment choquée.
Bisous
¸¸.•*¨*• ☆
La question est : Pourquoi te serais-tu sentie visée par cette phrase généraliste....(j'évoque en effet : "...notre société a tendance à gommer...") ou plutôt à destination des personnes qui tiennent de longs discours un peu partout (quant il n'en font pas des livres), pour nous dégoiser leurs éternels ilaka-faux-cons et leurs leçons de bonheur frelaté à 50 cts d'euro !
SupprimerQui plus est, je répondais à une autre personne que toi...
Ce que tu exprimes de ta vie professionnelle je l'ai lu et pas oublié du temps que tu exerçais et partageais tout cela.
Et-ce clair ?
Bien sûr. C'est très clair. Je ne me suis pas sentie visée personnellement bien sûr, mais j'ai été bouleversée. L'amour et l'humanisme sont ma seule raison de vivre, ils me tiennent à coeur, ils font partie de moi, ils méritent qu'on les dise, qu'on les chante, qu'on les invoque le plus souvent possible, si l'on veut qu'ils parviennent à devenir la règle et non l'exception. Je pense que c'est le mot bavasser qui m'a laissée perplexe et choquée.Mais je comprends que tu faisais allusion à ceux qui gagnent de l'argent en le faisant.
SupprimerD'autre part, le fait que tu t'adresses à une autre personne interdit-il de prendre part au débat ? En ce cas, avec mon petit poème j'étais hors-sujet je m'en rends compte : je me suis exclue moi-même de la discussion.
La violence des mots de ton poème à toi, qui est magnifique, cruel et poignant comme le dit très bien ta lectrice, je ne suis sans doute pas en état actuellement de l'affronter.
D'où ma réaction un peu vive. Une vieille casserole qui brinquebale de temps en temps. ;-)
¸¸.•*¨*• ☆
Bonsoir Alain, je venais avant tout te remercier de ton interprétation touchante du portrait de mes 18 ans, parce que je ne sais pas si tu trouves le temps de lire les réponses à tes interventions... et là, je découvre ce texte, poignant, bouleversant... et me voilà à nouveau les larmes aux yeux... merci, cela veut dire que je suis en vie !
RépondreSupprimerJe ne trouve pas les mots. Simplement merci.
L'interprétation que j'ai faite m'est venue en lisant qui était l'auteur du tableau.
SupprimerCela m'a semblé plus que plausible dans l'intention.
Peut-être parce quelle suis père de plusieurs filles....Merci à toi de venir dire ton ressenti.